« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 End of the beginning [OS]

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Natsume Shimomura
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MessageSujet: End of the beginning [OS]   Mer 23 Sep - 0:16



End of the beginning

Éclosion de Kuja

Droite. Gauche. En haut. Gauche.
Le cinquième coup le prend par surprise et un hoquet lui échappe alors qu'un pied s'enfonce dans son abdomen, l'envoyant en arrière, la tête contre le sol, sonné. Il laisse échapper une inspiration sifflante, et évite de justesse un nouveau coup de poing en roulant sur le côté, remerciant ses réflexes aiguisés par des années de pratique du skate. Mais ça ne suffit pas ; l'attendant au tournant, son adversaire saisit un de ses bras et le fait pivoter avec une adresse et une force qui le déconcertent, et en quelques instants, il se retrouve paralysé par une clé de bras ferme et impitoyable. Il serre les dents, mais n'a le temps de faire aucune remarque : dès que son opposante a bien démontré qu'elle menait totalement la danse en mettant davantage de pression sur son emprise, elle l'envoie brutalement contre le sol, et pose un de ses pieds sur son dos, l'air sévère. Natsume affronte ces yeux bleus impitoyables qui le foudroient, sans la moindre compassion, comme si elle pouvait et allait le désintégrer dans le seconde qui allait suivre. Non pas qu'il doute qu'elle en serait capable, cette sorcière.
Il commençait d'ailleurs à se demander ce qui lui avait pris quand il avait accepté qu'elle lui donne son aide pour apprendre à se défendre, quand il voyait les résultats. Les hématomes et coups s'accumulaient, sans qu'il n'ait l'air de faire le moindre progrès. Ou en tous cas, si il avait l'impression de pouvoir parer certaines de ses offensives, il était bien vite ramené à la réalité, et dans cette situation la réalité était son cher et tendre sol qu'il voyait assez régulièrement, ces derniers jours. Cette sensation d'immobilisme le frustrait au plus haut point, et son ego durement touché ne supportait pas ces humiliations quotidiennes. Oh, ça ne changeait rien à ses échecs, mais perdre encore et encore sans jamais entrevoir une façon de s'améliorer est quelque chose d'extrêmement agaçant, encore plus pour quelqu'un comme Natsume qui ne peut pas supporter de ne pas trouver de solution. Winter lui semble être un monstre imbattable, sans faille et erreurs humaines dont il était lui bourré. Contre sa force et sa précision, son corps d'allumette et sa maladresse ne peuvent pas grand chose, et seuls ses réflexes sauvent ce qui lui reste de fierté. Mais sincèrement, après avoir été mis pour la quatrième fois au sol avec le même coup dans la même demie-heure, il n'en restait plus grand chose.

Depuis qu'il a commencé, une semaine s'est écoulée. Il s'étonnait toujours de la proposition qu'elle lui avait fait il y a plus d'un mois, et se demandait si il s'agissait vraiment juste d'une histoire de dette, ou si la championne n'avait pas gardé la véritable raison pour elle. Mais tenter de lui arracher la moindre information paraissait complètement impossible tant elle était hermétique et insondable, jouant avec tous les signes du monde pour l'empêcher de trouver précisément ce qu'elle pouvait penser. Et en plus, elle souriait toujours comme une diablesse en remarquant sa frustration, s'amusant de le voir tourner en bourrique. Pour Natsume qui ne marche que selon une ligne de logique froide et qui n'accepte aucun détour, Winter ne pouvait être qu'une énigme. Et il n'y a rien de plus qu'il détestait que les énigmes qu'il ne pouvait pas résoudre.
Voilà sans doute pourquoi le simple fait de la voir sourire alors qu'elle appuyait un peu plus sur son dos avec sa chaussure pour forcer sa tête au sol l'enrageait autant. Il ne sait pas si elle prend ne serait-ce qu'un rien de tout cela au sérieux, et l'idée que cela ne soit pas le cas alors qu'elle l'humiliait autant avec une facilité déconcertante lui était insupportable. Oh, bien sûr qu'il avait perdu une partie de son arrogance depuis qu'il était arrivé ici, mais les vilains défauts ne partaient jamais vraiment, même si il se soignait comme il le pouvait. Et plus il l'observait, plus il était persuadé qu'elle avait parfaitement conscience de ce qu'elle faisait, ce n'était pas possible autrement ; on ne pouvait pas faire de pareils rictus puant la satisfaction sans savoir exactement sur quels boutons on appuyait.
Il ne veut pas gigoter pour se libérer, tant c'est humiliant de se retrouver à gesticuler comme un ver pathétique et faiblard, mais il n'a pas d'autre choix, et il se débat comme il le peut, tentant de mettre toute sa force dans ses gestes, et il serre une nouvelle fois les dents en constatant la difficulté qu'il a à le faire. En la voyant se pencher légèrement alors qu'elle veut le frapper une nouvelle fois, il profite de ce changement de position pour se hisser avec ses bras en avant, et dès qu'il sent ses membres libres, il donne de l'élan à ses jambes pour la repousser en lui donnant au moins ne serait-ce qu'un coup. Mais rien n'y fait. Elle saisit une de ses jambes et aussi vite qu'il n'a cru pouvoir l'atteindre ne serait-ce qu'une fois, elle haussa les sourcils d'un air méprisant, un rictus condescendant et mauvais aux lèvres.

« Trop lent, choupinet. »

Il la fusille du regard, ce qui a pour effet de l'amuser encore plus, et le japonais doit mettre tout son self-control en œuvre pour ne pas craquer et se reprendre, ne pas lui donner davantage de ce qu'elle voudrait. Il aimerait bien répondre avec un sarcasme acéré et venimeux comme il sait si bien le faire (une des seules choses dont il est fier à son sujet d'ailleurs, c'est sa répartie), mais il tique en remarquant que l'expression de la jeune femme s'est assombrie et s'est fait plus sévère. Toute trace d'animosité disparaît du visage du plus jeune, remplacé par une sorte de confusion grandissante.

« Trop lent, trop impulsif et trop arrogant. C'est à la limite plus difficile de ne pas te tuer accidentellement que de te battre. »

La voix de son professeur est intransigeante et froide. Natsume encaisse le coup sans rien dire, avalant comme il le peut toute la frustration qu'il ressent à l'entente de ses mots durs et fermes, mais vrais. Il le sait lui-même, aussi difficile que cela puisse être à s'avouer, même avec toutes les preuves devant soi.

« Tu te laisses trop facilement manipuler et diriger. Tu t'en es bien sorti après avoir été coincé, mais tu tenais tellement à me frapper pour te venger que tu n'as même pas considéré le fait que prendre du recul était une bien meilleure solution. Il suffit d'un tout petit peu de provocation et voilà que tu perds tous tes moyens.
- Faudrait savoir, j'ai des moyens que quand il s'agit de les perdre selon toi. Et je croyais que je réfléchissais trop, de toute façon. »


Son ton est venimeux et agressif, mais son aînée ne sourcille même pas, pas du tout impressionnée devant ce spectacle d'ego blessé à vif. Il faut bien passer par là pour faire un bon soldat : écraser toute arrogance. Cette méthode vieille comme le monde avait suffisamment fait ses preuves pour qu'elle n'ait aucune vergogne à l'utiliser, même sur un adolescent au caractère aussi bien trempé. Dans cette pièce aménagée, bien à l'abri dans l'une des planques d'un ses contacts les plus surs, personne ne les entend, alors elle peut bien dire tout ce qu'elle veut avec l'intensité qu'elle souhaite.

« Oui, tu réfléchis trop. Tu prends trop de temps à essayer de prévoir ce que je vais faire, du coup il me suffit de faire quelque chose d'absurde pour te prendre à revers, te déconcerter et te battre en un rien de temps. Mais de l'autre côté, tu n'as visiblement aucun talent pour l'improvisation. »

Silence. Leurs regards s'affrontent, noisette enragé contre bleu glacial. L'éleveur remercie tous les dieux qu'il connaît et auxquels il ne croit pas qu'il sache dissimuler le fait d'être impressionné ou de se sentir menacé. En un sens, il pouvait même remercier Kazuo ; rien de mieux que d'apprendre dès la maternelle à devoir à être imperturbable devant un adulte de près de trois fois sa taille qui hurle de fureur. Natsume peut vous assurer que c'est efficace, après. Toutefois, il ne peut rien dire sur les éventuelles séquelles psychologiques, lui-même ne les connaît pas encore toutes. Mais ce n'est pas la même sensation, pas vraiment. Son père était à ses yeux plus de la haine condensée qu'un véritable être humain, et l'éleveur voit bien plus qu'une émotion dans ces pupilles océan. Et cela le perturbe. Il n'a jamais été bon pour les comprendre, ces foutues choses, et ne pas avoir une idée de ce qui l'affronte ne lui plaît pas. Winter en profite sans honte.

« C'est à se demander si tu tiendrais même plus d'une minute ou deux. On pourrait à ce niveau t'envelopper dans un joli papier cadeau pour Noël, vu la chair à canon que tu es.
- En une semaine, faut croire que je ne suis pas devenu Bruce Lee. Stupéfiant, effectivement. 
- C'était raciste, ça.»


De justesse, il esquive un coup de poing en faisant un pas sur la gauche, mais c'est une balayette bien placée qui le fait chuter. Pourtant il se relève, une lueur d'agacement dans les yeux, et garde la tête basse en repensant à la fois où il avait pris un coup quand il s'était relevé trop vite. Se rappelant de ce que venait de lui dire l'autre sur la prévisibilité, il recule brusquement, mettant en tout trois pas de distance entre eux, tout au plus.

« Je ne te demande pas de devenir ceinture noire, je constate. J'aimerais que tu te l’admettes également ; tu n'es pas un combattant.
- On se demande pourquoi j'ai précisément fait cette remarque avant que tu n'insistes sur 'l'importance majeure' de cet entraînement, vraiment. Un vrai mystère. »


Les sourcils haussés, une moue dédaigneuse sur le visage, l'adolescent ne semble plus tant frustré que vaguement blasé. Winter retient comme elle le peut, c'est à dire avec grande difficulté, l'envie d'écraser sa tête par terre une nouvelle fois. Mais il lui rendait bien ses mots, et la jeune femme aime le répondant. Et au fond, même si il s'agace, elle sait que c'est le cas de son élève improvisé aussi ; il fait partie de ses gens qui ne peuvent vivre sans challenge, c'est presque inscrit sur son visage lorsqu'il se lance dans la provocation. Que ce soit cérébrale ou physique, bien que celui-là était davantage du premier type.  

« Tu as besoin de l'admettre pour ne pas oublier que tu risques beaucoup à chaque seconde. Qu'un moindre faux mouvement et tu te retrouves à bouffer les asticots. »

Cette phrase a le mérite d'au moins affaiblir un peu l'expression méprisante du plus jeune, qui se teinte d'énervement durant quelques secondes. Sa voix prend en acidité, moins neutre.

« Comme si je pouvais oublier en un claquement le doigt. C'est un peu pour ça que je suis là, il me semble, parce qu'il n'y a pas si longtemps on me retournait un putain de couteau dans le ventre. »

Et pour illustrer son argument, il remonta légèrement le bas de son haut, exhibant la cicatrice qui enlaidissait le bas de son abdomen. Les sourcils froncés, le regard brillant d'une lueur acérée, il parle d'un ton détaché et froid, sans crainte de la réaction de son interlocutrice qui l'observe silencieusement.

« Donc ouais, j'ai une petite idée de ce que je risque. Tu veux que je te fasse un discours mièvre et niais sur mes raisons de le faire, ou on peut continuer sans ça ? J'aimerais éviter les pertes de temps inutiles. »

Un sourire s'étend sur le visage de la championne, qui glousse alors, visiblement très amusée vu le rythme auquel s'étirait son rictus.

« Bonne réponse. J'aurais aimé un peu plus de punch, mais on fera avec.
- J'aurais aimé faire un mètre quatre-vingt et être champion national du 100 mètres, mais c'est pas le cas. On fera avec ce qu'on a.
- Oh, je n'ai pas dit que ça me dérangeait. Tu serais ennuyeux, si tu te faisais dessus au moindre danger.
- J'aime pas m'abaisser devant les autres, c'est tout.
- Alors j'espère que tu vas t'améliorer en esquive, parce que sinon c'est un autre coup de couteau qui le fera.
- Ah-ah. On retourne à la partie ou je te botte le cul ou on se fait un thé, sinon ?
- Tu l'auras demandé, choupinou. »


Et cette fois, lorsqu'elle arrête un de ses coups, elle sourit discrètement en remarquant la différence de force et de précision. Oui, il y avait peut-être quelque chose à tirer de ce gamin au regard un peu trop dur, et elle se demandait juste ce qu'elle trouverait, au final. Il n'y avait qu'à attendre pour voir, de toute façon.

-
Trois semaines. Trois semaines d'après-midi épuisantes physiquement. Oh, les progrès il les a vu, mais ça ne l'empêchait pas de se dire qu'un jour ou l'autre il allait finir par laisser de côté le câble qui le reliait à sa santé mentale. Cette ligne était fine, mais elle ne cassait pas, en dépit de tout ce que Winter lui faisait subir, malgré tous les mots venimeux et empoisonnés que cette sorcière lui crachait au visage en espérant le dégoûter ou épuiser sa détermination. Il savait bien que le but était encore et toujours de jouer avec lui, et qu'elle le voyait comme une distraction très amusante, cette garce, mais c'était ainsi, et il comptait bien la battre à son propre jeu en suivant ses règles, rien que pour le plaisir de lui montrer qu'il gagnerait, au final. Qu'il ne courberait pas l'échine et ne fuirait pas la queue entre les jambes, peu importe ce qu'elle pourrait faire et à quel niveau elle pourrait le descendre. Il n'était sûrement pas l'adolescent le plus fort, ni le plus résistant, ni le plus intelligent ou même le plus talentueux, mais aussi obstiné qu'un animal qui plante ses crocs dans sa proie pour ensuite ne plus la lâcher. C'est sûrement à la fois l'une de ses plus grandes faiblesses et l'un de ses plus grands défauts ; les plus grands soucis de sa vie étaient nés à cause de ça, mais il était en vie justement à cause de cette hargne inépuisable qui l'animait. Il n'aurait jamais eu la force de survivre après la mort de sa mère sinon, ou encore de supporter chaque jour la haine de son père à son encontre, au point qu'il avait quelquefois regardé le bas des ponts avec envie, juste avant de s'insulter mentalement d'une pareille faiblesse à ses yeux.

La première fois qu'il était arrivé en retard, elle avait fait de sa vie un enfer. Sam avait eu la (très) mauvaise idée de le garder un peu plus longtemps au lit, et pour le coup, il était arrivé avec une demie-heure de retard ; le soir, il était rentré si épuisé physiquement autant que moralement qu'il s'était endormi illico, et s'était réveillé au matin avec des courbatures abominables. Depuis, il avait toujours été en avance. Difficile en effet d'expliquer pourquoi il avait soudainement bien plus de bleus que d'ordinaire : dire qu'il prenait des cours de self-defense était simple, et suffisamment proche de la vérité pour qu'aucune suspicion en soit levée à son égard. Seul Faust lui avait paru ne pas le croire lorsqu'il avait dit ça ; mais là encore, Natsume, de ce qu'il voyait à propos du comportement du conseiller quand le sujet tournait autour de Winter, supposait qu'il devait être au courant de bien plus que ce qu'il ne laissait croire. Mais tant qu'il ne le dérangeait pas dans ses projets, il ne voyait aucune raison d'aborder le sujet ou même de chercher à en savoir davantage.  

« Ta droite bon sang, fais attention ! »

En revanche, chercher à contrer ses coups de coude, il ne faisait que ça.

-
Leurs séances quotidiennes durent trois heures et demie : au bout d'une heure trente, Winnie lui laisse une demie-heure de pause, durant laquelle il va souvent dans un coin de la pièce, lit, traîne sur son portable, se distrait pour pouvoir se changer les idées à tout prix et ne pas penser à ce qui se passe dans sa vie en ce moment. La plupart du temps, la championne le laisse tranquille et vaque à ses propres occasions, lui laissant parfois même l'occasion d'avoir le droit d'observer la création de quelques combinaisons pour les concours ; durant ces moments où ils ne parlent pas, Natsume arrive à se détendre. Winter fait partie de ces gens qui aiment le silence, et qui savent à quel point il est réparateur ; il lui est reconnaissant de le laisser en profiter, ne serait-ce qu'un peu.

« Tu lis quoi ? »

De temps en temps, elle l'approche, sans agressivité dans son ton, l'air curieux. L'éleveur retourna le livre qu'il tenait dans sa main, affichant ainsi la couverture.

« Chimie moléculaire.
- Hm. Toujours la tête dedans, c'est ça ?
- C'est intéressant. Et puis ça pourra me servir, si je fais ce que j'ai en tête...
- Tu veux toujours essayer de créer des médicaments, mais tu ne penses même pas à profiter de tes talents pour faire des poisons ? Question défense et discrétion des armes, les seringues c'est parfait. »


Natsume leva les yeux au ciel.

« Hors de question, on en a déjà parlé. Je ne vais pas créer des choses qui risqueraient de tuer quelqu'un. C'est tout le contraire de ce que je veux faire.
- Et si quelqu'un menace de te trouer le crâne d'une seconde à l'autre, tu ferais toujours autant le saint ?
- Je pourrais trouver un autre moyen.
- D'expérience mon chou, quand il faut choisir entre soi-même et le connard en face, le choix se fait très vite. Admets-le, au moins.
- Je suis là pour soigner, pas pour rajouter des victimes.
- Tu seras une cible. Dans une guerre, pour affaiblir les rangs ennemis, on commence par attaquer les provisions et les médecins, c'est la meilleure façon de diminuer les forces d'en face.  
- Je préfère me prendre une balle que- »


Vlan. Le coup était parti tout seul. Winnie n'avait pas hésité une seule seconde avant de lâcher un beau coup de poing au visage du plus jeune, qui tomba au sol avant de la fusiller du regard, mécontent au possible. La championne ne paraissait pas du tout culpabiliser, par contre.

« Tu vas te répéter ces mots six ou sept fois dans ton petit crâne de débile, et te rendre compte des conséquences si tu crevais parce que tu veux t'obstiner dans ton idéalisme naïf. Je dois te rappeler ce qui est arrivé quand tu étais chez moi, ou ça t'a suffisamment marqué l'esprit ? »

Non, elle n'en a pas le besoin, et elle le sait. La peur de Sam, de Faust, d'Alice, d'April, les yeux humides, les innombrables suppliques pour qu'il ne se remette plus ainsi en danger, les excuses à proférer encore et encore pour qu'on le croit. Il en a pris conscience, que sa mort n'aurait vraiment, vraiment aucun effet positif. Il est stupide sa part d'en douter, oui, mais ce fut comme une grande claque. Ici, il s'agissait d'une beigne de rappel en sorte.
Le japonais détourna le regard, les dents serrés.

« Je prétends pas être parfait, putain. Ou même que je vais jamais me salir les mains. Mais il est hors de question que j'abandonne le fait d'essayer parce que c'est plus simple, c'est tout. »

Il s'est retourné vers elle sur la fin, et se relève sans rien dire, une lueur provocatrice dans le regard.

« Il y a assez de merde dans le monde pour ne pas que j'en rajoute.
- Le monde est déjà une immense fosse à purin dans laquelle on boit tous la tasse, morveux. Fais-toi à l'idée.
- C'est le choix de facilité, ça. C'est plus simple de cogner que de réfléchir ou de trouver une solution diplomate.
- C'est plus rapide aussi. Tu sais, quand il faut protéger les autres, tu n'as pas le temps de faire ami-ami avec le gars qui veut leur sortir les tripes au sol. Tu lui tires dessus, c'est tout. Je dis pas que tu dois forcément lui répandre sa cervelle par terre, mais coupe lui un tendon et il ne pourra même plus marcher tout seul.
- Ça revient à le laisser crever.
- Tu ne peux pas sauver les deux camps. Si tu aides un résistant et que ce résistant tue des soldats après, tu es responsable de ces meurtres ?
- ...
- Si on suit ta logique, tu es indirectement responsable aussi. Ne va pas commencer à chercher des histoires de responsabilité ou de dignité humaine dans une guerre. Tu perdras la tête avant même de réussir. »


Natsume la considéra durant quelques instants, silencieux, l'inspectant sans un mot, le regard impassible.

« Depuis combien de temps est-ce que ça te sert à oublier ta conscience ?
- On l'enterre rapidement quand il s'agit de survie. Les humains peuvent bien faire tous les discours qu'ils veulent sur l'importance de la vie et de son respect, mais donne-leur le choix entre mourir ou tuer quelqu'un, et tu verras que ceux qui se sacrifieront seront en très, très petit nombre. Les gens sont des ordures, Natsume. Tu veux en sauver ? Bien, mais ne va pas croire que tu ne pourras pas en devenir une aussi.
- Alors je ferais tout ce que je peux pour limiter les pertes.
- Tu es un cas perdu, de toute façon. Ne viens pas pleurer à ma porte le jour où tu découvriras que j'avais raison, par contre.
- Crois-moi, j'ai plus le temps pour ça. »


Winter soupira d'un air exaspéré. Puis, finalement, elle releva le regard, les sourcils haussés dans une moue un peu condescendante.

« Sale gosse. T'es bien trop gentil, c'est ce qui te tuera, j'en suis sûre et certaine.
- Quitte à mourir, autant que ce soit pour ça que pour autre chose.
- Laisse tomber. C'est comme parler à un mur de toute façon, je m'attendais à rien de mieux.
- Tu m'aurais même pas payé attention, si j'étais pas comme ça, joue pas à l'hypocrite.
- Vrai, vrai. Un jour faudra qu'on m'explique pourquoi tu m'amuses autant.
- Comme si quiconque pouvait comprendre quoi que ce soit à ton cerveau de vieille sorcière de toute façon...
- Répète voir ça ?! »



« Tu te fous de moi.
- Nope.
- Pourquoi est-ce qu'il faudrait que je porte ç-Aïe ! Mais elles font mal, ces chaussures !
- Si tu avais été une femme, t'aurais pu te plaindre, mais non, alors tu te tais gentiment et tu me laisses faire. Sérieusement, si tu faisais un peu attention, tu ferais des malheurs ! Un tout petit peu de charisme et tu pourrais même avoir du charme, c'est pas négligeable, tout de même !
- J'ai autres choses à foutre que de mettre des vêtements inconfortables pour impressionner des gens superficiels.
- Je me répète, mais tu as besoin de te développer au moins un peu de charisme et d'autorité. Même dans ton propre camp, les gens vont essayer de te bouffer ; y'a pas d'ordre dans une guerre, et y'en a tellement qui vont chercher à t'écraser pour t'imposer que si tu sais pas les rembarrer, t'es dans une sacré merde. Donc tu as besoin d'apprendre à faire une poker face inlisable, à mentir ET à garder ton calme. Et très sérieusement, je ne connais rien de plus dur que de rester calme à un gala quand tu n'es entouré de rien d'autre que des gens pédants et méprisants.
- C'est stupide.
- C'est moi qui décide, oui ou non ? Maintenant pour l'amour d'Arceus, apprends à nouer des cravates, occupe-toi de la tienne et ramène-toi. Tu vas commencer par accompagner la fille de madame Le Goff, elle n'a pa... Disons plus de cavalier depuis qu'elle l'a largué car il s'était trompé de couleur pour la voiture à lui ramener.
- ...
- C'est une fille cha-rmante. Et rappelle-toi, si tu l'insultes ou l'énerve, elle te collera un procès au cul. Donc sois tu apprends à te maîtriser, soit tu te chopes pour 40 ans de dettes.
- Connasse.
- 'Madame' Connasse pour toi ici, un peu de respect. Maintenant va chercher Cécilia. Et si elle a les mains un peu trop baladeuses, asperge toi d'un truc dégueulasse. Bonne soiréééée ! »


-
« Il est un peu lourd, ce flingue...
- C'est une bonne chose. Comme ça, s'il ne marche pas, tu pourras toujours assommer avec.
- Mais t'es sûre que...
- Écoute, je lisais des trucs sur les armes que t'étais même pas encore un regret dans la tête de ton père. Donc tu m'écoutes et c'est tout. Obéis voir à la grandeur de ta supérieure.
se moqua-t-elle d'un ton narquois.
- J'appréciasse ton état d'espritasse milady, mais ce n'est pas comme ça qu'on va accélérer les choses.
- Je t'ai demandé de me suivre, pas de choisir entre la trottinette et les rollers. »


-
«  Bordel... Assieds-toi.
- Hein ?
- Pose-toi. T'as des coupures et des bleus partout, faut qu'on s'occupe de ça avant que ton débile de cousin ne me fasse un procès pour coups et blessures.
- Je peux encore me débrouiller se-Aïe !
- J'me disais bien aussi. Sale petite fouine, ça fait combien de temps que tu caches ce Germignon ?
- ... Cinq jours. Il est encore tout petit, alors je ne voulais pas le laisser seul.
- Il faudrait bien, pourtant. Si tu meures, commen-
- Oh ta gueule. »


Winnie cligna des yeux, surprise devant l'exclamation ferme et brutale du plus jeune. Celui-ci serra les dents alors qu'il caressait doucement la tête du jeune starter plante qui se collait à lui.

« Je peux penser à autre chose, ou c'est interdit ? Si je fais ça c'est pour pouvoir profiter de ce genre de moments, merde. »

La championne resta interdite pendant quelques instants, avant qu'un sourire, minuscule mais tout de même présent, mélange de fierté et d'attendrissement ne fasse son chemin sur son visage.

« Fais-moi de la place. Explique-moi voir comment elles vivent ces bestioles, me suis toujours demandée comment elles fonctionnaient. »

Après quelques instants d'hésitation passés à inspecter son interlocutrice, Natsume finit par s’exécuter, un peu surpris de l'exceptionnelle tolérance de son enseignante. Ça ne l'avait pas empêcher de lui mettre une énième rouste après, tout de même.

-

Bon, d'accord. Avoir un air immensément fier et arrogant sur son visage parce qu'il arrivait maintenant à tenir à peu près tête à Winter était un peu immature et puéril, surtout car elle pouvait quand même lui botter le cul quand elle s'y mettait sérieusement, mais il ne pouvait pas s'empêcher de sourire comme un imbécile, maintenant. Deux d'entraînement, et il en arrivait presque à la désarçonner. En voyant cela, la championne leva les yeux au ciel et haussa les sourcils d'un air méprisant.

« Ne va pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Tu as des millénaires d’entraînement devant toi avant de me rattraper.
- Tu t'entends parler des fois ?
- Oui, et je m'entends aussi te dire de faire attention à ta foutue garde! »


Trois coups, et au sol. En tous cas, question progrès, si il était sur le bon chemin, il avait encore du temps avant de lui avant de pouvoir se débrouiller totalement par lui-même, mais il ne lâcherait très certainement pas l’affaire  avant d'en avoir terminé.

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=> DC de Faust M. Donovan, Clive G. Donovan, Mikael J. Evans & Winter L Kenway
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