« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 Averse. (OS, Evolution) /!/ Avertissement Violence et Langage fleuri! /!/

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Léopold Richter
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Âge du personnage : 26 ans, né un 5 mai
Métier / Études : Etudes de Medecine, en stage chez un medecin généraliste a Anula et quelques fois à la clinique Connors d'Amanil
Pseudonyme(s) : White Dragon, identité de justicier

Niveau : 55
Team active : .

♦️ Médée - Assurée - Voile Sable

♦️ Luis - Préssé - Impassible

♦️ Sisyphe - Foufou - Brasier

♦️ Emil - Modeste - Attention

♦️ Bellérophon - Assuré - Tête de Roc

♦️ Thanatos - Timide - Agitation



MessageSujet: Averse. (OS, Evolution) /!/ Avertissement Violence et Langage fleuri! /!/   Dim 10 Mai - 17:37


Averse

Il fait sombre. Léopold se lève en pleine nuit. Ce n’est pas la première fois qu’il fait une insomnie comme celle-ci. Ses pas le guident jusqu’à une pièce qu’il connaît bien. Trop bien. La pièce la plus importante de la maison, pour ainsi dire. Son cœur s’affole, ses poings se serrent. D’anxiété et de haine mélangé, il pousse le battant de la porte de bois de la chambre de Richard. Ce dernier dort. Encore assommé par les somnifères qu'il lui a prescrit. Il ne bouge qu’à peine. Il semble presque mort, si ce n’était sa respiration paisible. Si seulement il pouvait dormir à jamais. Léo se penche par-dessus le lit, un regard glacé dirigé vers le visage de son géniteur. Il n’est rien de plus, et encore, il peine a croire qu’il ait en ce monde une personne plus pathétique que lui en la présence de son paternel. Son paternel? Quelle belle connerie, cet être envahissant, abusif, stupide et paranoïaque n’a plus rien d’un père pour lui. Il est la cause de ce qu’il est devenu. De ce qu’il déteste tant chez lui : tout. Richard est malade depuis si longtemps, ce serait si facile de faire en sorte qu’il s’endorme un jour pour ne plus jamais se réveiller. Qui se souciera de sa disparition, de toute manière? Tout le monde l’a oublié. Il n’existe plus. C’est une blague morte-vivante. Encore une fois, en rêve, ces gestes sont d’une facilité aberrante. L’étouffer sous un oreiller. Empoisonner sa tisane du soir. L’emmurer. Tripler la dose de médicaments jusqu’à l’overdose. Les moyens sont divers, et ils les a tous essayés.

« Léoooooo? »

J’en peux plus, putain.

« Lé-ooooooo! »

Qu’est-ce que j’attends. Pourquoi dois-je encore…

« LÉOPOLD! »

Dis-le, putain. Avoue-le. Fais-le.

« LÉOPOLD RICHTER »

Non. Pas encore.

« J’arrive, papa, une seconde! »

Bordel de merde. Putain de bordel de merde. Quand est-ce que j’aurais enfin fini d’être une sombre merde quand mon père me demande des choses. Je ne peux plus le supporter... Je peux le supporter. Je pourrais toujours le supporter. De toute façon… Je ne sais que vivre ainsi, n’est-ce pas? Un rire amer s’échappe de ma bouche, qui m’effraierait presque moi-même. Je ne peux l’avouer. Je ne peux me l’avouer. M’avouer la vérité de mes envies de meurtre que j’assouvis en rêve. J’émerge lentement de ma sieste, on ne peut même pas être tranquille deux minutes, puis j’entame ma marche machinale vers l’étage d’en dessous. Pousse d’un geste rituel la porte de bois sombre.

« Qu’est-ce qu’il y a, Richard. »
« Léo… Il va venir aujourd’hui. Je le sais. »
« Qui va venir aujourd’hui? »
« Le démon… Je le sens… Il est tout près. Tu ne l’as pas attrapé, n’est-ce pas? Tu n’as pas réussi. Tu échoues, une fois de plus. Est-ce que tu veux que je meurs de peur au fond de mon lit?! »
« Non. »


Oui.
La réponse avait été machinale, monocorde. C’est a peine si je l’entends encore. Je connais toutes ses rengaines par cœur.
Conneries, conneries, conneries. Je soupire. Je n’ai même plus la force de la contredire ou de le rassurer. Je n’ai pas continué à chercher Cesar. Le croiser un jour dans la forêt m’a convaincu de ne plus partir à sa recherche. Je voulais l’attraper ce jour là. Pour lui dire de vivre sa vie. Lui dire la vérité. Pour m’excuser du mal que je lui ait fait à cause de Richard. Je n’ai pas réussi. Je ne peux même pas réussir une chose aussi simple. Non, je ne l’ai plus poursuivi. Pour quoi faire? Pour encore obéir à un père complètement fou? Je n’ai plus a tenter de voir le monde de son point de vue. Je ne peux pas le comprendre. Je ne suis pas fou, moi, je veux seulement la paix. La liberté. Le veux la liberté. Mais je ne suis même pas capable de me l’octroyer.

Alors, pourquoi ce timing? Pourquoi devait-il venir? Pourquoi lui donner raison? Pourquoi. Pourquoi cela devait-il se passer ainsi. La coïncidence la plus dégoutante. Le son de la sonnette. Le silence qui se fait. Personne ne sonne jamais ici. Même le facteur ne sonne plus à la porte de cette baraque glauque. Personne, sauf quelqu’un qui n’est jamais venu et veut insister sur sa présence. Non. C’est impossible. Pourtant, je ne bouge pas. Richard se redresse brusquement, le regard fixe.


« Léo, tu ne va pas répondre? »

Ça sonne de nouveau.

« Va répondre, merde, à la fin… ! »

Pourquoi je n’y vais pas? Pourquoi j’ai déjà l’impression de savoir? Est-ce que je deviens parano, moi aussi? Je m’imagine des choses... Ça ne peut pas...

« C’est lui… n’est-ce pas?! »
« Non, Richard. Les démons ne sonnent pas à la porte. »
« Ah, ouf. Vas-y quand même, pauvre nul. »


Lassé, je descends les escaliers. Je travers le salon, aperçois quelques uns de mes Pokémon au dehors, Minn et Canacée se délectant sous la pluie. Je traverse le hall. Et j’hésite. Ma main se referme sur la poignée. La sonnette retentit de nouveau et me fait sursauter. Je fais tourner la clé, la poignée, et j’ouvre la porte. Je n’aurais pas dû. Non. Je n’aurais pas du. Un jeune homme. Des cheveux d’argent que je reconnaîtrais entre mille. Cesar. Comment nous a-t-il trouvés? Et surtout… Pourquoi? Il est trempé. Il me fixe intensément, le visage dur. L’inverse total du visage si expressif et souriant que j’avais pu lui voir. Je sens sa colère.  

« Qui es-tu, toi? »

Je ne réponds pas. Je le fixe. Je secoue la tête. Non… Non, non, non, Cesar. Ça ne peut se passer ainsi, tu comprends? Non. Comment peut-il comprendre, ou savoir quoique ce soit. 22 ans qu’il est gardé dans le silence. Cela prend fin en ce jour. Ses yeux gris-verts brillants me font comprendre qu’il n’abandonnera pas, et la Rhinoféros présente dans son dos me fait comprendre qu’il entrera par la force s’il le doit. Même si de mon côté, Médée a surgi, protectrice. Je lui ordonne pourtant de nous laisser d’un regard.

« Tu es muet, ou quoi?! Je sais que tu sais qui je suis! »

Son ton s’emballe, et son expression se perd entre frustration et tristesse. Je serre les dents. Je ne peux pas le voir ainsi. Je secoue encore la tête. Je vais devenir fou.


« Tu es Léopold. Tu es le connard qui m’a… »
« Cesar, je suis déso- »
« Ah bah, tu vois, tu parles! »
« Je suis désolé. Ce n’est pas moi qui- »
« C’est qui alors, hein?! C’est qui?! Qu’est-ce que j’ai pas le droit de savoir? »


Ce n’est pas ta faute, Léo. Ce n’est pas ta faute. Tu as été forcé. Tu as été faible. Ça a changé, maintenant.

« Écoutes moi Cesar. Je ne voulais pas. J’avais peur. C’est… ton père. Notre père. Il pense que… Il pense que tu lui veux du mal. Beaucoup de mal. Que tu es coupable de tous ses malheurs et- »
« C’est une blague? Je veux le voir moi-même! Pousses-toi! »


Avec une force dont je ne lui croyais pas capable, Cesar me prend de court et m’envoie un violent coup de poings dans l’estomac, qui me fait flancher quelques secondes suffisantes à mon jeune frère pour se faufiler. Médée et Sachi ont tout vu et se précipitent, je les arrête d’un signe de main avant de partir à la poursuite de mon petit frère.

« CESAR! »


Il ne doit pas y aller. Il ne doit pas. Il risque de… Mon sang se glace quand un hurlement que je reconnais entre mille se fait entendre à l’étage au-dessus. J’accélère le pas, et trouve Cesar immobile dans l’entrebâillement de la porte. Son regard et fixe, et c’est la peur que je lis sur son visage. Il recule jusqu’à se retrouver contre moi. Alors je suis son regard, dirigé vers notre père… Oh, non. Mes yeux s’écarquillent à leur tour, et je m’interpose devant Cesar, qui serre maintenant le tissu de ma manche entre ses doigts. Mes lèvres tremblent en voyant le révolver brillant que tient notre père entre ses mains.

« Richard… Lâche ce pistolet. Lâche-le. »
« Pourquoi le protèges-tu, espèce de petit enculé?! Il a apporté le malheur sur toute notre famille! Tu entends, Démon?! Tout est ta faute! Tu ne feras jamais rien de bien, tu es démoniaque, tu es la destruction, tu es la cruauté, tu es le malheur incarné, la méchanceté… Tu as tué la femme que j’aimais plus que tout… Tu as tué ta propre mère! »


Les doigts de Cesar se resserrent sur mon bras. Il tremble. De peur ou de rage, je ne saurais dire.

« Ne l’écoute pas, Cesar. Il est fou. »
« Et toi, là?! Sale sbire des enfers… Sale… Sale petit connard minable! Tu prends sa défense?! Tu m’avais promis, Léo… Tu m’avais promis de le tuer pour moi! »
« Non… Je n’ai jamais voulu. »


Alors, Cesar lâche mon bras et repasse devant moi. Je lui demande de rester derrière moi, mais il s’avance, se débat quand je le retiens par le bras.

« Comment tu peux être mon père?! Ou celui de Léopold… Celui de Cléo… T’es qu’un… Tu me dégoutes! J’ai rien fait, moi! J’ai vécu enfermé, tout ça parce que tu l’as demandé… Égoïste! J’ai jamais fait de mal à personne, moi! J’ai… J’ai peut-être été méchant, parfois, pour me défendre, comme tout le monde! Celui qui fait du mal à sa famille… C’est pas moi… C’est toi, le monstre! »

Richard hurle de nouveau, et son cri est suivi d’un coup de feu. Nous ne pouvons pas réagir, mais nous avons seulement le temps de voir que la balle a filé à quelques centimètres de nous pour se loger dans le mur. Richard se met maintenant à rire. Disant que tout le monde lui veut du mal. Qu’il nous tuera tous les deux, si cela doit se passer ainsi. Entre deux éclats de rire déments, son œil unique se remplit de larmes, et  son poing se serre de nouveau sur la détente. Suffisamment de temps pour moi pour attraper Cesar par la taille, et me jeter à terre, dégringolant les escaliers. Une fois en bas, je lui ordonne de courir. Mais le garçon est totalement tétanisé. Il tremble de tout son corps.

« Cesar… Cesar, tu dois courir… Va loin d’ici… Je peux encore le calmer, seul. Rentres chez les personnes que tu aimes! Cesar… Pardon… Je- »


Et alors, mon cœur s’arrête de battre. Un nouveau coup de feu a retenti. Puis, le choc de quelque chose d’un certain poids sur le sol se fait entendre, au dessus de nos tête. Silence. Plus de rires. Plus de pleurs ni de hurlements. Plus rien. Cesar se redresse, se prépare à monter les escaliers de nouveau. Je retiens ses épaules, avec insistance. En un regard, nous savons. Le même sentiment nous a traversés, la même pensée.

« Non. Pars, Cesar. Ne reviens plus jamais ici. S’il te plaît. »
« Léopold… Comment tu vas. »
« Ne t’inquiètes pas… Tout va bien. Tout ira… bien. »


Le silence reste encore. Mes alliés se sont agglutinés devant la baie vitrée, et s’écartent pour laisser passer Cesar, qui se met à courir dans les herbes hautes du jardin détrempé, jetant des coups d’œil vers l’arrière avant de disparaître pour de bon par le portail, sur le dos de sa Rhinoféros. Quand à moi, je lèvre les yeux vers l’escalier. Et pose ma main sur la rampe. Il me faut tous les efforts du monde pour franchir la première marche. J’ai un premier haut-le-cœur en franchissant la cinquième. Je ne me souvenais plus du nombre de marches exact de cet escalier. Vingt-quatre. J’ai déjà oublié. Je reste un moment en haut des marches, sans oser tourner la tête vers cette chambre que je sais sombre… Et vide du peu de vie qui lui restait. Je respire fort, bruyamment, mon cœur bat à mes tempes, la nausée me tord la gorge. Un autre pas sur le côté. Je franchis cette porte restée ouverte. Et enfin, je lève les yeux et me fige net.

« Richard? »

Je sais très bien que l’appeler est inutile. Plus jamais il ne répondra. L’ombre que je vois effondrée sur le sol me le prouve. Une mare écarlate s’étend sur le parquet, comme si elle allait pour m’engloutir. Mes genoux se brisent sous moi et je tombe à terre, une main dans cette marée rouge qui progresse inexorablement. Je fixe cette main sale de sang, et je me mets soudain à trembler, mes larmes devenant irrépréhensibles. Je ne sais ce que je dois voir entre mes yeux embués, mes hurlements. De la tristesse? De la colère? De la frustration de ne pas avoir fait ça moi-même? Du soulagement? Probablement de tout à la fois. Une tempête qui me fait vaciller et me baisser vers le plancher en position fœtale. Luis, Médée, et Sachi sont là. Choqués eux aussi. Ma Kungfouine est la première à s’avancer vers moi et poser une patte sur mon dos. Je ne la vois pas briller et grandir d’un coup, évoluer pour véritablement m’enlacer, me calmer. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés là, en attendant que je fasse un geste, que j’aille nettoyer le sang sur ma main, et que je prenne enfin le téléphone en main pour qu’on vienne se charger du corps. Froidement. La chaleur venait de s’éteindre en moi.

Rien ne sera plus pareil, maintenant.

N’est-ce pas ce que u voulais, Léopold?
Manoir Richter
Pokémon présent(s) : Médée, Sachi, Luis

____________________________________________


DC de Alexander Nagel, Julianne Eriksen, Riku A. Nagel, Cesar Richter, et  Cobaltium
PNJ Lié : Cléopatre Richter
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