« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 Falling to pieces [OS]

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Weston Elric
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MessageSujet: Falling to pieces [OS]   Mer 28 Jan - 0:25

• Falling to pieces •

Mes yeux refusent de rester sur la route qui défile devant moi, et mes membres ne répondent pas aussi vite que je ne le voudrais. Je ne sais plus ce que je fais. Je ne sais plus ce qui se passe. Je ne sais plus. Je n’y fais plus attention. Mais je n’ai même pas le temps de le réaliser. Je n’ai pas le temps de réaliser mon erreur que cette lumière blanche, vive, aveuglante s’impose à moi. Cette lumière si vive, de plus en plus intense, de plus en plus pesante. De plus en plus aveuglante.

-…Weston?

Je sursaute, surpris par la voix féminine qui est venue briser le silence. C’est un Weston las, épuisé, et partageant probablement des liens familiaux avec les zombies et les compagnons qui lève deux yeux cernés vers la concernée qui m’observe avec inquiétude. Je viens de réaliser qu’elle est venue poser sa main sur mon épaule. Poussant un léger grognement, je ferme les yeux à nouveaux pour m’enfermer dans mon petit monde. Pour qu’on me laisse tranquille. Et pourtant, je sais bien que la brunette en face de moi n’a aucune intention de me lâcher.

-Weston, tu n’as pas dit un mot de toute la séance, j’ai l’impression que quelque chose te tracasse…

Perspicace, la demoiselle. Je me contente d’hausser les épaules, refusant toujours de la regarder dans les yeux. Si je n’ai jamais apprécié ces rendez-vous forcés une fois par semaine, je me suis toujours plié à la volonté de la loi, et j’ai toujours accepté de participer, minimalement, mais participer tout de même. Mais aujourd’hui, les choses sont différentes. Aujourd’hui, j’ai peiné simplement à me rendre ici, alors parler? Et puis parler de quoi, toute manière. Rien de ceci ne fait de sens, rien de ceci n’est véritablement utile. Ces rencontres ne m’aident pas, peu importe ce que peut dire Maureen, la jeune intervenante me faisant justement face. Rien de ceci ne m’aide… Rien ne m’aide. Alors à quoi bon participer? À quoi bon partager mes jours de sobriété avec d’autres connards dans le même cas que moi?

-Weston, j’ai l’impression de te perdre, là. Est-ce que tu as consommé…?

La tête pendante, avachi sur la chaise faisant face au bureau de l’intervenante, je reste silencieux. Je songe l’espace d’un instant à répondre à la négative, mais au fond… Au fond, pourquoi lui mentir? Pourquoi lui cacher la vérité? Avec une lassitude légendaire, je me contente de hocher la tête. Oui. Oui, j’ai consommé. Oui je me suis défoncé avant de me saouler la gueule jusqu’à perdre connaissance. Et je ne m’en cacherai plus. À quoi bon. Je n’ai plus rien à perdre, après tout. Plus rien à cacher. Elle peut bien le noter dans son dossier, elle peut bien prévenir les flics, si elle veut. Qu’on me foute en taule, ça n’a plus d’importance à présent.

-Veux-tu en parler?

Elle se contente de prononcer ces mots, n’inscrivant rien dans son carnet. Elle m’offre un regard à la fois inquiet et bon. Les bras croisés, elle m’encourage à déballer mes inquiétudes, à me vider le cœur. Mais aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche. Incapable de parler. Incapable de formuler mes idées. Mais rien de cela n’est dû aux effets de la drogue ou de l’alcool consommé la veille. Non, il s’agit d’autre chose. De la honte, de la fureur, du dégout. Dégout de moi-même, dégout de mon existence. Alors comment en parler? Et malgré tout, je me force à tenter de chercher mes mots. Des mots vides de sens, incapables de rendre justice à mes sentiments qui bouillent en moi.

-Le vieux… L’homme de l’accident. Il s’est réveillé, hier…

-Mais c’est génial, ça! Ça veut dire –

-Il est paralysé. Il ne bougera plus jamais. Il ne marchera plus jamais. Il ne conduira plus jamais.

Coupé dans son élan, l’intervenante se contente de m’observer, les yeux arrondis par la surprise. N’y croyant pas, elle secoue la tête quelques instants, les yeux pleins d’eau. Et pendant un instant, je me demande pour qui elle verse ces larmes. Pour ce vieil homme, ou pour moi, pauvre misérable.

-J’ai tué cet homme, Maureen… Je l’ai tué, putain…

La jeune femme s’apprête à protester, à me rassurer, mais je la coupe dans son élan. Mon poing s’est abattu sur le bureau de bois massif, créant une atmosphère lourde, palpable. Pris d’un spasme violent, j’échappe un grognement sonore avant de laisser ma tête tomber et aller rejoindre mon poing crispé contre le bois dur. J’ai gâché la vie de cet homme. Alors que tout commençait à bien aller, voilà ma vie qui s’effondre à nouveau. Je l’ai tué. J’avais fait tant de progrès, j’avais tant avancé. Et à présent… À présent, ma vie ne vaut plus rien. Je me dégoute. J’aurais tant aimé prendre sa place. J’aurais tant aimé perdre la vie dans cet accident, si cela aurait pu lui rendre la sienne. Lui ne pourra plus jamais marcher, conduire, faire l’amour à sa femme, cuisiner… Il ne pourra que respirer et prier pour que sa fin arrive au plus vite. Et moi… Moi je continue de marcher, je continue de rire, de courir, de goûter aux plaisirs de la vie. Moi, je continue à boire et à me plaindre que la vie est difficile. Alors je me répugne. Je ne peux plus m’endurer, je ne peux plus continuer à vivre ainsi. La seule chose qui me permet encore de me regarder dans le miroir, d’oublier qui je suis, c’est ces substances qui poussent mon corps. Mais ces substances, ce sont elles qui me font me détester à ce point. Un cercle vicieux. Un putain de cercle aussi vicieux qu’un vieux pervers.

-J’en peux plus, Maureen, je peux pas faire ça… Je peux pas… JE PEUX PAS, MAUREEN! JE PEUX PAS!

Les sanglots se sont transformés en véritables cris de rage. D’un bond, sans même le réaliser, je me suis redresser pour balancer ma chaise de l’autre côté de la pièce. Dans un nouveau cri de rage, j’envoie valser le contenu du bureau de la jeune intervenante par terre. Les feuilles volent dans tous les sens alors que ses crayons et la photo de son conjoint se contentent d’aller s’écraser sur le sol dans un vacarme effroyable. Vidé de toutes forces, je me presse contre le mur le plus proche pour m’y laisser glisser jusqu’au sol, où je m’écrase à mon tour. Stoïque, Maureen se contente de se lever pour venir se poser à mes côtés.

-C’est pas ça que je voulais… Je voulais pas blesser qui que ce soit, je voulais pas… Je suis tanner, j’en peux plus, moi, de foutre la merde partout… Je sais pu quoi faire…

Les larmes coulent le long de mon visage crispé par les sanglots. L’épuisement s’est emparé de moi. Ces nombreuses nuits à ne pas trouver le sommeil me rattrapent. Depuis combien de temps n’ai-je pas profité d’une véritable nuit de sommeil, sans que celle-ci soit interrompu par cette lumière blanche? Trop longtemps. Je suis épuisé, je n’en peux plus. Hier soir, mon monde s’est effondré. Tous ces efforts que j’ai faits, toutes ces démarches que j’ai entreprises pour ne plus être cette canaille répugnante, n’ont servi à rien. Rien de ceci n’aura servi, à part à m’offrir l’illusion d’un contrôle qui n’existe pas. À part me faire croire qu’il était possible de changer. Mais au final, quand rien ne va, je réalise que je suis toujours le même. Le même lâche qui a encore une fois brisé ses promesses.

-Et tu vas faire quoi, maintenant?

Pris au dépourvu, je relève la tête vers la brune. Qu’est-ce que je vais faire? Je… n’y avais pas pensé. Qu’y a-t-il à faire? Que suis-je sensé faire, exactement? Que puis-je faire? Rien, justement. Rien que je fasse ne fera une différence. J’ai détruit la vie de ce vieil homme, et rien que je fasse ne la ramènera. Rien au monde.

-Tu sais ce qui serait horrible, Weston? Ce serait que tu abandonnes maintenant. Que tu laisses l’accident de ce vieil homme être en vain. Je sais que tu n’es pas fort sur les paroles Bibliques, mais si Arceus t’as fait vivre ce que tu as vécu, ce n’était pas pour rien.


La jeune femme prend une pause, et glisse son bras autour de mes épaules, m’invitant à déposer ma tête contre la sienne.

-Tu as fait tant de progrès, et te voilà à présent devant un défi de taille. Ne le laisse pas te briser. Pense à tous ceux qui croient en toi, pense à Victoria qui croit encore que tu te modère. Penses à toi, Weston…

Mais comment penser à moi, alors qu’il hante mon esprit? Comment penser à moi, alors que j’ai retiré à un homme un de ses droits vitaux? Comment penser à moi…? Je n’y arrive pas, et je ne sais pas si j’y arriverai un jour. Pas avec ceci sur la conscience. Alors que suis-je sensé faire, à présent? Je n’en suis pas encore certain, mais en attendant de trouver, je dois continuer de penser à ceux qui croient en moi… Continuer à faire semblant jusqu’à ce que… je me décide.

(c)Golden


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