« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 That little boy with dark eyes |Solène|

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Damien K. Ikeda
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Âge du personnage : 25 ans
Métier / Études : Hôte de Pension à spécialisation Pokémon voyageurs
Pseudonyme(s) : ♦️ DIP, surnom d'Éleveur.
♦️ THE PHOENIX, pseudonyme de Résistant

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Feunnec ♀ - Brasier - Malpolie


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Étouraptor ♀ - Intimidation - Joviale


♣️ Elrey ♣️
Roucarnage ♂ - Regard Vif - Docile


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Vibraninf ♂ - Lévitation - Jovial


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Leopardus ♀ - Délestage - Maline


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MessageSujet: That little boy with dark eyes |Solène|   Mer 10 Sep - 19:57


That little boy with dark eyes
feat. Solène and him
Dans les ténèbres de la chambre plongée dans la tranquillité d'un repos bien mérité s'insinua une ombre. Apaisé, abandonné contre le flanc tout près de ma belle, je jouis d'un de ces sommeils réparateurs si rare aux jeunes parents. Alourdi, confortable, envahi d'une douce chaleur, je n'ai de souci que le léger claquement de griffes qui résonne contre le parquet tout neuf. Les cauchemars m'ont abandonné pour laisser place à une quiétude bien méritée. Quelque part, dans le sommeil, je resserre mon emprise contre Solène, dont l'odeur me berce malgré mon inconscience, tandis que l'autre bras repose dans une position étrange contre le matelas, doigts livrés à l'abysse, devenus proie de la créature nocturne qui tente tout de même de combattre ses pulsions en les observant avec un intérêt croissant. S'échappe de sa gorge un léger glapissement qui ne suffit nullement à me tirer du sommeil, provoquant chez elle une bouffée de frustration évidente. N'y tenant plus, elle se hisse sur ses pattes arrières, effectuant sans véritable douceur une léchée de mes doigts qui lentement, provoquent un inconfort. Je me laisse échapper un gémissement, qui se mute en cri énervé lorsque la gueule s'ouvre pour laisser place à une rangée de dents fines et tranchantes qui mordent la chair avec insistance. Tiré brusquement de mon cocon de chaleur et de bien-être, je me redresse en sursaut en jurant de façon assez salée, gueulant à moitié en cherchant le responsable des yeux.

Pour trouver tapie parmi les ombres une silhouette aux prunelles d'un orangé saisissant, cherchant mon regard troublé par la colère. Sa gueule minuscule s'entre-ouvre pour laisser place à un grondement mécontent. Elle veut gueuler hein? Elle qui m'a réveillé ose s'insurger des insultes qui parcourent mon visage et s'étouffent dans ma gorge en grognements bestiaux de menace. Cette foutue renarde, il faudra que quelqu'un lui apprenne les bonnes manières une fois pour toutes. Vous connaissez bien sûr Mesrine la Feunnec. Cette jeune femelle me suit depuis mon retour de prison, et depuis, j'ai pu la capturer. Or, elle n'est pas vraiment mon Pokémon, pas dans les faits. Elle ne m'obéit jamais, et disparaît parfois pendant des jours, voir des semaines. Cette fois, son absence s'est étalée sur près d'un mois, si bien que je suis surpris de la voir si bien entretenue. En effet son pelage est soigneusement nettoyé, comme si elle avait pris la peine pour une fois de le faire elle-même, mais elle est amaigrie. Est-ce la raison pour laquelle elle est venue m'embêter? Elle a faim? Si c'est pour cette raison, elle peut bien aller chez le diable hein. Nous échangeons de longs regards enflammés jusqu'à ce que la petite recule d'un pas, les oreilles baissées. Elle a enfin compris qui est le maître ici! Je m'apprête à la repousser quand elle laisse lui échapper un cri, un cri d'inquiétude, de danger. Je la connais assez pour savoir ce gémissement particulier, et ainsi je soupire plutôt que de l'étrangler comme elle mérite absolument.

«Qu'est-ce que tu as sale Feunnec mal léchée?»

Aussitôt, elle bondit en direction de la porte, détalant en vitesse en direction du couloir où elle m'appelle d'un nouveau cri. En grommelant, je me presse un instant vers ma belle, posant un baiser tendre contre sa joue en souriant un peu.

«Je vais aller voir ce que cette garce veut... Je reviens vite fait... Et désolé pour tout le boucan.»

Espérant que mon épouse se rendorme rapidement, je me lève et enfile mon bas de pyjama qui traîne ainsi que le premier t-shirt qui me tombe sous la main. Pieds nus, je rejoins la Feunnec dans le corridor, et aussitôt elle me montre le chemin vers l'extérieur. Je lui emboîtes le pas, et appelle Kiona d'un long sifflement dès que je mets les pieds dans la nuit humide et chaude. L'Arcanin, accourt aussitôt vers moi, déjà réveillée même si le soleil ne s'est pas encore levé. Elle me renifle et me couvre de baisers qui me font ronchonner d'avantage, mais si la Feunnec a véritablement découvert un danger sur la Pension, il me faudra être prêt à me défendre, et la présence de la grande chienne de feu à mes côtés me rassure. En me voyant de si bonne heure, Mark, qui patrouille toutes les nuits la Pension, se dirige vers moi. Mesrine s'est déjà remise à gémir, m'intimant à la suivre, mais la voix de mon ami couvre ses cris piteux.

«Qu'est-ce qui se passe Dam? Tout va bien?»

«Ouais... C'est celle-là, je sais pas ce qu'elle a. Je crois qu'elle a senti du danger. Tu nous accompagne?»


Dans un geste automatique, la main du rouquin se pose sur son arme, un pistolet tout simple qu'il ne porte que la nuit. Il acquiesce, les yeux brûlants de détermination, bien décidé à me protéger. D'un geste désinvolte, j'hausse les épaule, nullement inquiété. Nous suivons donc la Feunnec qui se dirige sans une hésitation dans la grange. Il y règne une pénombre compacte, que Mark perce de sa lampe torche. Rien ne semble anormal, et pourtant Mesrine s'agite, se glissant derrière une pile de bois en jappant avec énergie. Je l'y suis avec lenteur tandis que mon ami pointe son fusil devant lui. Nous nous plaquons tout près de cette grande pile de bois, attentifs, mais aucun son ne nous parvient de l'autre côté. Finalement, nous émergeons soudainement de l'autre côté, où la Feunnec nous attend, ayant abandonné soudainement toute agitation pour reposer sur ses pattes arrières, me scrutant d'un regard intense. Nous ne le voyons d'abord pas, dans la pénombre. Mais je perçois une respiration, sifflante, inégale, secouée. Dans un geste protecteur, Kiona s'est avancée d'un pas, mais je la retiens. Une colère sourde m'envahit. Quelqu'un se tient là, possiblement quelqu'un qui en veut à ma famille. Une menace que j'éliminerai sans le moindre remords. Je m'approche, en tentant de percer l'obscurité. Une ombre se dessine, et enfin deux prunelles sombres me scrutent. Sauvages. Blessées. De ces yeux qui vous transperce.

«C'est... c'est un enfant.»

Un enfant aux traits tirés, sales, tassé contre lui-même sur le mur de la grange. Maigre à faire peur. De neuf ou dix ans tout au plus, peut-être d'avantage. Difficile à dire. Cette fois, lorsque Kiona s'avance je la laisse faire, complètement obnubilé par ce regard. Les souffrances que je peux y lire. Je me retourne lentement vers Mark qui n'a pas abandonné sa position.

«Vas-tu baisser ce pistolet putain, c'est un enfant je t'ai dit!»

Mark s'exécute et je me détache de lui pour m'approcher de l'enfant, qui se recroqueville un peu plus contre lui même malgré les léchouilles rassurantes de l'Arcanin contre son bras frêle.

«Hé, bonhomme, je vais pas te faire de mal d'accord? J'suis là pour t'aider. Moi c'est Dip, et elle c'est Kiona. Ne crains rien.»

Le garçon me regarde avec attention. Comme pour percer mes véritables émotions à jour. Un regard de celui qui cherche à comprendre l'essence même de mon être, d'une intensité telle que je dois me retenir de ne pas reculer. Il ne répond pas, mais lentement son bras va caresser la tête de Kiona.

«Qui es-tu, garçon?»

Aucune réponse. Je répète, histoire de voir s'il m'a entendu. Toujours la même réaction. Un silence complet pendant lequel il me regarde, incertain, méfiant. Je soupire, m'asseyant contre le mur de bois mort, parfaitement réveillé à présent, et surtout concentrer sur ce garçon. Il est vêtu d'un chandail bien trop grand pour lui, sale et abîmé, et d'un short qui ne tient que part miracle. Ses pieds sont nus, écorchés, envahis de corne et d'ampoules.

«Mesrine? Retourne chercher Solène. Et ne l'affole pas. Nous avons un visiteur.»

À la mention de ce dernier mot, le visage du garçon perd de sa dureté. Je lui souris. Il en faudra du temps pour apprivoiser ce garçon. Je ne manque pas de patience.

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Solène E. Weber-Ikeda
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Solange - Compétitrice, habitante de Baguin.

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MessageSujet: Re: That little boy with dark eyes |Solène|   Lun 3 Nov - 11:50

That little boy with dark eyes.

J'avais toujours eu le sommeil léger. D'aussi loin que je me souvienne, le moindre bruit, le moindre mouvement un tant soi peu inhabituel, m'avait toujours réveillée sur-le-champ. Cela était d'autant plus vrai depuis l'apparition du Régime, violente & douloureuse dans ma mémoire, car j'étais alors devenue plus méfiante, plus prudente encore. Je ne dormais jamais vraiment des deux yeux, gardant plus encore une part d'attention sur le monde m'entourant, & désormais même des bruits connus & identifiés, des sons communs dans ma vie, pouvaient me tirer des bras de Morphée immédiatement. Excès de prudence, d'angoisses plus ou moins rationnelles, d'inquiétudes immuables que rien ne pouvait jamais vraiment éteindre ; & pourtant, dormir dans les bras de mon époux me faisait déjà un bien fou, m'offrait un apaisement impressionnant. Qui plus est, les cauchemars ne m'avaient jamais vraiment quittée. Ils étaient juste refoulés, discrets, tout comme le deuil que j'avais appris à maîtriser, tout comme le manque de ma chère jumelle qui restait à jamais un vide, tout comme mon intolérance à la solitude totale -ou plutôt incapacité à me trouver à la fois sans Damien & sans Louna- ; ils étaient plus ténus grâce à la présence de l'homme que j'aimais, encore & toujours grâce à lui, & à ses côtés j'arrivais souvent à les ignorer, à ne pas m'en souvenir ensuite, à m'apaiser assez vite pour me rendormir aussitôt après qu'ils m'aient éveillée & que j'ai eu le temps de m'assurer très brièvement qu'aucun danger ne rôdait. Aussi, malgré eux, malgré mon sommeil léger, je dormais bien mieux désormais, depuis plusieurs mois, depuis cette date qui avait été celle de sa liberté retrouvée. Nos traumatismes à chacun restaient, mais l'on s'apaisait peu à peu, nous retrouvions un semblant de vie normale.. & surtout, réapprenions à être heureux. Si rude que soit la vie sur Enola, si violent & dévastateur que soit le Régime, nous étions tous les deux, avec notre petite famille, & nous nous reconstruisions. La vie se mettait à nous sourire à nouveau, enfin.

Ainsi, après cela, personne ne se surprendra un seul instant que les mots de Damien, réveillé lui aussi par le son fluet mais à mes oreilles parfaitement audible de griffes sur le sol de la chambre, me soit parvenu sans aucun soucis. Ni que je ne me rendorme absolument pas ensuite, ainsi qu'il me le suggéra immédiatement en m'affirmant d'une voix apaisante qu'il allait voir ce qu'il se passait ; car le bruit des pattes de Mesrine m'avait éveillée pour mettre tous mes sens en alerte, & que même si aucun danger ne rôdait, je restais trop hantée par ma peur irrationnelle de la solitude pour pouvoir simplement me rallonger & fermer les yeux. L'angoisse m'aurait aussitôt serré le cœur, entraînant une de ces crises violentes dont j'avais le secret, & ç'aurait été aussitôt bien pire que mieux ; voici pourquoi, sans hésiter, je me levais au contraire pour saisir ma robe de chambre, opinant vaguement quant au fait que je l'attendrais sans pour autant rester couchée. Discrète, je quittais la pièce derrière lui pour me diriger vers les chambres de nos filles tandis qu'il suivait la Feunnec à l'extérieur, constatant d'un regard que la plus jeune dormait à poings fermés dans son berceau, & que l'aînée était quant à elle blottie entre sa Zorua, son Mentali & sa Mastouffe, masse de pokémons prenant pratiquement tout le lit en ne laissant de place que celle que prenait habituellement ma belle Louna.. Habituellement, car souffrant d'un sommeil aussi léger & potentiellement agité que le mien, la Lockpin avait déjà discrètement quitté cette place pour se diriger à l'entrée de la pièce, s'appuyant contre le mur extérieur à mes côtés.
J'échangeais juste un bref sourire avec elle, silencieuse ; car comme toujours, les mots nous étaient futiles. Elle savait que si je me trouvais là, c'était que Damien s'était levé & que cela m'avait éveillée ; je savais que si elle ne dormait pas c'était que quelque chose devait troubler son sommeil, dans ce genre de cas une simple inquiétude souvent bénigne qui faisait qu'elle passait une grande partie de la nuit alerte à veiller sur nous. Muette elle aussi, elle se leva doucement pour venir hors de la pièce avec moi, s'appuyer elle aussi contre le mur à l'extérieur. Sans échanger la moindre parole, à peine un regard & un petit sourire. Il était tard après tout, & nous attendions juste, elle comme moi, que mon époux revienne pour repartir nous allonger chacune de son côté ; moi auprès de lui, elle avec Crystal. Sauf que les choses ne se passèrent pas ainsi, car elles ne se passent jamais vraiment comme on l'attend.

Il me suffit de distinguer le son feutré de griffes crissant sur le sol plutôt que les pas familiers de mon compagnon pour deviner qu'il se passait bel & bien quelques choses d'inhabituel sur ces terres ; & aussitôt, tous mes sens furent en alerte. Bien éveillée ou nous, ceci était un pur réflexe, une habitude due à la vie nomade, aux dangers de porter plusieurs identités au quotidien ; j'étais perpétuellement sur mes gardes, au moins un minimum, parée à toute éventualité. Sans surprise, je devinais bientôt la silhouette de Mesrine, se dirigeant tout droit vers Louna & moi ; envoyée nous chercher. Enfin, me chercher probablement, mais comme je n'allais pas sans elle cela revenait au même. Je ne laissais même pas le temps à la renarde de s'expliquer ni même de s'agiter pour attirer notre attention ; d'un seul hochement de tête, je lui indiquais que nous la suivions. & elle ne se fit pas prier pour détaler aussitôt dans la direction d'où elle était venue, s'arrêtant à peine quelques fois pour s'assurer de ne pas nous avoir perdues ; sans la moindre hésitation, elle nous mena ainsi tout droit à la grange, filant tout droit vers une source de lumière dans le fond qui ne pouvait être que notre destination.

Passant à mon tour derrière les piles de bois, suivie de près par la Lockpin, je rejoignis le petit groupe qui s'y trouvait. Je ne saurai dire ce que je vis en premier, l'enfant recroquevillé dans un coin au côté de Kiona, Damien face à lui en train de lui demander son prénom, Mark & son fusil? Vraiment, aucune idée. Surprise j'étais bien que je le montrais aussi peu que possible, tant & si bien qu'il me fallut la patte crispée de la lapine sur mon poignet pour deviner ma propre tension. Je n'aimais pas les armes, même si j'en portais perpétuellement, aussi celle que portait l'assistant de mon époux ne me mettait guère à l'aise bien qu'elle soit baissée -j'aurai préféré qu'il l'ait posée-. Disons que le peu que je savais sur cet homme n'était pas pour me rassurer à ce sujet-là ; non pas que je le considérais dangereux pour nous, pas volontairement, il me semblait juste un peu trop réactif & impulsif, trop apte à agir puis penser ensuite. Cela ne se justifiait pas dans toutes les situations. Il était trop extrême à plusieurs niveaux ; ce n'était pas pour rien que son identité résistante, malgré une implication de longue date, n'avait jamais obtenu la considération d'un Souffle. Enfin, passons. Je ne saurais dire ce que je vis en premier, mais ce qui attira le plus tôt la majeure partie de mon attention semble plutôt évident.

Laissant à Louna le soin de garder un œil en coin, discret, sur le protecteur armé auquel je tâchais donc de ne plus trop penser, je portais le regard sur l'enfant rachitique aux yeux sombres. Des yeux sombres au sens littéral comme figuré. Il restait blotti contre le mur tel un animal blessé, effrayé, méfiant. Maigre d'autant plus que ses vêtements étaient immenses, l'air faible, presque maladif ; pâle malgré la couleur brune de sa peau. Il ne fallut qu'une petite seconde à l'observer pour que mon cœur se serre, douloureux. Qu'avait-il pu lui arriver pour qu'il se retrouve ainsi? Oh, ce n'était qu'une évidence de plus. Il était une énième victime de ce conflit meurtrier dans lequel nous étions tous impliqués de gré ou de force, probablement, un énième orphelin de la guerre qui troublait plus particulièrement Baguin, à l'image d'Alice. Un énième rescapé de ces familles brisées qui n'avait plus qu'à se battre pour survivre seul & surtout pour trouver la force de continuer ; combien de fois ma propre famille en avait fait les frais? Je refoulais un soupir en m'accroupissant doucement, posant une main douce sur l'épaule de mon mari. Je n'avais pas besoin de connaître l'histoire de cet enfant pour deviner ce qui lui était arrivé, pour deviner la cause de ce mutisme que mon époux n'était apparemment pas parvenu à briser, hélas.. Mais chacun de ces gamins perdus & esseulés continuait de m'arracher le cœur avec la même force. Celui-ci était de plus réellement mal en point. Comme s'il errait en enfant des rues depuis des années déjà, & que personne n'avait jamais eu l'idée de lui offrir un toit.

- Si tu ne peux pas parler, tu peux peut-être l'écrire?

Me départissant autant que possible de ces griffes déchirant mon cœur à la vue de cet enfant maladif, j'arborais mon ton le plus maternel & apaisant possible, souriant doucement en espérant parvenir à le rassurer. Ma voix n'était qu'un souffle, clair & assuré mais sans once aucune de brutalité, & joignant le geste à la parole, je m'avançais pour aller m'appuyer contre le mur moi aussi, laissant Kiona entre lui & moi si sa présence le rassurait ; à un mètre de lui pour ne pas le brusquer, être juste placée dans le même sens que lui. & lentement, à gestes prudents, je traçais en lettres capitales mon nom dans la poussière, de manière à ce qu'il puisse le lire. Je lui donnais une dizaine d'années, étant physionomiste, & la vie dans les rues étant ce qu'elle est, surtout dans des rues en guerre.. Il ne devait pas s'y trouver depuis assez longtemps pour n'avoir pas au moins connu la moyenne section de maternelle, à quatre ans, où l'on apprend à former les lettres de son nom. Il avait même probablement connu au moins le CP, & l'apprentissage de la lecture. Du moins, j'osais espérer qu'il n'errait pas seul dans les horreurs de la guerre depuis trois à cinq ans.. Levant les yeux vers lui après avoir dessiné le dernier E, je laissais mon sourire s'étirer doucement en coin, sans pour autant me montrer pressante ; juste patiente.

- Moi, c'est Solène, je suis la femme de Dip.



Plop plop plop on n'a rien vu :derp:
Tu me diras si j'ai mal fait, mais j'ai supposé une répétition quelconque de la question du nom à un moment donné.. Seul moyen que j'ai vu pour faire avancer l'action. & aussi j'ai un peu trop écrit au souvenir en fait, du coup j'ai un chouille bugué en réalisant que ça avait été évoqué avant la venue de Soso. Du coup je poste comme ça quand même parce que.. Si je me mets à chercher maintenant comment rectifier, je posterai jamais ^^"

fiche by Nighty Jaegan, alias Rayquaza.

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Damien K. Ikeda
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MessageSujet: Re: That little boy with dark eyes |Solène|   Mer 5 Nov - 21:11


That little boy with dark eyes
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Il a besoin de notre aide. Je le sais et quelque part cette idée me rassure. Il aura beau résister, un jour ou l'autre il devra tendre la main pour demander. Je me montrai plus patient que lui. Il ignore à quel point je peux m'entêter, trait caractéristique de mes deux familles, Ikeda comme Weber. Si une lueur de défi allume mon regard, je reste parfaitement calme, l'observant dans un silence qui commence à nous peser, Mark et moi. Seule sa respiration sifflante vient briser la calme qui semble régner. En lui, cet enfant à la peau sombre et au regard pénétrant, je perçois une peur sans nom, une peur qui m'attriste, presque, qui me plonge dans un passé duquel je préfère m'éloigner. Il me rappelle tant de gens encagés, réduits au rang de bête, victimes silencieuses d'un gouvernement affamé de sang et de misère. Puisse-t-il en être une énième, errant dans les rues de Baguin à la recherche de quelqu'un qui voudra bien l'aimer? Ainsi vautré contre lui-même, attentif mais moins récalcitrant aux caresses de Kiona, se laissera-t-il même approcher? J'ai l'impression que chacune de ses œillades est lourd de sens, qu'il tente de me communiquer l'impossible, ce que je n'ose même pas formuler en penser. Terré dans une naïveté entièrement défensive. Autrement trop heurté par une réalité difficile à affronter.

Comment peut-on s'en prendre aux enfants? Maintenant père à mon tour de deux gamines pleines de vie, je ne peux plus supporter même l'idée qu'on puisse s'en prendre aux petits. L'enfant qui se tient devant moi a le corps abîmé d'un jeune de dix ans sans plus, et pourtant ses prunelles sombres, anciennes, me parlent d'une souffrance vieille de millénaires. Troublé, mal à l'aise même, je me retourne souvent vers Mark qui me rend de longs regards confus. L'arrivée de Solène provoque en moi une profonde bouffée de soulagement. Elle est suivie de près par Mesrine qui regarde le garçon d'un air non pas menaçant mais franchement inquiet. Cette chipie de Feunnec est presque méconnaissable, ses prunelles orangées brillant d'angoisse dans l'obscurité. Je reporte mon attention sur ma femme, qui adresse quelques mots à l'enfant d'une voix douce, maternelle, qui sans le vouloir m'apaise moi aussi. Je n'ai pas sa patience, son talent, sa dévotion de mère, pas encore. Je me sens encore très souvent dépassé par la présence de ces deux mioches qui sont les miens, même si je crois me débrouiller plutôt pas mal. Sauf que je n'ai jamais vu mes filles dans un tel état. Arceus soit loué. L'idée qu'elle propose me paraît aussitôt très bonne. Elle couche sur le sol les lettres de son nom, sous l'oeil attentif du gamin qui surveille le moindre de ses mouvements avec un soin méticuleux.

Lentement, ses lèvres pleines et gercées forment son nom, sans le prononcer. Il lève les yeux vers elle. Ses prunelles ont perdu une part de leur dureté, même si un gouffre de tristesse nous y aspire toujours.

«Ne t'inquiètes pas, bonhomme. On veut t'aider.»

Il quitte sa contemplation du visage de Solène pour darder sur moi son regard si intense. Cette fois, je le soutiens, glissant mes doigts entre ceux de mon épouse pour y puiser de la force. Tout comme elle, je souris en me voulant rassurant. Lentement, son petit bras chétif se plie pour venir poser son poing contre sa poitrine dans un geste significatif. Puis ses doigts se perdent dans la poussière pour y articuler des lettres, qui apparaissent avec une lenteur qui me rend nerveux, impatient. Je me contiens à grand peine, rassuré par le calme implacable de ma meilleure amie qui, comme toujours, se tient à mes côtés. Il s'arrête finalement.

«Kijani. Kijani. C'est son nom. Tu t'appelles Kijani?»

Il hoche lentement la tête, en se tassant un peu sur lui-même. J'ai été un peu trop brusque dans mon enthousiasme certainement. Me passant une main dans le visage en réalisant ma bêtise :

«Désolé, Kijani. Je ne veux pas te faire peur. Je crois que Solène est plus douée que moi. Mais eh, tu n'as pas à rester là. Viens avec nous, j'ai de quoi te nourrir, et te soigner. Si tu veux, Kiona t'aidera, elle pourrait même te transporter sur son dos.»

Le garçon jette un coup d'oeil vers l'Arcanin qui se toujours aussi proche de lui, venant effleurer de ses doigts son long pelage orangé. Un mince sourire étire ses lèvres pendant une fraction de secondes avant d'éclipser alors qu'il se fige en nous regardant. Pour ma part, j'ai serré les doigts de Solène et observe son profil dans une sorte de supplication silencieuse. J'ai besoin de son aide.

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Solène E. Weber-Ikeda
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MessageSujet: Re: That little boy with dark eyes |Solène|   Mar 6 Jan - 0:36

That little boy with dark eyes.

Mes déductions muettes quant au niveau scolaire minimum du garçon furent bien vite confirmées, alors que ses lèvres formaient silencieusement les syllabes familières de mon prénom avant même que je ne l'ai moi-même prononcé. Constatation qui m'inspira un grand soulagement, soigneusement dissimulée ; quelle que soit l'ampleur de sa souffrance, des tourments qu'il avait dû endurer, cela faisait donc probablement moins de trois ans qu'il se trouvait seul, errant dans les rues. Maigre consolation au final, certes, car cela était toujours bien trop (même quelques jours seraient de trop), mais au moins.. Au moins il n'avait pas vécu ainsi durant déjà la moitié de sa vie. Il avait eu le temps de vivre un peu, avant de devoir survivre. C'était toujours ça de "gagné". Il était plus simple de réapprendre que de devoir tout découvrir pour la première fois. Même si rien, rien au monde ne saurait payer le mal qu'il avait subi, effacer le temps passé dans la rue à devoir se débrouiller sans la moindre aide. Il n'était pas totalement démuni. & je ne contins pas, cette fois, un mince sourire doux, lorsque ses doigts dessinèrent dans la poussière un mot que mon époux répéta aussitôt avec enthousiasme, peut-être un peu trop d'enthousiasme d'ailleurs puisque l'enfant s'en referma aussitôt sur lui-même, effrayé.

C'était son nom, cette fois, à côté du mien. Un nom africain si je ne m'abusais, témoin de ses origines plus ou moins éloignées. Il savait lire, se souvenait encore de l'orthographe de son prénom. Quel que soit le temps perdu, ce temps maudit passé dans les bas-fonds, il n'avait pas tout perdu de ses capacités, de ses connaissances. De son humanité. & voilà réellement le comment du pourquoi, un peu malgré moi, j'étais soulagée d'avoir pu deviner qu'il savait lire, qu'il n'avait pas passé ainsi que l'on aurait pu le craindre plus de trois ans à ne connaître que misère, dédain & solitude dans un monde aussi cruel & destructeur. Car il avait beau réagir comme un petit animal effrayé, se renfermant & sursautant à la moindre surprise, il était resté humain, n'était pas devenu complètement sauvage ainsi que pouvaient si rapidement le devenir des gens plus âgés que lui en pareilles conditions. En somme.. Sa situation n'était pas aussi mauvaise qu'on aurait pu le craindre. Bien qu'il puisse sembler déplacé de le dire ainsi ; mais d'autres auraient dit sans chercher à comprendre qu'il n'y avait plus rien à espérer de cet enfant, alors qu'en toutes circonstances tant que la Vie restait, l'Espoir subsistait aussi, même extrêmement ténu, même impossible à discerner & donc à enclancher. Ici, il m'apparaissait visible. Ici, je voyais un garçon maltraité par son passé, par de pronfonds traumatismes, un garçon brisé, affamé, épuisé, mal en point.. Mais fort, résistant, débrouillard, un enfant qui si jeune ne s'était pas laissé abattre & s'était débattu pour survivre quand même, qui avait tenu le choc. Je voyais en lui cet espoir qu'il puisse retrouver la vie qui lui était due, une vie à peu près normale malgré les tourments endurés.

Les doigts de mon époux serraient les miens, en quête de courage après les mots qu'il venait de prononcer, proposition douce à l'enfant, proposition que j'approuvais aussitôt d'un hochement de tête assuré & d'un sourire rassurant. Calme, autant que je puisse l'être, je serrais en retour la main de Damien pour l'apaiser, sans pour autant le regarder ; je savais que cette simple pression de mes doigts suffirait, que pour le reste il comprendrait que toute mon attention soit concentrée sur Kijani puisqu'il n'y avait probablement nul autre moyen de le mettre en confiance.

- Ne t'en fais pas, on ne va pas te faire de mal. Juste t'offrir un bon repas, un bon lit pour cette nuit, & un chocolat chaud en prime. Si tu souhaites repartir ensuite, tu pourras.. Mais laisse-nous au moins prendre un peu soin de toi.

Il m'arrachait le cœur de lui offrir ce droit de repartir, autant qu'il m'arracherait le cœur de me trouvée obligée de le regarder s'en retourner à sa vie de misères & de souffrances ; mais n'était-ce pas normal après tout, l'humain n'était-il pas programmé pour toujours réagir à la détresse d'un enfant, n'étais-je pas qui plus est profondément sensible?
Dans tous les cas, même si c'était douloureux, je savais que prononcer ces mots pouvait bien être nécessaire à l'apaiser, pour qu'il ne se sente pas pris au piège. Alors soit, même s'il m'était rude de dire cela, je le faisais avec sérieux & assurance, avec douceur également, car il fallait qu'il puisse avoir confiance pour nous laisser l'aider un minimum, ainsi que nous le souhaitions tous les deux, ainsi que nos trois alliées présentes le souhaitaient également. Il fallait parvenir à le convaincre que nous ne lui voulions effectivement pas le moindre mal, ni l'enfermer ni le tourmenter à nouveau, quitte à prononcer des promesses difficiles.



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MessageSujet: Re: That little boy with dark eyes |Solène|   Dim 18 Jan - 17:21


That little boy with dark eyes
feat. Solène and him
Je me sens démesurément petit, complètement hors d'équilibre. Comment survivre à l'horreur qui se profile devant moi? Celui qui se dresse devant moi est à la fois une triste victime comme le plus vaillant des guerriers. Un enfant au regard presque ancien, empreint d'une tristesse qui alourdit chacun de ses mouvements. Une part de moi grogne et rage et menace de tout briser. Le sentiment que lui n'est pas totalement étranger à ce que j'ai pu vivre il y a près d'un an dans les prisons du Régime. Il ne porte pas les marques significatives d'un passage entre leurs mains. Non. Sa prison fut tout autre, celle des rues, de la misère... de la faim. Une pensée s'égare en direction de Maxwell, de l'enfance qu'il m'a raconté un fameux soir où il a abandonné sa réserve habituelle. Ses mots se sont si bien imprimés en moi que j'ai presque l'impression d'avoir vécu sa misère. Pourquoi? Cette question me trotte dans la tête, encore et encore. Je me sens tellement impuissant de savoir qu'il n'est probablement pas le seul enfant de la sorte à errer dans les ruelles en ruines de la ville, à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Alors que je croyais m'être endurci à ce nouveau monde avec lequel je dois composer, une rage indomptable m'a saisie aux trippes, me rappelant à quel point le Régime est insensible et cruel.

Dans mon trouble, je tente de rester calme et de me concentrer uniquement sur le jeune garçon devant moi. Il n'est pas seulement une victime, mais aussi un humain à part entière qu'il me faudra apprivoiser si je tiens à l'aider. Il est impensable de le laisser repartir d'ici le ventre vide... Ou même de le laisser repartir. Cette idée vient tout juste de me heurter, de plein fouet. S'il s'est aventuré de ce côté du mur de béton, c'est pour y chercher la sécurité. Or, il est évident qu'il se méfie de nous, malgré toute la douceur que nous lui réservons. Il voudra probablement repartir... dans un monde où il est seul et affamé. Je serre la main de Solène de façon presque imperceptible. Rassuré par sa présence, je m'enchaîne dans ma pensée de le sauver. Je l'observe, calme en apparence alors que tout en moi se déchaîne. Mon regard doit lui transmettre tout ce que je ressens, la peine immense que je ressens de le voir ainsi, et aussi une certaine affection que je lui portes. Comme pour confirmer mes pensées, Solène évoque la possibilité d'un départ, tout en ne lui laissant pas vraiment la chance de refuser ce repas que nous lui proposons. À la mention d'un chocolat chaud, une lueur discrète, mais bien présente, illumine ses prunelles d'encre.

Lentement, son petit corps frêle se redresse. Il s'appuie contre le mur, contre Kiona qui lui propose son aide. Mais il est droit, il est fort. Et même plutôt grand pour son âge. Il fera probablement plus grand que ma taille lorsqu'il aura atteint l'âge adulte. Ses épaules décharnées sont larges. Son visage, doux comme un agneau. C'est un bel enfant, bien qu'auréolé de sa tristesse. L'Arcanin à ses côtés l'encourage d'une léchouille contre sa joue, ce qui lui tire un rire... Un rire! Il est donc en mesure de parler, je crois. Non? Je me recule d'un pas, me rappelant de la présence de Mark. Ce dernier observe Kijani, visiblement troublé. Il n'aime pas voir ce genre de choses. Je sais qu'il lui en faudrait peu pour craquer. Je pose une main contre son épaule en lui offrant un petit sourire. Au fond, il verra clairement que je n'en mène pas bien plus large que lui.

«Mark, veux-tu patrouiller un coup? Tentes de voir où il est passé... S'il peut gravir le mur, alors eux le pourront aussi.»

Eux. Il a compris, bien sûr. Avec une expression à la fois soulagée et crispée, il s'éloigne. Pour ma part, j'ouvre la marche en direction de la Pension. Toute cette action a attiré l'attention de Stella qui, depuis la volière, vole jusqu'à moi pour se poser contre mon épaule. Depuis son évolution lors de notre mariage à Solène et moi, elle a toujours du mal à accepter sa grande taille et... disons que je ploie sous son poids quand même considérable. Réalisant qu'elle m'écrase, elle reprend son envol pour nous observer des airs. Kijani la suit des yeux. Nous entrons dans la maison, où nous sommes accueillis par Miuranda qui s'étire en venant de frotter contre nos jambes à mon épouse et moi. Elle évite le jeune garçon pour le moment, se contentant de lui offrir un regard curieux en miaulant en douceur.

«Voici Miuranda, elle te salue. Viens par ici, je crois que j'ai toujours de mon potage dans le réfrigérateur.»

Je mène Kijani près de la table à manger. Il s'y assoit avec prudence, observant les alentours tel un intrus. Or, il est tout à fait le bienvenue ici. Je lui signifies d'un énième sourire. Je réchauffe un bol de soupe, un potage fort nourrissant de légumes. Une recette spécialement conçue par les Weber que j'ai repris lors de mon installation à Baguin. Lors des journées plus fraîches de grands vents, j'apprécie le contact chaleureux de ce délicieux met, tout simple et facile à préparer. Je le présente à Kijani qui s'empare presque brutalement de la cuiller que je lui tends. Pour les prochaines minutes (ou plutôt secondes vu le temps qu'il met pour avaler sa soupe), je l'observe en échangeant des regards amusés avec Solène. Une fois le bol terminé il relève la tête vers moi, les yeux plein d'espoir.

«Tu as encore faim hein? Attends, je vais te préparer des oeufs, ça te dirait?»

Avec un sourire gêné, il hoche la tête. Je me sens fondre. En me dirigeant vers la cuisinière pour préparer le repas, j'attire Solène à moi pour lui glisser à l'oreille :

«Dis, on peut le garder?»

Je ne suis plus qu'une grande boule émotive de joie attendrie. Si ma phrase est une dérision de mes émotions, il n'en reste pas moins que je ne souhaite pas le voir repartir.

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Solène E. Weber-Ikeda
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MessageSujet: Re: That little boy with dark eyes |Solène|   Mar 17 Fév - 17:08

That little boy with dark eyes.

Personne ne se serait étonné de voir l'enfant dévorer littéralement le potage qui lui fut servit, oubliant aussitôt le malaise qui l'avait saisit à son entrée dans la pièce pour se sustenter enfin plus ou moins à sa faim. Plus ou moins, car sans que cela me surprenne plus que le fait de l'avoir vu se jeter sur cette nourriture, cela ne pouvait lui suffire ; & c'est avec une certaine gêne soulagée qu'il accepta l'offre de mon mari de lui préparer un complément. Depuis combien de temps n'avait-il pu manger à sa convenance, que ce soit en quantité suffisante ou simplement une nourriture correcte? Cela, je préférais ne pas trop y réfléchir. Mieux valait ne pas faire d'estimation à ce sujet, cela ne servirait qu'à m'offrir une rage vaine qu'il aurait alors fallut faire taire. Mieux valait que je me contente de sourire ainsi que je l'avais fait en le voyant absorber la soupe plus vite qu'un Avaltout affamé, doucement amusée & presque maternelle, en mettant volontairement de côté le fait que de voir un enfant devoir se comporter ainsi ne pouvait qu'être révoltant. Cette contemplation, ce fut Damien qui m'en tira, laissant à Louna assise près du garçon le soin de le surveiller pour moi -Arceus, je m'en sentais déjà responsable, s'il devait repartir ce serait une pure torture-. M'attirant à lui alors qu'il se dirigeait vers la cuisinière pour préparer les œufs promis, il glissa à mon oreille quelques mots qui me laissèrent un instant interdite ; car ils étaient l'écho précis de ce qui résonnait en moi depuis plusieurs longues minutes désormais, car je savais pertinemment qu'ils seraient prononcés incessemment par mon compagnon. Je m'y étais attendue, je savais que cela viendrait, & pourtant je n'avais pas préparé ma réponse.

Je ne pouvais faire cela pour tous les enfants maltraités par la guerre, je le savais. Pourtant, combien de fois l'avais-je souhaité? Des milliers, des centaines de milliers de fois même. Mais ce n'était pas un vrai cadeau, que d'être sous la protection d'une famille aussi impliquée dans la Résistance. & nous ne pouvions pas assumer tout le monde, hélas. Pourtant, malgré que je me sois toujours résignée à ne pas pouvoir faire grand chose, au mieux les conduire à l'hôpital ou dans un bon foyer, cette fois cela se passait sous mon toit, cette fois je savais qu'il n'y aurait aucun moyen de me convaincre d'agir autrement.. & je me sentais déjà céder, prête à offrir à ce garçon l'affection & le soutien qui lui manquaient depuis probablement un moment, trop longtemps dans tous les cas. Je savais que cette fois, je ne couperais pas à lui offrir demeure & protection au sein de ma famille, exactement comme le demandait mon époux. Je l'avais senti dès l'instant où j'avais croisé ses yeux dans la grange, en rejoignant Damien. Probablement que si je n'avais pas préparé ma réponse, c'était que je savais que quoiqu'il advienne je ne pourrais en formuler qu'une, malgré toutes mes réticences précédentes à héberger tous les enfants blessés de ce monde ainsi qu'il aurait été si bien de pouvoir le faire, en d'autres circonstances moins dangereuses que celles de mon statut. Un fin soupir muet fut ma réaction, alors que j'appuyais mon front contre l'épaule de l'homme partageant ma vie. Mes mots ne furent qu'un souffle, à peine audibles, mais je savais qu'il les entendrait parfaitement, qu'il en devinerait la conviction égale à la sienne. J'avais déjà cédé totalement, au final.

- On ne peut le forcer à rester.. Mais s'il ne souhaite pas repartir, évidemment qu'on le gardera.

Sur ces mots, je glissais un regard en coin vers Kijani, pour m'assurer que son attitude n'avait pas changé durant les quelques poignées de secondes où nous nous étions tournés vers la cuisinière, mon mari & moi-même. Mais ce que je cherchais à voir ne fut pas ce qui me frappa en premier, au final ; je remarquais plutôt non sans une certaine surprise émue, qu'il n'était plus seul avec Louna & Mesrine à cette table.


Il n'était pas rare que Crystal s'éveille en pleine nuit, une ou deux fois. Cela lui arrivait souvent, depuis toujours, & elle avait appris à ne pas s'en inquiéter, à simplement changer de position si nécessaire & chercher à retrouver le sommeil. Après tout, quelle raison aurait-elle eut d'avoir peur, se sachant protégée par ses parents endormis dans une autre pièce mais toujours alertes, se sachant entourée d'au moins Margo, Evan, Zora & Louna chaque nuit? Elle se savait en sécurité, toujours, à chaque instant, & ne manquait donc jamais de se rendormir assez rapidement, paisible. Souvent, c'était un son ou un mouvement fluet dans la maison ou au dehors qui l'éveillait ainsi brièvement. Rien de très inhabituel, sans quoi elle irait immédiatement prévenir son père & sa mère ; les griffes d'un des pokémons se déplaçant dans le couloir, l'un de ceux dans son lit changeant de position, le cri d'un Hoothoot.. Rien de grave.

Pourtant ce qui la tira du sommeil cette nuit-là, le mouvement de Louna se levant pour aller à la porte de la chambre, probablement pour rejoindre sa dresseuse & mère de la fillette comme cela arrivait parfois, fut accompagné d'un étrange pressentiment qui l'empêcha de s'assoupir à nouveau, la laissant silencieuse & éveillée dans ses draps ornés de motifs célestes. C'est le cœur battant, qu'elle finit par s'assoir sur son lit, réveillant aussitôt sa Mastouffe couchée près d'elle, qui lui lança un regard interrogatif auquel elle répondit d'un sourire rassurant. Quelques secondes plus tard, lui semblant entendre du bruit en bas, elle glissa ses petits pieds nus hors des draps, s'extirpant agilement de son lit, talonnée par la grande chienne protectrice, laissant sa Zorua & son Mentali dormir dans leur panier de l'autre côté de la chambre. A pas feutrés, elle quitta la pièce pour prendre la direction des escaliers, voyant vite son impression confirmée par de la lumière allumée dans la cuisine malgré l'horaire nocturne. Elle descendit ainsi, suivie de sa première alliéen veillant à ne faire grincer aucune marche ; & c'est de cette manière qu'elle en vint à croiser pour la première fois les yeux sombres de Kijani.

Surprise de toute évidence de voir un garçon inconnu à la table de ses parents, elle aurait naturellement pu en être intimidée, inquiétée, voire paniquée, comme toute fillette pourrait l'être en telles circonstances. Mais cela aurait été sans compter sa perspicacité, sa maturité, & plus particulièrement son sens de l'observation ; tant de traits de caractères qui lui firent immédiatement repérer la présence de Mesrine toute proche de lui, ainsi que celle de Louna sur la chaise à côté de lui. S'il avait été un intrus, un danger, les pokémons de ses parents n'auraient pas été ainsi à ses côtés, en protectrices ou du moins présences apaisantes ; la lapine au moins aurait été dressée devant les deux adultes, prête à intervenir au besoin. Voilà pourquoi, sans se poser plus de questions, la fillette arbora presque immédiatement un sourire un peu timide en allant se glisser à table, face à lui. Chaleureuse & avenante, bien que silencieuse & respectueuse ; comme craignant de le brusquer. La connaissant, c'était très probablement le cas, une fillette aussi perspicace n'aurait pu manquer de repérer tout de suite sa maigreur effrayante ou la pesante lueur douloureuse dans ses yeux qu'elle avait déjà par trop souvent aperçue & identifiée dans d'autres regards. Elle se contenta de s'assoir face à lui, sa Mastouffe à ses côtés. Toute aussi muette qu'il le restait.



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Damien K. Ikeda
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MessageSujet: Re: That little boy with dark eyes |Solène|   Mer 18 Fév - 18:31


That little boy with dark eyes
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Le monde est ponctué d'enfants brisés. Ils reposent dans les ruelles tels des jouets cassés, attendant leur heure, grandissant tant bien que mal. Je le sais. J'en étais un. Bien sûr, j'avais tout ce dont je pouvais rêver : une grande demeure, les jouets les plus sophistiqués, l'attention constante des différents domestiques de la maisonnée. Mais j'étais détesté par mes parents. Je ne trouvais pas ma place dans ce monde, donc je préférais le détruire. Si je devais tomber, alors il tomberait aussi. Au moment où je croyais me perdre définitivement, on m'a recueilli, on a soigné mon coeur meurtri, on m'a aimé. On m'a sauvé. La famille Weber m'a sauvé, oui, d'un destin fort funèbre. Qui sait vers quel chemin je me serais égaré si on ne m'avait pas tiré de mes ténèbres? Avec comme lumière la chaleureuse affection du cercle familial, je me suis relevé et suis devenu un homme à peu près correct, bien que bourré de défaut. Il est évident que Kijani est un de ces enfants lui aussi, et que s'il continue ainsi, seul et affamé, que ses chances de réussite dans la vie sont minces. J'ai envie de le secourir. Je ne pourrai pas tous les sauver, mais ce regard... ce regard m'a transpercé. J'y ai trouvé l'écho de mes douleurs d'enfance, je me suis déjà attaché. Ce fut rapide dira-t-on, mais la perspective de laisser un gamin affamé repartir me paraît presque impossible, et malgré ma désinvolture une part de moi a peur.

Je peux voir que Solène ressent la même chose. Qu'un malaise tout aussi grand que le mien l'agite, et que l'éventualité de le voir repartir nous briserait un peu tous les deux. Nous n'avons aucun pouvoir sur ses actions, mais il n'en reste pas moins que ce domaine est grand, que la place ne manque pas pour l'y accueillir le temps qu'il le voudra. Notre famille en est une accueillante, compatissante, ouverte. Bien sûr, Solène et moi ne pouvons pas devenir parents de tous les enfants perdus de cette planète, et nous ne le devrions pas non plus, mais je sens ma raison s'arrête ici, que cet enfant est déjà en partie sous ma responsabilité, et les mots de ma douce viennent confirmer un peu ce que je sais déjà. Nous ne lui imposerons rien du tout, mais il est hors de question de le chasser et de le renvoyer de là où il vient. En offrant un sourire modeste à ma dulcinée, je me mets à préparer le repas dans un silence plein de réflexion. Je ne remarque pas tout de suite la présence de ma fille aînée à table auprès de Kijani. En fait, je constate son arrivée seulement après avoir terminé ma préparation. Avec un sourire tendre, je m'approche en posant l'assiette devant le garçon, qui observe la fillette avec grande attention. Lentement, un sourire franc étire ses lèvre alors qu'il la salue d'un geste de la main tout à fait spontané.

Ce après quoi il s'attaque à sa deuxième assiette avec presque autant de voracité que la première. Je fais le tour de la table, m'asseyant à côté de Crystal en lui glissant un baiser sur le front au passage. Elle n'a quémandé aucune explication sur la présence du garçon, et je sais que sous ce jeune front se tiennent plusieurs idées différentes à ce sujet. J'espère qu'elle réalise sa chance. Je caresse ses mèches rousses avec affection, avant de lui expliquer doucement ce qui s'est produit.

«Crystal, je te présente Kijani. Mesrine l'a trouvé dans la grange. Comme il avait faim, on a pensé de lui faire à manger.»

Mon attention se porte un instant sur Mesrine. La Feunnec ne quitte pas un seul instant le garçon à la peau noire des yeux, comme fascinée par lui. Lorsqu'il a finit, et sans préavis, elle s'hisse sur ses genoux pour venir lécher les quelques miettes, rares, qu'il a laissé. Kijani lui caresse la tête et elle se laisse faire avec une docilité que je ne lui ai jamais vu. Comme quoi elle a adopté le garçon tout autour que nous. À ce moment, Kijani baille et se frotte un oeil. La fatigue le rattrape après ce copieux repas sans l'ombre d'un doute.

«Hé bonhomme, j'ai là un sofa très confortable, des couvertures et des oreillers. L'offre est à prendre ou à laisser mais... Tu peux dormir ici si tu veux. En fait, tu restes autant que tu le voudras.»

Le regard du gamin s'illumine en considérant mon fauteuil.

«Tu pourras prendre un bain et te changer, j'ai probablement quelques vêtements qui pourraient te faire même si ce sera un peu grand et...»

Encore une fois, je m'emballe. Je me mords la lèvre en réalisant ma maladresse, surtout que Kijani semble un peu perdu devant mes dires, hésitant. Je l'observe, lui offrant un petit sourire désolé. Sur ses lèvres se dessine un, timide mais bien réel, où se lit un certain amusement. Il accepte tout ce que je lui demande d'un hochement de tête. Après une douche et avoir enfilé des vêtements à moi, il tient à peine debout et je dois le transporter dans mes bras jusqu'au sofa, où je l'installe confortablement. À contrecoeur, je le laisse se reposer, allant par le fait même border Crystal en compagnie de Solène avant de retourner me coucher avec elle. Je prie tous les dieux que je connaisse pour que Kijani reste parmi nous, qu'il accepte sa place dans notre famille, qui lui ouvre en grand ses bras. Je m'endors en me sentant mieux que jamais ces derniers, parfaitement accompli, blotti contre mon épouse. Ma famille est désormais complète.

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