« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 Raise me up [PV Lester]

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Anaïs M. Rinel
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Métier / Études : Lycéenne (terminale L) et bassiste
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MessageSujet: Raise me up [PV Lester]   Lun 31 Aoû - 11:11



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Raise me up

feat Lester Yaxley




La rencontre d'Anaïs avec Maxwell lui avait appris une chose : il était finalement beaucoup plus facile de se confier à un inconnu que de parler à un proche. Elle n'avait pas compris au début, pourquoi elle avait eu tant de facilité à aller vers cet homme, pourquoi les mots étaient ainsi sortis de sa bouche. Puis elle s'était finalement aperçue que c'était parce que Maxwell ne la connaissait pas. Il ne connaissait pas sa vie, sa famille... alors, il n'aurait pas pu juger en fonction de cela. On a toujours une approche des autres en fonction de comment on les connaît, et jusqu'à quel point. Les inconnus ont plus de recul sur la vie d'autrui. La gentillesse du Maître Coordinateur avait été un point fort et avait beaucoup aidé Anaïs à dire ce qu'elle avait sur le cœur.
L'adolescente avait cependant conscience que tout le monde n'était pas comme ça. Loin de là. L'homme avait su percevoir la détresse de la brunette et était aller l'aidée, spontanément, sans rien attendre en retour. Ce genre de personnes étaient rares. Si rare même que, depuis leur rencontre, Anaïs n'avait plus parlé de sa mère à qui que ce soit. Même avec son frère, cela était devenu difficile à évoquer.
Elle n'était pas du genre à se plaindre, comme elle le disait. Pour elle, et elle le pensait toujours aussi fortement, ses histoires ne concernait qu'elle. Elle se rappelait pourtant du grand soulagement qu'elle avait ressentit en se confiant. Alors oui, elle avait envie de recommencer, mais en vérité, avait peur d'ennuyer les autres. Après tout, si ce n'était pas leurs affaires, pourquoi s'y intéresseraient-ils ? Tout le monde n'était pas comme Maxwell.

Il avait fallut plusieurs jours de réflexions à Anaïs avant de prendre la décision d'aller consulter un psychologue. L'idée ne lui avait jamais vraiment plu. L'avait effrayée, sûrement, car il y a tellement de préjugés qui couraient sur les personnes exerçant ce métier qu'elle n'avait jamais su que croire.
Mais désormais, elle réalisait que garder tout pour elle était mauvais, sur son état d'âme et sa santé. Elle avait besoin de parler, et elle avait besoin qu'on lui parle. Ce n'était pas la même chose avec son frère ou ses Pokemon.
Alors, finalement, elle s'était décidée. Ça n'avait pas été facile, loin de là, mais elle se rendait compte qu'il le fallait, c'est presque comme si elle n'avait pas le choix. L'adolescente n'en avait parlé à personne, même pas à Théodore. Ça, par contre, elle le garderait pour elle. Ce que font beaucoup de gens consultants un psychologue, d'ailleurs.
La jeune fille avait donc pris son courage à deux mains et avait décroché son téléphone. Elle avait un peu choisit le psychologue au hasard, et espérait que cela se passerait bien. Elle avait donc pris rendez-vous ce jour-là, à Amanil.

Anaïs tremblait quand elle sortit de chez elle. Pas à cause du froid, non. Un mélange de stress et d'anxiété l'animait, si bien qu'elle faillit rebrousser chemin. Mais à ses côtés, Symphonie la poussa du museau. La petite dragonne savait que sa dresseuse avait besoin de parler, et qu'on lui parle en retour. L'adolescente pris une grande respiration et se dirigea vers l'arrêt de bus qui l'emmènerait jusqu'à Amanil.

Durant tout le trajet, elle ne cessa de penser à ce qui pouvait l'attendre. Ce que ce psychologue pourrait lui dire, ou plutôt ce qu'elle-même allait lui dire. Pour tout avouer, elle avait peur de renoncer au dernier moment à parler. Le côté trop ''médical'' des psychologues et des psychiatres l'effrayait, elle avait toujours pensé qu'ils n'étaient pas sincères, mais qu'ils ne faisaient que répéter des phrases toutes faites. Mais peu importe, elle avait pris sa décision maintenant, et ne voyait de toute façon pas d'autre solution.

Elle s'arrêta devant la maison dont l'adresse lui avait été indiquée par le psychologue qu'elle avait eu au téléphone. La brunette avait refusé de le voir à l’hôpital. Malgré le fait que sa mère s'y trouvait, cet endroit lui donnait la chair de poule, et la mettait extrêmement mal à l'aise, ce qui ne l'aurait pas aidée.  

La musicienne demeura plusieurs secondes immobiles sur le pas de la porte, serrant dans ses bras sa Coupenotte. Des milliers de questions se bousculaient dans sa tête. Des appréhensions, aussi. Mais la jeune fille savait que, si elle y réfléchissait trop, elle repartirait en courant. Alors, malgré toute la peur que cela lui procurait, elle appuya sur le bouton de la sonnette. Désormais, elle ne pouvait plus reculer.


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MessageSujet: Re: Raise me up [PV Lester]   Lun 31 Aoû - 12:41

Where there a will, there's a way kind of beautiful and every night has its day, so magical. And if there's love in this life, there's no obstacle that can't be defeated. For every tyrant, a tear for the vulnerable, in every lost soul, the bones of a miracle, for every dreamer, a dream we're unstoppable with something to believe in.


Mets-y du tien, Fantôme, ou le bureau ne sera jamais prêt, s'il te plaît.

La voix résonne dans la pièce aux fenêtres ouvertes. Le vent s'y engouffre comme si Eole désirait en arracher des morceaux brisés, de ses longs doigts invisibles. Lester frissonne et offre un sourire de reconnaissance au malosse qui, un chiffon en gueule, s'évertue à effacer les traces sur la table basse, sans réaliser qu'il en créée de nouvelles de ses pattes avant posées sur le verre. Le trentenaire retient un sourire amusé puis va fermer les fenêtres. Une fois closes, il inspire le vent du large aux senteurs iodées. C'est une saveur piquante au nez, qu'il apprécie, et la plupart des enfants l'aiment également. Mais, et il y songe avec un peu d'anxiété, c'est une adolescente qu'il va accueillir, non un enfant. Cela change bien des choses, mais il ne veut pas s'y pencher tout de suite. Il aura tout le temps après.

Aidé de son malosse et de la stari, la pièce finit par être propre et rangée. Il rallume les chauffages quelques minutes, afin d'en chasser la délicate humidité salée qui s'y est logée, venue de la mer proche, et enfin il descend les escaliers jusqu'au rez-de-chaussée. Sandor et Jaime sont dans le jardin, dans leur annexe. L'onix et le gringolem ont trouvé le même mutisme et cette timidité étrange chez les êtres pas exactement vivants. Lester apprécie leur compagnie calme et tranquille.

Asha, Fantôme. Veuillez ne pas me déranger pendant la consultation, d'accord ? Et comme vous m'avez aidé, vous avez le droit à une friandise. Lester est trop doux, peut-être, ou trop juste, qui sait. Les deux pokémons dévorent les bonbons et se détournent de leur dresseur pour vaquer à leurs occupations, laissant le trentenaire dans son malaise qui gonfle de minute en minute. Et si il n'arrivait pas à aider cette jeune fille qu'il a eu au téléphone ? C'est là l'objectif de son métier, mais il a toujours peur de ne pas réussir. Le manque de confiance en lui l'empoisonne et réduit à néant le peu de calme qu'il lui restait. La sonnette le fit sursauter, et il manqua de renverser une assiette posée sur la table. Il racla sa gorge, sachant qu'il était ridicule, et s'en va ouvrir de son pas étrange, un peu chaloupé, avec sa grande stature. Il passe une main nerveuse sur sa chemise et ouvre la porte, baisse ses yeux délavés sur la silhouette féminine et tente un sourire avenant, de ses dents crochues comme celle des chats. Il espère ne pas l'effrayer, avec son physique laid.

Bonjour, mademoiselle, hem il jette un coup d'oeil peu discret et ridicule à sa paume droite, qui lui sert de pense-bête, et où est écrit au feutre noir le nom de la jeune femme, Mademoiselle Rinel. Veuillez entrer. Il essaye de ne pas paraître coincé ou gauche, mais c'est comme faire face à un cochignon dans un magasin de porcelaine. On le dirait taillé dans un rocher, mais un gros caillou maladroit. Il claque la porte derrière la nouvelle venue et l'invite à monter l'escalier. Deuxième porte à gauche, à l'étage. Installez vous, n'ayez pas peur. Oh, une dernière chose, vous aimez les cookies et le chocolat chaud ? Toujours essayer de mettre à l'aise. Même si l'homme lui-même ne l'est guère, ce qui semble un paradoxe cocasse.

Les cookies ne sont pas de lui - il ne sait pas faire la cuisine - mais ils sont bons. Ses préférés - et globalement ceux que les enfants préfèrent également. Il remonte avec deux tasses, une assiette pleine de friandises encore chaudes, et une vasque qui contient du chocolat chaud dont l'odeur se répand comme une traînée de poudre. Il entre dans le bureau, manque de se prendre les pieds dans le tapis, pose le tout sur la table basse et toussote. Là, il n'a plus à être le Lester habituel, et son visage nerveux se calme soudain en voyant les traits de la jeune fille. Elle a l'air aussi angoissée que lui, et cela le touche - dans le fond, elle n'a pas tellement de différences que cela d'avec les enfants qu'il soigne.

Je m'appelle Lester Yaxley. Elle le sait, mais c'est toujours bon de se présenter en face à face. Il tend une main aux doigts longs, maigres et pâles comme de la vieille craie. Les jointures semblent gonflées, mais il ne tente pas de les cacher. A la seconde même où il a vu le regard de la jeune femme, il a deviné qu'elle souffrait. Il est là pour l'aider, et pour rien d'autre au monde. Servez-vous, si vous le désirez. Je vois que vous êtes venue avec votre ami. Toi aussi tu peux en prendre si tu veux fait-il de sa voix de basse, grave et profonde, qui contraste fort avec son physique laid et effrayant. C'est une voix de conteur, une voix douce et caressante, qui semble faite pour qu'on ait confiance en elle. Il sourit encore, sans montrer ses dents par contre. Il essaye de mettre en confiance. Je suis heureux que vous ayez choisi de venir chez moi. J'ai toujours tendance à être mal à l'aise à l'hôpital fait-il avec un petit rire aigrelet. Se dévoiler, ça donne envie aux autres de faire de même. Ce n'est pas très recherché, mais il essaye, il tâte le terrain, avec une douceur toute professionnelle et empathique.

   
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Anaïs M. Rinel
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MessageSujet: Re: Raise me up [PV Lester]   Mar 1 Sep - 21:43



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Aussitôt qu'elle eu frappée, Anaïs regretta son geste. Non, finalement, elle ne voulait pas y aller. Elle ne savait pas quoi lui dire, à ce psychologue, comment lui expliquer ses problèmes. Elle avait peur de fondre en larmes devant lui, et c'est absolument ce qu'elle ne voulait pas faire. Elle s'apprêtait à effectivement tourner les talons, quand un petit bruit lui indiqua que la clé se tournait. Elle soupira de désespoir, se recoiffa un peu et tenta d'afficher une posture détendue, sans succès.
La porte s'ouvrit alors sur un grand homme au physique un peu atypique, auquel cependant Anaïs ne porta pas beaucoup d'attention. Déjà parce que ce n'est pas sur un physique quelconque qu'elle jugeait une personne, bien que celui de psychologue aurait pu la surprendre, mais aussi parce qu'elle pensait à autre chose.

« Bonjour... »

Elle l'avait dit si faiblement qu'elle doutait que son interlocuteur l'ai entendue. Elle s'avance dans la maison, d'un pas hésitant, sachant que de toute façon désormais, elle n'avait absolument aucun échappatoire. Enfin, elle pourrait toujours partir en courant, mais avouez que cela ferait vraiment étrange, et puis elle ne pouvait pas planter le psychologue avec qui elle avait pris rendez-vous. La jeune fille le faisait donc aussi pas politesse, malgré tous les préjugés qu'elle pouvait avoir sur les psychologues et qui lui passait par la tête à l'instant même. La brunette essayait de les chasser de son esprit, mais c'était impossible.
Lester Yaxley lui indiqua l'endroit où se trouvait le bureau, avant de lui proposer des cookie et du chocolat chaud. La lycéenne tourna la tête, un peu étonnée. Elle ne s'attendait sûrement pas à ce qu'il lui propose cela, et allait refuser quand sa gourmandise pris le dessus sur son état d'esprit.

« Je… veux bien, merci. »

Peut-être que cela pourrait l'aider à se détendre, après tout, elle en aurait bien besoin. Elle monta les marches jusqu'au bureau. La jeune fille s'installa, se demandant bien comment elle allait pouvoir aborder le sujet. Symphonie s'installe sur ses genoux, en silence. La dragonne est au final tout aussi angoissée que sa dresseuse. L'homme revient, et une merveilleuse odeur de chocolat chaud emplit la salle, faisant même gargouiller le ventre de la musicienne. Cette situation cocasse la fit rire intérieurement, mais sa tristesse reprit vite le dessus.
Elle serra la main du psychologue, gardant les yeux rivés vers le bas. Elle n'osait pas trop le regarder, de peur de se sentir obligée de parler, ou de peur qu'il décèle quelque chose dans son regard avant même qu'elle n'ai pu prononcer le moindre mot. Oh, après tout, c'est ce qu'il avait déjà du faire. Elle leva donc timidement la tête, tout pendant que sa Pokemon attrapait deux cookies, dont il en tendit l'un à sa dresseuse. Cette dernière la remercia d'un hochement de tête et croqua une première bouchée dans le gâteau.
Le psychologue lui dit qu'il se sentait mal à l'aise à l’hôpital. Tiens, ils étaient deux, donc. Elle pensait pourtant que cet homme devait être habitué à ce genre de lieux, puisque d'après ce qu'elle avait compris au téléphone, il y disposait d'un cabinet. La jeune fille aurait pu choisir cette option, afin d'être plus proche de sa mère, mais l'ambiance lui déplaisait fortement, et elle préférait nettement se trouver ici.

« Je ne suis pas non plus très à l'aise là-bas. A vrai dire, je déteste cet endroit. Mais bon, je suis bien obligée d'y aller...»

Et ça y est, ça avait commencé. Cette phrase pouvait sembler tout à fait anodine, mais la brunette avait quand même commencé à parler d'elle. C'est donc comme cela que ça se passait. Elle avait commencé, elle ne pouvait pas arrêter. Elle allait devoir parler, de toute façon elle était là pour ça, et c'est pour cela qu'elle payait. Parce que bien sûr, vu qu'elle n'en avait informé personne, c'est de sa poche qu'elle avait décidé de payer les consultations.

« Merci de m'avoir reçue, en tout cas. Je sais que normalement vous vous occuper d'enfants plus jeunes mais… voilà, merci. »

Elle ressentait un certain malaise, et son cœur s'était mis à battre. Sa Coupenotte se sera contre sa poitrine pour la rassurer, et l'adolescente croqua un autre bout de cookie, comme si ça allait l'aider. Elle se tue soudainement, ne savant pas trop comment aborder le sujet sur sa mère, mais espérant tout de même qu'elle allait pouvoir l'expliquer correctement.


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MessageSujet: Re: Raise me up [PV Lester]   Mar 1 Sep - 22:09

Where there a will, there's a way kind of beautiful and every night has its day, so magical. And if there's love in this life, there's no obstacle that can't be defeated. For every tyrant, a tear for the vulnerable, in every lost soul, the bones of a miracle, for every dreamer, a dream we're unstoppable with something to believe in.


La demoiselle qu'il avait devant lui semblait sur le point de s'échapper. Il manqua d'avoir un petit rire sans joie. Parce qu'il avait compris, avec une faculté presque animale, ancestrale et instinctive, que ce qui l'avait effrayé, ce n'était pas en lui mais en elle. Elle avait eu peur de ce qui pouvait sortir d'elle. Mais elle était entrée, presque bravement. Il admira cette volonté que peut avoir l'homme de surmonter ses peurs et ses faiblesses, pour aller de l'avant. Un pas après l'autre, loin des gouffres que forment nos cauchemars où l'on se pousse parfois, volontairement ou non. Il y a chez l'être humain cette faculté à être deux - deux volontés, deux pensées, deux émotions. C'était plus complexe que la simple idée du bien et du mal, mais cela y ressemblait en bien des points.

Armé de sucreries et de chocolat chaud, il était paré à toutes éventualités. Enfin, peut-être pas toutes, mais à une grande partie. La plupart du temps, ce qui est sucré donne du baume au coeur, surtout aux plus jeunes. Cela fait fondre les gangue de glace autour de leurs esprits givrés de malheur et de tristesse. Non pas que Lester eut l'intention de manipuler ainsi la jeune Anaïs Rinel. Cela lui était venu à l'esprit immédiatement, une politesse pure, mais aussi une empathie instinctive. Il aimait ça, recevoir des gens chez lui - patients ou non. Son regard jaune délavé, comme deux étoiles éteintes entre les cils d'ombre, passèrent aux doigts qui manipulaient les cookies, au pokémon dragon qui mangeait, mais qui se serrait également contre l'adolescente en un geste défensif et rassurant. Le trentenaire hocha doucement la tête, et cela pouvait tout dire, ou rien même.

Obligée ? demanda t-il très délicatement, comme on palpe une blessure visible. Si je puis me permettre, en quoi êtes vous obligée d'aller dans un endroit que vous n'appréciez pas ? Une simple curiosité, autant personnelle que professionnelle. Entre nous, je suis sûrement rassuré de recevoir mes protégés et mes patients sous mon toit, parce qu'il s'agit de mon territoire. Et je trouve cela beaucoup moins, disons, inhumain que l'hôpital, où tout est ordonné et mécanisé. Il ne la voyait pas comme une gamine à qui tirer les vers du nez. Il n'avait jamais vu ses patients ainsi, même les plus petits. Tous avaient une conscience, une humanité propre. Il était toujours intéressant de discuter de soi. Peut-être que si Lester aimait tant la psychanalyse, c'est parce qu'il trouvait en cela des échanges, non pas juste d'un côté mais des deux. Il ne savait si les autres faisaient ainsi, mais c'était sa propre méthode.

Le remerciement de la demoiselle le surprit. Il immobilisa sa tasse à mi-chemin entre ses lèvres et la table et prit un air surpris, une moustache de chocolat sur le dessus de sa lèvre. Ne me remerciez pas. Vous n'en avez pas besoin. Je suis toujours ravi d'aider quiconque à besoin de parler. Il donnait des mots doux pour parler de ce qu'ils faisaient. Pas de psychanalyse, d'analyse, de mots crus et violents. Non - c'était comme si tout cela, c'était simple et normal, pour lui ; une simple discussion douce et harmonieuse entre deux amis. J'ai l'habitude de recevoir des enfants plus jeunes, c'est exact. Mais ce n'est pas une raison pour refuser quiconque veut me voir. Il secoua la tête, essuya du dos de la main sa moustache qui chatouillait sa peau et but une nouvelle gorgée de chocolat chaud.

Ce n'est jamais facile d'entrer chez un parfait inconnu, de lui dévoiler des choses que l'on préférerait voiler. J'ai choisi avec soin d'ouvrir ma maison à ceux que je reçois, savez-vous pourquoi ? Simple question de réthorique. Parce que c'est plus facile pour certains de s'ouvrir, quand ils entrent dans la maison de quelqu'un. Le décor, quand il appartient à quelqu'un, c'est comme une porte sur son âme. La mienne doit sûrement être beaucoup moins rangée que ce bureau, néanmoins ... Il penche la tête et sourit, avec un air très doux. Si cela peut vous rassurer ou vous apaiser, je peux répondre à vos question. Ou nous ne sommes même pas obligés de parler. Si vous avez peur par rapport à l'argent, sachez que je ne vous facturerai que lorsque vous vous sentiez mieux. C'est une fois à l'aise et guérie que vous serez à même de juger si je vous ai été utile. Elle est jeune - et qui sait si la question de l'argent ne l'ennuie pas, ne l'obligera pas à s'ouvrir trop précipitamment.

Si vous voulez commencer par quelque chose, pourquoi ne pas m'en dire plus sur vous ? Votre âge, ce que vous aimez, comment vous avez rencontré cette adorable coupenotte dit-il avec saluant la dragonne d'un petit clin d'oeil. Il tente des pistes, il essaye, encore et toujours. Il cherche ce qui l'aidera à s'ouvrir, à la mettre à l'aise et à effacer d'elle l'idée que tout n'est qu'une idée d'argent et d'horaires. Il refuse de regarder l'heure et sa montre, de compter la monnaie. Il fait tout cela par amour, et non pas pour le salaire. Il veut qu'elle se sente mieux, et c'est une sensation brûlante dans son ventre que de faire face au malheur ou à la tristesse d'autrui.

   
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Anaïs M. Rinel
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MessageSujet: Re: Raise me up [PV Lester]   Mar 1 Sep - 23:30



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Oui, Anaïs avait décidé de consulter un psychologue. Personne ne l'y avait poussée, elle avait pris cette décision toute seule. Sa rencontre avec Maxwell l'avait en quelque sorte influencée cependant, puisque c'est grâce à cette discussion qu'elle avait compris que s'ouvrir aux autres pouvait faire beaucoup de bien parfois, et qu'il était d'autant plus facile de parler à quelqu'un d'inconnu. Est-ce qu'elle regrettait son choix ? Ça, elle ne le savait pas. Elle avait peur, mais en même temps, sentait qu'elle avait besoin de parler, et les psychologues étaient à priori faits pour ça.

L'ambiance enfantine donnée par les cookies et le chocolat chaud réconfortait la jeune fille. Elle se sentait mieux, à vrai dire, et le psychologue avait eu une bonne idée en lui proposant cela. Le goût du gâteau lui faisait se sentir bien, comme si elle replongeait en enfance, dans ces moments d’innocence où rien ne la tracassait, où tout semblait si beau, si parfait... Des moments où rien ne pouvait l'atteindre. Depuis combien de temps ne s'était-elle pas sentit comme cela ? Ça semblait faire des années, voire même des millénaires. Mais le fait de retrouver subitement ces souvenirs d'antan l’amena indéniablement à penser à sa mère, et une boule se forma dans son ventre, l'empêchant d'avaler une miette de plus. Elle posa le gâteau sur ses genoux, pour laisser Symphonie le finir. Si elle se remettait à avoir faim, elle en prendrait un autre, mais elle ne voulait pas que celui-ci s'émiette.
La lycéenne n'était pas prête à expliquer tout de suite la raison qui l'obligeait à se rendre dans ce lieu qu'était l’hôpital. Elle avait besoin de parler d'autre chose avant, des sujets moins tabous pour elle, qui lui provoqueraient moins d'émotions. Ce n'était pas simple pour elle, cette première visite, elle qui ne disait jamais rien sur ses sentiments et ce qu'elle ressentait. Mais plus le temps passait, plus elle s'y sentait obligée, même si elle n'avait toujours rien dit à ses amis. Le truc, c'est qu'elle avait redoublé sa terminale, les événements récents en étaient la cause. Reprendre les cours, revoir tous ces gens qui allaient sûrement lui poser des questions, ne lui disait rien, mais là aussi, elle devrait s'y résoudre... et peut-être expliquer son malheur à certains.

S'il y avait un point sur lequel Lester et Anaïs se rejoignait, c'était bien sur l'idée qu'ils se faisaient de l’hôpital. La brunette eu même un sourire quand elle entendit la description qu'en donnait l'homme aux dents de chat. Inhumain, trop ordonné, mécanisé... elle pensait exactement la même chose, et rien que cela lui permit de ralentir les battements de son cœur. Elle se sentait un peu plus en confiance, dans ce bureau.  

Lester eu l'air surpris quand Anaïs le remercia de l'avoir accueillit. Pourtant, pour la musicienne, c'était la moindre des politesses, puisque justement, son interlocuteur n'était à priori pas habitué aux adolescents, qui était d'ailleurs quasiment des adultes comme c'était le cas pour la jeune fille.
La gentillesse était une qualité qu'Anaïs appréciait et savait reconnaître, et il était évident que le psychologue en était doté. La dresseuse cru comprendre qu'il était sincère, que ce n'était pas une image qu'il tentait de se donner afin de l'obliger à parler. Non, il essayait vraiment de la comprendre, et peut-être, oui peut-être que c'est avec une grande volonté qu'il essaierait de l'aider, qu'il ne le ferait pas juste pour l'argent. Cela se confirma quand il lui dit que l'argent ne posait pas de problème particulier et qu'elle ne pourrait payer que plus tard.

« Merci, c'est gentil. »

Premiers mots qu'elle prononçait depuis de longues minutes. Mais les paroles de celui qui lui faisait face la rendait plus encline à parler et à se confier. Quand Lester commença à lui poser des questions, une grande partie de la peur qu'elle ressentait alors s'était envolée.

« Je vais bientôt avoir 18 ans. Je suis lycéenne, j'ai redoublé cette année. Je fais de la musique, aussi, c'est pour ça que j'ai appelé ma Coupenotte Symphonie. C'est un cadeau de mes parents, ça fait plus d'un an qu'on se connaît. »

Consciente que l'on parlait d'elle, la dragonne se releva sur ses pattes et salua le psychologue. Anaïs commençait enfin à parler, et la petite ne put que l'encourager à continuer en lui donnant un petit coup de museau sur le bras. Anaïs inspira à fond.

« Vous savez, j'ai beaucoup hésité avant de venir ici. Je n'aime pas parler de mes problèmes, mais je crois que j'en ai besoin. »

Elle était réaliste, elle ne pouvait pas se murer dans le silence, éternellement. Cela allait peut-être contre sa volonté première, mais l'adolescente devait faire des efforts, essayer de partager un peu sa peine pour être soutenue. Elle n'aimait pas être prise en pitié, mais tant pis.

« Pour répondre à votre question de tout à l'heure, je suis obligée d'aller à l’hôpital... parce que ma mère s'y trouve. Elle a un cancer des poumons. Les médecins essaient de me rassurer, mais je ne suis pas idiote. Je sais bien qu'elle n'en a plus pour très longtemps... »

Dire ces mots lui faisait mal, et des larmes lui montèrent aux yeux. Elle tenta de les ravaler, elle ne voulait pas pleurer. Une seule et unique larme coula le long de sa joue, et elle s'empressa de l'essuyer d'un revers de la main. Sûrement que son interlocuteur l'aurait vu, mais elle ne voulait pas sangloter plus que ça.

« Voilà, c'est pour ça que je suis venue. »

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MessageSujet: Re: Raise me up [PV Lester]   Mer 2 Sep - 6:41

Where there a will, there's a way kind of beautiful and every night has its day, so magical. And if there's love in this life, there's no obstacle that can't be defeated. For every tyrant, a tear for the vulnerable, in every lost soul, the bones of a miracle, for every dreamer, a dream we're unstoppable with something to believe in.


Lester est quelque peu fasciné par la dragonne qui se mouve devant lui. Il n'avait jamais vu cette espèce, et trouve cette créature adorable. D'autant plus adorable que sa dresseuse semble sincèrement touchée par sa présence rassurante. Il n'a jamais interdit les pokémons chez lui - c'est comme refuser à un enfant d'avoir sa peluche, ou une partie de lui-même, c'est ridicule. Les pokémons font partie intégrante des plus jeunes, et leur couper ainsi leurs repères pourrait les braquer. Lester a souvent remarqué que les jeunes ont une tendance forte à se laisser aller en présence d'un être qui les rassure.

Elle le remercie et il hoche la tête en signe d'assentiment. Cette nouvelle à propos du budget lui convient parfaitement. Un doute s'impose en lui - est-elle venue d'elle-même sans prévenir personne ? Compte t-elle trouver toute seule l'argent qui financera son bien-être ? Certes, Lester aime voir les adolescents entrer dans la vie active en travaillant par eux-même et en payant ce qu'ils désirent, mais pas ce dont ils ont besoin. Même si certains y sont obligés, sa vision des choses est que le parent doit se faire accompagnateur et soutien, mais ni présence forte ni ombre trop lâche. Il faut savoir faire le juste milieu, pour que l'enfant ait le meilleur environnement pour évoluer.

Lester écoute avec attention et prend des notes mentalement. Il a bonne mémoire pour tout ce qui a trait à ses patients. Il a toujours trouvé cela déplacé de prendre des notes réelles, au crayon à papier, devant autrui, comme si ils n'étaient que des mots, qu'ils en étaient réduits à ce qu'ils voulaient bien dire d'eux. Lester préfère se concentrer sur le timbre d'une voix ou les tics faciaux tout autant que sur ce qui lui est dit. Et il est heureux de voir que Miss Rinel s'avère un peu plus détendue. Immédiatement, il sent une légère crispation discrète entre ses épaules se délier comme un noeud marin. L'homme sourit et agite énergiquement quelques doigts d'une main décharnée vers le pokémon dragon.  

Enchanté, Symphonie. C'est un très joli nom que tu as là. Puis-je te demander si tu joues d'un instrument, ou si tu chantes ? La musique le captive, celle qu'on dit classique. Il n'a jamais été bon musicien, à l'école. Par contre, si il avait du mal à trouver les bonnes hauteurs, il chantait de façon relativement appréciable, surtout grâce au son caverneux et grave, très musical, de sa voix.

Il penche la tête en s'enfonçant dans son fauteuil. Il écoute avec une attention non feinte. Son regard délavé, habituellement fuyant, est planté avec une fixité amicale et bienveillante sur l'adolescente.

Il est parfois utile de faire la séparation entre ce que l'on désire et ce dont on a besoin. Le commun des mortels a toujours un temps de flottement en choisissant, en dissociant ces deux idées. Ce n'est pas parce que nous avons envie de quelque chose - ou que nous n'en avons pas envie, d'ailleurs - que c'est le mieux pour nous. Je vous félicite d'avoir eu le courage de venir. Et ce n'est pas un compliment flatteur, pour gagner ses faveurs, mais une réelle estime. La bravoure d'un être plongé dans le malheur peut aussi bien l'amener à se sauver qu'à se perdre lui-même.

La suite a des relents d'horreur. Ce n'est pas la première fois qu'il fait face à une telle situation. Il croise très lentement ses doigts squelettiques les uns aux autres, soudant ses mains ensemble dans un complexe fait d'os et de peau, comme une tente humaine. Il détourne pudiquement le regard en décelant la larme, pour la laisser à son chagrin, le temps de se reprendre. On pardonne plus facilement la faiblesse d'autrui que la sienne propre - et être vu en plein sanglot doit sembler pour cette demoiselle une faiblesse. Il ne voit pas cela ainsi, mais il ne désire pas la mettre mal à l'aise.

Je suis navré d'apprendre une telle chose. La souffrance d'un être cher est une difficulté quotidienne à braver - parce que l'on a plus de mal à lui donner des limites, à la faire taire. Quant le deuil s'en mêle, quand on doit se préparer à une mort prochaine, c'est encore pire. L'enfant voit sa propre mortalité, la fin de quelque chose. L'être qui part emporte avec lui une part de cette vie, une soutien, un pilier. Est-ce que vous êtes en colère ? Trouvez-vous cela injuste ? Qu'est-ce que vous ressentez face à tout cela ? Prenez votre temps. Vous n'êtes même pas obligée de répondre. La voix est fine et caressante comme une main qui effleure les cheveux.

C'est à elle de jouer. A elle de vider son sac sur ses émotions pour y faire face. Il ne lui dira pas que tout va s'arranger. Ce genre de clichés ne l'aidera pas à surmonter sa douleur. Elle doit prendre ses sentiments, les secouer, les faire sortir. Elle sera triste, oui. Elle n'ira pas mieux avant quelques temps. Mais tout cela doit se faire. Tout cela doit être gravi et surmonté, ou elle mettra bien plus de temps à s'en remettre. Alors Lester se contente de rester silencieux en écoutant.

Il voit par la fenêtre le corps gigantesque du onix se balader dans le jardin et il a un sourire intérieur. Jaime aime tourner en rond autour de la maison, littéralement, quand il ne va pas carrément s'enterrer dans les falaises. Le pokémon de pierre est semblable à son dresseur. Lester fait se mouvoir les doigts de sa main droite, douloureux et gonflés aux articulations. Il reprend un cookie, et en croque la moitié, avec l'impression que ses dents vont un concert de percussion à chaque bouchée.

   
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Anaïs M. Rinel
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MessageSujet: Re: Raise me up [PV Lester]   Sam 5 Sep - 16:01



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Raise me up

feat Lester Yaxley




Anaïs avait tout lâché, tout ce paragraphe en un coup, et elle avait la sensation d'être à bout de force. Sa respiration était difficile, mais elle essayait de reprendre son calme, d'arrêter ces tremblements qui la secouait de temps à autre, mais la présence de son Pokemon l'aide et la rassure. Elle ne pourrait se séparer de Symphonie pour rien au monde, et c'est pour cela qu'elle avait choisi un psychologue qui accepterait la petite dragonne à l'intérieur de son cabinet. Certains l'interdisait, préférant voir leur patient seul à seul.
Le psychologue écoute attentivement la jeune fille, et il semble à cette dernière que l'homme s'intéresse vraiment à ce qu'elle dit, ce qui la motive encore plus à parler. Elle est finalement plus en confiance que ce qu'elle aurait pensé. Peut-être est-ce aussi grâce à l'ambiance environnante et l'odeur du chocolat chaud.

Symphonie tend la tête pour se laisser caresser par l'homme. Elle s'écarte légèrement de sa dresseuse puisque la sentant confiante. La petite dragonne se méfiait au début de l'homme qui les recevaient, mais se rend compte à son tour que les intentions bienveillantes de celui-ci sont réelles. Elle peut le sentir de son flair de Pokemon, que Lester va être d'une grande aide pour Anaïs. Il ne se concentre pas que sur le sujet de sa venue et lui pose diverses questions, notamment sur sa passion principale : la musique. De quoi faire parler à coup sûr l'adolescente.

« Je suis bassiste, et guitariste. Je chante aussi. J'ai même été dans un groupe à un moment, avec mon frère. »

L'époque d'Ulysseum semblait loin derrière et pourtant cela ne faisait que deux ans qu'ils s'étaient séparés. Elle y jouait de la basse dans ce groupe où elle était la plus jeune, et surtout la seule fille. Mais des disputes éclatant au sein du groupe, ils durent se séparés, au grand dam de la lycéenne qui adorerait réintégrer un groupe un de ces jours... même si ces derniers temps, ce n'est pas le sujet qui occupait le plus ses pensées.

« Merci. J'ai rencontré quelqu'un qui m'a fait comprendre que parler de mes problèmes pouvait être bénéfique pour moi. »

Elle ne voulait pas spécialement prononcer le nom de Maxwell, qui était d'une part bien trop célèbre, et d'autre part parce qu'elle n'en voyait pas l'utilité. Le tout était que c'était grâce à lui que le rendez-vous avec le psychologue avait été pris, et c'est tout ce qu'il y avait besoin de savoir. Mais ses yeux s'illuminent au souvenir de cet homme qu'elle espérait revoir un jour. Elle se demandait encore comment le remercier, elle ne voyait pas bien comment elle pouvait faire, mais elle s'était promise qu'elle y parviendrait.

Lester écoute son histoire, son flot de paroles, avant de parler à son tour. Il se mit alors à lui poser plusieurs questions. Parce que c'est comme ça que cela marchait, après tout. Anaïs devait parler, même si elle n'avait pas l'habitude de le faire. Mais si elle voulait s'aider, elle devait d'abord aider son interlocuteur à mieux comprendre la situation.

« J'ai été en colère au début. Contre la vie, tout ça. Je trouve en effet que c'est injuste, mais surtout, je me sens impuissante. Parce que je ne peux rien faire pour l'aider. Personne ne peux rien faire, c'est horrible de se dire qu'on ne peut pas aider quelqu'un qui souffre. Je déteste ça, mais je suis obligée de rester là et de regarder ma mère perdre ses forces. »

C'était la réalité, la dure réalité. Une réalité que la jeune fille ne pouvait pas ignorer. Elle n'était plus une enfant, à rêver de belles choses, à espérer un monde où tout est magnifique, un monde où sa mère guérirait miraculeusement, par la force de Saint Arceus ou je ne sais quoi d'autre. La musicienne ne croyait pas aux miracles, elle savait ce qui allait se passer, même si une toute petite partie d'elle-même continuait à espérer, malgré le fait que tout espoir semblait vain. Elle le savait bien, en allant consulter un psychologue, ce n'était pas sa mère qu'elle essayait d'aider, mais elle-même. Elle se sentait quelque peu égoïste à cette idée, car Sylvie devait être seule à l’hôpital en ce moment, mais elle sentait qu'elle ne pouvait pas faire autrement.

« Je vais voir ma mère tous les jours, vous savez. Elle aussi essaie de me faire croire qu'elle va bien, je crois qu'elle en a besoin pour se sentir mieux. Quand je suis avec elle, je fais croire que je ne sais pas ce qui l'attend. Que tout va s'arranger, même si tout le monde sait très bien que c'est foutu. »

Ses mots pouvaient sembler cru, mais elle ne trouvait aucune autre façon de s'exprimer. Ce rythme de vie la pesait, mais elle s'y efforçait, pour ne pas sombrer dans le chaos. Les sourires qu'elle adressait chaque jour à sa mère lui semblaient toujours plus faux, mais elle savait pertinemment que celle qui l'avait mise au monde serait encore plus malheureuse de voir ses enfants tristes. Alors elle faisait semblant d'aller bien. Pour sa mère.

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MessageSujet: Re: Raise me up [PV Lester]   Sam 12 Sep - 9:12

Where there a will, there's a way kind of beautiful and every night has its day, so magical. And if there's love in this life, there's no obstacle that can't be defeated. For every tyrant, a tear for the vulnerable, in every lost soul, the bones of a miracle, for every dreamer, a dream we're unstoppable with something to believe in.


Lester s'est toujours fait un point d'honneur à ne pas être comme les autres. Son physique l'a sûrement aidé dans cette perspective : les autres attendaient souvent de lui qu'il soit, à l'aune de sa laideur, repoussant de cruauté et de méchanceté. Hélas, il en avait déçu plus d'un à être aussi doux et timide qu'un oisillon. Dans sa façon de penser, d'être, s'était forgé d'étranges manières, dues à ses expériences et son envie d'aider autrui. Il croyait toujours en l'humanité, dans le fait qu'on pouvait lui tendre la main. Et que ce soit quelqu'un comme lui, sur lequel les gens se fourvoyaient souvent, qui vienne en aide aux autres, c'était une petite ironie qu'il savourait seul. Pourtant, cela ne l'empêchait pas d'être heureux : voir que ses thérapies comportementales fonctionnaient et avaient des effets positifs, c'était pourquoi il se levait le matin.

Bassiste ? Chanteuse ? Incroyable. Je suis heureux de voir que les générations peuvent encore se comprendre mutuellement, à travers de choses comme la musique. Ce doit être quelque chose de particulier, des moments bien à vous, que ceux durant lesquels votre voix fait office de lien avec ceux qui vous écoute, non ? Lester aimait la musique. Il aurait voulu, du moins une petite partie de lui aurait désiré demander à la demoiselle de chanter. La thérapie par le chant était une bonne chose : faire chanter les gens, les faire crier, extérioriser sur la musique ou dans des paroles leurs émotions. Il nota cette idée dans un coin de sa tête.

Lester haussa un sourcil mais ne demanda pas qui était cette personne. De toute évidence, si Anaïs Rinel avait voulu lui dire de qui il s'agissait, elle l'aurait déjà fait. Le brun respectait ça. C'était déjà une très bonne chose que cette personne lui ai fait comprendre un fait d'une telle importance. Il hocha doucement la tête, en regrettant que pour beaucoup de ses patients, ce déclic n'ait pas été aidé comme dans ce cas-ci.

En un sens comme dans mille, parler de ses problèmes permet de leur donner une réalité. Comme si les mots qui sortaient de votre bouche se muaient en nuages, en bulles. Cela peut être douloureux, ce passage de la forme de pensée, d'émotions, à cet état de tangibilité externe. Pourtant, ce n'est qu'en faisant ressortir ce qui est à l'intérieur de nous que nous pouvons y faire face.

Il n'était pas question ici de détruire ce qui était négatif ou non. Juste d'extériorisé. Chaque émotion, chaque pensée, même négative, faisait partie intégrante de nous-même. Et refuser les souvenirs, refouler ses émotions, parce qu'on ne les désire pas ou qu'on en a peur, c'était mettre un mur entre nous et une partie de notre être. Lester cligna des yeux, les doigts entremêlés. L'odeur de chocolat chaud flottait dans la pièce, tiède et sucrée. Mais il y avait comme un changement perceptible - comme quand on découvre quelque chose qui change l'air chaud en brise froide. C'était pour cela qu'elle était venue ici, et il souhaitait voir où elle en était.

Il y avait une émotion purement humaine, empathique. Lester était désolé pour la perte qu'elle subissait en ce moment même, mais l'heure n'était pas aux paroles de réconfort. Pas encore.

Notre société a rendu la perte, le deuil, la douleur à la fois attractifs, par ses divertissements et ses autres choses par rapport à tout cela, mais il y a une peur ancestrale provoquée en nous par l'idée de perdre un être cher. Quand il s'agit d'un parent, c'est parfois pire : si la personne est adulte, elle se sent retomber en enfance, voit la perte d'un être qui était comme un pilier pour elle, et a l'émotion d'un enfant perdu. Lester avait encore adouci sa voix, comme si cela pouvait changer le côté très chirurgical de ses propos. Il est normal que vous vous sentiez impuissante. Les gens ont différentes manière de réagir. Certains fuient, pour ne plus avoir mal et ne pas assister à ce qui provoque le chagrin. D'autres se rapprochent de l'être qu'ils perdent, pour pallier à un manque, un vide, ou juste pour être avec cette personne. Sachez qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon. Vous pouvez vous sentir coupable de beaucoup de choses : de ne pas pouvoir l'aider, de ne pas lui apporter telle ou telle chose. De ne pas être avec elle tout le temps ...

Il avait prononcé cela avec un murmure chuchoté, avec un sourire sans joie. Il se doutait, en quelque sorte, que dans une telle situation, la demoiselle devait ressentir ce genre d'émotions.

Mais vous ne devez pas arrêter de vivre pour votre mère, vous savez ? Vous avez le droit de lui accorder du temps. Vous avez aussi le droit de lui en accorder moins, de ne plus désirer la voir, vous êtes libre de vos mouvements, de vos gestes, et vous n'avez pas à être jugée par qui que ce soit. Aller la voir tous les jours est déjà une très bonne chose, à mon sens. Enfin, non, je m'exprime mal : je suis d'accord avec vous sur cela, mais ce n'est pas pour cela que c'est bien ou mal. Il se tut, se mordilla la lèvre. Lester n'était plus très sûr de si il arrivait à aider sa patiente ou non, et il agita ses doigts sur l'accoudoir de son fauteuil, comme des bâtons secs et pâles d'os et de chair.

Pensez-vous que votre mère soit heureuse de ces faux-semblants ? Croyez-vous que cela rend vos échanges plus joyeux, que de repousser les idées néfastes, futures, vous aide à vous concentrer sur le présent et à apprécier les moments passés avec elle ? Je parle de vous comme d'elle. Que pensez-vous de cela, quand, comme vous dites, tout le monde sait que c'est foutu ?

Ce n'était pas méchant, ni cruel. Il désirait la voir faire une introspection, pour qu'elle trouve la paix et qu'elle sache faire les meilleurs choix face à ce deuil. Ou à ce futur deuil, plutôt. Même si c'était toujours dur à gérer, la mort n'était pas forcément un moment triste - il pouvait être la possibilité de liens familiaux intenses avant la perte elle-même. Le psychologue était curieux et désirait intensément aider la demoiselle. Mais il ne pouvait pas le faire seul. Elle devait participer.

   
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