« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 Wandering Heart [OS]

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Clive G. Donovan
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MessageSujet: Wandering Heart [OS]   Ven 12 Aoû - 22:25



Wandering Heart  

Évolution d'Anubis

« Tout se passera bien. »

Faust avait toujours été doué avec les mots, et plus particulièrement lorsqu'il s'agissait de convaincre. C'était un talent qui ne s'était révélé que vers la seconde moitié de son adolescence, et que Clive avait toujours envié, alors que lui n'était à l'époque pas capable d'exprimer ce qu'il pensait. Même si il ne le croyait pas toujours, il y avait quelque chose dans le sourire de son jumeau et la tranquillité joviale de son ton qui le poussait à oser le penser. L'ancien soldat essaya de sourire, sans succès, hormis si l'on considérait le rictus jaune sur son visage comme quoi que ce soit pouvant s'y apparenter.

« Tu m'appelles quand t'as fini, hein ? »

Clive hocha de la tête. En expirant profondément, il tapota légèrement l'épaule de Faust pour lui faire signe qu'il pouvait être laissé seul, et le conseiller disparut dans un flash, emporté par son Natu. Le hérisson exhala lourdement, nerveux, et fit les pas qui le séparait jusqu'à la porte d'entrée. Il l'ouvrit sans plus attendre, mais perdu de son énergie lorsqu'il se rendit compte que l'entrée de l'auberge était plongée dans le silence. Que cela arrive en pleine journée était relativement inhabituel, encore plus en pleine semaine. D'ordinaire, vu l'activité de Vanawi, les clients défilaient, mais pas aujourd'hui.
Il sursauta en entendant quelque chose dévaler les escaliers, et un sourire tendre se dessina sur son visage en voyant le vieux Némélios se presser vers lui. Le lion lui sauta presque dessus, à tel point que Clive manqua de tomber en sentant les pattes du pokémon sur ses épaules. Tandis qu'il recouvrait le visage du jeune hommes de léchouilles, celui-ci tentait tant bien que mal de le faire redescendre juste un peu. Une fois qu'il y parvint, il s'empressa de caresser le Némélios qui s'était déjà mis sur le ventre, en ronronnant comme un gros chat.

« Salut, mon vieux. Tu m'as manqué aussi. »

Klaus lui répondit par un grondement satisfait. Le premier pokémon de son père avait toujours été leur nounou, après tout, à lui et à sa fratrie. Parfois même, Clive se disait que c'était un peu de Karl qui devait se trouver en lui, ou du moins une partie de sa volonté ; mais c'était d'une niaiserie incommensurable. Il soupira de joie en constatant qu'il n'avait pas l'air malade, amaigri ou quoi que ce soit. Néanmoins, ce furent des claquements de talons de bois qui lui firent froncer les sourcils.

« Clive... ? »

L'interpellé gela sur place, reconnaissant cette voix avec une aisance presque naturelle. Il déglutit et tourna peu à peu son regard vers la source de ce bruit. Ses iris bleus en rencontrèrent des noirs qu'ils ne connaissaient que trop bien. Il ne recula pas et ne chercha pas à s'enfuir lorsque celle qui les possédait se rapprocha et posa une main sur sa joue pour la caresser tendrement. Le jeune homme pencha même sa tête en direction de la source d'affection, une mine triste sur son visage.

« T-tu vas bien... T-tu...
- Maman... »


Il ne l'avait pas vu ainsi depuis longtemps. Ses longs cheveux noirs tombaient derrière son dos, relâchés et non tenus comme d'habitude, les yeux rougis et humidifiés, son teint plus pâle que jamais. Clive avait toujours vu en sa mère un modèle de force et de résistance, parvenant à se tenir droite quelques jours à peine après la mort de son mari. Elle les avait relevé un à un, avait repris le travail pour mettre de quoi manger dans leurs assiettes et avait séché ses larmes. Maintenant qu'il y pensait, sans doute avait-elle fait cela car elle savait qu'ils étaient trop jeunes pour se débrouiller seuls, et qu'il s'agissait de la seule façon qu'elle avait de vivre avec ça. Mais la femme qui se trouvait devant lui était plus affaiblie, plus fatiguée, et les traits de son visage se déformaient légèrement sous l'effet de la mélancolie.

« Oh, merci Arceus... »

Elle passa ses bras maigres autour de son fils, qui n'osa pas réciproquer sur le moment, encore mal à l'aise. Néanmoins, après plusieurs secondes, ses traits se détendirent et il lui rendit son embrassade. Kagami étouffa un sanglot, et Clive sentit sa poitrine se contracter, à la fois assailli par l'émotion et la culpabilité de ne pas être venu auparavant. Ses os étaient enfin réparés, et il pouvait marcher, courir et faire à peu près tout sans avoir à craindre de se briser dès lors qu'il ferait un geste brusque.  Néanmoins, il ne pourrait pas cacher qu'il aurait peut-être pu venir plus tôt si il l'avait voulu, mais une grande partie de sa lâcheté avait joué. De toute façon, il ne pouvait pas revenir en arrière, bien que penser ainsi était davantage une façon de se justifier pour endiguer la culpabilité.

« J'ai tellement eu peur que tu ne reviennes pas... Bon sang, si j'avais pu faire quoi que ce soit... »

Elle marmonnait maintenant, perdue sûrement dans ses propres pensées, le visage pâle et fatigué. Clive déglutit, mal à l'aise avec le fait de voir sa mère dans un état pareil, si fragilisée. Il se força à sourire et serra ses bras autour du corps de sa génitrice, presque effrayé à l'idée de lui briser un os si jamais il faisait un seul faux mouvement. Mais rien, non rien, ne semble plus terrorisant que l’hypothèse de lui briser le cœur une nouvelle fois. Il tremble, la gorge sèche, les yeux fuyants, vifs, à la recherche d'une preuve de stabilité quelconque. Il se satisferait de la première chose, mais rien ne vient.

« J'suis désolé, je-
- Non, non... Tout va bien. Ce n'est pas grave, mon grand, je sais que ça a été dur, Faust m'a tout raconté... Dis-moi qu'il va bien, s'il te plaît.
- Oui o-oui, il va bien, juste-
- Clive ? »


L'interpellé s'éloigna durant quelques secondes de sa mère pour trouver la source de la voix qu'il venait d'entendre. Impossible de la confondre avec quiconque, pourtant. Felix fit quelques pas dans l'entrée de l'auberge, curieux et l'air un peu éberlué. Ses grands yeux bleus fixaient sa mère et son aîné sans savoir quoi faire. Prenant le trouble de son troisième fils pour de l'hésitation, Kagami réagit en souriant doucement, lui tendant la main pour l'inviter à les rejoindre.

« Viens, tu-
- Je rêve. »


À l'entente du ton de son cadet, le châtain se contracta et sentit un nœud se former dans sa gorge. Il savait déjà ce qui allait se passer avant même que Felix n'ouvre de nouveau la bouche. Il aurait même pu parler à sa place tant ce qu'il s'apprêtait à entendre lui paraissait attendu. Kagami n'avait pas encore saisi, trop optimiste, perdue dans sa vision idéalisée de la situation. L'ancien officier était déjà sur le point de réagir, conscient d'où cette discussion allait les emmener.  

« Tu disparais trois mois et tu reviens maintenant comme une fleur ? C'est ça ? »

Livide, ses iris bouleversés par l'émotion s'étaient fixés sur son frère. Clive n'aurait pas su dire si sa voix était blessée ou irritée, voir peut-être un mélange des deux. Sûrement les deux, maintenant qu'il y réfléchissait une seconde.

« J'étais, enfin je ne pouvais pas...
- Oui, je sais. »


Le cadet essuya vivement ses yeux humides.

« Je sais très bien où t'étais. T'étais là où j'aurais dû aller parce que t'as un putain de complexe du héros à la con, comme Faust.
- Je-
- Non. Vous êtes tous les mêmes, en fait. Toi, papa, et lui. Vous vous foutez complètement de ce que ressentent les autres ou de ce qui arrivera après vos 'sacrifices', tant que vous êtes contents de vous. Tant que vos petites consciences sont en paix. »


Felix baissa le regard, frustré, et serra les poings. Clive aurait voulu faire un pas vers lui, mais impossible : son corps s'était immobilisé, et il ne parvenait pas à faire autre chose que regarder ce qui se passait devant lui. Comme spectateur d'une pièce dont il était pourtant au centre de l'intrigue. Ce fut Kagami qui finit par reprendre la parole.

« Mon chéri, il a juste voulu-
- Voulu choisir à ma place. Se 'sacrifier' pour la 'bonne cause' en nous laissant vivre avec la culpabilité et les dégâts, en ne me laissant pas assumer mes actes. La seule personne qu'il a aidé ici, c'est lui. Et pourquoi ? Parce que monsieur n'a jamais assumé d'avoir été le petit chien de ceux qui l'ont emprisonné.
- Felix !
- Quoi ? C'est faux ? Tu veux le nier, Clive ?
- Non, je... »


Sa gorge s'était asséchée. Il aurait aimé pouvoir le contredire ou disposer d'un argument qui lui permettrait de s'éloigner le plus possible des allégations de son petit frère, mais il n'était pas capable d'une telle hypocrisie. En tous cas, plus maintenant. Il n'était plus le jeune garçon tout juste sorti de l'adolescence qui tentait de se convaincre de la justesse de ses actions en lavant frénétiquement le sang qui collait à ses mains. Le gamin idéaliste qui cherchait à se justifier par une logique tordue selon ses besoins, celui qui pleurait en rentrant, sans vraiment savoir si c'était à cause de la couleur de ses vêtements ou de la douleur qui suivait inévitablement ses entraînements. Si il ne voulait pas être dramatique, il ne pouvait toutefois pas s'empêcher de penser que ce gamin-là était mort le jour-même où il avait tiré sa première balle dans le crâne d'un autre être humain.

Il s'en souvenait encore. Les uns après les autres, des hommes et des femmes suppliant la pitié, qu'il fallait tout de même exécuter au risque de finir à leur place. Il ne pouvait même pas savoir si ils étaient véritablement coupables ou non : tout ce qu'on lui demandait, c'était de tuer, d'obéir, et de ne surtout poser aucune question. Il n'aurait pas pu dire quand est-ce qu'il avait accepté. Sûrement jamais, au fond, puisqu'on ne lui avait pas vraiment laissé le choix. Enfin, si, mais la question n'avait jamais été posée. Il ne cherchait pas à nier ses responsabilités, mais il gardait l'amère impression qu'on lui avait retiré une partie de lui-même durant ces semaines qu'il qualifierait sans hésitation de lavage de cerveau, dorénavant. Et il avait marché droit dans le piège, comme des centaines avant et après lui. Pourtant...

« Ouais, désolé d'avoir fait un choix dans ma vie, pour une fois. »

Felix haussa les sourcils, surpris du ton venimeux de son aîné. Même Kagami parut choquée. Clive releva le regard, fatigué, une étincelle d'amertume dans ses yeux clairs.

« Désolé d'avoir agi de mon plein gré et de ne pas avoir vécu ma vie exactement comme tu le souhaitais, sans jamais décider quoi que ce soit. Désolé d'avoir agi sans forcément penser en permanence à vous, ou d'avoir voulu mourir comme je le souhaitais et pas comme tu l'aurais voulu. »

L'ancien régimeux reprit son sac sur lui, se préparant à parti malgré l'air triste de sa mère qui baissait le regard, honteuse. Le pire dans tout ça était qu'il ne ressentait aucune culpabilité sur le moment, hormis une colère et une amertume qui engloutissait tout sur son passage. Un égoïsme qu'il n'était pas habitué à vivre, qu'il avait retenu pendant des années, et qui éclatait dorénavant au grand jour sans s'inquiéter des dégâts collatéraux.

« Et pardon d'avoir désiré vivre ma vie pendant juste un instant. »

Il ne s'embêta pas à regarder le visage de son petit frère, ni de celui de sa génitrice, ne sachant que trop bien ce qu'il risquerait si jamais il le faisait. Il tourna les talons et ouvrit la porte sans plus tarder, tout cela pour la claquer derrière lui. Les mains serrées sur les enveloppes dans son sac, il accéléra le pas en voyant Kagami ouvrir la porte avec précipitation pour l'appeler et lui dire de revenir. Rien n'y fit.
Il se mit à courir, sans trop savoir où il allait. Tout ce qu'il voulait, c'était s'éloigner. De quoi, ça, il n'aurait pas pu le dire. Tout lui semblait plus sombre, d'un coup. L'espoir qu'il avait de récupérer ce qu'il avait perdu venait de s'envoler, et l'impression terrifiante qu'il devait maintenant repartir de zéro lui saisissait les entrailles. Au bout de plusieurs minutes, il se retrouva dans une petite ruelle plus éloignée, étroite et à l'ombre des regards. Essoufflé, il fut forcé de reprendre sa respiration et observa le sol sans prononcer un mot.

Il finit par décrocher une des pokéballs à sa ceinture, désireux de se téléporter partout, sauf ici. Néanmoins, sous le coup de la précipitation, il choisit la mauvaise et au lieu de Castiel, ce fut celle d'Anubis, son Snubull, qu'il prit. En apercevant le chien rosé, Clive ne comprit pas tout de suite, mais saisit après plusieurs secondes. Il voulut changer rapidement pour que rien ne soit remarqué, mais ce fut inutile. Le Snubull se mit à aboyer vivement, visiblement curieux de ce qui arrivait à son dresseur. Clive claque de la langue, agacé.

« Rien. J'veux juste voir Cas et faire un tour, rentre dans la balle. »

Le chien ne se satisfit pas de cette réponse. Il se mit à grogner plus fort, le regard sévère, ce qui ne fit pourtant pas réagir le hérisson. Il était étrange que ses grondements ne suscitent aucune réaction de sa part, du moins pas même une once d'hésitation. Le châtain leva les yeux au ciel et prit un ton plus sec, la voix levée.

« Anubis ! »

Le chien féerique aboya une nouvelle fois, moment qui fut suivi par l'apparition d'une vive lumière blanche autour de son corps. Alors que celui-ci grandissait et se déformait, il se rapprocha vivement, juste assez pour que [] ne passe à un mètre tout au plus de son dresseur. Ce n'était pas vraiment une menace ni une tentative d'intimidation, le connaissant, mais surtout une preuve qu'il ne le croyait pas et qu'il était fatigué d'attendre une réponse. Anubis avait ses méthodes, après tout, que Clive savait déchiffrer. Mais pas aujourd'hui. Non, aujourd'hui, il n'avait pas envie de le faire.

« Si tu ne veux pas rentrer, soit. Mais je ne reviendrai pas te chercher. »

Le sous-entendu dans sa phrase ne passa pas inaperçu. Le Granbull écarquilla les yeux, éberlué par ce que venait de dire le jeune homme avec un ton aussi froid et désintéressé. Le chien ne sut pas quoi faire sur le moment, croyant peut-être qu'il bluffait, mais cette supposition fut chassée dès lors qu'il se rendit compte que rien dans son regard ne faiblissait. Anubis serra les dents et détourna le regard, humilié, avant de disparaître dans sa ball, devant l'indifférence apparente de l'humain.
Clive observa la sphère sans rien dire, en se demandant comment diable il avait pu agir ainsi envers un de ses compagnons. Il ne savait pas vraiment ce qui lui arrivait, hormis qu'il était actuellement incapable de ressentir la moindre empathie pour ses proches, ou du moins qu'il ne voulait pas en ressentir. Il avait vécu ça, quelquefois, lors de missions tout particulièrement violentes, mais jamais ainsi. Jamais envers un de ses frères, ou envers un de ses pokémon. Jamais il n'avait eu autant de sang-froid et d'indifférence devant la possibilité d'en abandonner un. Si c'était de la colère, il n'aurait pas pu la reconnaître.

La sonnerie de son téléphone le sortir de sa torpeur. Il rangea la pokéball et prit dans sa main son portable, en observant le nom de Faust s'afficher sur l'écran. Il attendit plusieurs secondes, le doigt planant au dessus, puis finit par éteindre l'appareil et le rangea dans sa poche sans un mot.


Explications:
 

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=> DC de Mikael J. Evans, Faust M. Donovan, Natsume Shimomura & Winter L. Kenway
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