« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 De l'art de vivre sans rien assumer. (OS, Evolution)

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Alexander Nagel
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Pseudonyme(s) : ›› Dio Silvery, Officier Subalterne du Régime (principalement tortionnaire et combattant, ponctuellement homme de main).

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MessageSujet: De l'art de vivre sans rien assumer. (OS, Evolution)   Sam 5 Mar - 22:55

De l'art de vivre sans rien assumer.

Enfin une petite soirée à moi après le boulot! Avec les dernières semaines, ça m’avait manqué. Oh, et vous en faite pas pour Ludwig, je lui ai trouvé un baby-sitter. Ne voulant pas laisser un étranger rentrer dans mon château, j’ai décidé d’exploiter mon ancien appartement certains soirs, et laisser donc Ludwig là-bas en compagnie de son gardien. Le gamin avait eu l’air d’apprécier l’appartement. C’est vrai qu’il est assez sympa, et que j’y reviens de temps à autre avec nostalgie sa vue sur Amanil en pleine nuit est toujours aussi prenante, et j’ai ré-ameublé de manière a rendre le tout de nouveau hospitalier. Et assez banal pour ne pas éveiller le moindre soupçon. Sachant que j’y ai déjà vécu  et qu’il peut profiter de tout le rez-de chaussée du duplex pour jouer avec ses Pokémon (Loulou et Tutur, du moins), Ludwig a plutôt bien accueilli tout ça. Bien entendu, il n’aime pas quand je pars travailler tard, mais il a cliqué facilement avec la personne qui le garde, donc, à ma grande surprise, la chose se passe mieux que je ne l’aurais prévu.

Enfin, je suis actuellement bien plus concentré sur le travail à faire que sur la perspective de retrouver mon frangin après une bonne pause au bar bien méritée. Désolé Ludwig, ton grand frère t’oublie trop souvent quand il est à son boulot adoré, mais au moins, tu es entre de probablement meilleures mains que les miennes. Je ne m’appesantit pas sur ces dernières pensées et m’appuie au dos de Scylla présente avec moi dans cette partie en ruine des bidonvilles, avec l’intention d’en finir face aux quelques Resistants du coin. Je ne lance pas un regard à ma Crocodile certainement déjà devenue Alligatueur au début de ce combat, vu la taille qu’elle a pris et qui me permet de m’appuyer sur elle alors que deux types nous en cerclent accompagnés de leur allié respectif. Un Chartor qui ne sera d’aucune difficulté pour ma compagne et un Simiabraz a l’air plus coriace. Dans le silence de la nuit et la fatigue de la lutte visible sur les visages de mes adversaires, Scylla me pousse à fondre vers le Résistant désarmé à force de tirer, au même moment qu’elle envoie une puissante onde aquatique me précédant et balayant les alentours. Cela me laisse suffisamment de temps pour me ruer sur un de nos adversaires et viser un artère des plus hémorragique pour l’envoyer ad patres. Scylla s’est mise à courir quant à elle à l’encontre du Simiabraz, et le matte avec une facilité déconcertante. Son rugissement de victoire suffit à faire comprendre au second Résistant sa défaite, mais elle en finit avec lui d'u ncoup de dent ferme et efficace dès la seconde ou il songe à s’enfuir. Le calme revient avec une sorte de solennité étrange dès que le combat se termine, et que j’observe l’eau projetée par terre par l’Alligatueur se mêler d’un autre fluide rougeâtre. M’assurant de la mort de nos deux assaillants, je soupire et essuie les quelques gouttes d’hémoglobine répandues sur mes lunettes teintées. De derrière d’autres bâtiments, j’entends des pas pressés se rapprocher, je me remet en garde avec un sourire de délectation jusqu’à la déception de voir revenir quelques collègues avec notre petit chef provisoire. Roh.

Le soleil s’est déjà couché depuis belle lurette et nous venons donc de terminer cette brève opération nocturne avec quelques types insignifiants, sous la supervision d’un Supérieur qui ne m’aime pas beaucoup. Son petit nom c’est Allistair, un truc du genre? Brah, je sais plus, mais au moins, il connait son métier, et m’a laissé faire mon travail sans me retenir. Mission d’élimination tout ce qu’il y a de plus convivial et méchant, comme vous avez pu le constater. Néanmoins, je suis fier comme un paon à la vue de Scylla devenue cette magnifique Alligatueur, que je m’en vais sans tarder féliciter d’une caresse sur son épine dorsale écailleuse, dessinant sans peur ses énormes canines du bout des doigts. Les collègues observent cette scène de complicité d’un regard perplexe et fatigué. Tout le monde veut rentrer, là, je suis le seul à m’amuser encore.

Après tout, en ce qui concerne la mission, il fallait que ce soit fait efficacement, et sans pleurnicher, je crois que c’est pour ça qu’il m’a voulu dans son escouade de gros bras un peu ténébreux sur les bords. Pas que j’ai des gros bras ou que je sois franchement ténébreux, mais bon. Enfin, il y a aussi les évènements récents qui font que le secteur se voit un peu perturbé ces temps ci. Je n’ai pas encore intégré toute l’histoire, avec tous les ragots qui circulent déjà, mais l’arrestation de Néro l’officier supérieur et un gros bonnet chez les assassins n’a pas pu passer inaperçu car on l’a fichu dans une cellule. Et généralement, je me mets au courant de ce qui rentre et sort des prisons du Régime, même si ce ne sont que des cellules secondaires que je n’ai qu’en partie le Bloc R2 sous ma responsabilité (encore que c’est beaucoup dire). Bref, la chose dans tous les cas me titille et je devrais mettre cette affaire au clair, même si je sais qu’on risque d’en entendre parler un bout de temps. Les supérieurs sont déjà suffisamment dans la merde maintenant qu’ils suspectent une trahison dans un niveau plutôt élevé de la hiérarchie. J’adore la zizanie, moi, alors j’espère que tout cela va faire un bordel assez conséquent pour m’amuser, même si on refuse de m’y inclure (ce qui est bien normal, paraît-il que je ne suis pas le centre du monde, snif). Dans tous les cas, même si c’est encore beaucoup de bruits de couloirs, les nouvelles vont vite. Et de la nouveauté, c’est justement ce dont j’ai besoin ces derniers temps pour me distraire.

En m’égarant un moment dans l’observation béate et pleine de fierté des deux cadavres étalés à mes pieds, je m’assure que la fermeture de mon col est bien remontée devant mon visage une nouvelle fois, dans un geste devenu rituel depuis que je porte cet accoutrement. Depuis ma mésaventure avec Weber, il y a maintenant plus d’un an, j’ai commencé à cacher mon visage pendant les batailles. Mon « moi » jeune et con pourra dire ce qu’il veut sur « se cacher c’est pour les lâches sans couilles », il m’arrive d’avoir des éclairs de réflexion et d’être à peu près raisonnable, même si ça me fait chier. Quand on a autant d’ennemis que moi, autant se faire passer pour mort et s’habiller un peu discrètement. Avec éventuellement le masque, de temps à autres. Sinon, c’est le col qui cache plutôt bien la moitié inférieure du visage, avec des lunettes teintées, parfois des trucs infra-rouge moches pour les nocturnes, et les cheveux plaqués en arrière. Peut-être que pour le style je devrais investir dans des serre-têtes rigolos? Genre avec des machins avec tuyaux pour boire de la bière sur le champ de bataille ou des gadgets à la con, ou des oreilles de chat pour aller avec mon personnage ingrat. Bref, assez parlé fashion pour ce soir, la mission est terminée. Les missions de déssoudage de tronches et les batailles dans le genre de ce soir où les quelques renégats se sont défendus plus ou moins honorablement terminent toujours trop rapidement à mon goût. Mais bon, on dira que ça m’en fera plus pour la prochaine fois!

« Silvery, grouilles-toi le cul, on rentre à la base! »
« Eh! T’exagères, Lieutenant, j’venais de trouver la réponse aux grandes questions existentielles du monde en regardant ces cadavres! J’ai même pu voir de quelle couleur sont vos calebuttes! L’univers m’a parlé! »


Silence consterné derrière les masques de mes collègues. Roh, zut, encore un bide.

« Bah, quoi? Me dites pas que vous avez oublié votre humour chez mémé avec les truffes au foie gras de noël! »


L’Officier supérieur ricane, hautain, et me dévisage, probablement mauvais et fatigué derrière le masque. J’entends son arme claquer d’un cliquetis reconnaissable, qui affole délicieusement mes sens. Scylla dressée à mes côtés fait volte face vivement, et moi-même je raffermis ma prise sur le manche de mon flingue. Roh, m’sieur Allistair, vous n’allez pas faire ça…? C’est dommage pour lui, d’ailleurs.

« Tu vas la fermer, oui?! J’suis ravi que tu t’amuses, connard,  mais rentres dans le fourgon sinon je te descends! »
« Hm-hm, la discipline! C’est sexy, tout ça. Bon, d’accord, d’accord, j’arrive, mes mignonnes! »


Tous les soldats lâchèrent un « Ta gueule Silvery! » moyennement en chœur. Et il va falloir passer aux douches pas loin de ces enfoirés.. Heureusement, dans cette base, c’est des cabines. Pas moyen, sinon, j’aurais attendu d’être rentré au bercail, quitte a empester la bagnole. Comparer ses cicatrices c’est marrant deux secondes surtout quand les gens pensent qu’on est tout clean comme moi, mais bon, là, j’ai plus envie de rentrer en  ville me prendre un verre, tranquille. Et comme Ludwig reste à l’appart avec son baby-sitter jusqu’au matin, bah, j’ai le temps. Il faut dire qu’il est déjà minuit passés, que je n’ai aucunement sommeil comme après toutes mes nuits de mission (je suis encore en forme, mais je ne suis pas un gros dormeur non plus) et que boire un peu est mérité, depuis le temps que ça ne m’est plus arrivé. J’arrive dans le centre d’Amanil, dans un bar encore ouvert à cette heure-ci, la capitale ne dort pas toujours, la nuit. Enfin, pour ce qui est des périphéries, le centre et les environs de la grande maison étant soumis à des couvre-feux plus stricts. Cela fait un certain temps désormais que je suis habitué à vivre la nuit. Et je n’ai jamais été un gros dormeur, bien qu’il m’arrive de rattraper quelques heures pendant que Ludwig est à l’école. Je confirme, mon cycle horaire est tout aussi détraqué que moi, cela explique mes humeurs merdiques et mes neurones en moins. C’est plutôt calme contrairement à ce que je m’attendais, pour deux heure du mat. Enfin, qu’importe, je me pose et je commande…

« Tu mets de la glace dans ton Jäger, toi? Qui t’a élevé?! »

Nan. Naaaaan?! Mon verre de Jagër double avec glaçon dans la main, je fixe un bon moment les bouteilles rangées derrière le barman, ne sachant pas si cette rencontre improbable m’amuse ou m’exaspère. Les deux. Probablement un peu plus du deuxième que  du premier. Mais j’ai le contrôle sur moi-même, contrairement à la dernière fois. Puis, je pivote sur mon séant, lançant un regard blasé au gros binoclard à sourire arrogant qui s’est mollement posé au bar, à quelques mètres, agitant précieusement son verre. Oh, Helmut Nagel, chaque fois que je vois ta sale tronche, je me rappelle à quel point tu ne me manques pas. Mon sourire de merlan frit et mon ton suave de parfait faux-cul rivaliseraient presque avec les siens, désormais. Je fais du leveling, depuis quelques mois.

« C’est pour pas faire comme toi papounet chéri! Eh mais… je suis déjà raide bourré ou alors t’as maigri? »
« Je suis passé de 116 à 104 et demi, petit con. »
« Wooooow.. Mais attends, si je fais le calcul mental, on peut même plus t’appeler « obèse »?! »
« Depuis quand tu sais compter, toi? »
« Tu m’aurais déçu si t'étais passé en dessous de 100. »
« Trop aimable. »

Tss. J’ai déjà envie de me barrer d’ici. Mais rien ne presse, si il faut qu’on se raconte des conneries provocatrices jusqu’à céder dans un pic de colère.  Je commence à boire tranquillement mon verre, tout en surveillant l’autre du coin de l’œil. Faudrait pas qu’il soit venu prendre sa revanche sans prévenir, hein. Je ne sais pas si c’est la première gorgée d’alcool ou la fatigue qui me gagne, mais je repense un peu nostalgiquement à toute cette histoire. Les choses ont changé depuis, pour le meilleur et pour le pire. J’ai un peu changé de vie, mine de rien. Je ne pensais pas que ça se ferait si vite. Je pourrais lui dire que j’ai fait la connerie de presque comprendre le fait qu’il en ait bavé avec moi et Irina, mais non. C’est pas le but. Je pense également à Riku, au fait qu’elle va plus m’accueillir avachie sur le canapé du salon quand je rentrerais, et qu’elle ne m’emmerdera plus pour que je la porte jusqu’à son lit. Mine de rien, ça aussi fait que je m’abandonne plus à mes activités nocturnes jusqu’à l’épuisement, et que j’ai moins envie de rentrer à la maison. Parfois, même, elle me demandait de lui chanter des berceuses. A se demander pourquoi j’ai une ou deux fois accepté. Mais c’est fini, tout ça. Il y a des hauts et des bas dans cette nouveauté, des regrets liés à ma cousine, des choses que je retrouverais peut-être plus, mais c’est ainsi. La page devra bien finir par se tourner. Sauf que dans mon cas il n’y aura pas de « retour à la normale ».

« Tu t’es fait larguer par ta copine ou quoi? »
« Hein? »
« T’as vu ta gueule? »
« J’ai l’air un mec qui a une copine? »
« …T’as la tête d’un abruti qui s’est fait larguer. »


Ce qu’il est con, c’en est lassant de l'entendre rire seul. Le contenu de mon verre est descendu un peu vite, alors que je pensais à la Rouge, c’est bien vrai, je me suis un peu vendu, ce coup-ci. Mais je suis là pour me détendre, et l’autre vieux con obèse.. euh, pardon, la version en surpoids de Jabba ne va pas m’en priver. Enfin, c’est ce que je pensais.

« La personne qui vivait avec moi s’est fait la malle. Mais bon, on s’en fout, maintenant. »


Pourquoi je lui raconte ça, à lui? Je suis déjà pompette, ou quoi? Vu la vitesse à laquelle le Jäger double est descendu sans apéro, et que j’en attaque un deuxième c’est probable, remarquez. Je me gratte la nuque. Faut toujours que ce soit compliqué, hein? J’en ricane jaune.

« C'est pas une grande perte. »


Hm. C’est ce que j’essaie de me dire aussi, depuis plusieurs semaines désormais. Changeons de sujet… Si toutefois ça me mène quelque part d’alimenter cette conversation à la con que j’aimerais penser stérile alors qu’elle ne l’est pas tant que ça.

« Et qu’est-ce que tu fous là? T’as vu l’heure? »
« Roooh, allons, ton papa n’a plus le droit d’avoir sa petite vie nocturne? »
« Vu ton âge, c’est pas très sérieux! Ouhlala! Ça te fait combien, déjà? »
« Euh… 40 ans…. ? »
« … ‘Me la fais pas à moi, t’en as 56. »
« Gnagnagna! Tu n’as pas vu notre nom sur un building, plutôt? On a une succursale Enolianne, maintenant. »
« Ah. J’m’en fous, remarque. »
« C’est une idée de Hanz, il en a pas que des débiles, parfois. Puis  après le coma de ta mère, on a eu des choses à rattraper. »
« Hm. »


Il va me raconter sa vie encore longtemps, ce vieux Romanichel? Ouais, bon, je sais, c'est moi qui ait commencé.

« Au fait, pendant que tu es là, j’ai des questions à te poser. »

L’atmosphère se fait soudain plus tendue, et le ton d’Helmut si tranchant qu’il pourrait tuer. Ça lui arrive, de temps en temps, ce genre d’éclair de méchant monsieur plutôt crédible. Dans le doute, je plonge ma main sous ma veste, effleurant la garde d’un de mes couteaux, tout en soutenant mon géniteur du regard.

« Ce qui est arrivé à Martha, c’était ton idée? »

Sur quoi se fonde-t-il pour prendre confiance en ma réponse ou non? Je ne crois pas que notre relation nait jamais été fondée là-dessus. Je décide de ne pas provoquer plus, pas ce soir, en tout cas. Je me contente de rester l’air détendu, et hausse les épaules.

« Nan. C’était toi, ma cible. »
« Et Onizuka, tu la connais? »
« Je savais juste que mon associé allait la chercher dans le processus, mais je n’ai aucun lien avec elle. »


Ce qui n'est qu'à moitié un mensonge. Je ne veux pas devenir ami-ami avec cette nana, même si je sais qu'elle n'est qu'à plus d'une petite centaine de kilomètres de nous en ce moment même. Mais ce n'était pas la question.

« Martha m’a dit que ton « pote », là, Waltz, avait agi posément et correctement avec elle. D’ailleurs elle l’avait trouvé assez charmant, tu crois que… »
« Hein?! C’est quoi la question, là? »
« Euh, non, laisses tomber. Bref, tu peux lâcher ce que tu caches sous ta veste, je sais que tu n’es pas de mèche dans cette affaire, maintenant. »
« Ouais, enfin, quand même un peu. Sauf qu’il n’y a qu’avec toi que j’avais des comptes à régler. »
« Bon. Bah.. »


Et le voila donc, le silence gênant. J’ai l’impression que l’autre cherche vraiment à me faire la conversation ce soir. Il est déjà rond comme un Rondoudou lui aussi (a défaut de déjà l’être littéralement), ou c’est qu’il est de trop bonne humeur? On sait jamais, avec les lunatiques.

« …On est quittes, donc? »

Mouais, nan, va falloir qu’il calme sa joie, au bout d’un moment! Il n’est ni stupide ni naïf ; il le fait exprès. Je savais bien que ça cachait quelque chose. On aura beau lui donner des circonstances atténuantes à la con du genre « il est incompris » ou « il est maladroit » comme n’importe quel autre clampin de base (moi compris), ça ne va pas légitimer le moindre de ses actes. Quand on est con, on est con, disait le philosophe. Mes doigts se crispent déjà sur mon verre et ma main commence à trembler de colère. Ne pas céder aux saloperies qui vont venir en suite… Oh, et pourquoi pas, après tout, c’est parti pour être une bonne nuit, alors pourquoi me retenir de frapper sur mon paternel pour encore agrémenter le tout! Ça ne nuit jamais de taper sur son papa de temps en temps. M'enfin, ne faites pas ça à la maison, les enfants.

« Tant que Ludwig fera encore des cauchemars toute la nuit et d’autre crises de panique en se remémorant ta tronche, non, je ne crois pas, connard. »
« Eh oh. C’est bon, c’est plus mon affaire. ‘Me mêles pas à la vie du petit dernier. »
« Ça t’arrange bien de croire que ça te concerne pas. »


Je ne l’insulterais point, ce serait lui faire trop plaisir. Mon ton est empli d’un mépris que j’offre rarement à mon interlocuteur. Certes, je me montre hautain et infâme avec mes victimes du bloc R2, et j’aime les humilier alors qu’ils sont déjà au plus bas. Certes, je leur offre tout le mépris du monde également, mais, là, c’est différent. Il tique alors que je le prend de haut, dans une position qu’il a lui-même occupé par le passé. Je ne vais pas me laisser vaincre par son fantôme de paternel pathétique et inutile. Mais il n’arrêtera pas de si bon train, malheureusement, je le connais trop.

« Exactement. Dans cette histoire, le point positif c’est qu’au moins, je n’ai plus aucun de vous dans les pattes. »


Il dit ça en souriant, bien entendu. Je sais quel est son avis et son niveau d’hypocrisie à ce sujet, et lui aussi sait qu’il n’assumera jamais la chose. Et il se délecte car il sait que moi non plus, je n’assure pas. Ce n’est que de la provocation bête et méchante, mais je ne peux pas empêcher mon compteur de mercure de sauter immédiatement au plafond quand ce sujet débarque sur la table. Il ose se plaindre, dans cette histoire. Je ne vais pas faire mon enfant battu et mal aimé, c’est pas le but. Son seul plaisir ici est de sentir que je me retrouve face aux mêmes échecs que lui avec Ludwig et même le reste de sa famille de sang. Et il a bien raison de s’amuser de l’ironie de la situation, j’en ferais de même, si je le pouvais! Sa présence n’aidera jamais mon jeune frère à se reconstruire correctement. 6 ans, on garde déjà assez de séquelles de ne pas avoir été aimé, d’avoir été tout seul. Je me fous bien que ce connard ne pense pas ses mots, mais je le ferais s’excuser à genoux devant Ludwig, un jour. Je lui montrerais la vraie nature si pathétique de notre père pour qu’il aille de l’avant pour de bon. A moins qu’il ne voie ma vraie nature avant, ce serait ballot, ça! Ou alors je libérerais tout simplement le monde de la présence du paternel. Tout cela en même temps, je ne suis pas encore prêt à me résoudre à tuer Helmut pour de bon. Il aurait pu mourir il y a quelques mois, et j’ai eu l’occasion de le faire une bonne dizaine de fois. Je ne l’ai pas fait, car je sens que de son vivant, je peux encore apprendre des choses. Et aussi, ce n’est pas franchement le moment de me mettre la famille à dos. Les thunes, ça leur fait un bras long, mine de rien. Mais, pendant cette fraction de seconde, mon cerveau ne va pas calculer tout ça, et va simplement activer les connections nerveuses de mon bras et de mon poing qui rencontre immédiatement la gueule de mon paternel pour lui écraser la face contre la plaque en bois verni du bar. Amoindri par mon semi était d’ébriété, je n’ai pas frappé assez fort pour espérer l’assommer, et l’autre se redresse presque immédiatement en grognant, en tenant son front blessé et en redressant ses lunettes auxquelles un verre manque désormais. En guise de réponse à mon assaut sanguin, je reçois un brutal et ferme coup de coude dans l’estomac, ce qui m’oblige à reculer de quelques pas jusqu’à trébucher et me retrouver le cul par terre. Helmut a un rire très bref puis s’adresse de nouveau à moi avec condescendance, sans bouger son cul.

« Comment veux-tu qu’on arrive à quelque chose de constructif si tu n’y met pas un peu du tien? »
« Oh, t’inquiètes pas, Ta Respecteuse Enormité, je vais en mettre, du mien! »


Déclarais-je avec un sourire sordide, tout en sautant sur mes pieds. Alors que le Grizzli se met lui aussi sur ses pattes arrières en prenant appui sur sa canne, je dégaine mon cran d’arrêt et m’approche avec l’intention d’en découdre. Cependant, le barman costaud et ses potes les habitués n’allaient forcément pas laisser passer deux mecs un quart bourrés saccager l’endroit. Après un argumentaire fleuri bilingue français/allemand et une altercation problématique avec danse et insultes westphaliennes de ma part, nous voici tous les deux dehors avec un bon coup de pied de savate poussiéreuse inscrit sur les fesses. Je me redresse le premier avec la tête qui me tourne et le derrière douloureux, paré à m’éloigner, l’envie de tuer me passant avec la nausée qui envahit brièvement mon estomac suite à cette agitation. L’autre titube un peu lui aussi, la main planquée sous sa veste en galérant à se relever sur sa troisième jambe.

« Héhé. »
« Dis un truc connard et je te—Putain c’est abusé! Ils m’ont piqué mon couteau! »
« Nan!? »
« Mais si! »


J’aurais du prendre mon holster, quel abruti! J’ai Scylla et Justin avec moi mais je n’ai pas envie que mes alliés m’aident, ce coup-ci. Bref. L’autre ricane apparemment pour autre chose et le voila qui m’envoie un sourire de winner total, en sortant une pleine bouteille de Jäger de sous sa veste.

« Hé, j’ai réussi à piquer ça pendant que tu grimpais sur les tables pour faire l’hélico. »
« J’allais pas…!! Mais t’-- ! »
« Je sais. Magnifique. Merci. »
« T-- Je…!  DAAAAAAAAAAAH! »


Je m’en arrache presque littéralement les cheveux alors que l’autre se bidonne Pourquoi mon père doit-il avoir des éclairs de génie, parfois?! Pourquoi faut-il qu’il soit mon père, en fait?! Liens du sang, je vous hais… Et voila qu'on déambule comme deux pauvres crétins avec notre bouteille chacun sur notre trottoir en se lançant de insultes dans notre langue maternelle. Je me suis probablement fait mener par le bout du nez, sur le coup. Je sais pas. je sais pas ce que je fous, et peut-être bien que je veux pas en savoir d'avantage, comme d'habitude.
Evolution de Scylla
Un recueil de mauvais conseils par H.I. et A.B. Nagel

____________________________________________

Chat-Lex #cccccc
DCs :Julianne, Riku, Cesar, Mell et Cobaltium
PNJs : Irina et Ludwig

RPs : Natsume, Calypso, William.
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