« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 Green eyed snake [OS]

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Natsume Shimomura
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MessageSujet: Green eyed snake [OS]   Sam 5 Déc - 17:53



Green eyed snake

Évolution de Fran

Il devait y avoir un moment où il avait disjoncté, obligatoirement. Un micro-instant où tout ce qu'il avait de logique s'était évaporé de son cerveau. C'était en tous cas la seule explication logique à ce qu'il soit venu ici, à ce qu'il ait persisté pendant trois longs mois malgré toutes les tentatives de Winter pour le décourager, et Arceus qu'il y en avait eu. Il les avait supporté en serrant les dents, en quelque sorte encore plus encouragé par tous les efforts de la championne ; à ce niveau, reculer maintenant aurait été extrêmement humiliant. Cela aurait voulu dire donner raison à Winter, à chaque fois qu'elle lui avait dit qu'il ne réussirait pas.
Bien sur, si l'on y réfléchissait un peu, il y avait un nombre bien plus élevé de raisons et sa volonté se basait sur bien d'autres choses que du vent. Mais au fond, il n'avait pas besoin d'elle ; si Natsume a bien quelque chose pour lui, c'est sa capacité à s'adapter aux situations et à les utiliser à son avantage. Il n'était  pas forcément plein de ressources, inventif en toutes occasions et constamment rusé, mais avec un peu de temps et d'efforts, il parvenait souvent à tirer son épingle du jeu et à s'en sortir plus ou moins. « Plus ou moins », hein, il y avait toujours des accidents de parcours, comme cette fois où il s'était retrouvé dans le bâtiment d'une secte. C'était par contre à coup sûr ce qui lui avait permis de tenir aussi longtemps avec une pareille pers-sorcière en tant que mentor.

« Je me suis dit qu'aujourd'hui, on allait compliquer un peu les choses. C'est plus excitant, tu ne trouves pas ? Un joli labyrinthe rendra tout ça bien plus drôle ! »

Son ton goguenard et mielleux ne trompera personne. Oh, bien sûr qu'elle s'amuse, cette foutue sadique qui s'est amusée à faire de sa vie un enfer à chaque occasion qu'elle avait. Mais il ne va pas lui donner la satisfaction de le voir agacé ou énervé, alors il se contient et garde une expression entièrement neutre sur son visage. La supporter ainsi pendant trois mois avait rendu le fait de garder son calme bien plus simple, maintenant. Il ne réagissait même plus à ses commentaires et attaques verbales, et par conséquent commençait à le faire aussi un peu dans la vie de tous les jours. Qu'il avait ri intérieurement en voyant Faust l'observer d'un air hébété quand, après l'avoir cherché de longs moments, que ce soit sur ses cheveux, sa taille, sa carrure ou quelques autres blagues de plus ou moins mauvais goût, il ne lui avait répondu que par un vague air blasé. Quand le conseiller était sorti de la pièce toutefois, il avait craqué, éclatant de rire et ricanant pendant au moins une bonne dizaine de minutes après. Les fous rires, il en avait vu, ces dernières semaines.
Il n'était pas vraiment d'humeur à rire, toutefois, lorsque Orion faisait s'élever différentes miroirs et murs psychiques qui vinrent l'entourer et l'emprisonner dans ce labyrinthe infernal que Winter voulait transformer en véritable arène. Et il n'était pas un gladiateur, non d'un chien, alors que pouvait-elle bien avoir en tête qui nécessite une pareille théâtralité ?!

« Oh, ce sera les cerceaux de feu après ? Si tu voulais me reconvertir dans le cirque, il fallait prévenir avant, j'aurais amené un nez rouge.
- Quel humour ! Je t'assure que tu aurais fait un malheur en tant que clown. »


Il ne perd pas de temps à répondre à sa provocation. Pure et simple tentative de le déstabiliser, alors qu'il sait bien, à l'entente de sa voix, qu'elle est persuadée d'être en plein contrôle de la situation, et elle n'a pas entièrement tort. À l'instant, c'est elle qui mène le jeu. Le but est qu'il finisse par mener, ce qui n'est pourtant jamais arrivé auparavant, même lors des rares occasions où il croyait reprendre l'avantage ; la championne lui avait souvent prouvé que même au dernier moment, elle était capable de garder l'avantage. Et Arceus que c'était énervant.

« Tu es venu tout habillé aujourd'hui, dis-moi !
- En même temps, c'est toi qui l'a demandé.
- Tu diras merci à April pour la couture, n'empêche. »


Il fut désarçonné quelques instants en entendant cela, surpris qu'elle soit au courant que c'était sa sœur cadette qui s'était chargé des quelques petits bonus et suppléments sur le manteau fin qui le couvrait. Pas trop lourd, mais suffisamment pour recouvrir son corps d'un tissu sombre, sobre et discret. Bien caché en dessous, un gilet pare-balles, cadeau de Winter, car « il faut être un sacré abruti pour aller sur un champ de bataille sans ça ». Il devait avouer que cet ajout lui donnait une carrure un poil plus impressionnante que celle qu'il avait maintenant. Mais bon, en trois mois, il avait déjà remarqué l'apparition de quelques muscles fins, discrets, mais tout de même. En même temps, Winter ne s'était pas gênée pour le lui faire remarquer, cette espèce de dégueulasse.
Six poches, en tout, avaient été réparties : quatre sur la zone du torse, deux autres des deux côtés de sa taille. Pour ce qu'il comptait faire, il aurait besoin de garder sur lui un minimum de matériel à chaque fois, et transporter un sac à dos aurait été inutile et contraignant, en plus d'être un souci de plus à devoir gérer. Une sacoche, toutefois, était gardée jalousement sur son côté droit, pour garder le matériel plus ample. Seringues, bandages, médicaments, anesthésiants, désinfectants, pinces, scalpels… Un arsenal de soin entier. Les poches à l'avant, si elles étaient aussi en partie garnies de ce genre de choses, avaient toutefois un objectif bien différent.

Pour dissimuler son visage, la capuche de son manteau était accrochée un bandeau, qui lui même maintenait ses cheveux en arrière : ainsi donc, puisque ledit bandeau était accroché en dessous de son menton, il était impossible de le retirer brutalement sans l'étrangler, ou qu'un simple mauvais geste ne révèle qui il était. Winnie, lorsqu'ils avaient conçu l'idée, avait lourdement insisté pour que ses cheveux soient maîtrisés : il comprenait, d'un côté. Nul doute que c'était un indice aussi gros que l'arrière de la statue de la liberté. Toutefois, puisque le bas était encore un peu à découvert, c'était un foulard épais et de la même teinte que le reste qui venait de dissimuler le bas de son visage, ne laissant plus à la vue que son nez, et très vaguement ses yeux. Pour choisir la couleur, en fait, ce n'avait pas été très difficile : puisqu'il en restait des vertes à Winter, c'était ça qui avait été choisi. La championne avait commenté que cela lui donnait l'air d'un « kikoo » dark (terme qu'il ne connaissait pas, d'ailleurs) avec son déguisement, mais il n'allait pas vraiment commencer à accorder de l'apparence à ses jugements après ces derniers mois, n'est-ce pas ?

Le tout n'était pas trop lourd à supporter, au final. Bien sûr, cela ralentissait en partie ses mouvements, mais son rôle n'était pas vraiment d'être extrêmement rapide, quoique qu'en dise Winter. Car si il avait entrepris ces efforts dans le but de soigner, la bleue avait tellement insisté sur le combat qu'il avait cru qu'elle avait mal compris. Mais à ce niveau, en fait, il ne posait plus de questions, fatigué de devoir le faire à chaque fois. En quelque sorte, il avait profité de ce droit d'insouciance autant qu'il en avait pu : il savait bien qu'à chaque fois qu'il grattait la surface d'un secret, il ne tombait que sur des vieux cadavres, et l'odeur commençait à lui coller à la peau.

« Apparemment, elle a eu un bon professeur.
- Apparemment. »
lui répondit-elle du tac au tac, nullement gênée par l'accusation qu'elle sentait dans le ton du Shimomura.

En face d'elle, le cadet ne cherche pas à une parler, observant de ses yeux verts le lieu qu'elle a choisi aujourd'hui. Qui aurait cru qu'un amphithéâtre pourrait caser une pièce pareille ? Vu l'obscurité, Natsume aurait pu croire qu'il s'agissait d'une zone abandonnée, laissée tranquille par les travaux de rénovation. Ce qui était parfait et ce qui avait fait qu'elle l'avait choisi n'était pas le cadre bucolique, en revanche, mais bien un seul petit détail : tout ceci était complètement insonorisé. Personne n'entendrait quoi que ce soit de ce qui allait se passer.

« Donc. Les règles sont simples. »

Son ton léger et gai résonne contre les murs froids, donnant un écho rapide à ses propos

« Tu dois me battre. »

Le soigneur plisse les yeux et fronce les sourcils, signe qu'il a compris que quelque chose clochait avec ces consignes, rien qu'avec la voix qu'elle emploie.

« N'importe quel moyen. Tu me bats, et je te donne ce que tu veux. La seule contrainte, c'est que si je t'ai à ma merci... »

L'éleveur n'aurait pas su dire par quelle sorcellerie elle arrivait à garder une voix pareille. C'était comme si elle ne se rendait pas pleinement compte des mots qu'elle prononçait, qu'elle était complètement déconnectée de ce qu'elle disait, ou comme si elle ne s'y intéressait tout bonnement pas.

« Je t'arrête. Tout de suite. Et tu te débrouilleras seul. Mais plus encore, si tu n'y arrives pas, cela voudra dire que tu mourras dans les semaines qui vont suivre. »

Mais cette fois-ci, il y avait un avertissement, un petit quelque chose de menaçant. Lorsque les deux regards  se rencontrèrent, l'un insensible, l'autre méprisant et… Colérique ?

« Ne me déçois pas. »

Elle n'a pas l'air d'hésiter. Comme si ce qu'elle avait dit ne l'avait aucunement touché ni désarçonné, l'autre hocha lentement de la tête pour faire signe qu'il avait compris, sans que ses yeux ne lâchent la figure de Nimue devant lui. Si pendant trois mois il avait échoué, réussir maintenant… N'était pas forcément impossible, mais lui demanderait bien plus qu'un petit effort. Et sincèrement, la possibilité de rater l'effrayait plus qu'il n'aurait aimé l'admettre.

« Qu'est-ce que tu attends, donc ? Ma permiss- »

Un nuage de fumée envahit alors la pièce. Winter eut le réflexe de faire un pas en arrière et de tenter  d'écouter pour savoir ce qui se passait autour d'elle, mais finit vite par reprendre une posture normale en entendant des pas se diriger vers la direction opposée. Elle leva les yeux au ciel lorsque le nuage finit par se dissiper, révélant... Rien du tout.

« LA PROCHAINE FOIS METS MOINS DE TEMPS POUR SORTIR UNE BOMBE, TÊTE DE PICS ! »

-

Essoufflé, il s'adossa à un mur pour reprendre une respiration normale et tenter de faire le point sur ce qu'il savait. Faire un face à face directement ne servirait à rien, et il risquerait bien trop sans la moindre certitude d'avoir toutes ses cartes en main. Il ravala sa salive en apaisant son rythme cardiaque, mais c'était une tâche inutile : son cœur continuait de tambouriner dans sa poitrine. Visiblement, il faudrait s'en accommoder, tout comme avec la peur qui asséchait sa gorge. Car nier qu'il a peur serait de la stupidité, mais il force ses muscles à bouger, son cerveau à s'activer, dans un effort qui lui est inhabituel mais lui paraît pourtant étrangement simple aujourd'hui.
Il n'a pas beaucoup de temps avant que Winter ne le rattrape. Car même si elle a formulé ça d'un ton qui laisserait croire qu'il serait celui en chasse, la vérité serait tout autre ; connaissant la championne, inutile de dire qu'elle allait prendre un malin plaisir à le faire s'enfuir dans tous les sens jusqu'à son épuisement. Et inutile de dire qu'il ne tiendrait pas éternellement comme ça. D'autant plus qu'elle devait bien mieux comprendre les lieux que lui, qui avait l'impression d'être dans un véritable labyrinthe lugubre.

Si il prenait trop de temps à réfléchir aux conséquences, il serait vite rattrapé et sans plan, ses chances de réussite seraient plus qu'amoindries. Bien sûr, il avait déjà quelques idées en tête, des petits débuts, des riens, qui ne lui permettraient pas d'avancer durablement. Et plus il réfléchissait, plus il perdait de précieuses secondes qui auraient pu le tirer d'affaire. Nerveusement, il passa ses doigts contre les balls à sa ceinture tandis que les rouages de son cerveau commençaient à s'activer.

-

Circée était et resterait la meilleure pour ce qui était de faire peur. Combien de personnes avait-elles réussi à terroriser jusqu'au fond de leur âme ? Elle pouvait en nommer, des « durs à cuire » et autres « femmes fortes » qui s'étaient écroulés comme des enfants en quelques instants, écrasé par les démons qu'ils avaient l'arrogance de croire vaincus. Une belle bande d'idiots, en tous cas... Tous aussi pathétiques les uns que les autres, à vouloir se croire au dessus de tout le monde.
Au départ, elle avait eu l'impression que son « protégé » (faites attention aux guillemets, elles sont importantes) était dans son cas, avec son air de petit ''''''rebelle''''' je-sais-tout qui aime bien casser les autres avec du sarcasme. Et ses premières tentatives de le déstabiliser avaient posé un doute dans son esprit sur sa capacité à tenir le coup : il avait subi d'une seule attaque de Circée pour le faire trembler, la première fois, et elle se souviendrait longtemps de son regard après cela. Fatigué, hanté, vidé. Il était revenu, ensuite, et elle n'avait jamais posé de questions. Sa persistance malgré la dureté du traitement qu'elle lui avait infligé lui avait, disons... Donné plus d'estime de la part de la championne, ou du moins ne serait-ce qu'un peu.
Néanmoins, ses petites fourberies avec la Branette ne suffiraient plus, maintenant, elle en était parfaitement consciente. Si au bout de trois mois il avait suffit de ça pour le mettre à terre, Winter se serait considérablement remise en question.

Déjà quinze minutes qu'elle le cherchait. Enfin, en même temps, elle marchait, fouillant chaque coin qu'elle connaissait comme étant une à peu près bonne cachette. Elle les avait longtemps exploré, ces longs couloirs sombres et étroits, pour avoir une idée d'où étaient les endroits intéressants. Mais toujours pas de trace de lui, ni de son qui pouvait laisser présager qu'il aurait...

« Un tunnel. J'y crois pas. Petit enfoiré... »

Le trou dans le sol en disait assez comme ça. Soudainement plus sur ses gardes que jamais, Winnie fronça les sourcils et jeta un regard circulaire aux alentours. Pas de trace de rongeur par ici, en tous cas. Et elle était sûre qu'il était assez intelligent pour couvrir ses traces, alors il ne fallait pas trop espérer de le pister. Une moue amusée finit par se dessiner sur son visage. Autant marcher directement dans le piège, donc...
Elle fit demi-tour, le pas léger, non sans que la curiosité ne commence à pointer le bout de son nez dans son esprit. Allons donc, pourquoi se faisait-il attendre, maintenant ? Il n'était pas dans ses habitudes de traînasser ou de languir quand il voulait faire quelque chose, alors les questions s'accumulaient en même temps que les secondes passaient.

Les yeux violacés de Circée inspectaient chaque recoin à la recherche d'un petit rien, sans succès. C'était à croire qu'il avait entièrement disparu de la surface de la terre, ce qui laissait Winter perplexe. Si le combat et l'endurance n'étaient pas les points forts de Natsume, de loin, elle était au courant qu'il avait au moins assez d'intelligence pour savoir se faire discret. Mais à ce point, c'était presque miraculeux. Et surtout très suspect.

Les minutes passent. Longues, interminables. Chaque bruit suscite son attention et sa méfiance ; le moindre petit caillou à ses pieds, les grincements réguliers de la tuyauterie hors-service, les craquements qui résonnent parfois entre les murs. Elle est presque sûre qu'elle imagine des choses, maintenant, et elle sourirait presque sarcastiquement.
Petit salopard. Tu joues avec moi comme avec une proie, ou je rêve ?

Elle exagère ; il n'est pas dans la nature de cet idiot de vouloir tirer un plaisir sadique en la voyant tourner en rond et être constamment sur ses gardes. Elle l'avait assez constaté, en trois mois, qu'il continuait encore et encore à persister vouloir faire ce qui blessait le moins, prêcher qu'il préférait prendre des coups plutôt qu'en donner, et toutes ces singeries tout aussi naïves qu'idéalistes. Alors il n'est sûrement pas en train de ricaner dans un coin, non, mais chercher à le pousser à bout ? Ça, oui. Il n'est pas idiot : il sait qu'il a plus de chances sur le long terme, en l'épuisant petit à petit, plutôt qu'en attaquant de front. Une vraie technique fourbe et vicieuse.
Exactement comme je les aime. Sale fouine, je serais presque fière.

Volontairement, elle exagère donc. Jouer la comédie est d'une facilité déconcertante, et elle ne se gêne pas pour accentuer le ton à plusieurs reprises, car elle sait qu'il doit ou la chercher, ou l'observer d'une quelconque manière que ce soit. Encore faudrait-il qu'elle trouve comment, même si elle avait sa petite idée... Et si c'était le cas, elle allait s'amuser.
D'autres minutes passent. Plusieurs fois, des sons réguliers ont résonné tout près d'elle, sans qu'une menace ne semble se découvrir. Elle s'arrête, enfin, dans un endroit qui est plus vaste, comme une sorte de petite pièce, où elle aperçoit enfin quelque chose de louche au niveau du sol, qui laisse clairement voir que-
Tout se suit en deux ou trois secondes, à peine. Deux éclairs verdâtres, ou violacés, elle n'en sait rien, se jette contre elle. Circée, par un mouvement qu'elle ne doit qu'à son expérience et sa vivacité, parvient à invoquer un mur de flammes bleutées qui bloque une des deux créatures dans sa lancée, tandis que l'autre subit le coup et recule en sifflant. Mais tout de suite après, le son d'un objet éclatant au sol se fait entendre et Winter écarquille les yeux en le reconnaissant.
Immédiatement, elle recule, alerte, mais ricane mesquinement.

« Mon pauvre chéri... »

La Branette agite ses bras, fait naître des orbes tournoyantes qui en s'agitant disperse peu à peu la fumée qui s'était imposée. La clarté revient, révélant un sol empli de trous, et deux serpents.

« Tu croyais que ça allait être si simple ?! »

Les deux couteaux cachés sous ses manches volent vers les reptiles qui esquivent et persistent à vouloir attaquer, sans succès puisqu'ils sont immédiatement repoussés par Circée. Instantanément et comme prévu, elle sent quelque chose mouvoir derrière elle, et échappe de peu à un coup ; lorsqu'elle se retourne, c'est face à un regard vert enragé qu'elle se trouve.

« Quoi, énervé ?
- Tu as failli-
- Mais je ne l'ai pas fait, n'est-ce pas ? »


Il esquive au dernier moment, par un mouvement de jambe qu'elle qualifierait presque d'habile si cela ne lui écorcherait pas la bouche. Puis, immédiatement, il saisit son poing encore en l'air et met toute sa force contre son bras pour la renverser. Il y parvient, miraculeusement selon la championne mais son avis ne compte pas, et tout de suite après tente de lui asséner un nouveau coup avec son pied. Inutile puisque l'informatrice a déjà roulé sur le côté pour donner une balayette rapide à son élève. Celui-ci chute à son tour. Durant l'instant où se rencontrent leurs yeux, Winnie y voit de la colère. Colère qu'elle n'avait pourtant jamais vu avant, même quand elle l'avait poussé à bout émotionnellement.

« On avait dit pas de vraies armes !
- J'ai menti. Les gens font ça, des fois. Et puis ils y ont échappé, après tout, non ?
- Ils auraient pu être blessés ! »


Déjà il s'est relevé, tentant à chaque seconde de la toucher, avec plus d'énergie que jamais, et l'envie de vengeance se voit jusqu'à son visage pourtant si peu visible derrière cette capuche à bec et ce foulard. Son langage corporel le hurle : il ne cherche pas à gagner, à l'instant, mais à calmer sa rancune.
Séviper et Majespic se sont rapprochés, formant un triangle avec leur dresseur qu'ils accompagnent face à la championne, qui écarquilla les yeux alors que Circée peine encore à retenir les autres pokémon. Violet, vert et noir s'entremêlent dans une suite d'attaques et de coups synchronisés. Byakuran s'enroule autour du bras de l'adolescent pour se jeter vers Winter, qui esquive en se positionnant sur le côté, mais Hatori saute sur l'ouverture qui vient de se présenter pour la frapper et ainsi la déconcerter et lui faire perdre son équilibre. De justesse, elle put reculer vers l'arrière pour ne pas être touchée par Natsume. Et ils recommencent, mené par le plus jeune qui ne faiblit pas et serre les dents en constatant qu'elle résiste encore, mais ne montre même pas un gramme de satisfaction lorsque Byakuran la frappe et lui permet ainsi d'enchaîner avec un coup dans les côtes. A certains moments, les trois regards semblent ne plus faire qu'un, comme celui d'un reptile aux écailles nuancées qui joue avec elle et n'attend que le bon moment pour enfoncer ses crocs dans sa peau.
Winter grimaça, mais constatant qu'elle était en difficulté, décida qu'elle pouvait tout aussi bien faire ce qu'elle avait en tête. Si les choses continuaient comme ça, elle risquait de perdre.

« Si ils n'avaient pas pu éviter ça, ils auraient pu tout aussi bien mourir. Ne pas pouvoir survivre à ça, c'est se condamner à crever dans les premières minutes.
- Espèce de sale... ! »


Alors même qu'il tentait de frapper, il n'a pas le temps de terminer sa phrase. Winter profite de sa stupidité et le saisit au poignet, et l'enferme dans une clé de bras serrée et tendue, qui fait serrer des dents le plus jeune, refusant de lâcher ne serait-ce qu'un son de douleur alors qu'elle y met pourtant toute sa poigne. La championne ricane tandis qu'un sourire malicieux agite ses lèvres.

« Les enfant sont cruels... Et j'ai toujours gardé mon âme d'enfant. »

Elle s'apprête à frapper en plein sur son crâne pour ainsi l'assommer et gagner. Circée retient, difficilement certes mais tout de même, le Séviper et le Majaspic qui tentent le tout pour le tout.  Elle résiste pourtant, difficilement, mais cela laisse amplement de temps à sa dresseuse d'agir. Mais Natsume lui écrase un pied, la faisant sursauter et reculer par défaut ; le cadet s'éloigne, l'air essoufflé et fatigué, mais retente un coup. Winnie profite d'une lenteur pour le frapper au ventre et le laisser tomber au sol. Elle se penche pour le frapper de nouveau, mais Natsume sourit.
Tout à coup, un objet violet et vif se jette sur elle, et elle ne peut pas l'éviter à cause de la proximité. Elle ne sait pas ce qui vient de lui tomber dessus, mais la chose s'enroule autour de sa taille et bloque sa respiration, tandis que l'adolescent se relève. Enfin, Winnie voit ce qui l'a autant touché : un Abo, solidement enroulé autour de sa taille, qui alors qu'elle se débat pour se sortir de sa prise, brille intensément pour se transformer en un Arbok à l'air sévère. Natsume gloussa.

Et elle le regardait avec cet air hébété,qu'il apercevait pour la première fois chez elle, non sans plaisir. Un rictus mauvais et provocateur plus tard, et il s'accroupissait devant elle, l'air satisfait de lui-même.

« Ben quoi, surprise ? »

Le Séviper et le Majaspic ont encerclé la Branette. L'Arbok resserre sa prise à chaque fois qu'elle tente de bouger, et elle serre les dents en constatant qu'elle a été bernée aussi facilement.

« Cacher un pokémon sous ton manteau... C'est lâche.
- Mais ça a marché, n'est-ce pas ? Celle qui gigote comme un ver de terre pour l'instant, ce n'est pas moi. 
- Mais ça ne va pas tarder. »


Natsume plisse les yeux en voyant à quel point elle était sûre d'elle. Il pose son pied sur sa cage thoracique, l'air sévère et agacé.

« Abandonne. T'as perdu. Une fois qu'un serpent a immobilisé sa proie, c'est fini pour elle.
- Mais même les serpents prennent peur... »


Des sifflements paniqués résonnent. Alors qu'il porte son regard sur les deux autres reptiles, il est déjà trop tard : l'obscurité a recouvert les murs, le sol, le plafond. Tout tombe dans les ténèbres alors qu'une centaine d'yeux violets s'ouvrent dans cette noirceur, focalisés sur le hérisson. L'adolescent ne bouge pas, imperturbable malgré la menace qui plane, mais ne peut s'empêcher de déglutir.
L'Arbok s'est éloigné avec crainte de Winter et s'est enroulé en boule contre lui-même, visiblement terrorisé par les attaques de Circée. Le serpent tremble et ne reconnaît plus rien, tandis que Byakuran et Hatori sont immobilisés au sol et grimacent sous le poids de la pression exercée par les bras de la Branette.

« C'était mignon, comme essais, mais ça suffit. »

Winter s'élance sans trop attendre, et Natsume a l'impression qu'elle a retrouvé toute son énergie par un miracle qu'il ne réussit pas comprendre. Toutefois, il réalise vite qu'elle attendait juste qu'il dévoile ses cartes pour enfin laisser de côté ses réserves : il manque de peu de prendre un coup sur la nuque qui l'aurait assommé, et c'est en avalant un cri de douleur qu'il se relève après un coup porté dans son plexus solaire.

« Que va-t-il falloir que je fasse pour que tu prennes ça au sérieux ? Si tu te retiens autant dans les faits, j'aurais mieux fait de te laisser crever il y a trois mois ! »

Pas de réponse. L'adolescent est trop occupé à essayer de ne pas prendre un autre coup, en faisant des pas sur le côté comme il le peut, ou en la bloquant même quelques secondes seulement. Si il semble arriver à ne pas se faire trucider, n'empêche qu'il n'est plus du tout dans la position de force qui était pourtant la sienne il y a peu.

« Tu me réponds, Natsume ?! »

Le plus jeune serra les dents en repoussant brusquement la plus âgée, qui manqua de trébucher et s'étonna même de la force qu'il avait mis dans son mouvement.

« Je te l'ai déjà dit. J'emmerde ta méthode. »

Un coup vers les côtes. Un autre sur les pieds, un réflexe quasi instantané de saisir un des bras pour renverser. Les deux yeux verts de son élève rencontrèrent les siens. Il paraissait avoir retrouvé toute sa contenance, et l'hésitation qu'elle avait vu, tout comme la colère et la confusion, avaient été remplacés par un air décidé. Si il jetait de temps à autre des regards aux trois serpents bloqués au sol par la Branette, il gardait sa concentration sur la championne. Puis, finalement, il lui fit subir un coup de pied dans l'abdomen qui la fit tomber.

« Si il faut que je devienne un connard ou au moins aussi pourri que toi, je préfère encore me faire tabasser ! »

Il serra les dents. Son ton était monté tout seul, sans qu'il ne cherche véritablement à le faire. Le hérisson finit par écarter les bras, excédé

« Alors vas-y ! T'attends quoi, si ça t'éclate autant de prouver que « la loi du plus fort » est la meilleure ?! »

Elle se relève, l'observant d'un air mauvais, sévère également, tandis qu’elle réalise toute l'insolence de son geste. En plus d'être en train de la provoquer, il envoie tout simplement voler tout l'objectif de cette petite mascarade qu'elle avait mis en place. Évidemment que son but était de voir jusqu'où il serait capable d'aller, mais était-il tellement stupide qu'il ne parvenait pas à le faire ? À refuser de la blesser plus grièvement même quand il était en danger ? Alors même qu'elle menaçait de s'en prendre à ses pokémon ?

« Si tu les blesses, tu auras ce que tu veux. Mais putain de merde, je ne veux pas en arriver là ! »

Il ne ment pas, elle le sait. Si ils n'avaient théoriquement pas le droit aux armes, il les avait bien sur lui, pour simuler le poids qu'il aurait à supporter sur lui en permanence. Silence. Seule la respiration irrégulière du cadet brisait le mutisme de la situation, rendu lourd et imposant. Ils n'osèrent pas parler pendant un moment, alors même que Natsume attendait sa réponse d'un air fatigué.Winter pesta.

« Ça va te revenir au visage un jour, ça, de vouloir aider tout le monde. Et j'ai pas envie d'être là ce jour-là, crois-moi. »

Saleté de foutu gamin.
L'éleveur eut un rictus caustique

« Détourne le regard ; t'es habituée, il me semble, hm ? »

Ils s'observent pendant quelques secondes, vert contre bleu de nouveau, jusqu'à ce que la championne ne finisse par soupirer lourdement, un air mi-blasé, mi-agacé sur son visage.

« J'aime pas ta méthode, en tous ça.
- Fais avec. »


Un sourire fier et un peu mesquin, comme si teinté d'une once de fierté, naquit chez Winter.
Il faudrait faire avec, en effet. Peu à peu, l'obscurité imposée par Circée finit par se dissiper.
Même si il ne restait qu'un gamin. Mme si il n'était pas forcément très bien entouré, entre son imbécile de cousin et son copain qui avait assez de génie pour parvenir à tomber en plein milieu d'une piscine alors qu'il devait se faire discret pour les espionner. Un gamin qu'elle envoyait dans la gueule du loup.
Silence. Winter soupira tandis que Natsume la regardait d'un air fatigué. Circé relâcha les serpents, et le lapin se précipita directement vers eux, une lueur d'inquiétude dans ses yeux verts. Byakuran se releva seul, difficilement, l'air considérablement blessé dans sa fierté. Hatori eut plus du mal, mais tenta de récupérer une respiration normale, incitant son dresseur à se diriger vers l'Arbok. Celui-ci, en effet, tremblait encore, enroulé autour de lui-même, bloqué et sifflant de douleur. La neutralité disparut du visage de Natsume, remplacée par une inquiétude évidente.

« Fran ? Respire, s'il te plaît. J'ai besoin que tu te calmes. »

Le serpent violet jeta un regard craintif à son dresseur. Celui-ci caressa doucement le haut de sa tête, en faisant bien attention à gratter légèrement l'arrière. L'adolescent passa une de ses mains près d'un nœud, en essayant de le défaire, sans succès puisque l'Arbok restait statique.

« Fran ! »

Nul doute que l'interpellé aurait pu déglutir si il en était capable, vu l'air piteux qu'il affichait maintenant. Même si Natsume n'aimait pas lever le ton, cela eut au moins le mérite de le forcer à se laisser faire. Voyant que l'Arbok restait mal à l'aise, il soupira un peu.

« Fixe mes yeux le temps que je m'en occupe. Je vais faire vite. »

Et il s’exécuta, tandis que le serpent frissonnait et tremblait encore à peu, faisant comme il le pouvait pour ne pas se laisser tomber à la peur malgré la crainte qu'il ressentait. Il se poussait tout de fois contre les mains et le corps de l'éleveur, cherchant son réconfort à tout prix.

« Parfait. On y est presque. »

De longues secondes s'écoulèrent, tandis que Circée et Winter les observaient d'un air curieux.
Méthodique et calme, toute trace du hérisson acariâtre avait disparu, remplacé par une sorte de sang-froid presque... Presque professionnel, même si cela la blessait de l'avouer.

« Je ne pensais pas que tu pouvais être capable de compassion et de douceur.
- Et je ne pensais pas que la stupidité était ta spécialité, mais tout le monde se trompe, je suppose. »


Winnie leva les yeux au ciel.

« Ferme-la.
- T'as commencé. 
- Tocard.
- Morue.
- Merdeux.
- Harpie.
- Hippie.
- Sorcière. 
- Orvet. »


Natsume cligna des yeux, surpris.

« Orvet, vraiment ? »

La championne haussa les épaules.

« Bah quoi ? T'as utilisé que des serpents aujourd'hui, et puis ce sont des merdes, les orvets. Ça te correspond bien.
- ... Des serpents, hein ? »


L'adolescent parut plongé dans ses pensées, comme pensif. Il termina d'aider Fran et permit enfin à la créature violette de se mouvoir correctement. L'Arbok se dépêcha d'ailleurs relativement vite de rejoindre Hatori et de se cacher derrière lui, en jetant des regards anxieux vers Byakuran qui semblait d'humeur à étrangler et dévorer des chatons vivants. Le Séviper abattit sa queue près de la Branette qui esquiva de très peu. Winter gloussa.

« Rancunières en plus, ces bestioles. C'est parfait.
- Je t'emmerde. »


Lorsqu'elle tenta de lui ébouriffer les cheveux, ou du moins le haut de sa capuche, elle se prit un charmant coup de coude dans les épaules, qui la fit se plier avec un sourire un peu crispé.

« Et réactions impulsives et immédiates. On pourrait pas faire mieux. »

L'éleveur leva les yeux au ciel.

« Quoi, tu veux que j'utilise ça, comme nom ?
- Hé bien non. T'es déjà pas des masses crédibles en tant que personne, faudrait pas non plus que t’aille te balader en te présenter comme étant un orvet. Sauf si tu veux remonter le moral des autres en les faisant rire. »


Un regard blasé lui fit vite comprendre qu'il n'était pas de cet avis.

« Roh ça va... Bon,  rapido, tu connais une espèce avec un nom pas trop chiant ou à rallonge ? »

À ça, Natsume fut silencieux. Il prit quelques secondes pour répondre.

« Y'a bien les vipères athéris, mais...
- Astérix ?
- Hein ? Non, j'ai dit...
- Oui, j'ai entendu, je voulais faire une blague. Laisse tomber. Athéris, donc ?
- Ça se supporte. »


L'adolescent haussa les épaules, l'air de ne pas en avoir grand chose à faire.

« Cache ta joie... 
- Quoi, tu veux des confettis ?
- J'aurais aimé un sourire mais faut pas croire aux miracles, visiblement.


Le plus jeune ricana devant le ton plus que sarcastique de la championne. Celle-ci l'invita à le suivre pour qu'ils sortent (enfin) de ce trou paumé. Une moue agacée se dessina sur son visage.

« Hé bah quoi ? Tu me suis où tu comptes me fixer bêtement encore longtemps ?!

À peine eut-elle dit ça qu'elle trébucha et se ramassa majestueusement au sol, et poussa un geignement de douleur quand son popotin s'écrasa par terre. Byakuran, à côté d'elle, eut l'air très satisfait de lui. Le Séviper alla rejoindre son dresseur qui le félicita d'un sourire entendu.

« Et ça dit vouloir rester pacifiste, après...
- Tu comptes pas, t'es une sorcière. »


Winter le frappa sur l'arrière du crâne.

« Du respect, merdeux !
- Même pas en rêve. »

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=> DC de Faust M. Donovan, Clive G. Donovan, Mikael J. Evans & Winter L Kenway
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