« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 500 Miles {PV Samalairniais

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Natsume Shimomura
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MessageSujet: Re: 500 Miles {PV Samalairniais   Sam 17 Sep - 19:29



500 Miles

Feat Samestgênant

J'ai la capacité phénoménale de me mettre dans des situations gênantes en trois secondes. Non, vraiment, je vais finir par être persuadé qu'il s'agit de mon talent secret, qu'on ne m'aurait révélé que tard dans ma vie. Et franchement, ça craint comme talent. J'aimerais avoir la capacité de disparaître d'un seul coup, tiens, car pouvoir devenir invisible à volonté serait vraiment pratique, pour le coup. Malheureusement pour moi, je n'ai pas cette possibilité, et je dois donc faire avec mon malaise. Parlez d'une situation peu enviable... En fait, les bombes de fumée d'Athéris seraient diablement utiles, à l'instant, et je regretterais presque de ne pas les garder sur moi en permanence. Je devrais penser à m'en faire des miniatures, tiens, ce serait diablement pratique.
Je m'attendais à ce qu'il hoche juste de la tête pour nous permettre de nous éclipser, mais pas à ça. Mon sourire se fige et je ne tourne pas mes yeux vers lui, ne préférant pas qu'il remarque le rose sur mon visage, tout autant que je ne veux pas non plus gâcher ma chance de m'échapper. Je ne proteste pas lorsque je le sens me rapprocher par la taille et me caresser le flanc, mais le sous-entendu m'a fait me contracter et autant dire que je ne suis pas vraiment à l'aise, là. Même pour une blague, c'est assez gênant. Je le frapperais presque si je n'étais pas malgré moi redevable de me tirer d'une situation difficile, bien que je me doute que je vais manger cher quand elle me harcèlera de questions par la suite. Maman j'veux mourir. Même la blague que mon copain adresse à Faust, et qui le fait pâlir de crainte quand il se rend compte qu'il est dans une merde noire, ne me fait pas éclater de rire.

L'échappatoire a un goût de liberté. Dès lors que nous sommes en dehors du champ de vision des voisins, j'éloigne sa main par réflexe. Il est vrai, toutefois, et je le constate au vu de la terre que j'ai sur le corps, que j'ai besoin d'une bonne douche. Froide de préférence, vu la température globale de l'île. Je hoche de la tête, car nous sommes tous deux sales comme des cochons, avec un sourire discret mais amusé. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas ainsi enchaîné les conneries, alors en quelque sorte, je suis content. Je préfère encore prendre trois douches par jour que de devoir vivre avec une ambiance lourde et pesante en permanence, même si l'énoncer peut sembler parfaitement inutile tant c'est évident. Laissez-moi être stupide, pour une fois.
Je hausse les sourcils à la vue de son air un peu bizarre, ne sachant pas à quoi m'attendre. Généralement quand je vois ça, je me méfie, voyez-vous, parce qu'il a l'air très con quand il fait cette tronche. Aujourd'hui n'est pas une exception, puisqu'il m'attire dans ses bras, ce qui me pousse à croire au sale coup. Je le connais, à force, et je sais très bien que la chute de sa vanne va arriver d'ici p-
… Quoi.
Même si un frisson me parcoure brièvement (saloperies d'hormones d'adolescent) à cause de sa proximité avec mon oreille, je le repousse aussi brusquement que rapidement. Rouge de gêne, je lui jette un regard assassin. Qu'il aille se frotter le cul tiens, ça enlèverait p'têt la dose de merde qu'il a dans le cerveau ! Oui, je sais, j'ai conscience que j'ai l'air très stupide et aussi menaçant qu'un chaton mouillé, avec mon air embarrassé au possible. Si ne plus être largement aussi pudique qu'avant est une chose, ça, c'en est une toute autre, merci de ne pas oublier que je n'ai pas envie de cramer les étapes. Facile de comprendre pourquoi je trouve cette blague gênante à ce moment-là ; deux semaines plus tard, j'aurais sans doute juste levé les yeux au ciel.

Mais visiblement, il fallait qu'il en rajoute une couche en se rendant encore plus gênant qu'il ne l'était auparavant. Waw. J'ai jamais vu un moment aussi awkward de ma vie, vraiment, je crois qu'on a atteint un nouveau niveau en terme de gêne et de malaise, parce que là hormis regarder le sol d'un air rouge, je n'arrive pas à dire grand chose. Putain. Sam, ta gueule, mais genre, vraiment. Du fond de mon cœur, ferme ta bouche et arrête de créer des malaises pareils. Pitié. Et j'emmerde quiconque disant qu'au fond, sous cinquante couches de 'nancépavré', ça ne m'aurait pas embêté tant que ça. Allez tous apprendre à connaître des cactus par là où le soleil ne passe pas, tiens. Je me racle la gorge dans une vaine tentative de dissiper le malaise provoqué par mon crétin de copain qui ne sait pas fermer sa bouche quand il faudrait, mais c'est aussi utile que de jeter du sirop sur un feu pour l'éteindre. Je hoche de la tête pour lui indiquer qu'il peut disposer, de préférence vite afin que je puisse faire comme si cela ne venait pas de se passer.

Néanmoins, alors qu'il s'éloigne, une idée me passe par la tête. Oh. C'est méchant, ça. C'est même carrément mesquin, mais l'envie de vengeance est telle que je mets vite de côté ce qui m'aurait arrêté en temps normal. Je fais donc quelques pas rapides avant d'attraper son bras, que je tire vers moi, de telle sorte que mon torse se retrouve collé à mon dos. Un rictus mauvais sur le visage, mes mains glissent sur son torse sur lequel je dépose des caresses lentes ici et là. Je prends une voix volontairement plus rauque et  je prends mon temps, l'air de rien, en m'assurant bien de parler entre son oreille et son cou, que je sais sensible. Héhé, on va rire.

« Oh mais tu sais, y'a de la place pour deux, pourtant... Si on fait un petit effort, en se serrant... »

Mes mains réaffirment un peu leur emprise sur lui, et je m'étonne de la qualité de mon jeu d'acteur.  Après quelques secondes à faire durer ma farce pour le maltraiter, je finis toutefois par m'éloigner en éclatant d'un rire aussi mesquin que méchant, très fier de mon coup. J'en ai presque totalement oublié ma propre gêne de tout à l'heure alors que je me dirige de la salle de bains, un air très satisfait sur mon visage de sale race professionnelle. Je ferme la porte sans plus attendre, en veillant bien à la verrouiller de manière suffisamment forte qu'il comprenne que je me moquais de lui. Il le mérite, de toute façon, après m'avoir embarrassé comme ça ! Néanmoins, je jette quand même un coup d’œil pour m'assurer que mon Banshitrouye kleptomane ne se trouve pas ici, car j'en ai vraiment, vraiment marre qu'on touche à mon caleçon et que j'aimerais le garder, pour une fois.
Je me jette par la suite dans la douche pour me débarrasser des saletés qui collaient à mon corps, en poussant un soupir de satisfaction en sentant l'eau masser mes muscles endoloris et mon dos. Au moins, je ne sentirai plus le bœuf ou la glace... Si le deuxième ne me dérangerait pas ça, j'émets quelques réserves pour le premier. L'odeur de gel douche à la menthe serait déjà bien plus plaisante, autant pour mon entourage que pour moi-même. Me laver me prend une dizaine de minutes au maximum, et  je suis maintenant dans un état bien plus convenable qu'avant. Les cheveux séchés à l'air chaud, un short brun et une chemise noire pour ne plus avoir à traîner torse nu, je finis par sortir de la salle de bains. J'en profite d'ailleurs pour aller chercher ma cape laissée dans ma chambre.

Alors que je remets l'objet sur mon dos, mes yeux remarquent l'ours en peluche que j'avais montré à Samaël auparavant. Mon air jovial se défait un peu, et je grimace. Je sais ce que j'ai à faire, et la vision de cette peluche me le rappelle aussi sèchement que c'est nécessaire. J'ai quelque chose à faire, après tout, en dépit de tout ce que je peux faire croire. Je ne lui ai pas exactement encore tout dit, en espérant qu'il ne le prendra pas mal...
Une fois ma cape remise, je descends donc les escaliers jusqu'au premier étage, et le cherche du regard. Visiblement, il m'attendait devant la piscine, et je constate que ces chers voisins (sarcasme, sarcasme) ont disparu. Une fois trouvé, je me rapproche discrètement et attrape sa main dans la mienne délicatement, avant de lui faire signe de me suivre avec un sourire tranquille. Je n'ai pas envie qu'il s'inquiète de quoi que ce soit, alors je fais comme si et ne laisse rien présager. Mes pas nous mènent au bout d'une petite minute vers l'arrière du jardin de chez Faust, près d'un grand arbre autour duquel j'ai fait pousser la majorité de mes plantes. La vision est loin d'être laide maintenant je l'avoue, vu les différentes couleurs, les formes et les odeurs qui se mélangent, et j'en suis plutôt fier. Mais là n'est pas le sujet, même si j'aimerais beaucoup gagater sur mes bébés pendant un ou deux paragraphes.

Je dépose un bisou rapide sur son front, peut-être pour me donner du courage pour ce qui va suivre, avant de nous emmener vers le banc en dessous de l'arbre. Je nous installe de telle sorte qu'il ne voit pas mon visage alors que je serre mes bras autour de lui, et pose ma tête sur son dos. Tranquillement, j'expire profondément. La suite risque de ne pas être plaisante à avouer, mais il faut que je le fasse.

« Tu sais, quand j'ai compris ce que tu faisais, je... Je t'en ai voulu. »

Je ravale difficilement ma salive. Admettre mon égoïsme et les sentiments qui me dévoraient les nuits pendant que je m'inquiétais à m'en rendre malade est extrêmement difficile. Combien de fois étais-je resté seule à tenter de faire taire mes larmes dans mon oreiller, effrayé qu'on m'entende... Alice, une fois, était même venue me rejoindre, en jurant qu'elle n'en parlerait à personne. Mais la vérité est là. Même si c'est mesquin de ma part, c'était ce que je ressentais.

« Je sais pas pourquoi. Peut-être que j'étais en colère contre le fait de ne pouvoir rien faire, ou que j'avais l'impression que tu me mettais dans une situation difficile sans me le demander... Je sais pas du tout. Je me cherchais des excuses, je crois. »

Heureusement que je me suis mis dans cette position, vraiment, parce qu'il aurait été très difficile pour moi de le regarder dans les yeux en disant tout ça. Vraiment, j'ai honte, mais il faut que ça sorte. Si je veux que l'on arrive à faire continuer notre relation sainement, lui cacher ça est une impossibilité totale. Je serre une de mes mains contre ma jambe, dans l'espoir que la douleur ne me force à me concentrer sur les faits.

« Mais je... J'avais pas prévu qu'Athéris ne naisse. Il ne devait même pas exister, à la base, j'étais juste là où il ne fallait pas au mauvais moment, et je n'ai pas pu m'empêcher d'aider des gens. Je ne suis pas un combattant, alors ça n'allait pas contre mon principe, tant que je soignais... »

Pour tout dire, je ne me souviens pas bien de cette période de ma vie. Tout ça semble flou, entre le coup de poignard que j'ai pris et mon entraînement avec Winter. Tant de choses se sont passées durant ce laps de temps si court que j'ai encore du mal à y croire, peu importe à quel point la vérité se plante devant moi sans hésitation.

« Mais en hiver dernier, une connaissance m'a prévenu que si je voulais continuer à faire ça, la solution la plus logique était de... Enfin, ça, tu l'as découvert par toi-même. »

J'esquisse un rictus cynique. Ça, pour avoir découvert mon appartenance à la résistance, il l'a fait... Au plus mauvais moment possible, après le moment où nous nous étions battus comme des chiffonniers, quand la fatigue et l'instabilité mentale étaient à son pic chez nous. Que c'est pathétique, maintenant que j'y pense...

« Quand tu t'es fait tirer dessus et que j'ai effacé une partie de mes souvenirs, j'ai refusé de t'écouter parce que je t'en voulais. Même si c'était moi le seul responsable, et par pitié ne joue pas à 'qui a le plus tort' maintenant. »

Je suis encore mal à l'aise, mais cette fois, c'est bel et bien de l'anxiété et pas un bête embarras d'adolescent coincé sur les bords. Le nœud dans ma gorge s'est intensifié, et je sens mes yeux s'humidifier un peu, même si je persiste à ne pas pleurer. Je l'ai assez fait hier, vraiment, ça suffit. Tant pis si ça fait mal, et que j'ai l'impression à chaque seconde que je parle de me vider un peu plus. J'ai presque froid, malgré la chaleur de celui contre moi. Je crois que j'ai peur, tout simplement, de sa réaction. Depuis notre dispute de l'année dernière, peu après ce qui lui est arrivé, j'ai toujours peur de ce que pourraient provoquer mes aveux chez lui. Ah. Je ne suis vraiment qu'un gros lâche...

« Alors je... Depuis ce qui m'est arrivé... Je veux dire, tu as... Enfin ce que tu as vécu, quelque part... »

Je lui ai fait subir la même chose. C'est comme si j'avais inversé nos places, hormis que ce cas-là était bien pire. Lui a vécu quelque chose de plus horrible que ma soirée à passer à attendre nerveusement dans un bunker alors que l'odeur de son sang agressait mes narines. Peut importe à quel point je regarde la situation, je sais que je n'ai pas plus de justificatif. En quelque sorte, cela m'a poussé à comprendre que non, je n'aurais pas fait mieux, et que mon jugement avait été complètement injuste. Mais il m'a fallu un an pour comprendre ça, et j'ai honte. Vraiment honte. Peur aussi, d'une possible colère. En même temps, c'est à quoi j'ai été habitué toute mon enfance lorsque j'osais parler de ce que je ressentais.

« Je voulais m'excuser. Pour avoir été stupide, orgueilleux et... Égoïste, je suppose. Je... Je comprends, maintenant. »

Imbécile. Imbécile stupide. Tu parles d'une éloquence ! J'ai baissé le regard, l'air assez piteux et anxieux. Mais tant pis.

« Je t'aime, alors je ne veux pas recommencer des erreurs pareilles. Juste... Pardon d'avoir été un petit con égoïste. Je veux essayer de faire mieux, maintenant. Si tu veux bien. »

Et une médaille pour le roi des nuls en matière de communication, une ! Le front posé sur son dos, j'expire longuement, en essayant de chasser la nervosité qui me parcoure alors que j'attends sa réponse. Même l'odeur et la vision de mes plantes ne suffit pas à me tirer un sourire. Le courant d'air froid s'est fait plus fort, au contraire. Je ne peux, pourtant pas m'empêcher de me dire que j'ai bien fait, quelque part, sans en avoir la moindre preuve.

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=> DC de Faust M. Donovan, Clive G. Donovan, Mikael J. Evans & Winter L Kenway
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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: 500 Miles {PV Samalairniais   Mer 21 Sep - 3:10



500 Miles


feat Natsu-senpaiii ~

Samalairniaiiiis



Ceci est un moment awkward ? Mais non pas du tout, voyons. Juste... Que je dois aller prendre une bonne douche froide pour me changer les idées, oui, c'est ça. Et que je n'ai aucune raison de rester une seconde de plus maintenant que ma vanne est tombée à l'eau. Je voulais seulement le gêner un peu, à la base. Un nerd mortifié est atrocement drôle à voir, je peux vous le dire. Mais bien que ce soit plus une taquinerie qu'autre chose, si vraiment il avait eu besoin que je lui rende service, je l'aurais fait volontiers. J'aurais compris, vous la marque dans son dos, s'il avait préféré que je m'en occupe à sa place. En général, un être humain est capable d'atteindre tous les coins de l'arrière de son corps, mais il aurait été compréhensible que le Shimomura veuille plutôt me laisser le soin de nettoyer cette partie de sa peau labourée, comme hier soir quand je lui ai appliqué sa crème. Mes caresses, je l'ai senti, ont permis un léger apaisement. Je sais bien qu'il n'aime être dorloté, et encore moins paraître chétif. Il est à espérer néanmoins qu'il ait compris à quel point il est inutile de me demander de ne pas m'occuper de lui simplement parce qu'il a sa fierté. Je respecte cette dernière, cependant il reste mon petit ami ; je l'aime et le traite comme tel, c'est ainsi.

En me rendant compte du malaise que je ne fais qu'intensifier depuis que j'ai commencé à parler, je trouve judicieux l'initiative de m'en aller pour me laver moi-même de mon côté plutôt de continuer sur les vannes peu drôles. Un bon jet d'eau glacé me permettra, de plus, de me rafraîchir le visage, devenu rouge par la gêne que j'ai moi-même provoquée. Malgré mon envie de fuir, pourtant, je sens sa main saisir mon bras pour me rapprocher de lui afin que nous nous retrouvions collés l'un à l'autre. Le contact est loin d'être désagréable, ma foi, mais je connais suffisamment bien Natsume maintenant pour deviner qu'il cache quelque chose derrière ce geste soudain et... peu habituel. Pas qu'il ne soit pas affectueux ou que c'est loin d'être son genre, juste que je trouve bizarre le fait qu'il vienne me chercher aussi brusquement alors que je viens de faire une plaisanterie vaseuse. Un sursaut m'échappe quand je découvre que sa bouche s'est dangereusement rapprochée de mon cou, et que ses mains se sont posées sur mon torse pour le caresser doucement, passant par ma poitrine pour descendre jusqu'à mon ventre et effectuer des allers-retours de cette manière, accélérant les battements de mon cœur et ma respiration qui se fait plus marquée. Je suis surpris par ses cajoleries, en me doutant néanmoins qu'une chute m'attend. Si ses câlineries sont de courtes durées, je me permets d'en profiter, m'estimant détenteur de ce droit depuis que j'ai dû supporter de devoir vivre des semaines sans lui, et encore d'autres où j'ai dû jouer un rôle pénible auprès de lui afin de ne pas envenimer davantage la relation entre nous qui dégageait une certaine tension par ma faute, mais dont il ignorait tout jusqu'à ce qu'il retrouve la mémoire. Ce n'est pas la première fois que je me place en victime, mais j'ai tellement souffert de son mépris que j'ose me dire estimable de toute tendresse de sa part à mon égard.

Mon souffle se coupe brutalement, tandis qu'il me susurre un commentaire qui m'achève de me faire virer au rouge tomate, rappelant la sauce sucrée qu'il m'envoyait à la face plusieurs minutes plus tôt. Cette voix rauque lui est peu commune, mais elle dégage un timbre sensuel qui me fait fondre et semble aspirer le peu d'énergie que j'ai gardé de notre bataille. Il bluffe, je le sais. Jamais il ne dirait ça, et encore moins sur ce ton, si c'était pas pour plaisanter ; et il est logique, après ce que j'ai dit, qu'il me réponde de cette manière. Une exaltation de lui au creux de mon cou, et voilà que je me liquéfie sur place, décidément trop faible quand il s'agit du Shimomura. Surtout qu'il raffermit sa prise sur mon torse, probablement pour accentuer sa moquerie. Cette enflure me connaît trop bien pour savoir sur quel pied danser avec moi. Je rirais bien un peu de son observation si je n'étais pas en train de brûler vif à l'heure actuelle. C'est bête, mais techniquement, il n'a pas tort ; pas la peine de se serrer, en plus, pour avoir de la place à deux. Il s'agit seulement là d'un détail inutile, puisque jamais le lapin ne m'inviterait de lui-même. Sauf peut-être dans quelques années, si Arceus le veut. Si Arceus le veut, nous resterons ensemble...

Après son petit jeu, ce manipulateur, diablement trop à mon goût, s'éloigne, comme pour me laisser sur ma faim, en me faisant bien comprendre qu'il s'agissait ni plus ni moins d'une raillerie en riant à la façon d'un méchant de mauvais film, puis en m'abandonnant pour s'enfermer dans la salle de bain. Mes rougeurs se calment progressivement, en même temps que mon état hormonal qui avait commencé à s'échauffer durant quelques secondes, tout ça à cause de l'autre débile et de sa mesquinerie. Je soupire légèrement, avant de monter afin de prendre quelques affaires, pour ensuite redescendre jusqu'à la salle de bain et me permettre de me laver à mon tour. J'adore me sentir propre après avoir été bien crasseux comme il faut. J'ai l'air plus présentable ainsi, et c'est une sensation assez agréable, de se savoir comme un sou neuf. La douche était pour moi, il y a quelques mois, un moyen de laisser mes larmes couler sans devoir le faire devant les autres. Lorsque mes yeux étaient encore rouges quand je sortais, je mentais à ma mère en racontant que je mettais mis du savon par erreur. Elle était loin d'être dupe, et je le savais. Mais cette tristesse dans son regard chaque fois qu'elle pensait à moi et à mon chagrin, je ne la supportais plus. Quand je devais lui dire que non, nous n'avions toujours aucune nouvelle de mon copain, et que, sans le dire, elle devinait que j'avais peur qu'il subisse le même sort que papa. En pénétrant dans cette douche, toutefois, la situation est différente. Le Shimomura a été retrouvé, et sa mémoire avec, pour mon plus grand soulagement. Je ne vais plus faire couler l'eau sur mon visage afin de me vider l'esprit, mais bien pour l'utiliser comme n'importe qui est censé le faire. Alors je laisse avec bonheur le jet se déferler sur ma tête, entraînant avec lui de nouvelles larmes qui se sont formées. Mais de joie, cette fois.

Une fois que j'ai terminé, j'enfile le t-shirt marron et le bermuda rouge sombre que j'ai amené pour me changer, et me sèche rapidement les cheveux avant de sortir dans le jardin, et me poster juste devant la piscine pour attendre Natsume. Mes paupières se ferment, et je prends un grand bol d'air en profitant du calme qui règne depuis que la troisième guerre mondiale s'est finie, et de la brise frivole qui effleure ma peau. Il m'est encore difficile de vraiment réaliser ce qui s'est passé hier ; car ça signifiait rien d'autre qu'une libération pour moi, et la fin d'une période pénible qui m'aura coûté de la santé et un mental peu sain. Je n'aurai plus à m'inquiéter de savoir si mon copain est dans la nature à survivre comme il peut, ou même à me demander dans une attente interminable s'il est toujours vivant. Si, dans le cas de son retour, s'il m'aimera de nouveau un jour. Je n'aurais jamais pensé devoir aller jusqu'à me battre contre lui en tant que Résistant pour le ramener à la maison. L'important était qu'il soit de retour, mais je n'ose imaginer ce qui se serait produit si, malgré ses souvenirs retrouvés, ses sentiments pour moi avaient changés. Ce n'est pas impossible qu'une telle chose arrive, même dans un cas où il serait parfaitement conscient, mais... Il aurait pu rencontrer quelqu'un pendant sa disparition ou son amnésie, et... Je serais probablement en train de mourir de l'intérieur en ce moment. Une rupture qui ne m'aurait pas littéralement tué, mais qui aurait brisé mon cœur et mon moral. Je n'aurais pas à en subir une, fort heureusement. Tout ce que nous nous sommes dit hier et la main qui vient saisir la mienne ne font que le confirmer.

Je rouvre les yeux, et me tourne vers mon petit ami en lui rendant son sourire paisible. On voit bien la différence entre avant le bain et après. J'ai retrouvé mon éleveur craquant. Ce dernier me tire doucement à lui pour m'entraîner à sa suite, et je le suis, n'étant pas contre s'il veut que nous passions du temps juste tous les deux, pour jouir de la fin de cet épisode malheureux qui m'aura fait souffrir plus longtemps que je ne le méritais. Nous arrivons dans le jardin se trouvant derrière la maison de Faust. Un endroit tranquille et aménagé par les soins de l'éleveur qui y a installé un banc -je présume que ça vient de lui- et un arbre qui forment un paysage charmant. Quand Natsume n'était pas là, nous nous sommes tous un peu occupé de ses plantes qui commençaient à faner. Les regarder me faisaient de la peine, mais je me forçais à penser que je n'aurais bientôt plus besoin de les arroser, car leur jardinier habituel le ferait à ma place. Une pensée qui s'est révélée exacte, et jamais elles ne m'ont paru plus belles qu'en ce jour. Elles irradient presque autant que celui qui les a planté. Je souris niaisement quand il embrasse mon front, encore trop friand de la moindre de ses attentions, et le laisse nous asseoir sur le banc, moi sur ses genoux.
Un mince silence s'installe entre nous, durant lequel je laisse le son du vent emporter avec lui les feuilles de l'arbre au-dessus de nos têtes qui nous procure de l'ombre avec ses branches. Je m'attendais, toutefois, en vue du comportement étrangement serein -pas qu'il ne le soit pas d'habitude, mais là je sens qu'il y a quelque chose derrière cet écart qu'il installe entre nous et les autres- à ce que cette pause soit interrompue. Et elle le fut.

Aucune réaction, cependant, s'il s'attendait à ce qu'il y en ait une. Je le laisse parler, mais je ne suis guère surpris. Le seul fait qui m'étonne un peu est qu'il veuille me le dire si subitement. Mais j'imagine que cela devait se faire un jour ou l'autre, de toute façon. M'en vouloir, certes, est sans doute ce qu'il y avait de plus logique à faire. Ma mère, si elle est au courant, sait très bien que rien ne peut me défiler. Quant à Faust... Il fut le premier à m'arrêter, et je le remercie d'avoir au moins essayé, même si rien n'aurait pu m'enlenver cette idée de la tête. Ma condition a dû pas mal le préoccuper, et doit encore lui donner du souci. Mais je lui dois déjà beaucoup, et j'espère qu'il le sait. Je ne peux pas dire que je suis particulièrement fier de moi. Je sais les risques pris, et ce n'est pas simplement suite à la mort de mon père que je me suis engagé sur une telle voie. Je pressentais déjà la difficulté qui m'attendait, et je n'ai pas été déçu. Que Natsume m'en veuille ne me dérange pas. Comment ne pas le comprendre ? Si j'étais à sa place, je serais pareil, ou peut-être pire, même. Je n'ose rien imaginer des nuits qu'il a passé à patienter dans son lit, en voyant que je n'étais plus à ses côtés ; à se demander ce que j'étais en train de faire, et si j'allai revenir en un seul morceau. Ce n'est pas comme si je ne savais pas ce que ça faisait. Je ne montrai jamais vraiment ce que j'en pensais, mais si je m'obligeais à rester optimiste quant au sort qu'on réservait à mon géniteur alors qu'il faisait partie de la Résistance et que cela commençait à faire quelques années qu'il était en prison, je redoutais le moment où je devais apprendre qu'il avait fini par succomber à la torture. J'aurais eu au moins la chance de le revoir une dernière fois.

Ce n'est pas de la faute de Natsume, ni celle de personne, si j'ai décidé de me mettre moi-même dans cette situation. Je regrette même sincèrement que le Shimomura doive en subir les conséquences indirectement, mais je ne peux pas faire autrement. J'ignorais un jour que j'allai réellement tomber amoureux si tôt, et je n'ai jamais voulu que l'éleveur souffre par ma faute. J'étais conscient, toutefois, que c'était inévitable dès lors que j'ai découvert que mes sentiments étaient réciproques. Je croyais, en toute honnêteté, qu'il avait découvert mon secret le jour où Sulfura a attaqué. Apparemment, il n'a compris que plus tard, alors que nous avions commencé à sortir ensemble. Il se sentait probablement impuissant, comme le sous-entend, face à tout ce qui m'arrivait. Le jour où je me suis reçu une balle, je ne me rendais plus compte que le sujet n'avait pas été tout à fait abordé avec mon copain, et il est possible, au fond, que j'essayais inconsciemment de retarder le plus possible l'aveu que je devais clairement lui faire. Mais je ne le croyais pas stupide ou naïf, loin de là. Je crois que je tentais juste... de le préserver d'une quelconque manière, en me disant que moins il en savait, moins il aurait d'ennuis. Le souvenir de la rafle qui n'a épargné personne laisse perplexe quant à cette hypothèse, mais c'est la seule à laquelle je pouvais me raccrocher pour me dire que, à défaut d'inquiéter mon petit ami, je pouvais m'assurer de sa sécurité. Alors ce sentiment d'impuissance qui occupe son esprit, je le connais bien, et c'est l'une des principales raisons qui m'ont poussé à devenir une Pierre. Il est difficile, en effet, de regarder les batailles qui s'accumulent, les corps qui tombent les uns après les autres, et le sang qui gicle sans pouvoir rien faire. Natsume est opposé au conflit et à la violence en général. Si nous n'étions pas ses proches, il n'aurait pas à se tourmenter avec ça. Nous lui donnons pas mal de fil à retordre, malheureusement ; et je parle au sens propre comme au figuré. Il est avec nous, désormais, à panser nos blessures, et recoudre nos plaies.

Un rôle dans lequel il s'est peu à peu improvisé malgré lui. Il ne m'aurait pas semblé inconcevable, en dépit de tout ce à quoi il aspirait, qu'il ait rejoint la Résistance de son plein gré. En tant que soigneur, il ne fait que venir en aide à ceux qui en ont besoin, et n'est aucunement engagé dans l'opposition avec le Régime, donc il ne se contredit nullement dans sa façon de réfléchir. On aurait pu penser que c'était sa manière à lui de veiller sur nous, et de se sentir plus utile, en quittant son poste d'observateur qui lui fait trop mal. Il s'avère, pourtant, que rien de tout ça n'était prévu. C'est arrivé plus ou moins par hasard, mais en peu de temps, il s'est créé une identité de soigneur, et un costume pour aller avec afin que nous ne le reconnaissions pas. Costume devenu stérile pour Faust et moi, qui avons découvert la vérité. Mon frère de cœur, par une raison que j'ignore, et moi... En me battant contre lui, tout simplement. Mon propre petit ami. Je n'aurais jamais cru que cela arriverait, et Arceus sait comme je me suis senti miséreux quand j'ai compris qui était Athéris depuis tout ce temps. Nous étions tous les deux pathétiques, pour sa part à cause de sa mémoire qu'il cherchait encore, et pour la mienne, à cause de lui, tout simplement, et de mon désespoir envahissant qui me faisait perdre progressivement la raison. Je ne sais pas, au fond, s'il est mieux que je le sache, ou s'il aurait été plus simple que je ne l'apprenne jamais, du moins, tardivement encore. Mais à partir de maintenant, j'imagine que nous partageons (presque) tout. Nous avons franchi une étape qui a contribué à nous rapprocher d'une certaine manière, je présume.
Si je suis curieux également de la fameuse connaissance dont il parle, car il doit s'agir de quelqu'un qu'il tient en haute estime, pour suivre son conseil et s'engager dans une pente qu'il a toujours préféré éviter, je ne lui poserai aucune question là-dessus. Du moins, pour le moment. Ce ne sont pas mes affaires, et je ne le questionnerais jamais, car ça ne tient qu'à lui de me le révéler, mais il est possible que tôt ou tard, je découvre le reste de ses petits secrets, involontairement ou non.

Ce serait idiot de le blâmer pour m'en avoir voulu. Je n'étais pas mieux. Borné et triste de devoir faire subir ça au Shimomura, c'est encore plus idiot de se dire que cela n'aura servi à rien au final et qu'il n'y a pas eu besoin de ça pour qu'il perde tout à fait la mémoire. Notre 'dispute' s'est bien vite terminée, mais j'ai regretté qu'il en arrive à là, simplement par ma faute, même s'il avait raison, au fond. S'il n'était au courant de rien et que son esprit était fouillé, il n'aurait pas à être torturé, ou du moins, pas trop brutalement. Le sadisme des tortionnaires est évident, après tout ; ils n'ont pas besoin de rechercher de vraies informations quand ils peuvent juste assouvir leur désir glauque de faire du mal aux autres, un 'délire' qui me répugne. Toute cette histoire aura été vaine, en fin de compte. Il connaît mon identité, je connais la sienne, et puisque ce cycle est amené à se répéter inlassablement à chaque fois que l'un de nous deux devra se retirer quelques souvenirs en quête de sécurité, il y aura toujours un élément qui permettra de se rappeler de ce qu'on a tenté d'oublier. Nous ne pouvons rester éternellement proches et ignorants à la fois. Si je veux demeurer à ses côtés, nous devons passer au-dessus de cette réalité qui nous fait peur. Athéris et Golden Wings, ensemble pour les missions. Une paire qui n'aura plus d'intérêts à entrer en conflit, désormais. À la prochaine besogne qui nous est confiée, nous saurons que les enjeux sont bien plus importants que ce que nous imaginions, et il est maintenant inconcevable que nous fassions comme si nous étions des étrangers l'un envers l'autre. Nos petites querelles de chatons reprendront, car nous ne pouvons pas toujours être d'accord, mais il y aura, derrière, cette relation qui nous rattachera toujours. Je pourrai encore le considérer comme Athéris, sous ce costume, il y aura cet éleveur dont je suis tombé amoureux il y a deux ans.

Je baisse légèrement la tête. Il est encore dur de pouvoir parler de ce qui est arrivé pendant ces dernières semaines sans que je ne repense à tout ce que j'ai enduré. Tout ce que nous avons endurés, je ne suis pas égocentrique. Et je ne parle pas seulement de Faust et des autres, mais aussi de Natsume qui a dû se débrouiller tout seul, sans aucun repère à part ses trois serpents. Quelque part, nous étions là, à le chercher partout en priant Arceus de toutes nos forces pour qu'il nous revienne un jour sain et sauf, et au même moment, à un autre endroit, le Shimomura s'en tirait avec ce qu'il pouvait, c'est-à-dire pas grand chose. Dans sa méfiance et sa hargne, j'avais l'impression de revoir le lapin que j'ai rencontré la première fois. En pire. Bien pire. Car il n'était pas difficile d'ignorer ce japonais réservé et froid quand je ne savais rien de lui et que je n'avais pas vraiment envie d'en apprendre davantage quand je le voyais si hostile à mon encontre, même si je voulais, pour soulager Faust, que nous essayions de communiquer posément. Un adolescent de mon âge, je me disais que ce serait un nouvel ami parfait. Mais le Shimomura est mon opposé. Pas sur tous les angles non plus, mais nos différences sont largement visibles. Peut-être que c'est un peu ça qui contribue à faire marcher aussi bien notre liaison, qui sait, malgré nos altercations.

L'enfer de l'incertitude. Je le déteste. Il pourrait bien me tuer, un jour, s'il continue à jouer avec mes nerfs et mes sentiments. Que se serait-il passé, si Natsume n'était pas revenu vivant ? Si nous avions découvert un cadavre blanc et glacé, que nous aurions dû ramener à Nagisa, à Charlotte, et au reste ? Aurions-nous vraiment fait long feu, Faust et moi ? C'est... inimaginable, en fait. Rien que même de me dire que ça aurait pu se produire me fait froid dans le dos. Et je ne devrais même pas y penser. Natsume est là, bien vivant, en train de me faire un câlin pendant qu'il me déballe tout ce qu'il lui restait sur le cœur. Je n'ai plus à le chercher, c'est fini. Il est revenu, et sa mémoire a suivi ; alors je ne demande rien de plus au monde. Je vais peut-être mettre un peu de temps avant de vraiment me convaincre que le cauchemar a pris fin, mais si je continue de coller le Shimomura de la sorte, c'est une réalisation que je ne vais pas tarder à complètement accepter. Je pourrai à nouveau me réveiller à ses côtés sans être obligé de rentrer chez moi, et me blottir contre lui quand l'envie m'en prendra. Même pendant ses manipulations scientifiques, je crois qu'il ne sera pas contre le fait que je le dérange, même si j'évite généralement de trop l'embêter, n'insistant seulement que lorsque j'estime qu'il est beaucoup trop tard pour qu'il continue et qu'il a besoin de sommeil. Et quand je veux des câlins, aussi. Ce n'est pas pour rien qu'on m'appelle 'sans-gêne', après tout. Il est prévisible d'ailleurs que je réclame beaucoup d'affection auprès de lui pendant quelques temps, histoire de combler le vide qu'il a laissé en s'absentant. Peut-être qu'il s'agissait là d'une sorte de vengeance. L'éleveur n'a jamais voulu me faire partager son malheur intentionnellement, mais je soupçonne le karma d'avoir voulu me donner une leçon. J'imagine que c'est ma faute, et que je le méritais bien, après tout ce que j'ai fait. S'il y a une justice en ce monde, elle a fait la loi. Mais j'aurais préféré que le nippon n'en pâtisse pas.

Je n'ai jamais demandé à ce qu'il me comprenne. Il n'y a, en fait, rien à comprendre. Des tas de raisons peuvent nous pousser à désirer rejoindre la Résistance. Sont-elles toutes valables, ça, je l'ignore. Les miennes sont-elles au moins justifiables, j'aurais aimé pouvoir dire oui. Qui suis-je, cependant, pour juger mes actes, alors qu'ils n'ont pas apporté tant de bien que ça. Je ne me faisais pas d'illusions, hein. J'étais conscient que je n'allais jamais donner la paix que je souhaite offrir à Enola. Je me disais juste, quitte à me battre, autant le faire du côté de mes amis. Seul, j'aurais encore moins servi à quelque chose ; à plusieurs, j'ai l'infime espoir que nous parvenions un jour à faire de cette île un monde meilleur pour construire un futur où nous serons plus heureux.
Ces excuses me touchent, en quelque sorte. En mission, pas une seule fois, je ne cessais de penser à lui, en devinant que derrière chacun de ses sourires se cachait une certaine rancune devant laquelle je ne pouvais rien faire, hormis l'ignorer sèchement, mais avec une tristesse que je tentais tant bien que mal de dissimuler. Je savais déjà tout ce que je lui faisais endurer ; ses nuits blanches, parfois, je sentais bien, au fond, qu'elles n'avaient pas totalement un lien avec un quelconque travail qu'il avait voulu terminer. Une partie de moi souffrait de le voir ainsi par ma faute. Mais l'autre partie savait pertinemment que c'était inéluctable. Je ne dirais pas, en revanche, que le Shimomura a été égoïste comme il le prétend. J'imagine que c'est logique d'en vouloir à quelqu'un qui pourrait vous briser le cœur en disparaissant seulement parce qu'il aurait suivi quelconques idéaux médiocres et que c'est une véritable tête de mule. Je ne rends pas la vie facile à l'asiatique, loin de là. En essayant de la rendre plus belle, il faut dire que je l'empire. Mais il m'aime. Et je l'aime.

« Je crois... Que je m'en doutais. »

Après l'avoir laissé parler, j'ai commencé à prendre la parole à mon tour, assez soudainement, mais d'une voix sereine, sans trace d'énervement ; car je ne suis pas en colère. Je prends une grande inspiration, et expire calmement en laissant quelques mèches de cheveux flotter au vent. Je suis toujours aussi calme. Peut-être trop. C'en serait presque perturbant, en somme, moi qui ai l'habitude d'être très actif et agité d'ordinaire. Ce n'est pas tous les jours que j'ai un air aussi paisible au visage, mais je trouve que l'environnement donne envie de s'y sentir tranquille et apaisé. Je veux, en outre, rassurer l'éleveur. J'ai bien observé sa main très contracté sur son pantalon. Si d'habitude il affiche une poker face, je le sens, à cet instant, troublé. Et je ne dois pas être étranger à cette situation.

« Je regrette que tu aies à supporter les conséquences de mes décisions. Mais... Quand je t'ai rencontré, il était de toute façon bien trop tard. Qui sait ce qui serait arrivé, si je t'avais aimé plus tôt... Quoique, me connaissant, cela n'aurait peut-être rien changé. »

Oui, je crois que c'est ça, que je n'arrive pas à admettre. Même en sachant Natsume à mes côtés, peu de choses m'auraient dissuader. Le Donovan a été le premier à essayer de me faire changer d'avis. La seule chose sur laquelle je me suis lamenté, c'est la peine que j'ai lu dans son regard le jour où il a compris que mon destin était scellé. Il a été contraint de se faire à l'idée, comme mon petit ami, mais la pilule a longtemps été dure à avaler.

« Malgré tout, je ne me plains pas de mon choix. Je savais déjà que la route que j'allai emprunter serait difficile. Et elle l'a été davantage quand j'ai compris à quel point ça te faisait mal. Cependant, je n'avais toujours pas envie de reculer maintenant. »

Reculer n'aurait servi à rien. Je me demande même si c'était une solution encore possible, ou si j'avais choisi un point de non retour. Je refusais moi-même de céder à la tentation de tout abandonner. Tentation, heureusement, qui n'était pas tellement forte. Ce n'était certainement pas pour arrêter que je m'étais battu avec Faust aussi ardemment. Je m'en serais voulu à ma propre personne et à lui, même si je crois que le Conseiller serait encore plus soulagé de me savoir en dehors du conflit plutôt que j'en fasse partie, même si cela aurait voulu signifier que je l'ai affronté pour rien, et ça, il en était hors de question. Me sentir là, près de lui, près d'eux, me rassure au-delà des mots. C'est vrai, je me mets en danger, mais personne ne peut vraiment me faire la morale, ici. Si mes proches se mettent en danger, je ne vois aucune raison qui me pousserait à les regarder se blesser les uns après les autres en restant muet et inactif dans mon coin.
Ma tête se baisse légèrement, et ma voix perd en intensité. Plus morne, elle dégage un chagrin que je ne cherche pas à cacher. Il sait déjà, à l'évidence, dans quel état j'ai été.

« C'est presque ironique. Tu n'as pas arrêté de t'inquiéter pour mon sort, mais au final... C'est toi qui as fini par disparaître. »

Je sais que c'est dur de lui rappeler ça, mais c'est un statut qui ne va pas le quitter tout de suite, je le crains. Le souvenir de ce Natsume amnésique restera encore un peu, et il n'y aura pas de quoi s'étonner, si je pose des questions stupides ou que je cherche constamment à être avec lui, ne serait-ce que pour me rassurer. Je serais même prêt à lui demander s'il m'aime, rien que pour avoir le plaisir de l'entendre de sa bouche, après avoir senti que j'étais surtout un élément louche et pot-de-colle qu'il fallait éviter.

« Ainsi donc, c'est toi, Athéris, hm ? Héhé... Tu parles d'une coïncidence. »

Oui, il faudra bien que je me dise un jour que le soigneur que je ne pouvais pas trop supporter est en fait le soigneur que je peux le mieux au monde supporter. Le monde est petit, que voulez-vous.
Ma main vient se poser doucement sur celle avec laquelle il se griffait la jambe. Un fin sourire, aussi tendre que mon expression, apparaît sur mon visage, et je tourne mon regard vers lui, me mettant de trois-quart.

« Tu m'as manqué, idiot. »

Ce n'est pas tous les jours que je me permets de l'appeler ainsi. D'habitude, c'est toujours moi qu'on traite de la sorte. Pas que ça me dérange, hein, je sais que c'est affectueux. Mais je me permets pour une fois cette petite liberté, en rajoutant ces quelques premiers mots qui me démangeaient. C'est vrai, je ne lui ai encore jamais dit depuis son retour, mais il m'a manqué. Terriblement. Enfin... J'imagine qu'il doit le deviner. Je ne suis pas grand chose, sans Natsume, il faut l'avouer. Et c'est loin d'être fun, de devoir recoller les morceaux d'un cœur brisé.

« Mais... Tu sembles encore douter à propos de mes sentiments. Et accessoirement sur le fait que je veuille bel et bien encore de toi. Tu devrais pourtant le savoir, Natsume... »

La main dans la sienne vient s'emparer de cette dernier pour la faire glisser sur mon corps, de telle sorte à ce qu'elle arrive jusqu'au niveau de ma poitrine.

« Mon cœur tout entier t'appartient, et ce depuis le premier jour. »

Je crois que c'est à cause de notre proximité, mais mon rythme cardiaque s'est lentement accéléré. La chaleur qui m'entoure est plus que réconfortante, elle aussi, et j'ai sous moi un dossier plutôt agréable, même si j'ai peur de l'écraser, à force de rester sur lui. Sa présence m'est désormais devenue indispensable, je crois. Et aussi niais que soit mon aveu, je tenais à ce qu'il le sache pour qu'il le retienne pour de bon. Je sais déjà tous les efforts qu'il a fait, et ceux qu'il fera, mais peu importe ce qui se passera, je suis bon pour retomber sous son charme un peu plus chaque jour.

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Natsume Shimomura
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MessageSujet: Re: 500 Miles {PV Samalairniais   Jeu 22 Sep - 0:44



500 Miles

Feat Sama2detension

Vraiment, je déteste ce genre de choses. Les longues explications et confessions de sentiment, quelles qu'elles soient, me mettent mal à l'aise. Et pourtant, depuis que je suis revenu, je les accumule, que ce soit avec lui ou Charlotte. Quelque part, j'ai compris qu'il fallait que je passe au dessus de ma fierté et de ma stupidité si je voulais progresser, mais cette admission ne rendait pas tout simple, loin de là. Non, je me rends juste compte que j'ai autant d'habilité qu'un enfant de cinq ans et que j'aurais peut-être plus souvent dû écouter maman quand elle me donnait des conseils. À chaque fois, je suis perdu et à mal à l'aise, ce qui ne m'aide pas à reprendre confiance en moi. Ça a toujours été comme ça, de toute manière : dès lors que la façade d'indifférence se craque, il est très dur de la remettre en place. Croyez-moi, j'en ai fait l'expérience plus d'une fois au cours de notre relation, et ça n'a jamais été simple. De toute manière, en restant de dos, je peux me donner le temps de dissimuler mon expression sans craindre qu'il n’aperçoive ma tronche de chiot battu. Oui oui, je sais que c'est d'une stupidité sans nom de vouloir cacher cela à la personne pour qui je ne suis censé rien dissimuler, mais on ne va pas commencer à relever mes contradictions, on n'a pas que ça à faire. Et non, ce n'est pas une méthode très lâche pour changer de sujet.
Je baisse le regard en l'entendant confirmer qu'il s'en doutait. Ha. Je n'ai vraiment pas été discret, hein, maintenant que j'y pense... ? Il faut dire que je n'avais qu'en partie dissimulé ce que je ressentais, à cette période. Que ce soit en me montrant désagréable pour un rien, en l'ignorant parfois ou en lui répliquant sèchement, je trouvais toujours un moyen de me défouler et, quelque part, je voulais qu'il réalise ce qu'il faisait en sachant pourtant pertinemment qu'il devait se douter de quelque chose. Non, ce n'est pas glorieux, mais je n'ai jamais prétendu que notre couple était parfait. C'est pour ça que je veux discuter de ça aujourd'hui : pour que cette période ne recommence plus. J'ai honte, néanmoins, qu'il s'en soit rendu compte : je ne suis pas vraiment pas du tout fier de mon comportement d'avant.

Quand il m'explique que c'était déjà trop tard, cela fait naître un rictus amer sur mon visage. C'était justement ça qui me mettait en colère. La sensation de découvrir, après avoir fait l'effort de lui laisser mon cœur, qu'il avait la capacité de le briser en quelques secondes si jamais il venait à disparaître. J'avais l'impression qu'on m'avait menti, quelque part, qu'il m'avait dissimulé cette possibilité jusqu'à ce qu'il ne soit trop tard pour reculer. C'est égoïste, mais je me suis senti trahi. Trahi comme lorsque Nagisa est parti, comme lorsque Kaori a été emportée par sa leucémie alors qu'elle m'avait promis qu'elle survivrait, trahi comme lorsque j'ai appris que maman n'attendait plus que le moment de sa propre mort en refusant de prendre ses médicaments. Bien sûr, j'exagérais. Mais c'était la seule solution que j'avais pour essayer de gérer seul et sans pouvoir en parler à quiconque la situation épineuse, douloureuse et sèchement réelle dans laquelle j'étais. J'avais la sensation qu'inévitablement, j'aurais encore à enterrer quelqu'un, alors que je m'étais éloigné de tout le monde pour ne plus avoir à le vivre . C'était l'idée qu'il me remettait dans cette position en m'ayant pourtant fait croire qu'il ne m'abandonnerait pas qui me mettait hors de moi. C'était injustifié, et je le sais. Néanmoins, allez me dire ça à l'époque. Pourquoi est-ce que vous croyiez que j'aimerais temps donner des baffes à mon moi du passé, hein ?

Son air triste, toutefois, ne m'aide pas à me sentir moins mal. Je ne voulais pas raviver de mauvais souvenirs, juste... Peu importe, de toute façon. C'est ma spécialité, d'accumuler les conneries et de blesser les gens en rajoutant du sel sur leurs plaies encore ouvertes. J'aimerais m'excuser et lui dire d'oublier ce que je viens de dire, sans vraiment croire qu'il y parviendrait, quand il reprend la parole.
Ses mots me font l'effet d'un coup de poignard et que tout mon corps se contracte. Je ravale ma salive difficilement en détournant le regard, mis encore plus mal à l'aise alors que la honte remonte en houles puissantes. En effet, maintenant qu'il le souligne, mon comportement n'en est que plus hypocrite. J'ai été capricieux et exécrable, mais c'est moi qui ait commis l'erreur que je redoutais, c'est moi qui l'ai blessé et l'ai affaibli, c'est moi qui ait été responsable de la souffrance de plus d'une personne pendant ces trois mois. Et je n'ai rien à y redire, même si l'admettre noue dans ma gorge une boule d'angoisse qui menace d'éclater sous forme de pleurs aussi abondants que pathétiques.

Sa question qui n'en est en fait pas une me prend par surprise et m'arrête dans mes pensées sombres, mais je ne suis pas vraiment d'humeur à en rire. Tout au plus, un rictus mi-triste mi-amer s'affiche sur mes lèvres. Non, vraiment, si il y a une chose que je voulais tenir loin d'eux, c'était Athéris. Il n'avait pas été créé pour être un résistant, à la base, et quand j'ai compris qu'il était dans mon plus grand intérêt de rejoindre le mouvement, je priais pour ne jamais croiser mon cousin et mon copain. Si il avait fallu les soigner, je ne les aurai pas laissé en piteux état, évidemment, mais je ne voulais absolument pas que nos chemins se croisent. J'avais trop peur de ce que j'aurais pu voir, quelque part, ou d'être un poids lourd, ou que leur présence n'embrouille ma logique. Tant de raisons me poussaient donc à garder ça secret. Néanmoins, il a raison en disant que tout cela est d'un hasard vraiment... Étrange. C'est une coïncidence tellement improbable qu'on dirait une blague, en fait. Et dire que je l'avais maudit pendant des jours et des jours après cette fameuse mission, quand je m'asseyais et devait retenir des sifflements de douleur à cause des hématomes sur mon corps causés par notre fail gargantuesque.

Je ne sais pas ce que j'aurais préféré, en un sens. Sûrement pas que tout continue comme avant, car nous n'aurions pas résolu des problèmes qui demandaient notre attention, mais cela ne veut pas dire que j'arrive à me dire que je n'ai pas raté quelque chose. He. Comme d'habitude, en somme : c'est toujours moi qui fait les conneries graves, de toute façon, dans notre relation. Que ce soit en sur-réagissant, en me montrant borné et agressif ou en refusant de me confier, je suis souvent à la source de nos soucis. Je ne peux pas m'en cacher, et même si j'essaie... J'ai l'impression que ce n'est jamais assez. Que je ne fais pas assez d'efforts, que je lui apporte trop de soucis contrairement à ce que je lui apporte. Je sais bien que je ne suis pas supposé être le petit-ami parfait mais... Si au moins j'étais meilleur ou je sentais clairement une amélioration, je pourrai me dire que ce n'est pas grave. Mais avancer à pas lents est frustrant, pour moi qui aime les lignes claires et les avancées nettes. Ça n'abîme pas ma détermination, mais au moins, cela me donnerait plus de baume au cœur.
Si je suis toujours contracté lorsque sa main se pose sur la mienne, je ne peux pas nier que c'est en grande partie rassurant. De toute manière, par une magie noire (sorcellerie, au bûcher, tout ça) que je ne parviendrai jamais à saisir, il suffit qu'il se rapproche pour qu'une partie de mes peurs s'allègent et que je me doute que tout va bien, au fond, malgré la difficulté de la situation. Bah ; je suis vraiment une immonde loque, lorsque cela le concerne, et ça ne me désolé plus tellement, maintenant, je n'ai plus seize ans.

Étonné comme toujours par le fait qu'il arrive à sourire malgré tout, mon cœur rate un battement quand j'entends ce qu'il a à dire. Surpris, mes yeux grands ouverts se fixent sur son visage à la recherche de la moindre trace de mensonge alors même que je sais qu'il n'y en a aucun (sales habitudes). Et déjà, je sais que je suis en train de fondre, ce qui n'est pas surprenant vu ma faiblesse évidente quand cela le concerne. Je savais que je lui avais manqué, je ne suis pas entièrement stupide et mon niveau de perception n'est pas si bas, mais l'entendre est une autre chose. Aussi niais que ce soit, ça me réchauffe le cœur et me fait un bien fou. Je m'essaie à un sourire, mais je rate, car mes lèvres tremblent trop pour que j'y parvienne sans que cela n'ait l'air trop triste.
Je baisserais presque les yeux, suite à ce qu'il dit. Non, ce n'est pas que je doute qu'il veuille de moi, c'est juste que... Il aurait toutes les raisons de changer d'avis, ou en tous cas j'estime ne pas mériter tous ses efforts. Une partie de moi refuse encore de croire qu'on puisse désirer ma présence quelque part, je crois, et je remercie non sans sarcasme la famille dans laquelle j'ai grandi pour m'avoir enseigné tout le contraire. Néanmoins, il a l'air tellement sincère que je ne parviens pas à ne pas le croire, et ce en dépit de tout ce que me dit une sale petite voix insidieuse quelque part dans ma tête. L'information finira bien par rentrer dans ma petite tête, ou en tous cas j'aimerais vraiment qu'elle rentre. Ce doit être fatiguant, de toujours avoir à répéter les mêmes choses à un abruti têtu et qui passe son temps à imaginer le pire. Et pourtant...
Et pourtant, comme il me le dit en posant ma main sur sa poitrine, je n'ai aucune raison de m'inquiéter. Je sens bien que son muscle cardiaque s'est accéléré et je rougis, à la fois ému et toujours surpris d'être la source de cette accélération. Rien d'étonnant à ce que mon visage soit aussi rose, d'ailleurs, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps durant ce genre de moments, mais je ne peux pas m'en empêcher au vu de la chaleur qui naît dans ma propre poitrine en l'entendant. Et si la joueuse dit qu'à ce stade elle devrait sortir les lucioles, je l'emmerde.

La gorge nouée, je n'arrive pas à lui répondre sur le moment. J'aimerais dire quelque chose d'intelligent et d'adapté, pouvoir lui rendre tout ce qu'il me donne par des mots, mais j'en suis tout simplement incapable, peu importe à quel point je tourne la situation dans ma tête. J'ouvre et ferme la bouche à plusieurs reprises dans l'espoir de trouver LA chose à dire, mais rien ne vient. Non, au lieu de cela, c'est une formule bien plus ridicule et pathétique qui sorte de ma bouche.

« T-t-t... T'es stu-stupide... »

Wow. Bravo Natsume. Qu'elle est digne d'être encadrée, cette citation, hein ! Entre mon ton tremblant et les larmes qui commencent à humidifier tellement mes yeux que je ne peux plus les retenir, on va finir par arrêter de se demander qui a le monopole du ridicule sur cette planète. Bien évidemment, que je ne pense pas qu'il est idiot, loin de là, même, c'est tout le contraire. Je le trouve bien plus mature et raisonné que moi su r le coup, qui me transforme peu à peu en machine à pleurs. Peu importe à quel point j'essaie de me retenir en me disant que si l'on m'entend geindre, quelqu'un nous verra. Les pleurs finissent d'ailleurs par couler, agitant mes épaules sans que je ne puisse faire quoi que ce soit pour l'en empêcher.
Je n'ai pas l'énergie de m'éloigner, néanmoins, et je saisis son col pour le retourner et me coller à lui, la tête posée sur une de ses épaules. J'inspire régulièrement son odeur pour tenter de m'apaiser,  car, agité de spasmes, je ne vais pas vraiment pouvoir parler distinctement. Une de mes mains passe autour de sa taille que je serre comme pour m'accrocher à une ancre, le temps de me reprendre. Bordel, j'suis vraiment qu'un gosse.

« E-et ta métaphore elle craint, si j'avais ton c-cœur bah tu s-serais mort et-et-et euh... »

La ferme. Fermez vos grandes gueules, je ne suis absolument pas en train de me ridiculiser de la pire des manières en essayant de faire de l'humour alors que je suis à moitié en train de chialer comme un môme contre lui. Je fais ce que je peux. Et pour éviter de m'enfoncer un peu plus, je me force à me taire pendant une minute ou deux, temps qui me permet d'expirer et d'inspirer calmement, en marmonnant un très discret 'merci' qui pourrait presque ne pas être entendu vu que je l'ai chuchoté à voix basse.
Sérieusement, j'aimerais pouvoir me mettre des baffes. De grandes baffes. Mais ce ne sera visiblement pas nécessaire, puisque je finis par me calmer. Le silence m'apaise, pour le coup, assez pour que j'arrive à lui répondre convenablement et sans bégayer comme un gosse.

« De toute façon, t'es coincé avec moi alors peu importe. »

Méthode peu discrète et franchement pitoyable d'avouer mes pensées sans vraiment le faire : ce n'est pas parce que je fais des efforts que tous mes défauts ont disparu, hein. Laissez-moi le temps de m'habituer à tout. Mes bras l'étreignent un peu plus, tranquillement, et j'inspire une nouvelle fois. Je me liquéfie toujours en sa présence, de toute façon, et beaucoup s'amuseraient de voir l'individu indifférent et souvent distant que je suis me transformer en peluche.
J'essuie mes larmes et ravale ma salive comme je le peux, pressé que cet air pathétique ne disparaisse de mon visage. Machinalement, une de mes mains remonte le long de sa colonne vertébrale pour se poser sur sa nuque, puis dans ses cheveux que je masse distraitement.

« Je suppose que si je m'excuse encore, ça va finir par devenir redondant. »

Trait d'humour un peu forcé, uniquement destiné à me redonner confiance en moi-même après cet instant de... Douteux, disons, quant à mon estime de moi-même. Je pose mon front contre le sien, tandis qu'un sourire tendre et plus calme se dessine peu à peu sur mon visage sans que je ne m'en rende vraiment compte.

« J'suis heureux, je crois. Je sais que ça va prendre du temps pour que tout redevienne comme avant, mais peu importe. »

Plus souriant, je ne me rends même pas compte que j'ai l'air bien plus lumineux que tout à l'heure. Une idée me passe alors par la tête quand je constate qu'il est face à moi, et un sourire espiègle remplace celui qui se trouvait auparavant sur ma tête d'attardée. Je le rapproche un peu de moi, une main vers le bas de son dos afin de pouvoir me coller face à lui et pouvoir le retenir, avant de porter mes lèvres tout près des siennes... Et de nous pousser tous les deux vers le sol, où je nous fais tomber sans plus de cérémonie.
Je ricane seul de mon tour qui n'est amusant que pour moi et mon sens de l'humour pas si hilarant que ça. Néanmoins, quand mes yeux se reposent sur son visage, je fonds un peu plus et retrouve mon sourire d'avant. Je saisis une de ses mains, que je passe en dessous ma chemise (oui oui faites des blagues allez y c'était prévisible), sur ma poitrine, comme il l'avait fait tout à l'heure.

« Celui-là, de toute façon, il dépasse les 500 miles à l'heure. »

Et alors que ma joueuse est éclatée de rire, se trouvant très drôle et subtile, j'éloigne sa main avant de me pencher pour caresser une de ses joues. Bah, je suis une vraie loque avec lui, de toute façon ; je n'y peux rien, mais il arrive à faire ressortir ce qu'il y a plus niais et de gentil en moi, malgré tout ce qui se montre à la surface. He. Une vraie midinette. Gloussant tout seul, je finis par redevenir silencieux avant de me pencher pour lui donner le baiser que je lui ai refusé il y a quelques secondes. Plus tendre et affectueux que d'ordinaire, ma main gauche vient lui apporter quelques caresses douces sur les côtes tandis que ma seconde masse son crâne tranquillement. Je veux simplement profiter de sa présence et de sa chaleur maintenant que nous sommes réunis. Je lui dois après tout plus d'un câlin, depuis trois mois, et je déteste avoir des dettes, pour tout dire.
Lorsque je me détache, je l'enserre dans mes bras durant quelques secondes avant de me relever et de l'inviter à me suivre. Un sourire tranquille et joueur sur mon visage, je lui prends la main.

« Tu viens ? Vu que le déjeuner est parti en vrille, j'te propose qu'on aille goûter. Je suis persuadé qu'on pourra faire quelque chose de sympa, avec toutes ces glaces. »

Vous n'avez même pas idée de ma créativité lorsque cela concerne mon dessert favori, vraiment. C'en est presque effrayant. En tous cas, maintenant, je me sens bien plus léger, et j'ai juste envie de profiter de temps que nous avons.

« Mais avant ça... »

Je serre sa main dans la mienne et l'invite à me suivre vers un coin plus reculé du jardin, ou du moins qui est davantage éloigné de la maison.

« Je ne t'ai jamais décrit le jardin en détail, nan ? Il faudra que je te remercie pour t'en être occupé, mais je crois que les fruits sont mûrs, maintenant. Si on va les ramasser, on pourra les rajouter aux glaces. Tu verras, mes fraises sont à tomber par terre. »

Oui oui, la gourmandise c'est mal, mais sachant que je suis quelqu'un qui grignote plus de salade qu'un véritable lapin, on ne m'en voudra pas trop, je crois. Mon sourire se transforme en rictus provocateur.

« Enfin, si tu arrives à bouger seul, papy. Ou alors est-ce qu'il faut que j'aille te chercher une canne pour que tu puisses bouger tes vieux os ? »

Que j'ai retrouvé mes habituelles remarques arrogantes est bon signe, en fait. Tout ce que j'ai vu aujourd'hui me fait d'ailleurs croire la même chose, et je ne peux pas m'empêcher de serrer un plus sa main contre la mienne, par instinct. Ouais, je crois que si il y a une chose que toute cette affaire m'a prouvé et m'a révélé en même temps, c'est que je serais prêt à faire des centaines de bornes pour lui. Au fond, malgré tout, j'ai l'impression nette et claire que nous avons fait un pas de géant, et cela ne peut que me plaire. Mais maintenant, j'ai une autre tâche : celle de lui faire oublier tout ce qui s'est passé ces derniers mois. Et je suis du genre à m'appliquer à la tâche, croyez-moi, je ne suis pas un bourreau de travail pour rien ! En revanche, je ne m'excuse nullement pour le vomi de niais qui pourrait sortir de votre bouche et je vous invite à le ravaler promptement. Moi, j'suis heureux, et je crois que je vais l'être très longtemps.

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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: 500 Miles {PV Samalairniais   Mar 27 Sep - 23:50



500 Miles


feat Natsu-senpaiii ~

Samalairtrèsniaiiiis


Je fonds immédiatement quand je vois son visage prendre une jolie teinte rose qui achève de le rendre adorable. Mon petit ami qui rougit face à mes propos niais... En voilà une image qui causera un jour ma perte, si je continue de me transformer en flaque à chaque fois que je croise son beau regard noisette. Il devrait le savoir, que mon cœur bat plus fort à ses côtés. Il me procure chaleur et bien-être à la fois. Des sensations agréables dont il est difficile de se lasser, et que je ne demande qu'à chercher auprès de lui. Cette douceur et cette gentillesse... Oh oui, comme il m'a manqué, mon petit nerd préféré. Même après hier soir, je ne sais pas si j'ai tout à fait réalisé l'ampleur de son retour. Moi qui étais habitué à retrouver mon lit à une place dans ma propre chambre, j'attends déjà avec impatience les nuits prochaines qui arriveront, prêt à revenir me blottir dans les bras du Shimomura, à profiter de cette tendresse qu'il ne réserve qu'à moi, alors qu'il était bien difficile d'obtenir de l'affection de sa part il y a seulement une semaine auparavant. J'ai un peu peur de ce que l'avenir nous réserve, en réalité. Sans doute ne saurai-je jamais si savoir tout ça sur Athéris est une bonne ou une mauvaise chose. Au moins, je pense que nous ne risquons plus de prise de bec, haha. Peut-être que cela ne peut que nous rapprocher, en fin de compte. Il ne sera plus le seul à s'inquiéter ; quelque part, c'est comme si c'était davantage légitime. Je fais toujours de mon mieux pour revenir en un seul morceau de mes missions. Seulement, je pourrais difficilement me contrôler, avec lui dans les parages. Je peux lui promettre de ne pas faire de folies pour revenir vers lui sain et sauf, mais si jamais pour une raison quelconque il se trouvait dans une situation périlleuse, je n'aurais d'autre choix que d'aller à son secours même au péril de ma vie. Une condition que j'espère ne jamais voir se réaliser un jour, bien entendu.

Chose rare, d'ailleurs, mais je crois que mes paroles l'ont rendu muet. Amusé, j'attends pourtant sa réponse, curieux de savoir ce qu'il pourrait rétorquer suite à ma niaiserie. Loin d'avoir sa poker face habituelle, si je sais que le mièvre n'est pas son genre, il peut être vraiment surprenant, quand il veut. Mais moi qui le connais si sérieux et réfléchi, je ne trouve son silence nerveux que plus drôle. De ce que je vois, il ne sait pas quoi dire. Et ses bafouillements me tirent un rire léger, automatiquement stoppé par ses pleurs qui surgissent brusquement. Pas de tristesse, pour une fois, mais de soulagement. Je sais... que la plupart du temps, c'est de ma faute. J'ai été, à de trop nombreuses reprises, la cause plus ou moins indirecte de ses larmes. J'ai pourtant une peine lourde chaque fois que je vois ses yeux s'humifier à cause du chagrin, même quand je ne le montre pas. Je déteste le voir déformé par le désespoir et l'abattement. C'est sans doute l'une des choses qui me déchirent le plus en ce monde. Mais comme il le dit, non trop sérieusement, je suis stupide. Tellement stupide, si vous saviez... Enfin, suis-je bête, vous devez le savoir.
Je ne sais pas quoi faire pour calmer ses pleurs qui s'intensifient, mais il me saisit de lui-même pour me retourner face à lui et inspirer mon odeur. D'ordinaire, au-delà de la flatterie que cela m'apporte, cela a le don de l'apaiser. Un de ses bras m'enserre contre lui pour me rapprocher encore, même si notre proximité ne saurait être plus réduite. Un sourire doux, je le laisse trouver en moi le port d'attache dont il semble avoir besoin, n'appréciant que trop lorsqu'il vient me serrer ainsi, comme si sa vie en dépendait. Oui, même s'il fait des blagues assez nulles alors qu'il n'est clairement pas en état de considérer de faire de l'humour, même si je préfère le voir comme ça plutôt que comme hier. Aussi médiocre que soit sa vanne, j'en ris affectueusement quand même, tandis qu'il se calme peu à peu. Il avait besoin de pleurer un bon coup, je crois. Si d'autres larmes doivent venir, alors il faut les laisser. Évacuer ses émotions, ça ne peut jamais faire de mal ; même si, quand j'avais seize ans, j'essayais de faire en sorte qu'il arrête de pleurer parce que je détestais le voir aussi triste. Je ne comprenais pas, à ce moment-là, la nécessité du geste. Mais pour l'avoir expérimenté à plusieurs reprises, maintenant, je sais qu'il n'y a des fois pas de meilleur remède.

Mes pensées divaguent un instant vers des souvenirs qui semblent lointain en apparence seulement. Coincé avec lui ?.. Je l'ai été bien plus de fois que je ne l'aurais imaginé, à vrai dire. Mais deux ans plus tôt à peine, il n'aurait pas été très content de la perspective de rester coincé avec moi, comme il dit. Je suppose, à cette période-là, que ma présence l'aurait dérangé plus qu'autre chose, et je crois que je n'étais pas en reste non plus. Si j'avais essayé de faire ami-ami avec le cousin de Faust, fournir des efforts auraient été difficiles s'il avait continué à être aussi hostile. Je ne comprenais rien, à ce moment, comment on pouvait être aussi énervant, et surtout pourquoi. Je ne savais rien de son passé, ni de ce qu'il a traversé. J'aurais dû me douter toutefois qu'il y avait un peu plus derrière qu'un simple adolescent qui veut se la jouer rebelle. Le lapin sur lequel je suis n'a définitivement plus rien à voir avec le tsuntsun que j'ai connu, que ce soit avec son comportement avec les autres, ou avec moi. Enfin, vous me direz, c'est assez normal, en même temps. De parfait inconnu qu'il devait trouver insupportable, je suis passé à 'petit ami', rien que ça, l'une des personnes les plus proches de lui, et accessoirement le seul être humain qui peut se vanter de dormir chaque soir contre lui. Hé hé oui, en effet, quel malheuuur d'être coincé avec lui. Pour un bout de temps, en plus. Quelle misèèère.
Ses paroles sont évidentes, mais j'avoue que c'est assez gratifiant, quand j'ai bien senti pendant deux bons mois que ma présence le gênait plus qu'autre chose. C'était torturant, ce vide qu'il créait entre nous. Aujourd'hui, son désir de nous rapprocher toujours plus, j'en profite sans modération. Je l'ai sollicité tant de fois, depuis son amnésie... Mais chacun de ses gestes, désormais, vient quérir en moi des sensations délicieuses et agréables que je ne saurais que trop bien réclamer auprès de lui si jamais je venais à être en manque d'affection, comme je proclame être souvent le cas, alors que je suis juste un petit emmerdeur qui aime de manière excessive donner et recevoir de la douceur quand cela concerne mon copain. Rien que la main qui glisse contre mon dos en remontant jusqu'à mon cou me fait ronronner de plus belle comme un imbécile heureux. Son contact me fait toujours fondre, je crois que je suis condamné de ce côté-là. Ses doigts fins qui parcourent mes cheveux me tirent un soupir de béatitude, relaxé par les massages de mon petit ami.

On me dira peut-être que je pardonne trop facilement à Natsume, mais que puis-je dire, quand l'étendue de mes sentiments l'emportent sur ma raison et que je ne peux me dire, à chaque fois, que ce n'est pas de la faute du Shimomura. Je ne peux pas lui en vouloir d'avoir mis si peu de confiance en nous, quand bien même nous étions les seules personnes en mesure de l'aider. Nous en étions persuadés, car nous savions qui il était. Mais pour quelqu'un qui doit douter en permanence de son entourage, j'imagine que ça doit être plus compliqué de placer sa franchise, surtout quand on ne sait pas à qui se fier. Natsume n'a eu que ses serpents et son instinct pour se guider, et heureusement d'ailleurs que Hatori, Fran et Byakuran étaient là, sinon comment aurait-il pu me suivre jusque chez Faust ? Lorsque j'ai su qu'il avait perdu la mémoire, j'ai eu un tel choc... Mais je devais également réfléchir à un moyen pour le ramener à la maison sans qu'il n'ait envie de fuir, et je parie qu'il serait parti ce jour-là si son Majaspic ne l'avait pas empêché à la dernière minute. Je ne voulais pas le faire fuir alors que je venais à peine de le retrouver, mais si je bloquais ses moyens d'échappatoire, il aurait été logique qu'il me trouve suspect, et la pire des choses auraient été d'y aller par la force ; et même si mon désespoir était immense, je savais qu'il était inutile d'en arriver à là. Tout cette histoire est finie, maintenant, pour mon plus grand bonheur et celui des autres. Alors ses excuses, comparées au réconfort important que j'ai ressenti quand j'ai su qu'il m'aimait encore, ne sont guère un souci. Ce serait considéré comme hautain, si je disais que j'attendais son pardon. La joie de le revoir me suffisait amplement, après tout. Cependant, mon ego n'a pas pu s'empêcher d'être un peu flatté. Je ne lui aurais jamais demandé de s'excuser, car je sentais bien déjà à quel point il s'en voulait, mais l'entendre ne m'a pas laissé de marbre. Pas la peine de dire pour autant qu'il est déjà tout pardonné à mes yeux depuis le début, n'est-ce pas ? L'amour me fait peut-être perdre la raison, mais c'est une absence à laquelle je consens avec plaisir si elle me permet d'être avec lui.

Cela va sans doute prendre un peu de temps avant que les vieilles habitudes reprennent tout à fait et que nous puissions faire une croix sur ce qui s'est passé durant ces trois mois, mais nos blessures sont sur le chemin de la guérison, même si le voir de nouveau souriant en ma présence continuera de me surprendre quelques fois. Pas mal de mystères restent à éclaircir, aussi, comme sa cicatrice dans le dos, sur laquelle je ne poserai aucune question jusqu'à ce que je le sente prêt, ou qu'il m'en parle de lui-même ; ou tout simplement ses mésaventures durant ce mois d'éloignement, où il devait survivre seul. Sans oublier (lolilol) la manière dont il a perdu la mémoire. Je me le demande... Si ça se trouve, c'est quelque chose de tout bête, mais peut-être qu'il s'agit d'un élément plus complexe... Je l'ignore. Il y a une partie manquante dans sa vie dont je ne connais rien.
Mais je suppose, comme il dit, que peu importe. L'entendre dire qu'il est heureux, voilà ce qui importe. Il n'est pas triste. Il est en vie, et je le trouve plus radieux que jamais. Et le mieux, c'est que je contribue à son bonheur. Rien ne saurait me faire plus plaisir. Le sourire lumineux sur son visage suffit à me convaincre que le plus dur est derrière nous, et j'espère pouvoir lui redonner ce sourire aussi longtemps que possible. C'est idiot, mais ça me fait pourtant tout drôle parfois de me dire que je peux réellement le rendre aussi doux qu'un Chevroum. Lui, si concentré et sévère quand il s'agit de sciences, c'est comme si j'avais un pouvoir qui permettait de l'attendrir. Et de lui faire dire des choses niaises, aussi. Je n'ai en effet pas zappé tout ce qu'il m'a raconté hier, surtout ce que je retiens le plus : ses compliments, qui m'ont bien trop fait plaisir à écouter. Je me doutais qu'il pensait certains de ses mots, mais de là à me faire une telle déclaration, ça dépassait mes rêves les plus fous.

Front contre front, dans un moment de paix que nous avons largement mérité, j'expire légèrement, relaxé. J'aimerais que le temps se fige. Que nous n'ayions pas peur de cette horloge de la vie qui tourne sans s'arrêter, insensible aux plaintes des humains à l'existence trop courte qui ne demande que de pouvoir profiter encore un peu de ce que le monde a à nous offrir. J'ai encore la chance de faire partie de la compétition, aussi mon devoir n'est guère difficile, je n'ai pas à me plaindre, si je peux subvenir à mes besoins grâce aux revenus que je gagne par mes matchs. Car c'est cette réalité aussi qui m'empêche de me dire que nous pourrions être tranquilles les jours restants. Bientôt, mon petit ami devra retourner à la faculté pour continuer ses études et rattraper tous les cours qu'il a perdu. Si je ne veux pas qu'il se tue à la tâche, je sais également que le japonais voudra récupérer tous les enseignements (ou au moins la majorité) des cours auxquels il n'aura pas pu assister. Je devrais me contenter des câlins du matin seulement en week-end, tant pis. Enfin... Cela me motivera peut-être à m'entraîner encore pour me préparer à affronter la Ligue, même si je n'ai dû faire que ça afin de ne pas penser à la méprise de mon copain quand il ne se souvenait plus de rien. J'ai une équipe solide, en plus. Mais bon, je ne vais pas passer mes journées à procrastiner non plus. Autant faire quelque chose d'utile. Hé, après tout, je compte bien devenir le meilleur dresseur de l'île !.. V-Vous moquez pas, au fond ! On a bien le droit de rêver !

Toujours installé confortablement sur les cuisses de Natsume, je cligne des yeux lorsqu'il me rapproche un peu plus en plaçant une main au bas de mon dos, tandis que son visage ne se retrouve plus qu'à quelques centimètres risibles du mien, de sorte à ce que nos lèvres en viennent à se frôler. Étourdi par une avancée soudaine mais non moins désirée, je souris malicieusement à mon tour, pensant être celui à devoir franchir le micro espace qui reste encore. À la dernière seconde, toutefois, je sursaute en poussant un petit cri apeuré au moment où il me pousse vers l'arrière, s'entraînant lui-même à la suite de ma chute. Plus de peur que de mal, je me demande tout à coup ce qui lui a pris. Je fronce les sourcils, presque boudeur et ronchon et qu'il ait voulu me jouer un tour plutôt que de m'embrasser. J'aurais dû le deviner en voyant son air mesquin, mais je ne pensais pas qu'il allait recommencer depuis ce qu'il a fait juste avant que je ne le laisse prendre sa douche. Je ne suis pas vexé pour de vrai, mais j'aurais préféré embrasser ses lèvres plutôt que le sol. Sa taquinerie, sans étonnement, l'amuse et le fait ricaner. Cependant, en regardant de nouveau vers moi, son expression change pour devenir plus sereine. Rendu un peu méfiant, je le laisse faire lorsqu'il saisit ma main droite qu'il fait passer en-dessous de sa chemise. Déconcerté par son geste, je ne dis rien, me contentant de sentir son torse sous ma paume glissante. Elle est finalement stoppée au niveau de sa poitrine, là où je peux sentir des battements frénétiques comparables aux miens, qui me font aussitôt rougir un peu. Ses propos me flattent plus que ce que je ne l'aurais cru. Un seul mot tendre de lui, et je suis aussitôt conquis. Ma pseudo vexation fond sur-le-champ, tout comme moi. C'est bon, je suis une immonde guimauve. Faut croire qu'il suffit d'une toute petite caresse de rien du tout pour je devienne un véritable nounours. J'aurais pu croire au début qu'il disait ça pour plaisanter, vu que je l'entends glousser. Mais j'ai pu remarquer moi-même que ce n'était pas qu'une métaphore. Son cœur bat vraiment vite. Est-ce réellement pour moi ? Je l'espère. Je crois bien. J'aime le penser.

Enfin, quand il se penche de nouveau vers moi, je devine ses intentions, pensant avec humour que ma patience va être enfin récompensée. J'hésiterais presque à lui faire un tour blagueur, pour me venger un petit peu, mais je sens vite que je n'ai pas la volonté suffisante pour ça. Je suis bien trop friand de ses baisers, surtout en ce moment. Ses baisers, ses caresses, son corps contre le mien... Tout ça m'a manqué. Pas la peine d'annoncer que je suis donc très content de les retrouver, d'autant plus que je ne vais pas lâcher mon copain d'une semelle avant un bout de temps, et quelque chose me dit qu'il ne va pas chigner à cette idée non plus, loin de là. Je suis tout le temps un pot-de-colle avec lui, ceci dit, à tel point qu'il en a pris l'habitude. Mais cette fois, il ne pourra pas compter sur son laboratoire pour l'aider à s'isoler.
Instinctivement, je ferme les yeux. Pas de farce, cette fois. Il scelle nos lèvres ensemble, et je lui rends son baiser avec tendresse, tandis qu'une de mes mains entoure sa taille pour le rapprocher de moi et coller sa poitrine à la mienne, et que l'autre vient glisser dans ses cheveux. Petite remarque inutile, d'ailleurs, mais ça tombe bien que Natsume aime quand on lui gratouille la tête, car j'adore ses cheveux. Les cheveux hérissés en général je trouve ça amusant de plonger ma main dedans, mais ceux de l'éleveur sont tous doux et soyeux, comme du coton. C'est sans aucun doute ceux que je préfère, et en plus ils sentent pas mauvais du tout. Mes doigts parcourent son crâne pour le masser, exactement comme il le fait pour le mien, alors que ma seconde main caresse son dos et que mes lèvres dansent avec celles du japonais. Des moments comme ça, j'en rêvais depuis des semaines et des semaines.

Rompant notre baiser, je sens en moins une sensation de confort m'envahir chaleureusement. Je me sens si bien... Je voudrais que les jours prochains soient aussi beaux et paisibles. Je demande la lune, je sais, pourtant... Je crois que nous avons tous besoin d'heures plus tranquilles. Si la flemmardise est un vilain défaut, je crois qu'Arceus ne m'en voudra pas trop de traîner au lit avec mon petit ami. Ce dernier, si matinal, n'aura pas d'autre choix que de subir quelques câlins de ma part, avant de se lever pour faire ses activités quotidiennes. Profitant de sa brève étreinte pour humer son odeur, je pousse un soupir d'aise, heureux. J'aurais voulu qu'il ne se lève pas tout de suite pour l'avoir encore contre moi, mais quand il évoque le goûter, j'avoue que je suis assez tenté par l'idée. Si je ne peux pas résister au Shimomura, je ne peux pas non plus résister à mon estomac, et ce dernier ne cracherait certainement pas sur du sucre (même si à nous deux nous pourrions faire augmenter le taux de diabétiques sur l'île).
Je m'empare volontiers de sa main pour me remettre debout, non sans regarder mon copain avec un air transi qui ferait vomir n'importe qui. Toutefois, si j'ai cru qu'il allait nous diriger à l'intérieur de la maison pour nous baffrer de glaces -son pêché mignon-, c'est à l'opposé de la demeure, un peu plus profondément dans le jardin, qu'il nous emmène. Je glousse de façon légère en l'entendant parler de ses fraises, comme un chef cuisinier parlerait de son menu, même si je suis flatté qu'il se soit souvenu (voggle) qu'on s'est occupé de son jardin durant son absence. Je le lui avais dit brièvement à son retour, mais c'est un détail qui ne lui a pas échappé. Et il est vrai que j'ai porté une attention toute particulière aux plantes de Natsume, car je ne pouvais tout simplement pas les laisser de côté quand je l'avais déjà attentivement observé ultérieurement en train de les bichonner comme si c'était ses enfants. J'avais conclu qu'il attachait beaucoup d'importance à son verger -ce qui ne m'étonne pas, vu son amour inconditionnel pour les fleurs-, et même si je ne comprenais pas comment il pouvait les aimer au point de les choyer pendant des heures, il était impossible que je les laisse fleurir. J'étais sûr que Natsume aurait été triste s'il avait vu ses 'bébés' flétrir à son retour, alors je me suis arrangé pour m'en occuper, avec l'aide de quelques uns de ses Pokémons qui m'ont aidé dans la démarche à suivre. Alice venait même me donner un coup de main de temps à autre. Je lui disais que ça ferait plaisir à Natsume si on prenait bien soin de ses plantes. C'était une manière comme une autre pour moi de me convaincre que nous réussirions à le retrouver. Je refusais de laisser ses fleurs dépérir, sinon, cela aurait signifié la fin d'un espoir qui fanait avec. J'avais essayé, une fois, de goûter à l'une de ces fraises, d'ailleurs, pour voir si elles étaient mûres. Mais je les ai pas aimé sur le coup. Elles n'étaient pas bonnes. Elles paraissaient dans ma bouche fades et sans saveur. Peut-être trahissaient-elles mon état à ce moment-là... Et les fraises, Natsume en est dingue. Cette pensée, dès que je l'avais en tête, faisait monter quelques larmes solitaires, creusant un vide un peu plus grand dans ma poitrine.

« Oh, à ta place, je ne m'en ferais pas pour moi, le mioche. Mais si c'est encore trop loin, on peut aller chercher ta poussette, hm ? Tu veux peut-être aussi qu'on te fasse de la compote pour que tu puisses la manger ? »

Je lui renvois son rictus sournois, nullement impressionné. Pff ! On m'traite pas de papy, hé ! J'suis encore jeune, moi, pas comme Faust ! D'ailleurs, si vous voulez vous marrer un coup, faites-lui croire que vous avez trouvé un cheveu blanc sur ses vêtements. Son visage mortifié empli de déni vaut le coup. L'arrogance de Natsume n'a rien à voir avec celle qu'il utilisait contre moi lorsqu'il ne avait plus qui j'étais ; et comparer la différence me fait sourire. Ce ne sera peut-être pas si compliqué pour moi de revenir à nos vies d'autrefois, étant donné que je suis un sans-gêne de base qui n'a pas besoin de se le faire dire deux fois quand on lui accorde la permission de donner de son affection. Rien que durant tout ce qui s'est passé au cours de la journée, on aurait pu avoir l'impression que les mois derniers n'ont jamais existé. Ils resteront comme des événements peu joyeux que je préférerais, pour le coup, oublier.

« Bon, alors allons voir ce que valent vraiment tes fraises, puisque tu me les vantes tant. »

Un jour, le mystère qui entoure la disparition de Natsume me sera révélé. Mais pour l'instant, tout ce que je veux, c'est l'avoir à mes côtés pour combler le vide qu'il a laissé en disparaissant si brusquement, et quémander les câlins qu'il me doit depuis un bail. Ce n'est pas le seul à être heureux. Je rayonne moi-même, chose qui ne s'est plus produite après qu'il ait perdu la mémoire. Sa main dans la sienne, et son cœur battant toujours pour moi, je crois que je ne pourrais être plus satisfait. J'ai oublié de prévenir maman, mais elle sera ce soir l'une des premières au courant. L'absence de l'être aimé, elle ne peut que trop comprendre ce que ça fait, et combien elle a été peiné elle-même pour ce qui est arrivé à Natsu... Mais depuis le message qu'il m'a envoyé hier soir, elle n'a plus eu de nouvelles. Je ne voudrais pas qu'elle s'inquiète, même si elle doit se douter que, si je ne suis pas revenu la veille à la maison, c'est que tout s'est bien passé. Et quoiqu'il arrive, j'ai la certitude maintenant que nous pourrons faire face ensemble aux défis qui nous attendent, car tant que l'éleveur sera là, je sais que rien ne pourra nous arrêter ; pas même une amnésie.
Quand nous arrivons au bosquet de fraises dont il m'a tant parlé, je me penche pour en cueillir quelques unes qui m'ont l'air parfaites, avant de les goûter sans plus attendre. Elles n'étaient pas bonnes. Elles étaient délicieuses.

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500 Miles {PV Samalairniais

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