« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 Les Monarches II. (OS, Evolutions)

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Alexander Nagel
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Pseudonyme(s) : ›› Dio Silvery, Officier Subalterne du Régime (principalement tortionnaire et combattant, ponctuellement homme de main).

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›Seisme


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MessageSujet: Les Monarches II. (OS, Evolutions)   Dim 4 Oct - 15:15

Les Monarches
Suite de cet OS.

J’ai toujours pensé que Sisyphe était un pauvre con. Pourquoi ce mec autrefois tout-puissant et à l’intelligence redoutée de tous s’est résigné à pousser son rocher, alors qu’il a toujours emmerdé l’autorité des dieux? Pourquoi s’est-il résigné à une routine si merdique que pousser ce rocher, le regarder descendre, et recommencer? Honnêtement, en relisant son mythe, je commence parfois à craindre de devenir moi aussi victime et accro de ma propre routine. Car je crois bien que c’est cela qui a fait perdre ses crocs à l’ex-souverain de Corinthe, son attachement à cette répétition, car il n’avait plus rien d’autre, alors. Je n’ai pas envie de devenir ce roi sur le déclin qui décide de rouler sa bosse de la même façon, cela pour le restant de mes jours, à regretter ce que je n’ai pas pu faire. J’imagine que mes anxiétés habituelles me rattrapent toujours quand il me faut réellement m’impliquer dans l’éducation du gamin. J’ai peut-être gagné en maturité et en assurance depuis cet été, et j’imagine que je fais de mon mieux pour lui, mais cela ne signifie aucunement que j’ai gagné en  patience pour autant. Et quand Ludwig tire sa mine capricieuse et contrariée pour une raison que j’ignore, cela a facilement tendance à m’irriter. Aujourd’hui, depuis que je lui aie demandé d’aller au bain il y a de cela une bonne heure maintenant, monsieur m’évite. Il n’est pas du genre à rechigner à aller sagement se laver de manière générale, ou alors juste pour la forme, d’où mon agacement. Faire des caprices pour gratter du temps sur les devoirs, ça, c’est bien son genre, et également sur l’heure du coucher ou du lever… Mais le bain, non, je crois bien que c’est la première fois. Pas que je compte son nombre de caprice, car j’aurais déjà noirci plusieurs tableaux noirs, à ce rythme, mais il est plutôt du genre a trainer dans le bain plus que l’inverse. N’entendant toujours pas les canalisations se mettre en route, je finis par perdre patience au milieu de mon chapitre à peine entamé, et je fais une descente de police dans le jardin, trouvant Ludwig non loin du bassin, en compagnie de Loulou et Tutur.

« Va prendre ton bain tout de suite. »
« Je veux jouer encore un peu… »
« Ludwig. Tout de suite, ou je m’énerve. »
« Maiiiis je veux pas! »


Il n’en faut pas plus pour que le gamin se mettre à chouiner et se ratatine par terre, en entourant ses genoux de ses bras, et tremblotant. C’est fou ce que ça peut-être puissant, la somatisation… Quel acteur, ce gamin. Il faut qu’il commence à comprendre que ce genre de cinéma ne marche avec personne. Enfin, si, ça marche très bien avec Riku et Soltan qui préfèrent me lancer des regards noirs et me rejeter la faute dessus lorsque le gamin se met à réclamer en pleurant. Car, oui, si il pleure, c’est de ma faute, mais c’est également car monsieur veut le beurre, l’argent du beurre, et déjà la crémière avec.

« Tu te fous de ma gueule?! Ça fait une heure que je te dis d’y aller! »
« J’irais pas, je veux continuer à jouer! »
« Ça fait une putain d’heure que tu t’amuses et que tu retardes l’heure du bain. Maintenant tu te bouges les fesses et tu vas te laver, sinon je te jure que je te jette dans la baignoire moi-même et que je te frotte avec la pierre ponce! »
« JE VEUX PAS, JE VEUX PAS, JE VEUX PAS! »


Je confirme, il ne m’a jamais fait ça. Lassé, et ignorant les indignations du blondinet et de ses Pokémon, je prends le gamin sous le bras comme un sac à patates alors qu’il se débat en tous sens et chiale de plus belle en m’implorant de le lâcher, et en me traitant de méchant (et d’autres noms d’oiseaux un peu moins sympas, surtout venant d’un gamin de cet âge). Je monte jusqu’à l’étage et dans la grande salle de bain où j’allume le robinet de la baignoire. Puis me plante devant Ludwig qui s’est réfugié dans un coin de la pièce, recroquevillé sur le carrelage.

« C’est quoi ce cinéma, Ludwig? Prends ce bain, tu retourneras jouer ensuite. »
« Laisses-moi sortir! Je veux pas prendre de bain! »
« Tu me gonfles avec tes caprices de bébés! Commences par retirer ton pull. Immédiatement! »
« NON! »


Comme il refuse de coopérer, je suis bien obligé de mettre la main à la pate, et débarrasse le gamin de son pull, ce qui l’éplore plus encore qu’avant. Ca deviendrait presque inquiétant, cette scène inhabituelle. Mais pour le moment, ça ressemble juste à des pleurnicheries irritantes. Oh, remarque, cela devrait me rassurer : je ne risque pas de tomber dans la routine avec un gamin pareil. Ses pleurs se transforment carrément en crise de panique et de larmes, et je dois dire que ça n’a plus vraiment l’air d’être de la somatisation. Ou alors, il est très fort. Je l’ai déjà vu être capricieux au point de se rouler par terre en pleurant plusieurs fois, mais de manière générale, il abandonne et ne résiste pas aussi fortement. Quand je parviens enfin à le départir de son pull, je le vois fuir de nouveau à l’autre bout de la salle d’eau en crapahutant sur ses quatre appuis pour se réfugier cette fois-ci sous le lavabo. Lassé, je soupire d’exaspération. Pourtant, je ne me mets pas à gueuler de nouveau, car il me semble que quelque chose cloche pour de bon. Je ne sais si j’ai développé une attention particulière vis-à-vis de ce gamin qui est un peu le mien maintenant, mais je ne suis pas dupe quand je remarque qu’il semble délibérément cacher son côté gauche.

« Ludwig, qu’est-ce que tu caches? »
« … Rien! Laisses-moi! »
« Ça suffit, montres-moi ton bras gauche. »


Mon ton est tout aussi autoritaire, mais moins menaçant. Je saisis le poignet du gamin pour ramener son bras vers moi, et ce que j’aperçois alors me remplit de stupeur. Plusieurs bleus recouvrent le bras de Ludwig, et le voila qui sanglote de plus belle maintenant que j’ai découvert son secret. Sauf que je suis bien assez érudit dans le domaine des blessures superficielles pour deviner qu’il ne s’est pas fait ça tout seul. Ma voix se calme et se pose finalement, et je m’assieds en tailleurs sur le carrelage, face au blondinet. En forçant une certaine douceur, je lui prends la main pour observer les ecchymoses de plus près.

« Qui t’as fait ça? »
« P-personne. Je suis juste tombé dans la cour de récré… »
« Non. Dis-moi la vérité. »
« … Je veux pas! »
« Tu veux pas ou tu peux pas? »
« … je… je… »


Ludwig accepte finalement de relever le visage vers moi pour me regarder dans les yeux. D’un revers du poignet, il commence à sécher ses larmes et hésite à me répondre entre quelques hoquets. Il entortille nerveusement ses doigts et se gratte la nuque sans trouver que dire. Son attitude un peu paranoïaque et angoissée me met déjà bien assez sur la piste. Par ailleurs, pour me répondre, il ne fait que chuchoter, à peine audible, jetant des regards de tous côtés comme si quelqu’un pouvait l’espionner et l’entendre.

« Je… je peux pas. »
« Ok. Et donc… Pourquoi tu ne peux pas? »
« Parce que.. Sinon.. Sinon… »
« Sinon, quoi? Qu’est-ce qu’on t’a dit? »
« Mais je peux pas le dire, sinon ils me feront encore mal! Et toi aussi tu auras mal, il a dit, je crois. En tout cas… il va recommencer.  »


Je commence à bouillir intérieurement en comprenant sans mal de quoi il retourne, désormais. Tout d’abord, le fait que certains des camarades de classes de Ludwig s’en prennent à lui fait monter une envie de meurtre intense en moi, mais en plus, je n’ai pas réussi à voir plus tôt qu’il avait un souci. Le fait qu’il ne sorte plus aussi souvent de l’école avec son amie Ariane et ses copines, et plutôt seul, le fait qu’il sois plus évasif en racontant ses journées, aussi… Tout ça aurait du me mettre la puce à l’oreille plus tôt. Probablement qu’on lui aura demandé de cesser de trainer avec son amie par jalousie ou je ne sais quoi. Ah, les gamins. Enfin… Je ne vais pas fermer les yeux sur cette histoire, si on menace mon petit frère, l’auteur de ces bleus ne va pas m’oublier de sitôt.

« Je comprends. Mais tu dois me dire qui t’as fait ça, qui est le chef. J’irais voir ses parents et je leur parlerais de ce qu’il t’a fait pour qu’il cesse. »
« … Mais… Il a dit que son père avait un pistolet chez lui, et qu’il pouvait te tuer si je te racontais! »
« Ça, je m’en fous, je vais pas mourir. Je refuse que tu te fasses persécuter, et je t’autorise officiellement à leur taper dessus aussi. T’as pensé à leur donner des coups de pied dans les couilles? »
« Bah, non, j’ai pas envie de faire mal aux autres, moi … »


Je m’en doutais, Ludwig n’est pas vraiment comme moi à son âge, il est bien trop doux, et avec ce qu’il a du vivre chez les parents, je peux concevoir qu’il n’aime pas la violence. Je n’ai pas envie de le forcer à être agressif comme j’avais forcé Irina, et répéter mes erreurs, bien que je pense que je lui enseignerais tout de même un jour une façon de se défendre un peu. Même à son âge, je n’ai jamais voulu être comme ces gamins qui emmerdent en groupes, comme des lâches. Bien, sûr à tout âge, j’ai eu à me frotter à l’antipathie de mes camarades envers ma propre personne, ce que je leur rendais bien, et de manière musclée. Enfin… Je ne suis plus un gamin. Je vais régler cette histoire seul comme un grand.

« Racontes-moi l’histoire depuis le début, ok? »
« ..J’peux prendre le bain, d’abord? »
« D’accord, on discutera après. Et on mettra de la pommade sur ces bleus. »
« .. La pommade qui sent bon la menthe? »
« Non, ça, c’est du dentifrice. »


Je laisse donc Ludwig prendre possession de la salle de bain tout en allant piquer encore une fois dans la réserve de clopes de Riku pour me calmer sur le balcon. Je n’aime vraiment pas ça. Il va falloir que je la joue fine pour ne pas non plus en faire trop, dans cette histoire. Car, voyez-vous, si la famille du gamin qui ose frapper Ludwig au point d’en laisser des marques se retrouve morte égorgée, ça le fera pas trop. Et ils ne valent probablement pas tant de valeur pour que je me donne tant de peine. Je vais commencer par me calmer, et je m’occuperais d’eux de manière à ce qu’ils soient assez marqués pour interdire à leur gosse de recommencer. Comme je le fais rarement, il va me falloir cette fois-ci faire preuve de mesure, mais la perspective de déranger cette petite famille pour gueuler un coup me réjouit tout de même pas mal.

Quelques dizaines de minutes plus tard, lorsque Ludwig sort de la salle de bain en pyjama et le tube de  pommade à la main, je descends avec lui dans le salon pour qu’il me raconte les détails de l’affaire depuis le début. Comme j’avais pu l’imaginer, ses difficultés avec son apprentissage du français et son accent, son allemand, mais malgré tout son avance dans d’autres matières comme les mathématiques, tout ça a fini par en agacer plus d’un. Il s’est donc retrouvé depuis dix jours comme le bouc émissaire d’une bande de petites frappes dirigé par un certain… C’est quoi son nom, déjà? Ah, oui, Arsène. Son nom de famille, je n’aurais pas de mal à le trouver, en cherchant un peu par rapport aux listes de l’école ou tout bêtement en inspectant la photo de classe. Au moins, Ludwig se sentit un peu soulagé au moment ou je lui promis d’arranger ça. De plus, le week-end commence dès demain, et il n’aura pas à affronter de nouveau cet abruti avant que je ne règle le problème. Et je n’ai pas perdu de temps. Le lendemain au soir, je me trouve déjà devant la porte de la résidence familiale du petit Arsène. Un appartement tout ce qu’il y a de plus ordinaire dans un building d’un quartier ni riche ni malfamé de la périphérie d’Amanil. N’ayant pas franchement de temps à perdre, je frappe à la porte et attend qu’un type apparemment de mauvaise humeur et n’ayant pas appris l’amabilité m’ouvre la porte. Bien, Alex, sois plus intelligent, et sois plus civilisé, c’est ça qui met les débiles hors d’eux de manière générale : le fait de comprendre qu’ils sont stupides. Ils ne le supportent pas, et en général, ça les fait attaquer les premiers, et je pourrais ainsi abuser de ma légitime défense. Bref. La voix enrouée du fumeur qui m’ouvre me donne déjà envie de l’étrangler, mais il me faut attendre qu’il se mettre en rogne le premier. Après, je pourrais légitimement m’amuser. C’est fou ce que la loi peut-être tordue, des fois… La raison se voit toujours donné à celui qui en sait le plus, même si cela veut dire donner raison au plus cruel et au moins louable des deux. Bref, Alex, respire par où tu peux mais ne fais pas exploser l’immeuble tout de suite.

« Ouais, c’est pour quoi? »
« Bonjour Monsieur, est-ce que Arsène est là? »
« Vous lui voulez quoi, à Arsène? Et vous êtes qui? »
« Alexander Nagel, pour vous servir. Enfin, je ne vais vous la faire courte. Il s’avère, cher monsieur, que votre fiston emmerde mon frère avec son groupe de petits copains, et j’aimerais lui en toucher deux mots. »
« Eh… T’es le frère du petit boche, c’est ça? Sérieux, votre morveux il a qu’à savoir se défendre, il est faible, et quand on est trop attardé pour savoir causer français, on n’a pas sa place à l’école. T’es mignon, mais c’est pas l’moment de m’emmerder, blondinet. Retournes faire le tapin, sale gigolo! »


Bon, vous voyez, j’ai bien fait de le laisser me donner des raisons de m’énerver et d’en remettre une bonne couche. Que je suis intelligent, parfois! C’est donc à cela que ça sert, réfléchir! L’enfoiré referme sèchement la porte, mais j’en retiens vivement le battant d’une main, poussant sur le bois synthétique blanc d’une force qui semble surprendre mon interlocuteur. Il est tellement interpellé qu’il ne voit pas venir le moment ou je profite de son inattention pour repousser le battant, me permettant ainsi d’entrer d’un sur le pallier.

« Alors, déjà, pour toi, ce sera « Monsieur Nagel », espèce d’enfoiré. Et ensuite, tu vas vraiment me promettre que tu vas dire à ta chiasse de progéniture qu’il ne touche plus un cheveu de Ludwig. Je me suis bien fait comprendre ou il faut que je casse tout chez toi? »
« ..Barres-toi tout de suite de chez moi ou je te jure que je tire, salopard. »


Oh… Oooooh! Bah, tiens, l’histoire du pistolet ce n’était pas une blague! Il l’avait bien sous la main ma parole… Monsieur serait-il un peu parano? Mon regard impassible se fixe sur le canon pointé vers ma poitrine, et je ricane en constatant qu’il n’a même pas armé son joujou, et qu’il doit donc être bien incapable d’appuyer sur la détente. Il a un flingue chez lui mais ne sait pas s’en servir. C’est bien ce que je pensais : parano de base. Inaffecté par son bluff, donc, je fais un pas supplémentaire et me colle contre le canon de moi-même, souriant avec délice au brun dégarni devant moi, bien conscient de ma supériorité. La peur se lit déjà dans son regard, il panique, et sa main tremble déjà. Pauvre petite larve insignifiante. J’ai envie de jouer avec lui avant qu’il comprenne une bonne fois pour toute que son gamin va cesser immédiatement ses conneries.

« Eh bah, tires. Ne te gênes pas pour moi. »


Avec les aboiements de son père audibles dans le reste de l’appartement, le gamin alerté par le bruit se ramène dans la cuisine avec une console portable à la main, qu’il laisse tomber en apercevant la scène, puis il se pétrifie sur place, totalement terrifié. Ses lèvres articulent quelques syllabes inaudibles alors que son père lui grogne de retourner dans sa chambre en attendant qu’il règle le « problème », d’un ton qui semble un peu trop faux. Mon rictus s’envenime et je retourne fixer les pupilles du pauvre con devant moi.

« Qu’est-ce que tu attends? Un père devrait être capable de tuer pour protéger son fiston quand quelqu’un lui veut peut-être du mal. »
« Barres-toi, enculé, ou je t’explose le bide! »
« Même si tu voulais le protéger, tu le ferais pas… Tu sais pourquoi? »
« Fermes ta putain de gueule! »
« Parce que ton flingue est pas armé, pauvre con, regarde… »


Je tire mon index et le remue devant les yeux de l’éberlué qui jette maintenant un regard confus vers son arme. Probablement qu’il a jamais tenu un revolver et cela ne m’étonnerait pas qu’il ne l’ait même pas chargé. Mon doigt joueur effleure le canon et lui désigne la gâchette de chargement plutôt que celle de sureté, bien motivé à le faire passer pour un pauvre con pour terminer de l’humilier.

« Appuie là et… hop! Tu pourras m’exploser le bide! Ça fera une jolie fleur rouge sur le papier peint blanc! »
« Espèce de psychopathe.. »
« Merci! Alors, tu comptes juste brandir ton symbole phallique ou alors tu vas prendre tes couilles et appuyer sur la détente pour me zigouiller sous les yeux de ton petit ange? »


L’homme grogne, fulmine, ses yeux injectés de sang me fixent et ses mains tremblent de plus belle sur l’arme de métal. Son doigt se rend doucement vers la gâchette de chargement, le tout sous mon regard amusé. Enfin, il appuie… Et le chargeur de l’arme tombe d’un bruit sec sur le carrelage de la cuisine. Un silence consterné s’allonge dans la pièce, et je dois me retenir pour ne pas exploser de rire. Enfin, quoique, non, je n’ai aucune raison de ne pas glousser haut et fort dans la cuisine, sous les deux paires d’yeux horrifiés pointés sur mon visage enfantin ravi et rigolard. Le papounet ne rit pas, lui, il regard l’arme et le chargeur d’un air résigné et incrédule, jurant désormais sur sa propre naïveté.

« … Putain, c’est quoi ce… ! »

Dommage, cependant, car il ne finira pas car je profite du moment pour saisir son poignet et lui tordre dans un sens assez peu confortable, faisant par la suite de même avec le reste de son bras. Oh, non, je ne vais pas le tuer ni lui casser quoique ce soit, car comme je le pensais, il n’en vaut pas la peine. Mais que voulez-vous, je suis quelqu’un de très dramatique, qui a besoin de mise en scène. Pendant ce temps, l’homme a laissé tomber l’arme à terre et le gamin pousse un cri de souris devant la scène. Mes lèvres désormais portées au-dessus de l’oreille du père de famille, je peux ainsi lui chuchoter quelques mots en guise de rappel, épargnant au gosse qui observe avec stupeur ce que je m’apprête à dire.

« Tu as compris, espèce de larve? Même si maman est plus là, tu vas éduquer ton chiard et si il touche encore un cheveu de Ludwig, je reviendrais chez toi, et cette fois je ne me contenterais pas juste de t’humilier devant ton fiston. Dis-le. « J’ai compris, Monsieur Nagel »! »

D’une voix tremblante, l’homme s’exécute et me fait céder à un sentiment tout à fait exaltant de satisfaction. Je le libère de la clé de bras et ramasse le flingue tombé à terre ainsi que le chargeur pour le ranger dans la poche intérieure de ma veste. Je le soulage de cette possession quelque peu compromettante, ce sera toujours ça de pris. J’aurais aussi très bien pu lui laisser, et par les temps qui courent, le Régime vient visiter n’importe qui. Et se retrouver en interrogatoire pour une simple possession d’arme, c’est jamais bien joli, surtout vu l’état d’agacement avancé des Régimeux ces derniers mois. De plus, si j’ai des soucis avec un individuel, je n’a aucune envie que le Régime m’aide à régler mes histoires. Et, enfin, accessoirement, priver ce gamin de son père serait tout sauf judicieux. Autant éviter d’attirer les suspicions dans l’entourage scolaire de mon jeune frère. Je n’ai aucune envie qu’il se retrouve à changer d’école deux fois l’an. Bref, je pense que j’ai fait le tour de la question et qu’il ne me reste plus aucune raison de poireauter dans cet appartement bien trop sobre pour moi. Pour clore simplement, je tourne mon visage en direction du gamin toujours planté dans l’entrebâillement du couloir, puis lui envoie un sourire bien trop large pour ne pas être effrayant. Je crois qu’il a lui aussi bien compris la situation, et a part s’ils sont très cons, je crois qu’ils n’ignoreront pas mon avertissement. Je rappelle tout de même d’une voix aimable à Arsène de faire passer le message à ses amis, qu’ils ne fassent pas la bêtise de les envoyer à sa place. Voila, tout est bien qui finit bien (enfin, ça dépend pour qui). Bah, on m’appellera violent si on veut, j’ai réglé le souci à ma façon, c’est tout. En remerciant mes hôtes d’une voix joviale, je peux enfin m’en retourner vers la porte et prendre le chemin de la maison.

Je prends le temps de flâner un peu sur les crêtes de falaises qui bordent le château avant de rentrer. Le ciel est dégagé et le soleil pas encore au crépuscule, et je n’ai pas l’envie de déjà rentrer et penser à ce que je ferais à manger ce soir, sachant qu’il voudront encore s’envoyer des steak frittes. Ah! Et moi dans tout ça? Moi, moi, moi, moi. Je sais, je pense déjà suffisamment à ma propre personne pour ne pas tant m’inquiéter à ce sujet. Mais, soyons un peu honnêtes sur la question : qu’est-ce que je veux, en réalité? A quel avenir est-ce que j’aspire? Car je me rends bien compte que je Régime n’est pas éternel, et qu’un jour, il me faudra songer à un après. Ce qui se passe sur cette île me permet de couler des jours tranquilles, équilibrés entre sang et devoirs familiaux… Une vie presque normale, me diriez-vous. Mais ai-je un jour aspiré à la normalité? Ce serait un comble. Alors que je m’amuse en équilibre sur le bord de la falaise, un envol d’oiseaux effrayé surgit du petit bois qui borde la falaise, et des cris agressifs retentissent. Sans trop m’affoler, je pars curieux m’informer de ce qui peut bien se passer là-bas. Sans grande surprise, j’aperçois alors Néron et Scylla encore en train de se taper dessus. Il est néanmoins assez frappant que le Tiplouf désormais évolué a pris l’avantage, repoussant dans ses derniers retranchements son adversaire grâce l’allonge supérieure de ses ailes brillant d’un éclat argenté. Scylla a bien la vitesse pour avantage, mais ses attaques aquatiques n’affectent que peu le Prinplouf dont les ailes tranchantes divisent ses assauts, rendant toute tentative inefficace.  La Kaiminus persévère, néanmoins, et je la vois évoluer à son tour, bien préparée à planter les crocs de sa gueule béante et bien plus redoutable que tantôt dans la chair renforcée de Néron. Scylla réussi cette fois-ci son assaut, et recule, satisfaite et jugeant avoir assez sérieusement endommagé son adversaire. Les deux ennemis se fixent, désormais, et j’exalte devant ses deux redoutables regards de défis qui ne m’ont absolument pas remarqué, trop captivés par leur affrontement actuel. Néron comme Scylla ont subi des dommages plus ou moins égaux, et les deux portent sur leurs corps respectifs des plaies d’où coulent quelques rivières écarlates. Ces deux-là n’ont peur de rien, et j’aime ça. Vont-il continuer à se battre ainsi ou s’apprêtent-ils à remettre ça à une autre fois? Très différents, ils partagent pourtant quelque chose qui les réunira bien : le fait qu’ils doivent d’une part trouver une place dans cette armée, mais leurs intentions en acceptant de me suivre restent fort mystérieuses. Finalement, le silence se brise, et les deux adversaires se croisent pour se séparer et se rediriger vers le château après m’avoir remarqué. Probablement ne voulaient-il pas de spectateurs. Tous deux sont obsédés par l’envie de devenir plus fort, et ils n’ont de cesse de défier leurs ainés depuis leur arrivée. De nombreuses cicatrices les couvrent déjà, ce sont deux loups solitaires imprévisibles qui seraient très capables de me planter dans le dos un jour. Néanmoins, je marche maintenant à leur côté sans crainte, et je pense qu’ils me vouent tout de même un certain respect, entre combattants. De plus, il me semble bien que nous cherchons la même chose, au final. Quand à Ludwig et Riku qui doivent en ce moment m’attendre fébrilement pour le diner, je pense que leur priorités vont plus vers chercher dans les placards à la recherche des paquets de chips.

Évolutions de Néron et Scylla
Lelex shots second \o/

____________________________________________

Chat-Lex #cccccc
DCs :Julianne, Riku, Cesar, Mell et Cobaltium
PNJs : Irina et Ludwig

RPs : Natsume, Calypso, William.
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