« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 Cabin in the Woods {PV Sam

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Natsume Shimomura
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Jeu 10 Nov - 17:53



Cabin in the Woods

Feat l'ours-con

Kaito a toujours été relativement compliqué, Natsume ne mentirait pas. Il a d'ailleurs mis longtemps à savoir lui imposer des limites, au vu de son tempérament capricieux et orgueilleux, ce qui a posé problème pendant un certain moment. Toutefois, il avait cru, peut-être naïvement, être arrivé à quelque chose : visiblement, il avait encore un long chemin à faire. Car même si il a une idée de ce qui a pu rendre Kaito aussi désagréable envers son petit-ami, il ne cautionne en aucun cas et ne peut s'empêcher de se sentir énervé par le comportement puéril et dangereux de l'Alakazam. Si il se doute bien que Kaito ne laisserait jamais l'Enodril tomber, et qu'il le rattraperait par la télékinésie en en un clin d’œil si il le fallait, il envisage tout de même de faire passer à l'Alakazam un petit séjour dans la poche de Shoichi, son Empiflor. Comprenez bien qu'au bout d'un moment, avec une quarantaine de pokémon à gérer, il ne pouvait s'empêcher d'être exaspéré.
Alors qu'il cherchait à agir, sans pour autant trouver quoi que ce soit, il sentit la terre remuer un peu et si un nœud se forma dans son ventre, il ne resta pas immobile et recula brusquement en voyant arriver une Nidoqueen d'il ne savait où. Devant ses yeux horrifiés et paniqués, la femelle se mit à agiter l'arbre dans lequel se tenait encore par il ne savait quel miracle le compétiteurs, et qui fut bientôt arraché par un Nidoking à l'air tout aussi antipathique. Il hésitait à agir, sachant qu'il aurait pu empirer la situation si jamais il s'attaquait aux deux nouveaux arrivants, et même Kaito semblait comprendre que tout cela allait définitivement bien trop loin. Toutefois, l'Enodril finit par se rétamer entre les branches en poussant des cris de douleur, ce qui fit grimacer Natsume.

« Kaito, ça suffit ! Dépêche-toi de- »

Il n'eut pas le temps de continuer sa phrase, puisque le plus âgé poussa alors un cri de terreur qui fit s'immobiliser l'asiatique. Oh, merde. Double merde. Il faut dire qu'il ne l'avait jamais entendu se montrer si craintif, encore moins en l'appelant comme un enfant terrorisé. D'une part ce n'était pas plaisant, et d'autre part cela poussa l'adolescent à essayer de trouver la source de l'effroi de l'énolian. Autant dire que lorsqu'il le remarque le large python qui passait jusqu'à côté de son petit-ami, il ne fut lui-même pas si rassuré. Il se força à garder une voix plus calme, quoiqu'il ne restait pas franchement à l'aise.

« Ne bouge pas, d'accord ? Surtout, tu restes immobile. »

Ouais, comme si il allait danser la macarena. Bordel, l'intelligence...
Laissant de côté son angoisse, il ordonna à Kaito de le téléporter directement vers l'arbre, où du moins à quelques mètres, ne serait-ce que pour être suffisamment loin du regard du reptile. Vu la lenteur et la mauvaise vue des pythons, il avait un peu de temps pour s'approcher de l'Enodril... Si il outrepassait son vertige. Autant dire qu'il n'était actuellement pas très à l'aise au vu de la distance qui le séparait du sol, malgré la présence de son Alakazam qui aurait pu le rattraper en cas de chute. Outrepassant toutefois ses genoux tremblants et son teint excessivement pâle, il s'approcha lentement, en gardant en ligne de mire le serpent qui s'étirait paresseusement près du compétiteur. Visiblement, le reptile en était encore à essayer de savoir ce qu'était la forme à côté de lui, alors Natsume se permettait de rester optimiste.
Ce ne fut que lorsque le nippon tendit sa main vers l'aîné qu'il le vit se tendre, et l'éleveur fit automatiquement de même. Si il avait été plus éloigné et dans un autre contexte, sans doute en aurait-il profité pour...
... C'est vrai quand même qu'il a de jolis couleurs, après, ce python...
… Voilà. Penser ce genre de choses. Ne souhaitant pas alerter le reptile, il ne fit pas un bruit ou un geste, relativement nerveux. Lorsqu'il remarqua que la bête avait reposé sa tête, il écarquilla les yeux et saisit vivement la main de son petit-ami, et dès lors, Kaito en profita pour les téléporter vers le sol.

« Putain de... ! »

Son juron s'était perdu dans sa chute car en effet, l'Alakazam ayant agi dans l'urgence, il les avait fait atterrir dans la précipitation. Franchement incapable de définir dans quelle position ils se trouvaient, le Shimomura tenta maladroitement de s'en sortir, en poussant des jurons pas franchement polis au fur et à mesure qu'il se relevait. Il inspira et expira régulièrement, en jetant des coups d’œil aux alentours pour vérifier que le Nidoking et la Nidoqueen s'étaient éloignés, puis expira de soulagement. Au moins, ils étaient descendus. Ne se souciant d'ailleurs pas trop du sort de son Alakazam pour l'instant, il se pressa de se retourner vers son petit-ami à qui il jeta des regards inquiets.

« Tout va bien... ? Sérieux, si je chope Kaito, je le... »

Il ne termina pas sa phrase, quoique le regard venimeux et incisif qu'il offrit à son pokémon eut le mérite de faire passer le message, vu que celui-ci détourna tout de suite la tête, honteux. Retenant des grognements frustrés, il aida l'autre à se relever, en essayant de trouver la moindre trace de blessure. Se doutant qu'il avait probablement des échardes et c'était bien le cas, il se remercia d'avoir emmené sa trousse de secours. Il incita l'autre à le suivre, se disant qu'étant donné qu'il était près de sa zone favorite au niveau des grands pierres, il n'y aurait qu'à marcher pour tomber sur une zone plus clairsemée et moins dangereuse. Alors que ses pieds écrasaient les feuilles et l'herbe dans des petits craquements réguliers, il ne put s'empêcher de se rappeler la frayeur qu'il avait vu chez le plus âgé et se permit donc de tenter de le rassurer, peut-être un peu tardivement mais bon.

« Les serpents ne sont pas agressifs de nature tu sais, pour la plupart. Ils veulent surtout qu'on les laisse tranquilles. »

Alors qu'il parlait, il passa doucement son bras autour de la taille de l'autre pour le guider et tenter de le rassurer. Il essaya de garder un ton plutôt décontracté, ne souhaitant pas trahir son goût pour ces reptiles alors que ce serait sûrement de mauvais goût de le faire maintenant. Quelque part, bien qu'il savait qu'il ne ferait que parler dans le vide, il espérait pouvoir alléger ses craintes sur le sujet, naïvement, certes.

« Si tu as peur et qu'ils le sentent, ou que tu représentes un danger pour eux, là, ils t'attaqueront. Les serpents sont craintifs avant tout... Enfin, des gros chats qui aiment paresser et être tranquilles, surtout. »

Il se permit une tentative de sourire, en raffermissant un peu sa prise. Bon, évidemment, c'était maladroit comme tout et ça ne servirait à rien, mais l'intention était là. Inutile, mais présente. Une fois qu'il s'aperçut qu'ils étaient arrivés dans un lieu assez convenable pour monter le camp, il posa son sac et se permit un soupir satisfait en sentent le poids sur son dos s'alléger. Oui car entre temps il avait repris son sac, tout à fait, aha.

« J'pense qu'on va s'arrêter là, ça m'a l'air assez propre et il y a une source d'eau pas loin. Faudra juste monter le tout, enfin, après que je me sois occupé de tes mains. »

Un sourire qui se voulait rassurant et doux sur son visage, il fit signe à l'autre de s'asseoir pendant qu'il sortait sa trousse de soins. Une à une, et avec une facilité accrue depuis qu'Athéris avait commencé à exister (car mine de rien retirer des balles était plus délicat), il retira les échardes qui s'étaient plantées dans la peau de son copain, en prenant bien soin de désinfecter par la suite. Si il ne savait pas vraiment quoi dire sur le moment, il profita du silence, car après tout il était toujours plaisant de ne pas avoir les oreilles percées par des cris, que ce soit ceux paniqués de Samaël ou ceux de... Ieurk. Il n'avait pas envie de s'en rappeler. Une fois cela fait, et il profita d'ailleurs du moment pour garder les mains de l'autre dans les siennes en toute discrétion (lol), il se remit à sourire. On notera d'ailleurs qu'il le fait beaucoup, aujourd'hui.

« Bon... La tente, maintenant. J'te cache pas que ça risque d'être compliqué, elle est un peu vieille, disons... »

Il se massa la nuque. En effet, elle datait encore de l'époque où il était au Japon, et il ne l'avait toujours pas changé parce que... Hé bien parce que Natsume est un radin qui préfère acheter  de l'équipement pour ses recherches ou économiser plutôt que d'alléger son portefeuille, déjà pas bien lourd à la base. Il se mit à déballer un objet épais dans son sac, dont le manuel était entièrement en japonais (et en chinois, mais bon, l'asiatique n'en avait que des bases), et poussa un geignement exaspéré.

« Bon... Alors ça, ça va là et... »

Bien évidemment, vous vous doutez que ça allait mal se passer. Alors qu'il tordait avec difficulté les anneaux pour les planter et qu'il déposait la toile par dessus, il eut déjà la joie de se prendre le bâton de fer sur le visage. Et par une magie noire que nous ne perdrons pas de temps à expliquer... Voilà qu'une des anses flexible était passée sous son haut, et qu'il pendouillait maintenant comme un rôti à la broche. Devant l'impossibilité mathématique de sa situation nouvelle, Natsume plissa les yeux et fronça les sourcils, perplexe mais pas si agité que ça, pourtant.

« Donc, euh...Tu peux me passer un coup de main ? Je comprends pas le chinois, t'façon. »

Mouais, en revanche le japonais, c'était censé être clair... Mais bon, quand on s'appelle Natsume, on a tendance à chercher toutes les excuses du monde pour ne pas avouer qu'on est clairement paumé.

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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Mer 30 Nov - 21:14



Cabin in the Woods


feat the rat-bite

Got any grapes ?



Une cellule froide. Une pénombre installée spécialement pour effrayer le prisonnier. Un sifflement aigu et déplaisant pour les oreilles. Une peau lisse et écailleuse venant entourer le seul être humain de la pièce. Il s'en passe des choses, en deux semaines ; surtout dans une prison. L'odeur poisseuse du sang était toujours présente : on avait refusé de nettoyer ma 'chambre' pour me rendre fou plus rapidement. Mais je me souviens de chaque détail comme si je les revivais à chaque instant. Les ricanements de ma geôlière qui avait laissé entré des reptiles dans mon 'cachot', les yeux de ces derniers aussi tranchants que le cutter de mon tortionnaire, leurs gestes rapides et coordonnés, les larmes que je retenais avec toute la force qu'il me restait, au risque de me faire attaquer par leurs crocs pointus et probablement venimeux. Il fallait bien que j'ai une phobie. Je peux dire sans l'ombre d'un doute que la mienne possède un nom compliqué et est l'ophiophobie, la peur des serpents. Ironique, quand on sait qu'ils ne laissent pourtant pas mon petit ami indifférent, et que celui-ci en possède d'ailleurs trois qu'il trimbale partout. Aujourd'hui, comme ce jour où j'ai failli passer entre les poisons de quelques amphisbènes. Séviper, Abo et une autre espèce que je n'aurais pas su nommer à ce moment, j'ignore si j'avais déjà une peur pareille, mais rien de ce que j'ai vécu au Bloc R2 n'a arrangé mon état. J'ai réussi à m'habituer aux présences de Hatori, Fran et Byakuran car mon cerveau a pu imprimer qu'ils n'étaient pas une menace et que jamais ils ne me feraient de mal, mais je me sens aussitôt très vulnérable devant n'importe quel autre reptile inconnu.

Je me suis promis d'essayer d'être une gêne le moins possible auprès de mon copain, mais ce fut mon seul réflexe : crier son nom pour qu'il me vienne en aide. Je n'aime pas me sentir aussi faible et l'importuner pour... une broutille, vraisemblablement. Si ça se trouve, ce truc n'est même pas dangereux et je panique pour un rien. Mais tout simplement, je ne peux pas. Bouger est devenu même impossible pour moi. Mes membres tremblent comme des feuilles mortes sur le point de tomber, et ma respiration est saccadée, s'accélérant progressivement au fur et à mesure que les secondes passent, et je crois voir passer une éternité avant que Natsume n'apparaisse enfin en compagnie de Kaito pour venir me sauver. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine dès qu'il surgit enfin, et je m'autorise à détourner mon regard un micro instant en direction de l'éleveur qui vient d'arriver dans l'espoir de calmer mon effroi. Je meurs d'envie de le rejoindre en bas et de me jeter à son cou pour le laisser m'apaiser comme il sait si bien le faire. De m'abandonner dans ses bras en oubliant l'animal écailleux qui me fixe vicieusement (de ce que je crois) depuis deux bonnes minutes maintenant. Il faut que j'attende toutefois que le Shimomura vienne jusqu'à moi pour espérer me sortir de cette situation. Comme il me le demande, je n'esquisse aucun mouvement. Comment le pourrais-je, après tout, alors que je suis tétanisé et que je manque de hurler une seconde fois. Je sais bien que je lui demande quelque chose de peu simple : grimper à un arbre, en plus de ne pas être facile, demande en outre ne pas avoir le vertige, et je sais à quel point l'éleveur est mal à l'aise quand il s'agit de quitter le sol.

Pourtant la main qu'il me tend marque le début de ma délivrance, et je ne rêve à présent plus que de la saisir. Sans doute l'aurais-je déjà fait si lui comme moi n'avions pas senti le reptile se tendre, et mon souffle se couper. Il semble prêt à me sauter dessus et mes doigts reprennent leurs tremblements de plus belle. Je dois me morde la lèvre très fort pour me retenir de crier, espérant que cela me fera également penser à autre chose, mais peut-être que là aussi je demande la lune. Mais tout se passe assez vite au final, et je n'ai pas le temps de me rendre compte de quoi que ce soit que je sens mon copain me tirer vers lui avant que nous atterrissions tous deux sur le sol par magie. Ou par téléportation, en l'occurrence, puisque l'Alakazam est toujours là. Notre chute est loin d'être agréable, mais ce n'est comparé au soulagement immense que je ressens, à quel point que je ne me doutais même pas que je pouvais encore éprouver un tel sentiment. Mon souffle est toujours rapide, mais il se calme peu à peu, en même temps que mes muscles et mon sang qui reprennent leurs activités normalement. Peu importe à quel point le sol est dur, je n'ai jamais été aussi soulagé de me savoir sur la terre ferme plutôt qu'au niveau de cet horrible python. Mais tant que Natsume reste près de moi, je crois que je n'aurai jamais rien à craindre du moindre serpent.
Les échardes se ressentent, mais à part quelques égratignures, je n'ai pas l'air d'avoir grand chose. Juste l'épaule de mon haut qui semble déchirer. Moi qui ne voulais pas inquiéter le japonais, je crois que c'est raté. On vient à peine d'arriver dans la forêt que j'attire déjà des ennuis à mon copain... Pas comme si j'étais l'unique responsable, mais ça m'embête un peu quand même. D'ailleurs je ne suis pas le seul à en vouloir à l'Alakazam : le dresseur de ce dernier n'a pas l'air de beaucoup apprécier la rancœur de Kaito dirigé vers moi, même si je sais qu'il n'a fait que le 'venger' pour ce qui s'est passé la dernière fois. Le Pokémon Psy comprend la leçon, toutefois, et je remarque dans son regard qu'il n'est pas très fier de la réaction du Shimomura, ce qui est évident. J'espère juste qu'il arrêtera de m'envoyer n'importe où ; je ne suis pas sûr que j'aurai autant de chance la prochaine fois. Natsume reporte ensuite son attention sur moi pour m'examiner, avant de m'indiquer de le suivre vers une clairière plus dégagée. Je suis vraiment bien plus rassurée, maintenant qu'il est là. C'est fou à quel point je peux me sentir perdu, sans lui. Est-ce parce que nous sommes au beau milieu d'un environnement qui lui est bien plus familier que moi, ou simplement à cause de mes sentiments forts pour lui, je ne saurais le dire. Je ne supporte pas d'être seul, en même temps, ça doit jouer également. Mais je ne compte plus m'éloigner, de toute façon. Pas comme si je l'avais voulu un jour ou l'autre, d'ailleurs.

Je le laisse volontiers placer son bras autour de ma taille, me sentant davantage 'protégé' de cette manière. J'oublie peu à peu ma frayeur de tout à l'heure, mais déglutis légèrement lorsqu'il tente de me rasséréner. Si mon lapin a sûrement raison, il est difficile pour moi de pleinement me rendre compte du caractère supposé 'non agressif' des serpents. Pas que je fasse une généralité, mais disons qu'à part avec les siens, je n'ai pas eu beaucoup de chance, côté reptile. Mais il n'y a pas que ça. Le poison... me fait affreusement peur. En plus des frissons terribles que je ressens à chaque serpent que je croise, ce sont surtout leur venin en général, qui me terrorise. N'est-ce pas effroyable, de faire face à un mal qui peut vous détruire sans même que vous n'y fassiez rien ? De ce que j'ai déjà pu entendre, certains poisons peuvent même vous tuer très lentement, vous laissant agoniser dans des douleurs qui paraissent interminables. Athéris ?.. Athéris, c'est différent. Je sais qu'il n'utilise pas de poison mortel, seulement qui peuvent vous infliger des souffrances très peu plaisantes, du genre que je n'aimerais pas ressentir, et que je n'aurais jamais à avoir, heureusement. J'ai parfois encore du mal à me faire à l'idée que Natsume est bien le Résistant avec lequel je suis déjà parti en mission, et avec lequel je me suis battu le jour où j'ai retrouvé le Shimomura amnésique. Ce ne sera plus la même chose, désormais, quand nous devrons de nouveau partir en reconnaissance, mais il vaudrait peut-être mieux que nous ne soyons plus dans les mêmes équipes, comme celles que j'évite pour ne pas croiser Noctis.
Au fond, je suppose que c'est la même chose pour moi et mes Pokémons Vol. J'aurai beau dire à Natsume qu'ils sont inoffensifs, cela ne va pas l'empêcher de les craindre et son vertige ne va pas disparaître pour autant. Surtout qu'il a peut-être dû rencontrer des oiseaux de mauvais augure, alors je ne peux pas le duper en prétextant que tous les Pokémons Vol sont mignons et gentils, car même si je les adore, je sais que ce n'est pas vrai. Mais j'imagine que notre but à chacun et de faire taire peu à peu les peurs de l'autre. Je me suis engagé à contrôler ma phobie, car je sais à quel point il aime les serpents. Si je ne peux pas partager sa passion, j'imagine que je peux au moins faire ce que je peux pour la supporter. Pour lui, je serais prêt à faire les efforts nécessaires, même si cela implique du temps, sans doute beaucoup. Tant pis, l'amour me perdra ; que ne ferais-je pas pour lui, après tout...

Nous nous arrêtons dans un endroit qui semble assez tranquille, non loin d'une source dont j'entends le bruit de l'eau s'écouler paisiblement. Comme Natsume le dit, je ne perçois ni détritus humain, ni habitat Pokémon que nous pourrions déranger. Le lieu est idéal, et l'herbe, en plus de ça, est assez moelleuse. J'en viens à ne plus me préoccuper de quoi que ce soit, échardes ou serpents, quand j'imagine d'avance ce qui se passera quand nous aurons monté la tente et que nous y serons installés. Lui, moi, comme seuls au monde au beau milieu de ces bois... L'idée était plus qu'alléchante, et je ne regrette pas d'être lancé aussi promptement. Les Pokémons sont les uniques voisins que nous posséderons. Pas que la compagnie de Faust et des autres soient gênante, au contraire, mais c'est différent de la chambre de Natsume. Ne reste plus qu'à espérer que ce camping se passe bien, après. Nous ne sommes pas à l'abri de créatures nocturnes voulant nous perturber ; même si nous n'avons rien à en craindre, avec tous les alliés que j'ai sur moi et l'éleveur à mes côtés pour me préserver de quelques autres serpents désirant m'attaquer. Ou en l'occurrence, de quelques échardes plantées dans ma peau ; parce que mine de rien, c'était pas très sain de les garder, et j'ai heureusement un copain qui s'y connaît un peu mieux que moi niveau soins. C'est bien pratique, d'avoir un petit infirmier à disposition, et même s'il doit détester ce terme, je profite du fait qu'il s'occupe particulièrement de moi. En dépit de mes grimaces face à la légère douleur que je reçois à cause de l'enlèvement desdites échardes, c'est une manière comme une autre pour l'éleveur de faire attention à son petit ami, et rien que ça me fait plaisir (il en faut peu pour être heureux, comme dirait un autre ours). Il ne remplacera jamais un vrai médecin, mais je place sans hésiter toute ma confiance entre ses mains. Mains qu'il garde exprès dans les miennes en souriant, ce qui me fait délaisser les échardes retirées. Les instants de paix comme celui-là étaient devenus rares, mais nous comptons en profiter aussi longtemps que possible maintenant que nous le pouvons de nouveau. Pour une fois, je ne suis vraiment pas mécontent d'une de mes propositions.

Mais bien sûr, si la camping est un bon moyen pour s'isoler du reste du monde, ça apporte avec lui son lot de petits inconvénients, et s'il n'est pas seulement question de Pokémons turbulents, il s'agit également de ce petit détail qu'on appelle 'la tente'. Il y a des pubs à la télé comme quoi les nouveaux modèles se déplieraient sans effort. Que serait le camping, toutefois, si on n'y mettait pas du sien du début à la fin ? J'aurais peut-être dû plus écouter mon père quand il me faisait des leçons là-dessus, tiens. J'ai jamais été très doué pour ça, aussi, et je ne pensais pas qu'un jour j'allai réellement avoir besoin de savoir comment m'en servir, vu que je me contentais de dormir à la belle étoile et que ça m'allait très bien. Mine de rien, les tentes, pour tout bon voyageur qui se respecte, c'est quand même un peu une base, et les dresseurs qui veulent capturer des Pokémons ne devraient théoriquement pas pouvoir non plus s'en passer. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir cette magie qu'est la téléportation, hé. Tout le monde n'a pas non plus la chance d'avoir un copain spécialisé là-dedans aussi, remarque. J'ai bien de la veine, moi, en tout cas. À priori, ça ne devrait pas être trop compliqué de monter une simple tente, surtout que nous avons le manuel avec nous et que je m'en remets entièrement au Shimomura... Ce qui n'est peut-être pas tant une si bonne initiative que ça, au final. Moi qui pensais que ça allait prendre à peine cinq à dix minutes pour que l'autre ait fini de tout installer, je sursaute, surpris, en constatant que le cadet s'est déjà pris un bâton de la tente en pleine figure alors que nous venons à peine de commencer. Je n'ai même pas le temps de m'inquiéter pour le coup qu'il vient de prendre, pourtant, car c'est maintenant un peu au-dessus du sol que le japonais s'est retrouvé, en train de pendre comme une pendule. Je cligne des yeux en l'apercevant pendouiller, avant de me mettre à glousser.

« Ha ha ! C'est bon, t'as pas trop le vertige, là ? »

C'est mal de se moquer alors qu'il m'a tiré d'une position qui n'était pas des plus amusantes pour moi en surpassant justement son malaise de l'altitude, mais je pensais réellement que le Shimomura était passé maître dans l'art de monter des tentes. J'imagine qu'il n'a pas dû partir en camping récemment, comme en plus il ne devait pas en posséder pendant sa disparition en tant qu'amnésique... Et disons que je ne lui ai pas laissé l'occasion de s'en aller trouver du repos dans la forêt, puisque je l'ai constamment collé ces derniers temps (vous me direz, ça semblait pas tellement le déranger). Je m'inquiète un peu de ce qui va arriver si lui-même est un peu perdu en ce qui concerne le dressement du camp -car il faut dire que je ne suis pas le plus doué non plus- mais j'imagine qu'à deux nous arriverons bien à quelque chose.
Je l'aide donc à descendre en faisant attention à ne pas lui faire mal avec le anse, soulevant ses jambes pour le porter le temps de le remettre pied à terre et de replacer le pic de fer à sa place. Je m'empare à mon tour du plan, étonné de ne pas y trouver au moins une explication en anglais. Pas que je sois particulièrement à l'aise avec ce langage non plus, au contraire de mon petit ami, mais mes bases anglophones sont plus solides que celles nippones que je perds peu à peu, bien que Natsume m'aide parfois à remonter mon niveau en me parlant dans son langue natale (et non, ce n'est pas seulement parce que je fonds en l'entendant me dire des mots en japonais). Le vocabulaire lié au camping n'est pas non plus le plus couramment utilisé, alors c'est parfois difficile à comprendre, alors heureusement que le Shimomura est là pour m'aider à la traduction -quoique si je faisais du camping seul, je prendrais au moins le soin d'emporter des instructions en français.
Mais même à deux cerveaux (enfin 1 et demi), il est quand même assez compliqué de nous y retrouver, et je crains par moment que nous oublions une pièce ou deux dans le lot. Cette tente n'a rien de moderne, qui plus est, alors je ne cache pas que nous avons un peu de mal à repérer les pièces qu'il faut. Heureusement, nous avons le droit, en plus des instructions, à des schémas qui nous permettent d'arriver progressivement à quelque chose. Mais plus on avance, et plus j'ai l'impression d'être observé. J'ai beau tourner la tête dans toutes les directions, je ne vois que les pierres et les arbres qui nous entourent, mais cette sensation me colle pour une raison que j'ignore. Peut-être que je deviens paranoïaque à cause des serpents... Faut dire que je n'apprécierais pas tellement d'en recroiser un sauvage de sitôt, même si l'éleveur reste désormais près de moi.

« Des gros chats qui veulent juste qu'on les laisse tranquille... Ça me rappelle quelqu'un. »

Je souris, amusé, en constatant que le nom d'Athéris ne lui va peut-être pas si mal que ça. Je peux comprendre sa proximité et sa fascination pour les serpents ; il leur ressemble un peu quelque part. Enfin... Natsume est bien plus mignon, quand même. Et sa peau est si douce... Rien à voir avec celle d'un reptile, ou même celle de Faust quand nous avons dû faire ce plan à trois avec Isaac et Helmut.
Nous arrivons à peu près, je pense, à faire un truc qui tient debout. Mais encore faut-il que nous puissions accrocher la toile de la tente autour des anneaux et il me semble que c'est l'une des étapes les moins simples. Au sol, je suis sur le point de m'emparer du velum et de quelques tendeurs quand je remarque un mouvement étrange en-dessous du drap. En soulevant ce dernier, je distingue tout un petit groupe de Cornèbres. Lorsque l'un d'eux m'aperçoit, ils tournent tous la tête d'une même traite en ma direction. Un ange passe pendant que je reste immobile, à cligner des yeux en me demandant ce qu'ils faisaient cachés sous la tente. Puis, au bout de quelques secondes, les Cornèbres se mettent à piailler en même temps, avant de s'envoler, me faisant perdre l'équilibre quand ils passent volontairement sur mon visage afin de me déstabiliser. Je tombe par terre, déboussolé. Leurs rugissements attirent de nouveau mon attention, mais c'est vers le ciel que je regarde à présent.

« Mais... Mais... Ils nous piquent notre tente ! »

Captain Obvious bonjour. Outré et fulminant de rage, ne supportant pas qu'on me vole des affaires, je grogne en prenant une Poké Ball.

« Volt, à to-... Hééééé ! M-Ma-Ma ceinture..!! »

Une Poké Ball inexistante, donc, puisque je n'ai plus sur moi la ceinture de boules noires et rouges qui ne me quitte jamais. En plissant un peu les yeux, je constate que ce sont bien ces oiseaux de malheur qui s'en ont également emparé. L'escroc de piaf qui la tient entre ses serres me tire même la langue pour se moquer de moi. Aaah, je les aime, les Pokémons Vol, mais je crois que je ferai une exception pour ceux-là !

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Natsume Shimomura
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Jeu 1 Déc - 19:43



Cabin in the Woods

Feat l'ours-con

Combien de fois Nagisa lui avait-elle dit qu'il fallait la changer, cette foutue tente... Et combien de fois l'avait-il ignoré, surtout. Bien trop pour pouvoir le compter, mais il n'est pas nouveau que Natsume est particulièrement têtu et un peu trop radin pour son propre bien. Grommelant en gigotant comme un poisson coincé, il ne retint pas plusieurs jurons alors que son petit-ami éclatait de rire. L'assassinant du regard avec la crédibilité d'un chaton mouillé, il ne se retint pas de quelques insultes, bien qu'il savait pertinemment que ça n'avait aucun objectif autre que soulager sa fierté. La remarque quant à son vertige lui fit lever les yeux au ciel dans un grognement exaspéré. Quoi, il avait mangé un clown, maintenant ? Il se retint toutefois d'en rajouter, ne souhaitant pas passer davantage de temps à pendouiller comme un imbécile heureux. Au moins, maintenant qu'il l'aidait à s'en sortir, il pouvait vite oublier ce petit accident et faire comme si rien ne s'était passé. Car Natsume n'a jamais un seul petit souci. JAMAIS.
Alors qu'ils terminaient de monter la tente avec une certaine difficulté, et que les yeux de l'asiatique faisaient des allers et des retours entre les instructions du manuel d 'utilisation, la remarque de son copain lui arriva aux oreilles. Il leva les yeux au ciel devant la comparaison, pas vexé du tout mais plutôt... Il n'aurait pas su dire. Gêné, peut-être, aurait été le terme le plus adapté. Car oui, aussi ridicule que ce soit, il n'appréciait jamais vraiment qu'on le lise, quand bien même l'individu en question serait son petit-ami et que donc ce serait inévitable.

« J'vois pas ce que tu veux dire. »

Absolument pas. En maudissant Winter de lui avoir fait croire que ce serait une bonne idée que de choisir ce surnom, il se préoccupa plutôt de mettre en place les derniers éléments de la tente. Bon, si les choses continuaient à se présenter ainsi, alors ils auraient peut-être terminé de faire le camp d'ici moins d'une heure, ce qui serait tout de même préférable. Il n'avait pas vraiment envie d'attendre que la nuit tombe, en fin de compte. Néanmoins, car évidemment rien ne se passait comme il le fallait, il remarqua avec circonspection que le compétiteur s'était arrêté dans ses gestes. Il manquait sûrement une pièce, après tout, et il allait la lui donner, si ce n'était que ça. Il n'aurait pas imaginé que ce soit en réalité un petit groupe de Cornèbres qui était à la source de sa pause momentanée.
Et bien évidemment, comme les choses n'allaient sûrement pas bien se passer vu qu'ils n'avaient pas un seul gramme de chance, les oiseaux n'avaient pas l'air si pacifiques que ça. En les voyant se tendre et pousser des cris, l'éleveur jeta sur place et se crispa immédiatement. En ravalant nerveusement sa salive, il poussa un cri ma foi très ridicule en se cachant presque instantanément derrière ce qu'il restait de la tente... Avant que les Cornèbres ne partent avec, tout comme les poké balls de son copain, en en profitant d'ailleurs pour se foutre ouvertement de sa gueule. Maintenant qu'il s'était ramassé à terre bien proprement, il pouvait relever les yeux vers les responsables qui s'étaient déjà mis à s'envoler.

« Mais, euh, enfin... ! »

Très crédible, en tous cas, comme protestation. Ne souhaitant pas perdre toute sa dignité en restant par ici à se cacher comme un pleutre, il fit de son mieux pour se relever et suivre direction par laquelle passait les Cornèbres. Il fallut courir pour essayer de les rattraper, bien que Kaito fit de son mieux pour leur lancer quelques attaques au loin, sans succès. Ils étaient bien trop véloces pour l'Alakazam qui ne pouvait ma foi pas grand chose. Quand bien même ses attaques Rayon Signal avaient été longuement perfectionnées grâce à l'aide des autres insectes de l'équipe de Natsume, les toucher en pleine course dans les airs aurait tenu du miracle. Et l'éleveur n'était pas vraiment sûr de vouloir savoir ce qui arriverait une fois qu'un des leurs serait assommé, en réalité, car pour l'instant, ils semblaient ma foi plus farceurs que véritablement méchants.
Après une ou deux minutes de course effrénée et pas du tout pathétique, ils finirent par s'approcher d'un endroit plus clairsemé, et le nippon plissa des yeux en remarquant qu'ils approchaient d'une falaise. Mal à l'aise, il se concentra comme il le pouvait sur le sol, et poussa un soupir de satisfaction. Un grand nid se trouvait devant eux, dans lequel le drap de la tente et la ceinture de l'Enodril étaient sagement posés. Pas très inquiet, le Shimomura s'avança pour récupérer les deux objets, et il en profita d'ailleurs pour tendre son bien à son petit-mi. Ce ne fut toutefois qu'en soulevant le tissu de la tente qu'il cligna des yeux et poussa un juron.

« Je crois que je sais pourquoi ils ont volé la ten- »

Il n'eut pas le temps d'en dire plus, bien que c'était évident au vu de l’œuf qui venait d'être découvert. Des bruits de craquement de branches parvinrent à ses oreilles et il se retourna très, trèèèès lentement. Si il gardait un air bien plus calme qu'il ne l'était vraiment, cela ne voulait pas dire qu'il n'avait pas conscience du danger dans lequel il venait de les fourrer. Pour dire vrai, il n'était pas vraiment sûr de savoir ce qui le terrorisait le plus et lui donner davantage envie de courir en hurlant, entre le vide derrière eux et les grands oiseaux qui venaient d'arriver. Les deux Corboss se posèrent lentement en repliant leurs ailes, leurs regards perçants posés sur les intrus, l'air tendu.

« ... Ah. C'est problématique. Zut. Je crois que j'ai oublié le régime alimentaire des Corboss, pour le coup. »

C'est-à-dire que lorsque l'on s’introduit dans leur nid, près de leur œuf, il commençait à se douter qu'ils pouvaient peut-être faire une exception à leur régime. Le teint livide, il eut au moins le mérite d'essayer d'avoir un semblant de sourire jaune et nerveux.

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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Lun 5 Déc - 18:52



Cabin in the Woods


feat the rat-bite

Got any grapes ?



J'enrage. Non seulement je déteste quand on vole mes affaires (les fois où Natsume m'emprunte mes vêtements ne comptent pas), mais encore plus quand il s'agit de mes Pokémons, sans lesquels je suis très rapidement perdu. Je ne peux pas laisser mes alliés entre les mains -ou pattes- de n'importe qui, et surtout pas dans ceux de chippeurs tels que ces rapiats de Cornèbres ! D'ailleurs ça n'a aucun sens, ne sont-ils pas censés piquer des trucs qui brillent et non des objets sans grand intérêt tels qu'une ceinture de balles et une toile de tente un peu décrépite ? Je ne vais pas essayer de comprendre leur logique maintenant, mais c'est encore plus frustrant de voir qu'ils auraient pu s'en prendre à d'autres et que c'est sur nous que c'est tombé alors que nous sommes probablement ceux avec lesquels ils ont le moins à gagner. Si mes compagnons sont largement assez puissants pour se débarrasser de ces piafs sans grande difficulté, je crains qu'il ne leur arrive tout de même malheur, si jamais leurs Poké Balls venaient à être gobées ou mises dans un espace restreint qui ne leur permettrait pas de s'ouvrir. Je ne perds pas de temps et me lance à leur poursuite, bien décidé à reprendre mon bien. J'aurais bien demandé à Natsume de rester pour être sûr qu'on ne nous vole rien de plus et que c'est une affaire qui me concerne davantage personnellement, mais sa présence à mes côtés ne pourra jamais être refusée, alors je le laisse m'accompagner, Kaito nous suivant en tentant de déstabiliser les oiseaux, sans grand succès toutefois. Je ne voulais pas déranger le Shimomura avec cette histoire -quand c'est moi qui l'ai provoquée, pour ne rien arranger-, mais c'est tout de suite un soulagement quand je le sais tout près, alors je ne vais pas me mettre à chigner maintenant ; surtout qu'il y a plus urgent.
Je ne peux même pas tenter de les viser avec des cailloux, c'est presque mission impossible durant une telle course, et ils sont de toute façon bien trop haut pour que je puisse les atteindre, mais je remercie intérieurement l'Alakazam de ses essais, même vains, pour les stopper. Heureusement que Faust m'a longuement fait travailler mon endurance, bien que ce n'était pas extrêmement plaisant. Détail inutile, mais je remarque d'ailleurs que l'éleveur continue d'aller plus vite que moi. En rapport avec son entraînement spécial chez Winter, peut-être ?.. J'ai encore du mal à croire que le garçon qui se tient là, en train de courir juste à ma droite, est le même que celui avec lequel je me suis retrouvé pris au piège dans une grotte, il y a de cela plusieurs mois maintenant, mais le hasard fait parfois des choses bien surprenantes. J'essaye de l'imaginer à nouveau dans son costume ; le résultat reste étrange. Je suis néanmoins rassuré par le fait déjà de savoir qu'il sera définitivement dans mon camp et que nous arrêterons peut-être de nous chamailler la prochaine fois que nous partirons en mission ensemble, même si nous risquons d'être assez pathétiques, à nous soucier chacun de l'autre.

Notre poursuite dure jusqu'à ce que nous les perdions définitivement de vue, et que nous atteignons ce qui ressemble à un escarpement, qui signe la fin du chemin que nous empruntions. En bas, c'est la paroi rocheuse et un vide mortel qui nous attend si jamais nous tombons. Mais entre nous et le bout de la falaise, un grand nid se tient, dans lequel nous retrouvons la tente et ma ceinture, que mon copain s'empresse de me remettre avant de s'immobiliser en constatant ce qu'il y avait sous la toile et la raison de ce vol. En effet, Natsume constate l'existence d'un œuf de Pokémon -de Corboss sûrement-, et il n'est pas difficile de savoir alors pourquoi ces bougres de moineaux ont osé dérober ce qui devait constituer le toit de la précieuse -mais ô combien vieille- tente du cadet. Mais alors que je me demandais moi-même où pouvaient bien se trouver les parents, c'est le japonais qui est interrompu par des bruis étranges derrière nous, et nous nous retournons d'une seule traite pour constater que deux énormes Corboss se sont posés à la sortie de la forêt d'où ils viennent de sortir, les empêchant de fuir par cette voie. Les nouveaux arrivants, sans doute donc parents de cet Oeuf qu'ils viennent de remarquer et par la même occasion probablement géniteurs aussi de tous ces Cornèbres qui les entourent à présent en croassant hostilement. Leurs yeux incisifs nous dévisagent avec animosité, indiquant que nous ne sommes pas spécialement les bienvenus chez eux et que nous risquons de mal finir si nous restons plus longtemps. Mais alors que les oiseaux s'avancent en jetant leurs becs en avant pour nous menacer, nous nous voyons obligés de reculer, ce qui conduirait à chuter de la falaise, en continuant ainsi. Peu d'autres options s'offrent à nous, et si j'ai récupéré mes Pokémons, il serait inutile de les lancer dans une bataille maintenant. Cet Oeuf que nous venons de découvrir a encore besoin qu'on s'occupe de lui, alors je ne peux pas me permettre non plus de mettre les deux Corboss KO. Nous devons d'abord nous échapper le plus vite possible et espérer ne pas finir en chair à pâté avant d'avoir trouvé une solution. Les paroles du nippon sont pour le moins peu rassurantes, et j'en conclus qu'il n'a pas d'idée non plus, lui qui est pourtant le plus intelligent de nous deux. La plupart des oiseaux mangent surtout des insectes et des fruits. Mais certains, comme les corbeaux, ne crachent assurément pas sur un peu de viande quand elle est à leur portée. Sans quitter les Pokémon Vol et Ténèbres des yeux, je m'adresse au biologiste d'une voix qui se veut calme.

« Fais rentrer Kaito. »

Je ne suis sûr de rien, mais l'Alakazam ne peut de toute évidence pas affronter à lui seul non plus cette lignée de charognards. Le mieux est donc de le rappeler dans sa Poké Ball afin qu'il ne soit pas blessé inutilement. Si je ressens la peur, elle ne transparaît pas sur mon visage. C'est plutôt une expression peu certaine mais ferme qui s'y affiche. Il y a peut-être un moyen de s'en sortir indemne ; assurément pas le meilleur, mais c'est personnellement tout ce que j'ai. Lentement, sentant nos prédateurs tendus, je m'approche de Natsume, avant de lui prendre la main.

« Surtout ne lâche pas la tente... Et fais confiance à ton petit ami dégénéré. »

Alors déjà, quand je demande à ce qu'on me fasse confiance, ça finit en général assez mal. Mais quand moi-même je sais que mon idée est dangereuse et stupide, vous pouvez être presque sûr d'avoir un os ou deux de casser. Peut-être plus. J'ai conscience que je ne dois pas avoir l'air très sécurisant quand je lui dis ça, mais... Je vis assez périlleusement, c'est le moins qu'on puisse dire. Je ne peux plus le nier, je n'ai pas toutes les neurones en place, et même quand elles font semblant de fonctionner, ce n'est que pour m'entraîner dans une suite de risques perpétuels. Et là je considère que je n'ai pas le choix d'embarquer Natsume dans quelque chose de potentiellement aventureux, et même si je n'aime pas le mettre en danger, nous avons une chance de prendre la fuite si ma trouvaille pas du tout ingénieuse marche.
Le plus discrètement possible, je m'empare d'une Poké Ball à ma ceinture, avant de la lancer... dans le vide. Un vide vers lequel je me précipite, entraînant l'éleveur avec moi.

« ON SAUTE ! »

Joignant le geste à la parole, et toujours en tenant la main du Shimomura avec fermeté, je nous fais sauter dans le précipice. Mon cœur bat la chamade, et je dois probablement donner une crise cardiaque au japonais, mais si m'élancer ainsi m'arrache une certaine terreur, celle-ci disparaît dès lors que j'aperçois l'éclair orange en dessous qui nous réceptionne en pleine chute. Nous atterrissons bel et bien sur le dos de Smaug, comme je l'avais espéré. Assez grand pour nous tenir à deux sur lui, si je le remercie d'un regard, c'est contre le lapin que je me serre, cherchant à l'apaiser alors que j'ai parfaitement conscience de son vertige et que nous nous trouvons quand même actuellement très loin du sol. Je place une main derrière son cou pour le ramener près de mon torse, et laisse l'autre caresser son dos, l'enlaçant tout en jetant un coup d'œil derrière moi pour m'assurer que nous ne sommes pas suivis. Heureusement, mon dragon va bien trop vite pour les Cornèbres et même les Corboss, les forçant à abandonner. Un soupir de soulagement m'échappe au bout de quelques secondes, quand je suis sûr que nous sommes sortis d'affaire.

« Je sais. Tu sors avec un taré. »

Ce n'est pas nouveau, et je ne fais que relever l'évidence. Même lui a bien dû se rendre compte qu'il me manquait un grain, mais il m'a tout de même aimer malgré tout. Ce n'est pas comme ça que j'espérais faire battre son cœur, m'enfin on a pas tout ce qu'on veut. Smaug aussi est désespéré de mon comportement, mais il sait qu'on me refait pas. Tori, à force, n'est même plus étonné quand je fais ce genre de folie ; l'épisode avec Sulfura l'a convaincu qu'il n'y avait plus rien à faire pour mon cas, mais il continue de prier pour que je retienne un jour la leçon.
Durant le vol, je tente de penser à autre chose, et guide mon Dracaufeu pour que nous puissions nous poser là où était notre campement, avec l'espoir que rien d'autre n'aura été volé ou saccagé en notre courte absence. Durant notre vol, je surprends un Nostenfer nous tenir compagnie pendant quelques instants. Il n'a pas l'air d'être méchant, lui, au moins, et exécute même quelques pirouettes, souriant tandis que je l'observe, amusé de son comportement. Je soupire de nouveau, plus las cette fois.

« Je suis en train de me demander si c'était vraiment une si bonne idée que ça, finalement. »

Je baisse le regard, préférant reporter mon attention sur les arbres que nous surplombons, mais je suis frustré contre moi-même de nous attire autant d'ennuis depuis le début.

« Je voulais profiter avec toi de quelque chose que tu aimes, mais... Je suis peut-être pas fait pour ça non plus, au final. »

Je m'agace tout seul. Même ça, je suis pas fichu de le faire correctement. Que ce soit les sciences ou le camping... Pourtant j'essaye de m'impliquer quand je sens que le Shimomura est passionné. C'est juste que j'arrive toujours à faire en sorte de tout gâcher, et c'est décevant. Pas comme si ce n'était pas la première fois que je faisais du camping non plus, pourtant faut croire que je suis pas doué pour ça non plus. J'aimerais bien pour une fois être capable de faire autre chose que d'amener du danger et faire mon intéressant. Être utile c'est peut-être encore trop demander pour moi, faut croire.

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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Mar 6 Déc - 3:22



Cabin in the Woods

Feat l'ours-con

Dans le palmarès des situations grotesques et dangereuses, je crois que je viens de trouver la colique.
Comme il le pensait d'une manière si poétique, ils étaient effectivement dans une panade manifeste, peu importe à quel point il tentait de relativiser. Plus il regardait les oiseaux, et plus il se rendait compte que ceux-ci ne comptaient pas vraiment les laisser partir sans planter leurs becs dans leur viande. Il aurait aimé, pourtant, mais il s'occupait de suffisamment de pokémon pour ne pas se faire d'illusions sur les intentions des volatiles. Kaito s'était placé devant eux, mal à l'aise de par son handicap de type mais le dissimulant sous une façade d'assurance à laquelle son dresseur ne croyait pas du tout. Malgré la situation, il n'aurait malgré tout pas hésiter à prendre des coups si cela voulait dire leur laisser l'opportunité de s'échapper, et Natsume s'en rendait compte. Le problème était qu'il espérait toujours, au fond, pouvoir régler le problème de manière pacifique avec les oiseaux ; peut-être qu'avec un peu de dialogue... Il eut d'ailleurs le droit à un coup de patte de la part de son Alakazam, mécontent.
Il n'eut pas le temps d'entrer dans une passionaaaaante discussion avec Kaito, puisque ce fut Samaël qui reprit la parole, avec une voix assez calme. Intrigué mais pas forcément méfiant, il se dit qu'il avait peut-être une idée qui ne nécessiterait pas de faire du poulet rôti ce soir. Il hocha donc lentement de la tête, en faisant bien attention à ramener ses mains lentement vers sa ceinture de pokéballs. Pourtant, alors qu'il s'adressait à ramener l'Alakazam, celui-ci détourna le regard du visage de l'Enodril qu'il inspectait avec de grands yeux écarquillés, avant de tourner son visage épouvanté vers son dresseur en hochant négativement de la tête à toute vitesse. Natsume aurait d'ailleurs juré qu'il aurait pu le voir blanchir. Bien que son inquiétude grandissait au fur et à mesure que l'Alakazam s'agitait pour persuader le nippon de ne pas écouter ce qui venait de lui être dit, cela ne servit à rien. Kaito fut rappelé et les épaules de Natsume se tendirent quand il vit l'un des Cornèbres s'approcher un peu plus.

Quelque chose lui disait qu'il n'allait pas aimer la suite. Sa pensée fut confirmée lorsque l'aîné s'adressa de nouveau à lui en prenant sa main. Franchement mal à l'aise, les yeux du Shimomura se mirent à inspecter attentivement le plus âgé pour essayer de trouver une réponse à son comportement, sans succès. On aurait pu lui opposer qu'il était supposé faire une totale confiance à  son petit ami, ce qui n'était pas faux en un sens, mais l'éleveur avait tout de même conscience que beaucoup des idées de son copain étaient relativement dangereuses pour la survie d'un être humain normal. Comprenez bien que quand un type qui saute au cou de Sulfura vous demande de croire en ses décisions rationnelles, il y a des raisons d'être mal à l'aise, au delà de toute subjectivité induite par des sentiments quelconques. Nerveux, autant par le silence que par les pokémons qui ne demandaient qu'à planter leurs becs quelque part, il s'apprêtait à parler avant qu'il ne soit trop tard pour cela.
En le voyant jeter un de ses poké balls dans le vide, il ne comprit pas tout de suite. Ou du moins, il lui fallut deux secondes, moment exact où il se mit à écarquiller les yeux alors que ses muscles gelaient sur place. Trop tard, peu importe à quel point son cri de protestation coinçait dans sa gorge et ne demandait qu'à sortir : le compétiteur les avait fait sauter dans le vide. Il ne parvint même pas à hurler, se contentant de fermer hermétiquement les yeux alors que le vent le giflait durant leur chute. Trop terrorisé pour penser à autre chose que ce qui allait se passer une fois qu'ils éclateraient leurs crânes sur le sol, il ne réalisa qu'après quelques instants qu'il avait déjà atterri. Pas sur la terre, visiblement, car il n'avait senti aucune forte douleur dans sa nuque qui était toujours en place. Si le contact restait rude, le fait qu'il soit encore en vie lui indiquait toutefois que quelque chose avait changé, encore plus quand on considérait que l'air avait cessé de s'agiter autant.

En rouvrant les yeux avec hésitation, il ravala sa salive six ou quarante-deux fois avant de se rendre compte de ce qui s'était passé. Des caresses régulières étaient prodiguées dans son dos tandis qu'une main s'était positionnée dans son cou pour le rapprocher de quelque chose de bien plus rassurant que la probabilité proche d'une mort aussi rapide que violente. Toujours blanc et un peu tremblant, il eut le malheur de regarder sur les côtés, ce qui le poussa à reposer son attention sur l'autre individu. Individu taré, d'ailleurs, comme il le précisait. Natsume ne fut pas capable de rigoler ou même de glousser, encore trop effrayé par ce qui venait se passer, et très peu aidé par son vertige. La PLS était réelle, vraiment. En essayant de calmer sa respiration qui était, un peu comme les battements du muscle cardiaque de l'Enodril, partie dire bonjour à la vitesse, il jeta un coup d’œil pour constater qu'ils avaient bel et bien distancés les volatiles. Pour une fois, et probablement parce qu'il ne pouvait pas être plus apeuré qu'il ne l'était à l'heure actuelle, il ne s’inquiétait nullement de la proximité de Smaug. Ses difficultés à s'approcher du Dracaufeu passaient quelque peu à la trappe quand ils venaient d'échapper à une mort certaine.

Tout cela était arrivé bien trop vite pour qu'il y comprenne quoi que ce soit, et la situation avait tant dégénéré qu'on aurait pu se dire qu'il s'agissait d'une vaste hallucination. Mais non, absolument pas. Il n'était même pas en colère envers l'autre de toute manière, puisque le nippon était capable d'avouer qu'il n'aurait pas pu faire quoi que ce soit de son côté hormis aggraver la situation. Non, pour l'instant, hormis se remettre de ses émotions en se collant un peu plus à l'autre, il ne pouvait pas vraiment agir. Au moins, le temps qu'ils prenaient à se rapprocher du camp et à observer la Nostenfer qui traînait près d'eux, il pouvait reprendre peu à peu son calme.
Son expression avait déjà repris des traits apaisés et plus tranquilles, et on aurait pu nier qu'il aurait alors dû logiquement s'éloigner du corps du plus âgé, mais... Hé bien Natsume est du genre à profiter un peu de la situation, des fois, quoique son vertige ne l'aidait très certainement pas à vouloir s'éloigner. À son propre étonnement, il remarquait d'ailleurs qu'il regardait bien moins vers le sol, et que si la crainte de la chute était toujours présente, elle était au moins diminuée grâce à la présence de l'énolian. Bha ; il ne se posait plus de questions, à force.
Quoique lui semblait le faire, néanmoins. Tandis que les yeux de Natsume osaient se perdre vers l'horizon, Samaël lui fit part de son malaise quant à la situation dans laquelle ils s'étaient embourbés, et plus que ça, avouer penser que, encore une fois, tout était de sa faute et qu'il n'était bon qu'à rater. Le japonais soupira, discrètement certes mais tout de même. Ce n'était, après tout, largement pas la première fois qu'il se retrouvait dans cette situation avec lui ; ils avaient eu cette conversation une bonne dizaine de fois en deux ans, si ce n'est bien plus si l'on comptait les occasions où il avait lui-même proféré ce genre d'imbécilités. Il n'était donc pas surpris de voir réapparaître ces peurs pourtant complètement injustifiées. Et il savait qu'il n'y avait qu'une seule méthode face à ces discours : c'était d'ailleurs pour cela qu'il prit une bonne dizaine de secondes avant de parler. Le regard vaguement posé sur le paysage, il prit la parole.
Je lui ai dit que je ferai un effort ? Bon, bah c'est l'occasion de prouver que je ne dis pas QUE des conneries...

« Bien sûr que c'était une bonne idée. Ne mélange pas tout, c'est moi qui nous ai fourré dans ce nid. Et puis peu importe : tu ne les as pas vraiment invité à venir faire un buffet gratuit. En plus, on est en vie. Sans toi, je ne sais pas si ça aurait été le cas. »

De toute façon, chercher un coupable à ce problème résolu n'aurait servi à rien, et l'éleveur en était lui-même conscient. Toutefois, il savait bien que le souci était au fond autre que celui que le plus âgé présentait, ce qui rendait toujours le lapin perplexe face à la complexité de la tâche. Cela ne voulait néanmoins pas dire qu'il abandonnait l'affaire, au contraire ; il disposait justement de plus de manières d'essayer d'améliorer les choses.

« J'suis flatté et content que tu aies voulu m'accompagner et que tu sois là, déjà... Tu ne vas pas me faire croire qu'on doit forcément tout réussir non plus ; on s'en fout, de ça. »

Il poussa un long soupir fatigué, et fut surpris de constater qu'il n'y avait même plus un seul tressautement dans sa respiration ou même dans sa voix. Ce n'était pas surprenant, en un sens, au vu de l'effet apaisant qu'avait son petit-ami sur lui, même si il ne lui dirait pas forcément pour éviter de devoir encore éterniser ce laïus qui s'annonçait bien mièvre. Une de  ses mains jouait négligemment avec l'une du plus âgé, venant quelque fois caresser ses doigts avec les siens comme si de rien n'était. L'oreille posée contre le muscle cardiaque qu'il écoutait attentivement, s'y raccrochant comme un moyen de se rassurer parmi tant d'autres, il garda un regard qu'on aurait presque pu croire indifférent sur ce qui l'entourait'. Presque', évidemment, vu que d'après la douceur de ses gestes et le calme de sa voix, il en était une toute autre affaire. Ici et là, parfois même sans qu'il ne s'en rende compte, des petits morceaux de tendresse échappaient à son attention et à son contrôle constant de lui-même. Et de ce que Natsume en constatait, il n'essayait souvent même plus de les retenir.

« Je n'ai pas besoin que tu sois comme moi ou doué en ce que je fais exactement pour que ça me plaise. C'est justement parce que tu es différent de moi que je t'aime. Tu me fais découvrir énormément de choses, après tout. »

Comme si de rien n'était, il avait haussé les épaules. Il s'arrêta pendant une seconde, surpris par ses propres paroles. Il mit d'ailleurs plusieurs secondes à se remettre dans le bain, ne s'étant pas attendu à ce qu'il ose cela aussi brusquement et sans la moindre censure, ce qui était aussi inhabituel qu'étrange chez lui. Enfin, il y avait certes d'énormes progrès depuis qu'il avait retrouvé ses souvenirs, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être stupéfait lorsqu'il en avait la preuve devant les yeux. Ce genre d'aveu lui aurait incendié les joues, auparavant, mais plus maintenant. Non, tout au plus, il était étonné de la facilité avec laquelle il l'avait dit, sans une trace de honte comme il y en avait eu à une période. Ne voulant toutefois pas s'embarrasser tout seul par son propre étonnement, il passa à autre chose d'un ton relativement désinvolte. Sa main, instinctivement, s'était resserrée autour de celle du compétiteur. Un sourire lumineux, jovial et sincère, plus honnête qu'il ne l'était envers qui que ce soit d'autre, se dessina sur son visage.

« Tant que tu veux être avec moi de toute façon, je me fous pas mal du reste, pour être honnête. Même si il te manque un sens de la survie, au fond de ton cerveau. Et puis de toute façon... »

Il testa durant quelques secondes sa propre certitude, avant de ravaler sa  salive. Puis, progressivement, lentement, et avec une certaine dose d'hésitation emplie d'une toute petite once de crainte, il caressa nerveusement la peau du dragon sur lequel ils se trouvaient. Il savait bien qu'il ne risquait rien par rapport à Smaug, mais entre son vertige, sa méfiance quant aux pokémon feu ou volants et son instinct de survie... Disons qu'il s'agissait là d'un effort massif.  Il ne releva toutefois pas tout de suite le regard vers Samaël, préférant sans doute inspecter le Dracaufeu plus attentivement pour calmer ses propres craintes.

« Tu voulais qu'on aille faire un tour en l'air ensemble il me semble, non ? C'est l'occasion. Mais si on refait une chute libre, je te préviens, c'est moi qui ordonnerait à Kaito de te remettre dans un arbre. »

Le ton est joueur, espiègle, mais il est bien conscient qu'il s'agit de la première fois qu'il ose y penser. Pourtant, il y avait eu plus d'un essai pour le faire changer d'avis mais jusqu'à maintenant, il n'avait jamais réussi à trouver le cran. Quelque part, avec ce qui s'était passé, il était capable de penser à réessayer, et ce en dépit d'une partie de son instinct qui hurlait au sujet d'une très proche fin des temps. Il releva ensuite un peu le regard, cherchant à se donner un air assuré par un rictus taquin, bien que les restes de blancheur sur son teint n'aidaient pas à faire oublier sa frousse de tout à l'heure.

« Tu voulais qu'on partage un de mes loisirs, non ? Bah à ton tour. Montre-moi. Il doit bien y avoir une raison pour que tu passes ton temps à risquer ta vie comme un "taré", après tout. »

Il adorait les attractions, non ? C'était la même chose au fond. La vitesse et l'adrénaline, il aimait bien, bien que son goût pour ce type de choses n'était pas aussi fort que celui celui qu'avait l'énolian de ces mêmes sensations. Mais il était prêt à essayer de passer au delà des quelques barrières qu'il se mettait, juste pour voir, et aussi pour lui montrer qu'il pouvait être capable de rendre la pareille. En outre, il y avait également cette envie de faire disparaître de l'esprit de son petit-ami la pensée qui lui disait qu'il n'était pas doué pour quoi que ce soit. Et ça, c'était bien plus motivant que beaucoup de choses.

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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Sam 17 Déc - 0:30



Cabin in the Woods


feat the rat-bite

Got any grapes ?



Ma dévalorisation est un léger problème qui tarde définitivement à se régler. Je suis hypocrite quand je sais que je serais moi aussi blasé et attristé si Natsume passait son temps à faire comme moi. C'est assez peu plaisant d'entendre son copain se miner ainsi, j'en suis conscient. Mais que puis-je dire d'autre, à l'heure actuelle ? C'était mon idée, à la base, alors je me porte en partie responsable de nos problèmes depuis que nous avons atterri dans la forêt. Mon accrochage dans les arbres, le serpent devant lequel j'ai paniqué et dont le Shimomura a dû me secourir, puis ça : des oiseaux de malheur qui ont bien failli nous transformer en chair à corbeau juste parce que je n'ai pas su garder un œil sur la tente et que j'ai laissé les Cornèbres s'en emparer, avec en prime mes Poké Balls. L'éleveur est déjà assez tolérant comme ça avec moi sans que j'en rajoute, mais un jour je ne devrai pas m'étonner s'il finit par perdre patience, à force de devoir réparer mes bourdes. Bien sûr, j'ai envie de le garder et de faire de mon mieux pour éviter les erreurs pareilles, mais quoi que je fasse, j'ai l'impression que ça me retombe quand même toujours dessus. Alors je finis par perdre peu à peu espoir, moi aussi. Mes propres capacités n'ont jamais été ma fierté, j'ai toujours été plutôt médiocre, que ce soit à l'école ou pour éviter les ennuis et entraîner les autres dedans. Si j'attachais autant d'importance à la Compétition, ce n'est pas seulement parce que j'avais un objectif auquel je me rattachais fermement, mais aussi parce que j'étais bon. Ou du moins, je pouvais modestement me considérer comme pas trop mauvais. Quitte à me pavaner à la télé et devant une foule de spectateurs, je me trouvais au moins dans un élément que je maîtrisais de mieux en mieux, et c'était une véritable première, pour moi. J'avais réussi, en effet, à trouver ma voie. Voie que je ne pourrai plus conserver jalousement longtemps, d'ailleurs, vu que la fin se rapproche à grands pas, mais là n'est pas la question.

Combien de fois a-t-il été obligé de me rassurer parce que je jouais aux imbéciles piteux ? Bien trop ; à tel point que j'ai arrêter de compter et de me demander comment il faisait pour me supporter. Il est bien trop gentil avec moi, mais je ne peux pas m'en plaindre. Je vis de gentillesse, alors quand bien même d'autres que le japonais auraient été plus brusques, ne serait-ce qu'au bout du compte, il n'a pourtant jamais usé de rudesse avec moi, me réservant au contraire sa douceur qu'il ne montre que rarement en public. Je ne lui en aurais pas tiré rigueur, s'il avait décidé de s'y prendre avec fermeté. Mais peut-être qu'à cause de son passé, il est plus enclin à la tendresse, de toute façon ça vaut toujours mieux, et je ne peux qu'en profiter.
Il persiste à me rasséréner, m'assurant que j'ai eu, contrairement à ce que je pensais, une idée pas si mauvaise. S'il avait été contre ma proposition, je pense qu'il me l'aurait fait comprendre, ou qu'il aurait au moins essayé en faisant en sorte de ne pas me froisser. Mais je l'ai bien vu, s'il m'a demandé confirmation quant à ce que je lui ai demandé, il n'avait pas l'air tant réticent, et si je ne suis pas bien malin, c'est quelque chose que j'ai quand même su remarquer. Il semblait plutôt joyeux, d'ailleurs, ce qui m'avait autant étonné qu'amusé, et flatté, par la même occasion. Il y avait néanmoins certainement d'autres moyens de s'en sortir. J'ai avec moi une équipe de bêbêtes qui ne se seraient pas gênées pour faire comprendre à ces Corboss ce qu'il en coûte de vouloir faire de moi leur casse-croûte. Ils veulent bien être pacifistes si la situation l'exige, mais leur instinct protecteur restera plus puissant, me défendre étant leur priorité. J'ai préféré toutefois choisir une alternative plus dangereuse pour nous, mais qui nous permette à la fois de nous enfuir et de ne pas laisser de séquelles sur les Pokémons Vol. Mine de rien, si leur plumage est terne, il n'en est pas moins beau, même si l'admiration que j'ai pour Hadès n'est pas seulement lié à son type, mais surtout à sa classe. Je nous aurais jamais laissé mourir, de toute façon, et mes alliés pareillement. Si j'accepte son compliment parce que sur le coup mon plan, aussi stupide fut-il, a fonctionné, je ne suis pas naïf au point de croire qu'il s'agissait de notre seule échappatoire. Aussi, comme nous étions au bord d'une falaise, je craignais qu'un trop grand impact sur la roche fasse s'écrouler la montagne, ce que je ne pouvais laisser en sachant qu'il y avait cet Oeuf dans le nid.
Malgré moi, je souris un peu. Oui, j'avais raison. Il est heureux que je sois venu. Même si je suis inexpérimenté, ma présence lui reste agréable, et ce n'est pas parce que je suis nul que je ne peux pas essayer. Ce n'est pas pour qu'il m'apprenne à faire du camping que je lui ai proposé cette idée, ou du moins, pas seulement. Je voulais surtout être auprès de lui, que nous soyons tranquille, juste tous les deux, sans personne et surtout sans groupies hystériques pour nous déranger. Des moments de paix où nous pouvons profiter l'un de l'autre, y'en a jamais assez. Alors j'ai cru pouvoir y arriver. Je me disais que ça devait être simple. Qu'en théorie, ça allait bien se passer. De manière non surprenante, je me suis planté, mais si je me fiche bien de paraître ridicule en faisant des erreurs, mon but n'était pas que l'éleveur ait à en pâtir. Tolérant, ce dernier ne tient pas rigueur de mes actes aussi irréfléchis que suicidaires et tente même de m'apaiser avec des caresses et une douceur dont je profite tant que je le peux.

Je ne pourrais jamais faire aussi bien que Natsume dans ses domaines, c'est un fait. Sans pour autant l'imiter, je fais quand même de mon mieux pour ne pas le décevoir et, même si c'est pathétique, de l'impressionner. Attiré par tout ce qui concerne les sciences, il fut logique que je décide de m'y intéresser un peu plus attentivement moi-même, mais je n'ai pu nier l'évidence quand elle m'est apparut : que ce soit mathématiques ou physique-chimie, toutes ces matières ne me tirent qu'un mortel ennui dont j'ai bien été content de me débarrasser une fois mon baccalauréat en poche. De toute façon, je n'y suis pas très doué, alors à quoi bon poursuivre dans ce qui ne me plaît pas et ce qui ne répond pas à mes talents. Toutefois, c'est quelque part un manque d'intérêt qu'il m'arrive de regretter dès lors que j'aperçois cette lueur émerveillée dans le regard du Shimomura une fois que l'on vient à parler de ses domaines de prédilection. J'eus aimé qu'il me scrute avec autant d'intensité et d'attention jusqu'au jour où je me suis rendu compte qu'il le faisait déjà, mais qu'il prenait bien soin à chaque fois de ne pas se faire remarquer. Je suis son petit ami, alors naturellement qu'il ne voie que moi, d'une certaine manière, mais en dépit de toutes les gentillesses qu'il a pu me dire avant, j'ai toujours cette peur qu'il ne me désire plus ou que mon incompétence le blase tant et si bien qu'il finisse par chercher son bonheur auprès de quelqu'un d'autre ; quelqu'un de plus intelligent. Mais s'il m'aimait pour mon cerveau, ça fait longtemps qu'il m'aurait déjà quitté ; et s'il m'a déjà énoncé des qualités chez moi qui lui plaisaient, je ne me souviens pas l'avoir entendu dire un jour ce qui faisait exactement qu'il était tombé amoureux de moi. Nous appartenons à des mondes assez différents, après tout. Je suis niais et chiant à bien des niveaux. Et je ne compte plus les fautes qui m'ont rendu inutilement agaçant et pitoyable au possible.

Non. Ce qu'il me dit, c'est qu'il aime ma différence. Qu'il m'aime pour ma différence. Une différence que je pensais néfaste à notre relation, mais qui ne la rend que plus forte, améliorant même son alchimie. Une connexion entre nous qui fonctionne un peu comme les pôles négatif et positif de deux piles. Quand elles sont mises ensemble du même côté, elles s'évitent, mais quand elles sont dans des sens différents, elles se rapprochent (l'un des seuls trucs que j'ai vraiment retenu de mes cours de physique). Natsume est alors un peu comme mon pôle positif (je devrais d'ailleurs noter cette métaphore quelque part pour voir sa réaction quand je la ressortirai). C'est ce qui nous rend différent qui nous rassemble. Je ne crois pas, après ça, pouvoir trouver une excuse à ma jalousie quand je verrai ses camarades de fac être un peu trop proches de lui. Tout comme il me laisse dans mes combats Pokémons, je devrais le laisser dans son secteur. Pas que je ne le fasse pas déjà, mais je suppose que me blâmer sur mon inexpérience là-dessus éternellement ne changera jamais les choses, et j'imagine que ça doit pas être très plaisant pour le japonais de toujours constater que je me dévalorise autant et devoir me rassurer sur ce sujet. Si je lui fais découvrir deux ou trois trucs et que sa curiosité scientifique est assez satisfaite me concernant, je crois que c'est déjà pas si mal, et je devrais m'en contenter. Cela ne m'empêche pas, cependant, de m'en vouloir pour lui faire courir des risques en vain. Je crois que je l'ai trop fait comme ça, et encore plus quand je me souviens de la petite excursion entre Résistants que nous avons été obligés de mener dans les montagnes où je n'ai pas été vraiment très malin. Nous n'avons pas reparlé de cet épisode, d'ailleurs, mais je crois que ni lui ni moi n'avons envie de l'aborder, surtout en considérant que nous avons été plus grotesques qu'autre chose et qu'il est ironique maintenant de me souvenir de la tendresse que j'ai faite preuve à son égard le soir même alors que j'avais envie de l'étriper inconsciemment durant toute notre escapade.

Son sourire me surprend, aussi logique soit-il. C'est peut-être sa largeur inhabituelle qui me fait fondre instantanément, mais même entre nous, je n'ai pas l'habitude de le voir avec des sourires aussi grands que ceux de Faust. Je me sens me transformer en flaque devant lui, comme j'ai si souvent l'accoutumance de le faire. Je ne peux pas m'en empêcher, j'ai presque l'impression qu'il le fait exprès pour que je devienne une guimauve. Son expression joyeuse me réchauffe au moins un peu le cœur, et mes insécurités se taisent petit à petit. Il sait viser juste pour me calmer et me flatter, celui-là. Je suis en même temps bien trop sensible à la moindre de ses paroles niaises et rassurantes, et l'affection dont il me témoigne par son regard et ses gestes n'aide pas. Qu'on ne s'étonne pas que je sois tombé amoureux de lui, et il m'arrive encore, dans ce genre de moment, de me demander comment on pourrait ne pas le faire. Mais ça, c'est juste parce que je suis un copain légèrement gaga.
Je ne vais pas le nier, il me manque une case « danger » quelque part, ou alors elle s'actionne trop tard, quand je suis déjà dans une panade pas possible. Je veux me montrer courageux, mais à ce stade, je crois que c'est plus de la témérité qu'autre chose, et ça je crois que c'est moins cool. Mon but n'est pas de donner des crises cardiaques à mon petit ami, mais disons que je dois seulement... Apprendre à contrôler un peu ma folie et mon sens de la survie, oui, comme il le dit. J'ai pas trop non plus envie de mourir, aussi, même si je peux faire croire le contraire. Bien sûr, je n'hésiterai pas à me jeter en avant en cas d'extrême nécessité, mais c'est pas mon objectif principal, de manger des pissenlits par la racine aussi jeune. Surtout que je me plais pas trop mal, dans ma vie. À part d'un père, je ne manque de rien, ou presque ; ma potentielle victoire prochaine importe assez peu, toutefois, quand je considère tout ce que j'ai déjà, à savoir une famille, des amis, des Pokémons, et mon éleveur, évidemment. Éleveur qui doit me supporter quotidiennement alors que j'agis pas forcément toujours de manière raisonnable, et qui m'aime malgré mes nombreux défauts et ma maladresse. S'il veut rester avec moi, alors ça me suffit aussi. Je n'ai pas besoin de grand chose d'autre ; après tout, je trouve que c'est déjà énorme, pour ma petite personne.

Une de ses mains se détache, et je manque de la rattraper jusqu'à ce que je me rende compte qu'il la dirige vers le dos de Smaug. Je le sens hésitant, mais il y arrive quand même, sous mes yeux étonnés mais ravis. Mon Dracaufeu, s'il reconnaît l'indécision dans la paume de Natsume sans même le voir, ne cille pas. Ses pupilles bleues regardent en arrière, et il émet un semblant de ronron au moment où le Shimomura ose enfin caresser tout à fait le Pokémon Feu et Vol, les deux types que l'éleveur craint le plus. Le dragon n'était pas sans savoir cette peur, et jamais il ne s'en était offusqué, quand bien même il ne ferait pas de mal à un Magicarpe. Il y a là de nets progrès du lapin, et moi comme mon allié en sommes plus que réjouis. Est-ce là ce qu'il voulait dire quand il m'a parlé de lui faire découvrir des choses ? Je me souviens qu'il tremblait facilement devant un Arcanin, au début, alors une créature alliant le vol et les flammes ardentes... Je ne peux qu'être satisfait de l'amélioration du japonais. Smaug en est lui-même rassuré, et savoir que mon petit ami, qui ne l'approchait pas tellement avant, se permet finalement de lui prodiguer un minimum d'attention, ne peut que lui faire plaisir. Peut-être qu'un jour, à l'allure où vont les choses, Natsume n'aura plus peur d'eux du tout, et il sera aussi facile pour lui de monter sur le dos de Windie que de répondre aux câlins de mon Dracaufeu. Alors si je ne l'aurais pas obligé à faire des efforts pour s'adapter à mon équipe, je suis touché qu'il veuille autant s'abonnir. Je sens même Smaug se détendre légèrement suite au geste de mon copain, comme s'il craignait moins de le faire fuir. Il était en effet peu enjoué de constater la terreur que ses types inspiraient à l'éleveur, même s'il savait qu'il n'y était pour rien et qu'il ne pouvait pas faire grand chose. Il s'était contenté de se montrer le plus doux possible, mais les mauvais souvenirs du nippon devaient être encore trop présents pour qu'ils puissent être proches physiquement. Je sens le calme envahir Smaug alors qu'il savoure l'une des rares fois où Natsume s'avise de le toucher. J'espère qu'il ne s'agira pas de la dernière. Pas comme s'il y avait beaucoup d'occasions comme celle-ci, mais je souhaiterais l'aider à vaincre sa frayeur sur ce point. Tout comme moi qui essaye de faire avec ses serpents, j'imagine.

Je fais mine de détourner légèrement le regard, l'air de rien, manquant de siffloter quand il me met métaphoriquement à nu. C'est pas faux, je ne peux le nier. On va pas faire une comparaison niaise et ridicule à Aladdin ou Dragons, mais je dois avouer que faire un petit tour dans les airs en compagnie de mon petit ami me faisait beaucoup fantasmer. J'aime voler, c'est un fait, mais le vertige du Shimomura ne me permet pas de l'emmener avec moi, même dans des cas comme ça, cette expérience nous est déjà arrivée, même avant que note relation commence. Je n'oublierai d'ailleurs jamais notre première envolée sur le dos de mon Roucarnage, quand j'ai voulu le raccompagner chez Faust après notre journée au skatepark. Nous étions juste des... amis, en quelque sorte, ou en tout cas de bonnes connaissances, mais ce soir-là, il m'a pris la main, comme pour me rassurer. Quand j'y pense, je me dis que ça faisait pas très hétéro même à ce moment-là, mais ça ne m'avait pas déplu. Du tout. J'étais content que nous ne voulions déjà plus nous entre-tuer, tous les deux. Ça aurait été vaguement agaçant de devoir nous supporter, quand je me rends compte à présent de tout le temps que je passe chez Faust, même si désormais le fait que je sorte avec Natsume ne rend pas mes visites moins fréquentes. Squatteur professionnel, on peut le dire, mais je ne pense pas que ça dérange tant les habitants de la maison (hormis Clive, peut-être, mais c'est une autre histoire). Faire disparaître le vertige de l'éleveur, j'aimerais bien ; c'est loin d'être simple, toutefois, même si je sens que grandir lui fait oser de plus en plus de choses. Smaug serait aussi certainement heureux de montrer ce qu'il sait faire, ne serait-ce que pour espérer que ça le fera changer d'avis sur les Pokémons Vol. Pas comme si Natsu était le genre à faire des généralités, mais je peux comprendre ce qui anime sa peur. Ma propre mère avoue ne pas être totalement à l'aise avec le fait de se trouver dans les airs, et apparemment, si papa rêvait de voler, il restait assez dépaysé quand venait le moment de franchir le pas.

Ce n'est qu'après, pourtant, que je saisis l'idée qu'il tente de me faire parvenir. Aussitôt je pousse un petit hoquet de stupeur, en relevant les yeux vers lui. Je cligne des paupières, me demandant si j'ai bien compris, avant de déglutir. Intrigué, même mon Dracaufeu a relevé la tête, l'air apparemment perplexe. Je me masse machinalement la nuque, incertain. Je n'ai pas halluciné. Je le vois bien, il ne rigole pas. Malgré son rictus et son teint encore un palot, Natsume veut que je lui fasse découvrir ce qui me plaît tant dans la voltige et les acrobaties aériennes. Curiosité scientifique ou simplement intérêt par rapport à notre relation, si je suis touché qu'il veuille faire tant d'efforts, je ne peux m'empêcher d'être dubitatif. Je n'ai pas trop envie de lui donner une vraie crise cardiaque, à vrai dire... Je ne le crois pas aussi fragile qu'un Chenipan, loin de là, mais je m'inquiète des conséquences si jamais il arrive malheur pendant que nous volons. En principe, il n'y a aucun risque, puisque je fais totalement confiance en mes Pokémons. Tori et Smaug, en particulier, sont passés maîtres en matière de cabrioles céleste, même si le Roucarnage possède l'avantage de la légèreté et de la souplesse comparé à son partenaire un peu pataud.

« Tu-Tu es sûr ?.. »

J'aurais pu admettre que non, il n'y a pas forcément de logique à mon raisonnement, et que c'est justement ce qui m'amène à aimer un peu trop le danger, je crois. J'aime juste toutes les sensations que ça peut apporter, comme la vitesse, les loopings, l'adrénaline qui s'empare de moi dès que je me trouve dans les airs, et bien sûr la relation harmonieuse que j'entretiens avec mes Pokémons chaque fois que nous partons faire un tour dans le ciel. Je ne sais pas si je vais pouvoir faire comprendre au Shimomura ce qui m'anime tant dans mes folies dangereuses, mais s'il tient vraiment à le savoir, alors je ne peux que lui montrer, après tout. Il doit être conscient de ce dont il me demande ; je ne vois aucune raison de lui refuser ça, dans ce cas.

« B-Bien, si tu veux. »

Saisira-t-il finalement l'idée ou au contraire aura-t-il davantage peur pour moi à l'avenir, ce sera à lui de voir. Je vais y aller mollo, de toute façon, pas la peine de m'y mettre à fond non plus, je n'ai pas envie qu'il s'évanouisse. Quoique me connaissant, je ne vais probablement pas résister à l'envie de lui révéler ce que je sais faire. Je décroche donc de ma ceinture la Poké Ball de Tori que je fais apparaître aussi, avant de faire signe à mon oiseau d'approcher. Sur son dos, j'ai installé une espèce de selle (on va dire ça comme ça) qui me permet de ne pas tomber. Je l'enlève de plus en plus, pour me tester, majoritairement, mais je sais que ça rassure mon propre Pokémon quand je le garde. Habituellement le seul à monter sur le dos de mes compagnons, je n'ai pas pensé à en acheter un pour chaque, mais il faudrait que je pense à le faire. Peut-être que cela donnerait plus envie à Natsume de m'accompagner dans ce loisir ?
Je détache le harnachement de Tori pour l'installer sur Smaug. Ses deux pattes avant lui permettent d'attacher la boucle pour maintenir l'équipement contre lui et qu'il ne se détache pas, mais c'est à moi de mettre en place le reste, installant le siège et notamment la poignée, auquel mon petit ami pourra se raccrocher. Bien sûr, pour m'assurer qu'il ne chute pas, rattachée à la selle, j'ai même une ceinture de sécurité que j'attache tout de suite autour de sa taille. Il aurait pu la mettre par lui-même, certes, mais laissez-moi profiter de ses hanches comme j'en ai envie. J'aime juste prendre soin qu'il ne lui arrive rien, c'est tout.
Après avoir vérifié une dernière fois de sa sûreté et du fonctionnement du matériel, je relève le regard vers le japonais, avant de lui sourire tendrement, et de caresser sa joue. Puis, sans qu'il ne s'y attende, je me jette sur lui pour lui faire un bref câlin, tout joyeux de pouvoir lui montrer ce dont je suis capable et de lui faire découvrir ma passion. Enfin, je me tourne vers Smaug pour lui tapoter gentiment la tête, échangeant avec lui un regard complice.

« Je te le confie, mon grand. Prends soin de lui. »

Et je sais qu'il le fera. Il est d'un naturel bienveillant, même s'il peut encore être maladroit. Il a toute ma confiance, cependant. Je ne remettrais pas la vie de mon copain entre les mains -ou en l'occurrence les pattes- de n'importe qui. Donc une fois cela fait, je me lève du dos de Smaug pour sauter sur celui de Tori, avant de m'y installer comme j'ai pris l'habitude de le faire. Monter à cru est pas si mal, mais les plumes et la flexibilité de Tori le rendent physiquement plus confortable que le Dracaufeu. Ce dernier, en revanche, possède une meilleure corpulence pour les débutants car on peut plus facilement s'y raccrocher.
À présent complètement dans mon élément, je me permets de prendre une grande inspiration, oubliant peu à peu notre petite mésaventure avec les Cornèbres et leurs géniteurs imposants. Mes yeux se tournent une ultime fois pour contempler le nippon sur le dragon. C'est une image que je ne pensais pas voir un jour, tiens. Mais j'aime mon copain, et j'aime les oiseaux. Alors j'aime beaucoup mon copain sur un oiseau (bon, ok, ça ressemble pas trop à un piaf mais je vous emmerde).

« Yooosh ! C'est parti ! »

Mon volatile pousse un rugissement sonore avant de commencer par perdre progressivement de l'altitude en se dirigeant vers le bas. Je lui intime d'y aller doucement, étant donné qu'il faut que Natsume ait le temps de s'habituer. Déjà, quand je monte avec lui, je sais qu'il est inquiet, mais je n'ose imaginer ce qu'il doit ressentir quand il est seul. Heureusement Smaug nous suit de très près et peut, au pire des cas, nous rattraper si nous venons à prendre de la vitesse, alors il sait quoi faire. Au fur et à mesure que nous nous approchons du sol, Tori commence à prendre de la vitesse, tombant presque en piqué. Je me penche en avant afin de ne pas être bloqué face à la force du vent due à notre rapidité, et donne un petit coup de pression avec la main gauche sur l'aile du même côté de mon oiseau lorsque nous ne sommes plus qu'à quelques mètres de la terre pour qu'il se redresse d'un coup et reparte vers le ciel, ayant acquis plus d'élan pour ce que je m'apprête à lui demander par la suite.
Je n'ai pas réussi sur le coup à me faire apprécier de Tori quand je venais de le capturer ; il n'avait pas un caractère facile, loin de là, et je suis bien content qu'il se soit considérablement assagi avec le temps. C'est grâce à lui si j'aime autant voler, d'ailleurs, et personne ne pourrait douter de notre entente en nous voyant exécuter toutes ces cabrioles. Nous avons réussi, avec de la patience, à développer un lien fort qui fait que nous arrivons à devenir parfaitement synchrones. Même plus besoin de parole, quelques fois, mes gestes suffisent, car nous avons aussi former une sorte de code, les mouvements étant plus rapides que les mots quand le besoin se fait pressant et que nous nous trouvons en situation difficile.

Arrivés près d'une montagne, je décide de la contourner, voulant initier la voltige petit à petit l'éleveur. Je veux déjà me rendre compte de ce qui se passe quand nous faisons le tour de la colline, en se penchant vers soixante à quatre-vingt degrés. Je ne peux pas lui imposer directement ce dont je suis capable, mais je veux qu'il prenne quand même du plaisir durant notre envolée, puisque je sais qu'il ne déteste pas tant que ça les sensations fortes. Suivant nos moindres fais et gestes, Smaug, si d'ordinaire agit un peu comme un chiot foufou quand il comprend qu'on l'emmène en promenade, ne peut s'empêcher de garder son caractère sérieux pour cette fois, comme s'il comportait un trésor précieux sur son dos. C'est un peu le cas pour moi, en un sens. Natsume est un trésor qui n'a pas de prix, même si je sais que c'est purement niais, de dire ça. M'enfin, après tout, ça ne vous étonne plus.
D'un nouveau tapotement de l'aile droite, cette fois, Tori exécute un tour complet sur lui-même de manière assez rapide pour ne pas que le japonais panique trop, si Smaug répète nos mouvements. Je manque presque de lui demander un simple retournement, mais pas sûr que mon petit ami soit tout à fait prêt pour se retrouver la tête en bas. Alors nous refaisons encore deux tours complets, un peu plus lentement cette fois-ci, avant de commencer de commencer à monter jusqu'aux nuages, à la verticale, en démarrant avec un petit looping qui nous propulse dans les cieux. Je n'ose pas me retourner vers le Shimomura pour le consulter et m'assurer qu'il va bien. S'il y avait eu un souci, de toute façon, Smaug m'aurait immédiatement prévenu. Mais bon, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter un peu, je trouve encore quelque part que j'y vais peut-être trop fort, là. Je me sens si bien, pourtant, à voler avec lui.

Tout à coup, un éclair violet vient nous rejoindre dans notre élévation. À nos côtés se tient désormais la Nostenfer de tout à l'heure, qui n'a plus l'air de vouloir nous lâcher. Amusé, je la laisse nous voleter autour de nous, avant d'esquisser en sa compagnie un semblant de ballet aérien avec mon oiseau. Ce genre de Pokémon aime plutôt les endroits sombres, alors je me demande ce qu'elle fait, dehors en pleine journée. Peut-être l'avons-nous intrigué... Elle est rapide, en tout cas, si elle réussit à rester à notre hauteur. Elle semble même plus rapide que Tori, puisque je la vois se freiner afin de garder le même niveau que lui. Voilà une concurrente de taille qu'il ne me déplairait pas de défier avec lui, tiens. Mais ce n'est pas le moment pour combattre les Pokémons sauvages, à l'heure actuelle.
Nous volons haut, très haut, jusqu'à traverser les cumulus, qui nous serve de point d'arrêt afin de pouvoir les contempler du dessus. Plus tranquillement ensuite, nous planons en fendant les nuages que je m'amuse à toucher, et je souris en gloussant presque, retrouvant l'excitation qui m'ébranle chaque fois que je me trouve dans mon élément. La Nostenfer joue à disparaître dans les brumes blanches flottantes, essayant de dessiner des formes avec ses ailes. Elle tente maladroitement d'attirer notre attention, mais j'ignore encore ce qui peut tant attiser sa curiosité pour venir nous rendre visite. Je ne rechignerais pas à sa présence, hein, je me pose juste quelques questions. Les Nostenfers ne sont pas rares, mais j'ai l'impression qu'elle est plus petite que les autres de son espèce, celle-ci.
D'un geste de la main, je fais signe au Dracaufeu d'aller plus vite pour qu'il nous rattrape jusqu'à ce qu'il atteigne notre niveau, avant que nous ralentissions pour que je puisse me tourner vers Natsume. Ce dernier n'a pas encore recracher sa glace ou perdu ses couleurs, alors je suppose que pour l'instant, ça peut aller.

« Natsu, je... Euhm... »

Je peine à trouver mes mots exacts pour exprimer ce que je ressens. Je l'observe, un sourire désolé au visage. Je sais que c'est lui qui m'a demandé, mais il ne s'attendait peut-être pas à ce que j'aille aussi loin. Malgré tout...

« Je suis content de faire ça avec toi. »

C'est évident, quelque part. Tout comme il a envie de me faire découvrir ce qu'il aime, ce sentiment est réciproque me concernant. Avec le vertige du Shimomura, toutefois, c'était devenu compliqué de partager avec lui un moment comme celui-là. Il a, pourtant, une certaine allure, assis sur le dragon orange. Même sa cape qui flotte dans le vent lui donne un certain style. Le tout n'est pas déplaisant à regarder, et je ne me gêne pas pour me rincer l'œil, d'ailleurs. C'est une vision que je ne reverrai pas de sitôt, je crois, alors j'en profite, on va dire. Chaque fois que je croise ses prunelles ambrées, je retombe amoureux. Ma peine de tout à l'heure s'est envolée en même temps que nous, semblerait-il. Mais c'est quand je scrute de nouveau sa cape que me vient peut-être une idée.
Je commande à Tori de s'arrêter avant de me rapprocher de Smaug pour me retrouver de nouveau sur son dos.

« Il y a... une dernière chose que j'aimerais te montrer. Mais pour ça, il faut que tu fermes les yeux. »

J'ai peut-être déjà répété cette phrase trop de fois dans ma vie, simplement par plaisir de surprendre les autres, mais je pense que ça serait vraiment mieux pour le coup s'il regardait après coup. Alors après avoir vérifier que ses paupières étaient bien closes, je détache sa ceinture de sécurité avant de lui prendre les mains pour le faire se relever en douceur. Puis, j'appelle Synkro qui apparaît sur Tori, pour lui expliquer ma démarche en lui faisant lire mon idée sur mes lèvres tout en mimant ma demande. Il lève les yeux au ciel, sans doute blasé par mon idée, mais je n'en ai cure, d'autant plus qu'il accède à ma requête et se concentre en activant autour de lui une aura mauve particulière. En quelques secondes, les pieds de Natsume et les miens quittent peu à peu la carapace du Dracaufeu pour planer au-dessus du sol. Je retiens mon souffle, avant de bouger mes jambes et d'entraîner Natsume contre moi, de telle sorte à ce que nous nous retrouvions à flotter dans le vide. Ça y est, nous volons, pour de vrai. Enfin presque, j'imagine, puisque cette magie n'est possible que grâce à la lévitation imposée sur nous par mon Gardevoir. La lévitation, comme la téléportation, sont deux pratiques essentielles que mon Pokémon psychique s'est entraîné à maîtriser pour pouvoir être utile le plus efficacement possible si jamais j'en viens à faire appel à ses dons. L'un des rêves des Hommes a toujours été celui de voler, après tout, et avec Natsume, je m'autorise l'impossible. Simplement par télékinésie, nous pouvons voler aussi librement que n'importe quel Pokémon Vol ou Dragon.
Mon autre main vient prendre celle qui lui est disponible, tandis que mon front se colle au sien.

« C'est bon, tu peux les ouvrir. »

Réalisé par BlueBerry pour Orange


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Natsume Shimomura
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Ven 23 Déc - 3:19



Cabin in the Woods

Feat l'ours-con

Son intention de base pouvait paraître puérile, voir carrément inutile. Pour dire vrai, il savait déjà que même si il faisait des efforts, son vertige ne disparaîtrait pas en un claquement de doigts et il ne se découvrirait pas un amour inconsidéré pour la voltige juste parce qu'il avait fait un tour dans les airs avec son petit-ami. C'était une thèse hautement incongrue que même son côté niais n'aurait pas été capable d'envisager sérieusement. Ce n'était d'ailleurs pas l'objectif, loin de là, et il aurait ri au visage de quiconque y aurait cru une seconde. Loin de là son idée.
Néanmoins, il avait toujours cette envie, quelque part de comprendre un peu mieux ce qui pouvait passer par la tête de la personne avec qui il comptait partager sa vie (mais chut faut pas le dire, sinon il va stresser). Bien évidemment, comme il lui avait dit il y a peu et de manière moindre qu'il ne le pensait certes, la différence qu'il y avait entre eux était en partie ce qui avait attiré Natsume. Avoir un autre point de vue sur les choses, pour lui qui avait tendance à être curieux de tout, n'avait pu que l'intriguer. Et ensuite, hé bien, il lui avait déjà dit la dernière fois tout ce qui avait fini par le mettre dans ce qu'il avait appelé, à l'époque « une grosse merde noire ». Malgré les deux années qu'ils avaient passé ensemble, le cadet n'avait toutefois jamais cessé de s'intriguer sur des détails qui, ici et là, avaient toujours susciter sa curiosité. L'amour que son petit-ami avait pour la voltige en était un parmi tant d'autres, comme celui pour les combats qu'il ne comprenait pas mais qu'il tentait, pourtant, de saisir du mieux qu'il le pouvait.

Il n'était pas naïf au point de croire qu'il y arriverait complètement, voir même partiellement. Les autres ne peuvent pas être décortiqués si facilement qu'il le croyait arrogamment il y a quelques années, en classant ceux qu'il croisait dans des catégories arbitraires et condescendantes. Cela ne voulait pas dire qu'il ne comptait pas essayer, et après tout, il avait tout le temps du monde pour le faire. Du moins, jusqu'à ce que sa condition de mortel ne se rappelle à lui, mais il espérait pouvoir atteindre un âge satisfaisant malgré tout. Et en attendant, il comptait bien saisir un peu mieux ce qui pouvait passer par la tête de son copain (quoiqu'en dise la joueuse), car après tout, si il voulait l'accompagner et l'aider à être heureux, il fallait bien qu'il s'implique. Cela avait été son erreur, il y a deux ans, de ne pas le faire assez. De préférer se replier sur soi et causer inévitablement des disputes liées à de bêtes problèmes de communication. Si il savait que ce n'était rien de grave, il ne pouvait pas se dire qu'après tout ça, il ne ferait aucun effort. Essayer d'outrepasser ses propres barrières était  un pas gigantesque et il était plus enclin à le faire dorénavant. Une chose à la fois, certes, mais tout de même.
Sans doute avait-il fini par enfin se rendre  compte au fond de sa petite tête qu'il ne risquerait rien à quitter sa zone de confort et de protection de soi en se rapprochant de l'autre. Quelque part, et même si il ne le dirait jamais à haute voix car il ne souhaitait pas raviver de mauvais souvenirs, sa perte de mémoire et la tristesse qu'il avait ressenti en croyant qu'il partirait suite à la récupération de ses souvenirs avaient été des claques aussi brutales que nécessaires. Il en rirait jaune lui-même, maintenant, quand il se rendait compte des choses qu'il ne faisait pas avant mais aurait pourtant dû saisir dès le début. Un jour, peut-être qu'il s'excuserait d'avoir été aussi difficile à vivre, même si il savait que son interlocuteur ne voudrait pas entendre ça. Son arrogance et sa fierté, Natsume avait enfin commencé à comprendre qu'elles ne mèneraient à rien et qu'elles le freinaient sur tant de points que c'en aurait été intenable, sur le long terme. La réalisation avait pris du temps, et l'asiatique louait quelque peu son petit-ami pour sa patience infinie (un autre trait qu'il appréciait) quant à cela.

Mais malgré cette bonne volonté, il ne pouvait pas s'empêcher d'être peu à l'aise face quant à ce qu'il proposait lui-même. L'air surpris et le hoquet du plus âgé ne le surprirent pas, et il en gloussa même un peu pour dissimuler son incertitude. Il était lui-même conscient que ce qu'il proposait avait de quoi surprendre, quand leur dernière balade remontait à deux ans et que même là, il avait dû briser deux ou trois côtes du compétiteur sous le coup de l'effroi. En outre, il avait déjà fait un effort quant à sa crainte des secousses, en prenant régulièrement rendez-vous chez sa psychiatre pour passer au delà et ainsi pouvoir assister à tous les matchs du brun, et il s'en était satisfait, à une période. Son vertige, il estimait que c'était une toute autre affaire. Peut-être pas, en somme. Il ne promettait évidemment pas de le refaire à toutes les occasions, mais il pouvait essayer. C'était sans doute l'intention qui comptait plus que le geste.
Il savait, en outre, que l'énolian avait toujours souhaité partager et montrer ce qu'il savait faire. Il n'était pas sans savoir la raison qui le poussait sans cesse à vouloir son avis ou son regard quant à ses matchs, ou même ses figures aériennes. Il lui avait fallu un certain temps pour saisir pourquoi, mais il savait, maintenant.Qu'on veuille l'impressionner l'avait rendu perplexe au départ, ne pouvant pas comprendre ce qui pouvait animer cette volonté. Puis il y avait eu ses conférences, où Natsume avait compris pourquoi la présence et le regard de l'être aimé (taggle Natsu, on ne rajoutera pas « même platoniquement » pour que tu soignes ta gêne) pouvaient être immensément rassurants. Dès lors, il avait fait des efforts, petit à petit. Et si il souhaitait montrer le domaine dans lequel il était bon, l'éleveur n'allait pas l'en empêcher, et cesserait au moins en partie de dissimuler ce qu'il pensait par fierté. Alors il s'était dit que cette fois, il pourrait lui donner l'opportunité de faire ce qu'il avait en tête, car Natsume n'était pas naïf au point de ne pas pouvoir deviner ce qui était cruellement évident.
Il s'était attendu à un peu de résistance, en réalité. Quelques vagues protestations faites à demi-cœur, causées par une incertitude ou une certaine gêne, mais non, visiblement. Il n'aurait rien de tout ça. Tant mieux, en fait, car cela évitait au japonais d'avoir à faire un énième long laïus niais. Il le laissa donc faire, un sourire satisfait aux lèvres en voyant qu'il avait réussi à le désarçonner ne serait-ce qu'un peu. Car oui, Natsume aime beaucoup réussir à le surprendre, quand il en est capable ; d'ordinaire, c'est l'inverse, alors le nerd profite à chaque fois de l'expression qu'il parvient à voir sur le visage de son petit-ami quand c'est le cas. Ne vous étonnez donc pas qu'il agisse de manière quelque peu surprenante des fois, hein. Il en deviendrait presque un troll, avec le temps.

Il le laissa préparer l'installation sans dire quoi que ce soit, se contentant de calmer un peu sa respiration et sa nervosité qui s'étaient accéléré lorsque Samaël avait quitté sa place, laissant ainsi le nippon seul sur le dos du Dracaufeu. Pas qu'il se méfie de Smaug, loin de là, ou qu'il se rendait seulement compte de la hauteur où ils se trouvaient, mais disons que la présence de l'autre avait quelque chose de rassurant dont il ne pouvait plus profiter maintenant. Laissant son regard se perdre dans les immensités vertes dont les nuances émeraudes avaient généralement le don de captiver ses yeux, il attendit patiemment que tout soit près, en jetant de temps à autre des coups d’œil furtifs, discrets et pleins de tendresse vers le plus vieux.
Lorsqu'il eut fini et se mit à caresser la joue de l'asiatique, un fin sourire se dessina sur les lèvres de celui-ci, amusé par la niaiserie inconsidérée de son copain. Il ne s’attendait toutefois pas à ce qu'il se jette sur lui pour un câlin, si bien que l'éleveur manqua de perdre l'équilibre et poussa un petit cri de surprise, avant de refermer doucement ses bras autour de la pile électrique. Au moins, il avait l'air ravi, ce qui n'était pas pour déplaire à Natsume, tout autant que la position dans laquelle ils étaient. Profitant de leur enlaçade car il savait qu'il faudrait que ça cesse, du moins jusqu'à ce qu'ils retournent au camp, il se permit même de grattouiller un peu la nuque de l'autre, tandis qu'il inspirait de manière très discrète l'odeur qui faisait tant plaisir à ses narines.

Il leva les yeux au ciel lorsqu'il le « confia » au Dracaufeu, manquant de répliquer qu'il n'allait pas non plus l'emmener au bagne, mais il préféra se taire. Il ne faisait après tout plus tellement le malin, maintenant qu'il était attaché seul au dos du gros bestiau orange. Mal à l'aise ? Mais naaaaaan, absolument pas, vous vous faites des idées, allons...
Il ravala sa salive, espérant que son visage n'exprimerait pas trop ostentatoirement qu'il n'était plus si sûr de lui, dorénavant. Il n'allait pas faire machine arrière, mais il devait avouer se poser quelques questions sur sa santé mentale, dès qu'il regardait le sol de plus près. En s'insultant mentalement parce que ce n'était absolument pas la chose à faire pour être à peu près assuré, il essaya de calmer son anxiété alors que ses mains tremblaient toujours un peu. Il aurait aimé partager la jovialité de son petit-ami, mais il en était autrement pour l'instant. Il se dit que tout devrait aller pour faire cesser son inquiétude, ce qui ne fonctionna que partiellement.
Trop tard, de toute façon, car ils étaient déjà partis. Les jambes collées au dragon, rigides comme des baguettes (lololol), il tenta tout de même de ne pas se braquer. Difficile, en effet, quand ils débutaient par un piqué, une des figures qui le mettaient le plus mal à l'aise. Le Shimomura retint son souffle en sentant le vent lui gifler le visage, et son cœur manqua un battement lorsqu'ils remontèrent encore plus brusquement qu'ils n'étaient descendus. Entre temps, sa cape s'était même retournée sur son visage, faisant ainsi qu'il ne voyait plus rien et poussa un petit cri de surprise. Car, évidemment, en remontant, le vent les frappait cette fois de l'autre côté, empêchant l'asiatique de retirer tout de suite le voile qui obscurcissait ses yeux. Quand ce fut enfin fait, il le regretta presque, puisque ce fut le moment que le Dracaufeu choisit pour suivre son dresseur dans le contournement de la montagne. Natsume se tendit, les mains posées sur le dragon pendant qu'il réalisait sa figure.
Tout au long, le regard du nippon se perdit dans le paysage qui les entourait, et il ne pu s'empêcher d'avouer que c'était certes assez agréable à la vue, mine de rien. Pas autant qu'une forêt à ses yeux, ou encore un immense champ de fleurs et une serre, mais cela avait son charme. Pas autant que quelqu'un à ses yeux, mais voyez-vous, il se mettrait à faire son tsuntsun si on le forçait à l'admettre.  Il n'eut pas le temps de trop admirer la nature néanmoins, puisque Smaug enchaîna alors avec un tour sur lui-même qui manqua de provoquer une attaque au lapin, dont le rythme cardiaque devait déjà avoir atteint la vitesse de la lumière.  Après ces figures plus dangereuses pour son espérance de vie que sa propre cuisine, ils finirent par tourner un peu autour d'une Nostenfer que Natsume était persuadé avoir déjà vu auparavant, sans vraiment savoir où. Cette fois-ci, il avait moins de difficulté à tenir le rythme, et avait même détendu son dos, quoique ses jambes restaient assez rigides.

Quand l'aîné se rapprocha d'eux, mettant ainsi un terme à leur petit parcours aérien, Natsume fut surpris de voir un air désolé sur son visage, comme si il se sentait coupable de quelque chose. Etant donné que l'éleveur avait lui-même choisi cette activité, il ne pouvait qu'être surpris que le compétiteur ait l'air mal à l'aise, et il s'apprêtait à lui demander ce qui n'allait pas, avant qu'il ne se mette à parler. Outrepassant les balbutiements pour mieux comprendre, l'asiatique cligna des yeux face à ce qu'il entendait.

« Ah. Euh. Cool. C'est le principal. »

L'éloquence de cet enfant (non je ne t’appellerai pas 'adulte', merdeux) n'étant plus à énoncer tellement il était évident, le japonais se dit que se taire était définitivement une bonne idée. Il éviterait ainsi de se ridiculiser davantage ou de dire des anneries, ce pour quoi il était d'ailleurs très doué. Remerciant le fait que Samaël était derrière lui car il ne voyait ainsi pas la légère trace de rose qui était née sur son visage après ses paroles, il se permit un petit soupir rassuré en se rapprochant comme il le pouvait. Son rythme cardiaque commençait à se calmer, au moins. De toute façon, ils n'allaient pas tarder à se poser au sol, alors il n'y avait pas de raison pour qu'il s'inquiète davantage, du moins il se le disait avec tant de conviction que c'en serait presque admirable.
Néanmoins, ce ne serait pas le cas immédiatement. L'Enodril avait visiblement encore quelque chose en tête, et Natsume ne savait pas si il devait s'inquiéter ou non, en vrai. Du moins, il ne s'inquiéta vraiment que lorsque l'autre lui demanda de fermer les yeux, ce qui n'était jamais bon signe. Enfin, pas dans le sens qu'il en souffrait, mais surtout qu'il risquait d'avoir le droit à une crise cardiaque ou deux. Pour tout dire, l'éleveur ne savait pas trop pourquoi il ne protestait pas, sachant qu'il avait déjà fait l'expérience du type de situation qui pouvait découler de ce genre de paroles. Mais visiblement, vu qu'il y tenait, il n'était pas vraiment capable de lui refuser son souhait, alors il hocha de la tête en haussant les épaules, comme pour se donner l'air désinvolte. La réalité était toute autre, toutefois, et il sentait la nervosité grandir en lui au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient.

Il tenta de comprendre ce qui se passait en fonction de leurs mouvements, sans succès. Ce n'était pas comme si il pouvait saisir exactement ce qui avait lieu juste en sentant sa ceinture être détachée, ni en prenant les mains du compétiteur pour le suivre il ne savait où quand il l’entraîna contre lui. Si il avait conscience que son copain avait de sérieux problèmes avec la notion du sens 'survie', il lui faisait toutefois suffisamment confiance pour ne pas faire volontairement et sans raison quelque chose de dangereux, alors il ne cherche pas à l'arrêter d'une quelconque manière. Même quand il colla leurs fronts ensembles en même temps qu'il sentait quelque chose de chaud dans sa paume, qu'il reconnut vite comme étant sa main, se serrer dans le sienne, il ne bougea pas tout de suite. Il attendit patiemment, quoique il s'agitait intérieurement, d'entendre l'autorisation qui tardait à venir.
Beaucoup d'informations peuvent être enregistrées dans le cerveau en une seule seconde. Natsume serait capable de vous donner une estimation, pas sa joueuse qui a la flemme de faire une simple recherche google, mais voilà. Alors lorsqu’il ouvre les yeux, beaucoup de données s'entrechoquent dans son esprit. La première chose qu'il voit est son petit-ami, ce qui n'était pas si surprenant. La seconde chose fut les nuages, et en soit, ça n'aurait pas été surprenant si l'on considérait qu'ils étaient toujours en l'air. La dernière information fut en réalité l'absence d'information, c'est-à-dire que rien ne les retenait. Il mit un moment à saisir ce qui se passait exactement, clignant des yeux en premier lieu, comme si il ne comprenait pas vraiment ce que cela signifiait. Puis, quand son cerveau finit enfin par saisir ce qui se passait, ses yeux s'écarquillèrent et il eut un mouvement de recul par réflexe, se rapprochant le plus possible de l'autre alors que ses mains serraient leurs prises. Sa nervosité était montée en flèche, si bien qu'il avait senti tout son corps se tendre en une demie-seconde.
Il ravala sa salive lourdement, les jambes flagellantes alors qu'il comprenait dans quelle situation est-ce que l'autre les avait mis, il réalisa heureusement assez vite que Synkro les faisait léviter, réduisant d'un peu sa crainte. Sentant une vague d'air froid passer à l'intérieur même de son corps, il eut beaucoup de mal à rouvrir les yeux sans vouloir se cacher sur terre et se mettre en position latérale de sécurité. Son sens de la survie hurlait déjà, probablement en train de sonner les innombrables sonnettes d'alarme existantes dans son cerveau à l'heure actuelle. Et en même temps, il n'y avait rien d'étonnant à cela.

« J-j-j-je suis pas si s-sûr, Sam. »

Partie en miettes, l'air assuré. La voix tremblante, il balbutia sa réaction d'un air hésitant. Vu à quel point il serrait la main de son copain, comme pour s'y raccrocher, il ne pouvait pas vraiment cacher le fait que cette idée qu'il avait ne l'enchantait pas aux premiers abords. Il aurait failli entremêler leurs jambes si il avait pu, et il se serait presque excusé de le coller autant, mais la peur avait ses raisons. Il lui fallut d'ailleurs au moins une bonne minute pour se calmer, en fixant son petit-ami et en essayant de se détendre, quoique cela restait particulièrement dur.
Il sait ce qu'il fait, non ?  Il n'y a personne en qui j'ai plus de confiance, de toute façon, alors normalement, je n'ai pas de raison de m'inquiéter. Tout devrait bien se passer. Normalement.
Évidemment, entre la pensée et l'action, il y avait un monde, surtout chez Natsume. Toutefois, se muscles se décontractèrent peu à peu alors qu'il essayait de raisonner sa crainte, avec un succès tout de même léger. Pendant une seconde, même, il surprit ses yeux à jeter des coups d’œil timides et timorés vers le paysage, peut-être juste par curiosité. En dépit du fait que son cerveau hurlait qu'il devait se poser au sol, il avouerait avec un peu de réticence malgré tout que la vision avait quelque chose d'agréable. Sans doute était-ce qui faisait en partie le charme de la chose, maintenant qu'il y pensait, car la poussée d'adrénaline, même si il elle était plaisante, restait un peu trop haute pour lui. Une pensée lui vint d'ailleurs à l'esprit.

« Pour l'anecdote, si l'on tombait maintenant et à cette hauteur, on mourrait probablement avant même de toucher le sol. Et ensuite, les morceaux de nos corps s’éparpilleraient sur des dizaines de mètre de distance. »

Son ton avait quelque chose d'assez anecdotique, comme si il énonçait quelque chose de tout à fait naturel, une expression désintéressée sur son visage. C'était peut-être la meilleure méthode qu'il avait pour dédramatiser et prendre confiance, aussi peu drôle que ce soit. En tous cas, il écrasait un peu moins l'autre maintenant qu'il s'apaisait lentement. Il arrivait même à profiter du moment, quelque part, malgré le fait qu'il continuait de se demander quand exactement est-ce qu'ils finiraient par faire une chute libre. Peut-être qu'il y avait quelque chose de plaisant à la sensation, effectivement, car il ne pouvait pas ne pas admettre que ce n'était pas au moins un peu grisant, quand il déconnectait son cerveau durant quelques millisecondes. Après avoir inspiré une autre fois, il s'essaya à un rictus joueur alors qu'il libérait sa main pour la perdre dans les cheveux de l'énolian et embrasser son front rapidement.

« Je comprends pourquoi tu aimes ça, mais je crois que je préfère un peu trop mes chances de survie de mon côté. Et je ne sais pas si je suis impressionné par le fait que ça ne t'effraie pas ou si je dois me faire du souci, en fait. »

Probablement les deux.
Toutefois, Synkro devait bien finir par fatiguer, si bien qu'il finit par les faire redescendre sur le Dracaufeu. Le japonais caressa négligemment les côtes du dragon, l'air un peu plus rassuré qu'au début de la journée. Un peu rassuré d'avoir de nouveau les fesses sur quelque chose de solide et de ne pas flotter en l'air, il se dit toutefois que cela en avait valu le coup, quelque part. Si l'aîné était content, Natsume ne pouvait pas l'être autrement. C'était davantage pour lui qu'il avait fait ça, après tout.

« Je préfère te laisser mener Smaug, tout de même. Je ne suis pas fait pour ça, de toute manière. »

Un rire un peu jaune lui échappa, suivi d'un sourire moins moqueur, légèrement tendre sur les bords. Il ne se fatiguait même plus de se réprimander d'être aussi niais, à force. Il aurait passé sa vie à le faire autrement.

« Merci, en tous cas. Je comprends un peu mieux. En revanche, je dois avouer que j'ai un peu faim, alors... On redescend ? »

La terre ferme, c'était tellement bien. Vraiment. Il aurait presque ajouté ça si il l'avait pu, mais il se contenta d'une demande simple. Il ne se fit pas prier lorsque vint le temps de reposer enfin ses pieds sur le sol, quoique il tangua durant quelques secondes pour récupérer la balance de son corps. En remerciant le dragon d'un sourire bref, il expira longuement pour se soulager. Il lui semblait que son  corps allait déjà mieux, maintenant. Il mena donc leurs pas jusqu'au campement, qu'il retrouva en se fiant à ses connaissances de la zone ; heureusement qu'il y venait souvent, autrement, ils auraient passé un certain temps à chercher comment s'y retrouver. De toute manière, la nuit commençait à tomber, à en juger par les rayons du crépuscule qui tombaient doucement du ciel, donnant quelques teintes orangées supplémentaires aux arbres devant lesquels il passait. Il valait mieux ne pas trop se perdre à cette heure, car il n'avait pas envie de tomber sur des pokémon sauvages agressifs maintenant. Ils avaient eu assez de sensations fortes pour la journée.
Une fois arrivés, il sortit d'un de ses sacs deux petites plaques de cuisson qu'il relia à une batterie électrique au centre du camp pendant qu'il laissait à son petit-ami le soin de remettre la tente en place. Étant donné qu'il avait surtout emporté des légumes et quelques petits morceaux de viande, un ragoût accompagné de riz devrait largement suffire. Il s'agissait après tout d'une des seules choses qu'il savait faire à peu près correctement, et qui restaient globalement inratables, même si ça ne serait pas forcément fameux. Bah, peu importe. Au pire, il avait quelques confiseries dans son sac en prévision de ce genre de catastrophes. Les marshmallows qu'il avait emporté devraient pouvoir se cuire au feu, en plus. Et de ce qu'il voyait, la nature allait les aider un peu à la tâche.

« Il faudra qu'on aille chercher des herbes un peu plus loin, au fait. Je crois que j'ai vu du thym, autant se servir. »

Alors qu'il terminait d'éplucher les pommes de terre pendant que la viande et les autres légumes commençaient à mijoter (car d'après Katya, c'était crucial, pour attendrir ou il ne savait quoi), il voulut récupérer un des couteaux qu'il avait emmené dans son sac. Mais au vu de sa maladresse légendaire, ce fut sans trop de surprises qu'il trébucha sur ses propres pieds par un miracle assez remarquable, faisant tomber dudit sac une sphère bicolore plutôt familière. Natsume cligna des yeux, surpris, sans la moindre idée de ce qui pourrait découler de ce simple accident.
Un Evoli encore un peu ensommeillé sortit de la pokéball, et l'asiatique s'immobilisa. Oh non. L'évolition parut d'abord ravie d'être de sortie, allant immédiatement se frotter aux jambes de l'éleveur qui le laissa faire, même si celui-ci voyait déjà où tout cela allait mener. Lorsque Yû remarqua enfin la présence de Samaël, puis les sacs de couchage qui avaient été posés dans la tente, et que son regard se reposa sur son dresseur, ses yeux firent des allers-retours entre ces trois éléments. L'asiatique aurait presque pu voir l'instant même où l'Evoli s'était rendu compte que non, il n'allait pas dormir avec le nippon cette nuit, contrairement à l'autre humain. Comme un vrai chat, il leva le dos, les poils hérissés. Le lapin soupira et se massa la nuque, quelque peu gêné mais pas du tout désolé. Son ton avait cette teinte plus ferme qu'il tenait face aux pokémon les plus jeunes.

« Yû, écoute- »

Une gerbe de sable lui fut envoyée dans le visage, obscurcissant sa vision alors qu'il geignait de douleur. Il tenta de les enlever, sans succès, et il tomba au sol une nouvelle fois, en grimaçant devant la douleur que ressentit son popotin.

« Mais- ! Aïe, saleté ! »

Les grains infiltrés dans ses yeux les rendirent humides, si bien qu'il ne vit absolument pas par où l'Evoli s'enfuyait à toute vitesse. En quelques secondes, il était déjà sorti hors de son champ de vision. Natsume se releva péniblement, et tangua. Il libéra Vanitas pour que celui-ci garde le camp en leur absence. Le Lockpin salua brièvement Samaël, mais s'en tint à cela en voyant que son dresseur ne paraissait pas particulièrement heureux. Se rapprochant du compétiteur, l'éleveur claqua de la langue avant de soupirer lourdement.

« Désolé, je crois que je l'ai trop gâté quand, enfin-... Peu importe. Tu sais par où il est parti ? Il ne sait absolument pas combattre, alors si quelque chose le trouve avant moi, il... »

Yû avait après tout été une de ses seules raisons de se lever, quand il avait été à la rue. Il avait fallu le faire survivre, alors il lui avait donné tout ce qu'il avait pu, même si c'était maigre. Combien de journées avait-il passé avec un ventre grondant douloureusement parce qu'il avait refusé de laisser l'Evoli être affaibli par la faim... Alors oui, il l'avait peut-être un peu trop chouchouté, et avait tendance à céder à ses caprices, bien plus qu'il ne se le permettrait avec les autres. Son expérience d'éleveur lui avait pourtant appris qu'il ne fallait pas le faire, mais au vu de leur passé commun, il était difficile pour le Shimomura de ne pas céder plus aisément. Et maintenant que Yû réalisait qu'il devait partager son dresseur, le réveil était rude. Encore plus pour une créature aussi jeune que lui. Natsume savait qu'à un moment donné, ce genre de crise allait forcément arriver : il espérait simplement que ce ne soit pas dans un contexte comme celui-ci.
En tous cas, un nœud d'inquiétude commençait à se former lentement en lui. Il ne voulait pas l'admettre, mais imaginer ce qui arriverait si ils arrivaient trop tard l'effrayait tout autant que leur chute libre de tout à l'heure.
Fais chier. Tu parles d'un éleveur ! Même pas foutu de bien réagir...
Il garda pour lui ces paroles, les ravalant même si l'envie de les grommeler à haute voix se faisait sentir. Et dire qu'il pensait avoir énormément progressé en quatre ans, depuis peu... Il commençait à remettre tout en doute. Et peut-être que c'était lui, qui ruinait la soirée, avec ses gaffes incessantes. Entre ça et les amener au bord d'un ravin, vraiment, il y avait de quoi se poser un bon nombre de questions.

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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Mer 18 Jan - 23:45



Cabin in the Woods


feat the rat-bite

Got any grapes ?



Une belle surprise, n'est-ce pas ? Je doute fort qu'il s'y attendait. Je n'ignore pas en même temps la frousse qu'il risque d'avoir, mais je voulais lui donner une expérience unique. Je suis assuré au moins qu'il n'a encore jamais fait et que je suis bien le seul taré au monde à pouvoir lui donner un tel choc. C'est à peu de monde que Natsume donne la permission de le faire monter aussi haut en altitude, après tout. Je ne cherchais pas particulièrement à ce qu'il apprécie davantage un de mes loisirs favoris après ça, mais puisque c'est lui-même qui m'a demandé de lui montrer, je n'ai pas eu d'autres choix ; et j'étais bien content que ce soit lui qui me demande, à vrai dire. Je sais que ce n'est pas facile, avec son vertige, mais comme lui avec le camping, je suppose que je pouvais au moins lui faire partager cette expérience-là. Hé hé, on peut au moins dire qu'il s'en souviendra ! Ce n'est pas exactement ce dont j'ai l'habitude de faire seul quand je m'exerce, mais je trouvais ça amusant de lui montrer ce genre de choses. Et puis, j'en profite un peu : sa peur quand il découvre qu'il n'y a rien en dessous provoque chez lui un mouvement de recul qui le rapproche de moi, ce qui n'est pas pour me déplaire, évidemment. Cependant le but n'est pas de faire en sorte qu'il se colle ainsi, même si je ne cesserais jamais de le désirer. Je voulais avant tout lui faire découvrir le plaisir d'être dans les airs, d'avoir cette sensation de voler.
Toutefois, vu comment il se tend, je ne crois pas que ça le détende autant que moi quand je le fais. Après tout, ce n'est pas pour rien qu'il aime les Pokémons Plantes, j'imagine. Natsu est aussi ironiquement ce qu'on pourrait appeler « terre-à-terre », alors je crois qu'il s'agit bien de son type de prédilection. Le vol, ce n'est définitivement pas pour lui. Au moins, j'aurais essayé. Et même si je ne le devrais pas, je ne peux m'empêcher de glousser face à son inquiétude grandissante et à sa frayeur que je ne peux que comprendre en se mettant à sa place. Il n'y a aucun risque avec moi, Smaug, Tori et Synkro, néanmoins, mais je ne vais pas tenter le diable en le rassurant ainsi puisque je crois qu'il ne sera rasséréné que lorsque nous descendrons, ce qui ne devrait pas tarder, vu que je ne veux pas lui donner de crises cardiaques tout de suite. J'veux encore garder mon copain, moi ! Ses détails glauques me rendent d'ailleurs perplexe, mais je suppose que c'est ce qui lui permet de tenir le coup sans s'évanouir. Je ne réfléchis personnellement jamais à ça quand je vole. Il s'agit sans doute d'un reflet de ce dont Natsume a peur, quand il quitte le sol. A-t-il toujours de telles idées sinistres ? Bon, c'est peut-être moi aussi qui ne me soucie pas tellement des risques que je prends, aussi... Mais ça vaaaaa, après tout j'ai jamais eu aucun problème alors je vois pas pourquoi je me mettrai à imaginer le pire. Le fait aussi est que j'ai une confiance aveugle en mes Pokémons, alors je laisse ma vie entre leurs mains pas trop difficilement.

Je suis pourtant agréablement surpris quand le Shimomura semble avoir un moment de détente dont il profite pour plonger une de ses mains dans ses cheveux, avant de me donner un baiser sur le front, en lui répondant avec un sourire attendri qui m'aurait fait ronronner. Je retombe amoureux un peu plus chaque jour, je crois. Je ne pourrai sans doute jamais lui faire aimer véritablement ce que j'apprécie, mais je ne m'attendais pas à autre chose. Être à ses côtés me suffit amplement, je n'oserais pas lui en demander autant. Il fait déjà assez d'efforts pour moi sans que je ne lui en rajoute sur les épaules, et pour quelqu'un qui a le vertige et qui n'est pas à l'aise avec les Pokémons Vol, il s'est plutôt bien débrouillé. Il n'a même pas recraché sa glace ! Par un miracle dont il est le seul à avoir le secret, Natsume arrive toujours à me remonter le moral, de toute façon. Je ne fais plus du tout attention (et j'espère que lui aussi) aux mésaventures qui nous sont arrivées un peu plus tôt dans la journée. Cette pause en pleine forêt nous fait le plus grand bien, malgré nos quelques péripéties. Mais je crois que le moment dont j'ai le plus hâte, c'est quand nous pourrons admirer les étoiles autour d'un feu de camp, et quand je pourrai me blottir contre lui dans la tente, en pensant à notre tranquillité. Pas de folles furieuses, pas de hérisson énergique pour nous bouger du lit le matin... Et surtout, journée repos : pas d'entraînement prévu non plus, ça veut dire. Je laisse à mes Pokémons du répit qu'ils méritent largement, même si la Finale approche à grands pas et que je ne peux m'empêcher de faire le décompte avec autant de hâte que d'appréhension.
Comme je le pensais, mon copain a une nette préférence pour tout ce qui concerne la terre ferme. Mais le pauvre, je n'avais pas réfléchi au fait que ça pouvait l'inquiéter, tout ça... Enfin si, quelque part je le pressentais, mais sur le coup je ne fais pas trop attention. Si je veux faire en sorte de l'inquiéter le moins possible, je suis au courant qu'il y aura toujours certaines choses que nous ne pourrons nous empêcher de faire mais qui causera à coup sûr de l'angoisse pour l'autre. Nous n'en avons pas encore parlé sérieusement entre nous, car il s'agit d'un sujet délicat, mais notre implication au sein de la Résistance notamment est une discussion qui devra retomber et qui signifie une certaine peur, moi pour lui et lui pour moi. Même en mission et avec toute la neutralité du monde, il est évident que nous ne pourrions pas faire comme si nous étions de simples partenaires Résistants. Je me préoccupe de lui sous toutes ses formes, Athéris ou pas, amnésique ou pas... Pour moi, il restera toujours Natsume. Mon Natsume.

Mon Gardevoir, aussi bien à cause de notre surdose de niaiserie que parce qu'il ne peut pas nous maintenant en l'air indéfiniment, nous repose doucement sur le dos de Smaug. J'en profite pour remarquer l'absence de la Nostenfer qui nous suivait tout à l'heure, mais ne m'en alarme pas plus et me contente de tirer un sourire lorsque j'aperçois le japonais procurer une légère caresse à mon dragon. Ce dernier se sent flatté d'être ainsi autant 'noticé' par le nippon auprès duquel il savait le contact peu facile, et s'il se doute qu'ils ne recommenceront pas une balade ensemble de sitôt, je connais mon ami suffisamment pour savoir qu'il a vraiment aimé faire découvrir de nouveaux horizons à mon petit ami, alors qu'il n'ignorait pas que celui-ci avait du mal avec les voies aériennes et que Smaug possède les deux types avec lesquels Natsume a du mal, en dépit de son Chamallot.
Il va peu à peu commencer à se faire tard, et pour cette raison, et parce que je commence à avoir faim moi-même, j'acquiesce la proposition de mon lapin, satisfait d'avoir quand même pu lui faire plaisir. En faisant rentrer Synkro et Tori dans leurs Poké Balls, je fais donc signe à mon Dracaufeu de redescendre, ce qu'il fait lentement mais sûrement. Avec sa taille imposante, il n'est pas si aisé de trouver une place où atterrir, cependant une petite clairière a su nous contenter et se poser ne nous a pas posé plus de problèmes. Smaug, à son tour, rentre dans sa boule pour se reposer, et je termine de suivre Natsume jusqu'à notre campement, là où nous l'avions laissés avant que nous soyons interrompus par cette bande de Cornèbres. Je prie intérieurement pour que des Pokémons sauvages quelconques n'en aient pas profité pour tout saccager, mais c'est avec soulagement que nous retrouvons notre base plus ou moins en ordre. En dépliant la toile que nous avons récupéré, je ne me le fais pas dire deux fois avant de m'en servir pour enfin monter notre tente tandis que je le laisse la cuisine aux soins de mon petit copain. Il est évidemment bien plus doué que moi dans tout ce qui concerne le camping, et même si en cuisine il a encore des progrès à faire, je lui fais totalement confiance là-dessus pour aujourd'hui ; après tout, il est dans son élément. Quoique je parle de sa cuisine, mais sans véritable grande surprise, il réussit très bien les quelques plats connus typiques de son pays natal, et mes papilles, particulièrement friandes de riz au curry et ramens, ne peuvent que s'en réjouir.
En gonflant les matelas, j'esquisse un hochement de tête en réponse au Shimomura au moment où celui-ci me parle d'herbes à ramasser, avant de mettre en place les sacs de couchage. Mais tout à coup, alors que j'installe la moustiquaire, j'entends quelque chose -ou plutôt quelqu'un- tomber au sol, et je me précipite à l'extérieur de la tente, me doutant déjà plus ou moins que ça ne peut qu'être mon japonais -parce que je connais sa maladresse effectivement légendaire et parce que logiquement nous sommes les deux seuls êtres humains ici.

« Natsu ! Tu t'es fait mal ?.. »

Inquiet, je me précipite vers lui pour l'aider. Plus de peur que de mal, ceci dit, et je ne me rends compte que trop tard que ce n'est peut-être pas de lui dont j'aurais dû me préoccuper d'abord. Semblerait-il que dans sa chute, Natsume ait libéré accidentellement son Evoli. La dernière fois que je l'ai vraiment vu avec son dresseur, c'était le jour où je l'ai récupéré, et que j'ai découvert son amnésie. Apparemment très attaché au lapin, Yû s'était immédiatement collé à lui pour s'endormir, comme s'il s'agissait d'une peluche. Je l'avais soupçonné de se blottir contre lui chaque soir depuis lors jusqu'à ce que ses souvenirs reviennent, me préférant dans ce cas, moi, sa 'peluche' habituelle. Je n'ai pas tout de suite compris à quel point le Pokémon pouvait, comme Hayato, être jaloux au point de faire d'importantes crises. Je ne dis pas que je suis forcément mieux, mais chacun des Pokémons de l'éleveur a dû se résoudre à ne plus le garder expressément pour eux. Si je n'interdis à aucun de dormir avec l'asiatique quand vraiment ils le veulent -car je ne peux que les comprendre-, ils ne peuvent plus faire comme si le partage était impossible. Natsume sort avec moi, et c'est un fait qu'ils doivent accepter malgré toute la rivalité du monde.
Alors, quand Yû vient ronronner entre les jambes du Shimomura, je crois d'abord qu'il a enfin approuvé ma présence. Mais à l'instant où il la remarque, je ne peux qu'observer toute la désillusion dans ses yeux tandis qu'il fait le calcul lui-même. Et le résultat paraît fortement lui déplaire. Je grimace, me préparant au pire quand je le sens se tendre, sur le point de feuler. En soupirant, je me vois désolé pour lui. Il devra s'y faire, comme les autres. Je ne peux rien pour lui s'il veut préserver Natsu pour lui tout seul. Le hérisson tente de le raisonner, mais c'est peine perdue : pour exprimer son mécontentement, l'Evoli ne le laisse même pas s'exprimer et l'aveugle l'espace d'une seconde en lui jetant une traînée poussiéreuse de sable à la figure, avant d'en profiter pour détaler à travers la forêt. Je manque de le rattraper, mais ne peux laisser le Shimomura seul, surtout si sa vision a pris un coup. Même temporairement, perdre la vue n'est pas agréable, et se recevoir des grains de terre dans la tronche non plus. Soucieux, je ne quitte pas le lapin et m'accroupis près de lui pour prendre doucement sa main et son bras afin qu'il ne soit pas perdu en se relevant et qu'il évite de retomber.

Une fois debout, Natsume libère son Lockpin pour veiller sur le camp. Il est évident qu'il faudra bien au moins ça en notre absence en attendant que nous retrouvions le fugitif. Yû est, à l'évidence, encore un jeune Pokémon. Aux mots de mon petit ami, je comprends naturellement qu'il a dû le trouver pendant sa disparition et qu'il ne l'a jamais quitté pendant toute la durée de son amnésie. Aujourd'hui encore, l'evolition est très attaché à son dresseur, mais il supporte très mal le fait de devoir se séparer de lui pour dormir. Mais désormais, je ne lui laisse indirectement pas le choix. Quelque part, ça me rassure de savoir qu'il est resté le même pendant qu'il était loin de nous. À son retour, j'avais déjà noté que seule sa mémoire avait été altérée, puisque je retrouvais en quelques uns de ses comportements l'âme sœur que j'avais perdue, cependant il restait difficile de faire une conclusion là-dessus quand il se trouvait encore méfiant parfois à notre égard. Mais il était resté en lui, malgré la distance, des traces de cet éleveur dont je suis tombé amoureux. Je ne peux pas lui en vouloir d'avoir 'gâté' son Evoli, comme il le dit ; j'ignore les rencontres qu'il a faites, mais j'imagine qu'il s'agissait pour lui d'un être auquel se rattacher. Une vie qu'il devait protéger, sans doute.

« Il est parti de ce côté. Viens, on a pas d'temps à perdre. »

Je lui montre la direction d'un signe de la tête avant de prendre une lampe de poche au cas où et de l'intimer de me suivre par un bref geste de la main. Je n'ai aperçu que le bout de sa queue touffue, mais j'espère que ça suffira pour nous guider sur une première piste. Il n'a pas pu aller bien loin, ou en tout cas, c'est ce que je me dis pour me rassurer. Si nous étions en plein jour, nous aurions pu peut-être compter sur les traces de pas, mais ça va être difficile de voir quelque chose de net alors que le soleil se couche rapidement. Bien trop rapidement. Je pourrais sortir Windie, mais serait-elle capable de reconnaître l'odeur de l'Evoli ?.. Mon cœur se met à battre plus vite. Je ne connais pas très bien Yû, et sans doute qu'il doit déjà avoir une opinion très moindre de moi, mais je serais triste qu'il lui arrive du mal ; je pense surtout à Natsume qui serait dévasté et s'en voudrait probablement pendant longtemps si jamais nous n'arrivions pas à temps. Mais la nuit se fait pressante, et nous ne pouvons nous fier qu'à de maigres indices, car la créature brune est agile. Avec notre corpulence, j'aurais pourtant pensé que nous aurions pu la rattraper facilement. Au moindre bruit de feuillage perturbé, à la moindre marque de sillage visible même une seconde, nous ne nous arrêtons pas.
Malheur, cependant, car au bout de quelques minutes, le ciel déploie son manteau nocturne, et nous finissons par perdre sa trace. Tous ces arbres se ressemblent, et vu que le temps nous manque, on se croirait pris dans un vrai labyrinthe. Seuls nos appels pourraient parvenir à atteindre le fuyard. En courant dans tous les sens, je finis par nous sentir perdus. Je n'abandonnerai pas, mais la maigre lumière de ma lampe ne nous est pas suffisante pour traverser l'obscurité convenablement. Déterminé cependant à trouver Yû, je continue de l'appeler en accélérant le pas. Je ne remarque néanmoins que trop tard la racine surélevée sur laquelle je trébuche lamentablement au sol, faisant tomber ma lampe au passage. Péniblement, j'essaye de me relever le plus vite possible pour ne pas nous ralentir, toussotant au passage à cause de la poussière.

« Yû ! Yûûû ! Il... Il ne doit pas être très loin. »

Cela ne suffira évidemment pas à calmer mon petit ami, et même moi ça ne me rassurerait pas des masses ; surtout que mon air est encore plus paumé que le sien. Je ne peux pas me dire que nous avons perdu sa trace. Pas encore.
Mais soudain, un cri aigu déchire le silence nocturne et me contraint à détourner le regard vers la source du bruit alarmant.

« Tu as entendu ?.. »

Je ne pense pas que ça soit Yû. Ce hurlement me paraît trop strident. Pourtant, je ne peux que m'en rapprocher, m'éloignant de notre route ; de toute façon, il est difficile de savoir où nous mettons les pattes. Peut-être que ce rugissement provient d'un prédateur qui s'en serait pris à l'Evoli ?.. Ce serait à la fois du réconfort pour l'avoir retrouvé, mais une inquiétude doublée quant à ce qui aurait pu lui arriver. Alors, ma lampe ramassée, je presse le pas vers l'origine de ce son qui recommence. On dirait un animal apeuré... J'ai tout à coup peur de ce que nous pourrions découvrir. Je manque de demander à Natsume de continuer les recherches sans moi pour ne pas le retarder, mais nous séparer n'est pas forcément une meilleure idée.
Nous atterrissons dans un petit espace dégagé d'où s'écoule une mince rivière que nous traversons sans problème. Le bruit, plus fort que jamais, provient d'une forme dans les ténèbres que nous voyons bouger. Bien plus grosse que ce que j'aurais pu imaginer, je crains pendant un instant que nous nous fassions attaquer par surprise. Les Pokémons qui attaquent de nuit sont généralement nocturnes, dont ils ont une meilleure vue que nous. Mais lorsque j'ose enfin diriger la lumière de ma lampe vers l'ombre en mouvement, un nouveau cri me surprend et je sursaute, avant de discerner enfin, entre les mailles d'un filet suspendu à la branche d'un arbre, un Nostenfer retenu prisonnier qui se débat et crie comme il le peut, se démenant dans le but de se sortir de sa prison. Sans doute un Pokémon sauvage qui s'est fait prendre dans un piège mis par un braconnier. Les Nosferaptis ne sont pas rares, mais leurs formes supérieures ne sont pas si communes. Je ne suis pas étonné que des chasseurs veuillent s'en emparer, mais ces pratiques barbares me mettent hors de moi. Il est évident que nous ne pouvons pas laisser ce Nostenfer dans cet état. Je me tourne vers le Shimomura.

« Dis, tu aurais un couteau ?.. »

Par chance, Natsume sort un couteau suisse qu'il me tend. En espérant que ce sera assez tranchant pour au moins défaire quelques cordes, je m'approche alors de l'arbre sur lequel je grimpe, avant de m'accrocher à la branche, priant pour qu'elle ne craque pas, et m'attaque de suite à la base du piège. Heureusement, le couteau arrive à tailler les câbles. Seuls quatre d'entre eux suffisent à faire céder complètement la cage et le Nostenfer est finalement libre ; je range ensuite le couteau suisse avant de le lancer sur le Shimomura pour qu'il le rattrape. Je pourrais presque croire qu'il s'agit du même que celui qui nous suivait dans les airs, mais bien sûr je ne peux l'affirmer, puisqu'il doit y en avoir d'autres dans les environs, malgré qu'ils soient plutôt proches des grottes. Peut-être qu'il y en a une pas loin ?..
Le Nostenfer, une femelle, porte quelques blessures et est affublée d'une aile qui bat difficilement, mais ce n'est pas ce qui l'empêche de voler, et elle s'en donne à cœur joie une fois qu'elle est délivrée de sa prison. Son regard se tourne vers nous et elle esquisse un sourire, visiblement reconnaissante. Je lui fais un signe de la tête pour la saluer, mais l'arrête au dernier moment, alors qu'elle était sur le point de repartir.

« Attends !.. Tu n'aurais pas vu un Evoli, dans le coin ? On est à sa recherche. On s'inquiète beaucoup pour lui. »

Parce que les Nostenfers sont réputés pour avoir une excellente vue, surtout la nuit, je me disais que la chauve-souris l'aurait peut-être aperçu par hasard. Et apparemment, j'ai eu raison de demander : le Pokémon Poison et Vol, après avoir réfléchi quelques secondes, hoche vigoureusement de la tête et nous invite d'un geste de son aile -celui en bon état- de la suivre. Tout excité alors que nous tenons enfin peut-être une piste, je saute de ma branche et nous accompagnons la Nostenfer sauvage à travers la forêt, en priant pour que nous n'arrivions pas trop tard.

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Natsume Shimomura
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Jeu 26 Jan - 1:07



Cabin in the Woods

Feat l'ours-con

Ce n'était pas vraiment comme si il n'était pas au courant de la situation épineuse dans laquelle il était avec l'Evoli. Il avait eu l'occasion, à plusieurs reprises, de remarquer que la situation ne plaisait pas des masses à Yû, qui ne s'embêtait jamais à le cacher. Plus d'une fois, le jeune mâle avait exprimé son déplaisir de ne plus être au centre des préoccupations de son éleveur. Ce n'était pas étonnant, quand on pensait au fait que l'Evoli était né sans parents, avec comme seule présence connue et amicale un dresseur tout aussi perdu que lui. Ses serpents s'étaient bien chargés de lui amener un peu de nourriture, mais ne pouvant manger des rongeurs et des petits animaux comme le faisaient les invertébrés, Natsume avait été forcé de s'impliquer davantage dans sa survie.
Il ne cachait donc pas le fait de l'avoir gâté, de l'avoir protégé, peut-être trop, durant ces semaines. Après tout, pendant qu'il cherchait encore un but à son errance et à sa survie, il n'avait que l'Evoli pour se persuader de son utilité. Il s'était raccroché à lui, quelque part, tout autant que le jeune pokémon dépendait de son éleveur, le voyant comme une figure parentale plus ou moins stable et dévouée. Le retour à la normalité était donc un choc brutal pour l'Evoli, qui ne supportait pas de devoir partager le temps qu'il avait avec le japonais, que ce soit avec les autres pokémon ou les humains comme Samaël. Yû ne se faisait pas à son nouveau rythme de vie, ou du moins c'était ce que Natsume se disait, plus par naïveté qu'autre chose. Sûrement que penser à ce genre de choses maintenant ne servait à rien, comme se jeter des blâmes à la figure, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. C'était son travail, après tout, d'élever les pokémons sous son soin pour qu'ils puissent s'épanouir ; et faillir quelque part, il ne supportait pas, aussi arrogant que ce soit.

La sécurité de l'Evoli était néanmoins bien plus importante que ces broutilles. Il ne perdit donc pas de temps à se flageller comme un imbécile égocentrique, et fit un vague signe de la tête envers l'Enodril pour lui assurer qu'il n'avait rien. Quelques grains de terre n'allaient pas l'éborgner, après tout, et sa priorité n'était pas celle de pleurnicher. Il laissa l'autre l'aider à se relever, ne souhaitant pas qu'il s'inquiète davantage si jamais il refusait son aide. Pour autant, ses yeux étaient déjà repartis vers la forêt, cherchant la moindre trace d'une ombre brune qui se serait faufilée par là. Trop tard, toutefois ; malgré son jeune âge, Yû faisait déjà preuve d'une vélocité impressionnante, si bien que Natsume ne s'attendait pas à ce que ses yeux distinguent quoi que ce soit.
Il poussa un soupir de soulagement quand le compétiteur lui affirma l'avoir vu passer quelque part. Au moins, c'était déjà ça. Il aurait le temps de le remercier pour son aide plus tard, et il hocha donc de la tête avant de le suivre sans plus attendre. Ses pas sont plutôt rapides, pressés, à tel point qu'il manque de trébucher à plusieurs reprises sur des racines et autres rochers. Conscient qu'il n'aidait pas vraiment à quoi que ce soit ainsi, il se demanda si ils ne pourraient pas faire usage de l'un de ses pokémons pour qu'ils s'éclairent davantage. Néanmoins, hormis son Mélancolux, aucun n'aurait pu accomplir cette tâche, et il n'était pas avec lui en ce moment ; d'autant plus que risquer de provoquer un incendie n'était pas vraiment au programme. Il ne put donc que suivre et regarder autour de lui, de plus en plus inquiet au fur et à mesure que la pénombre envahissait le ciel. L'anxiété commençait elle aussi à se faire sentir dans son corps, ne serait-ce que par les coups d’œil nerveux qu'il jetait d'un buisson à l'autre, allant même jusqu'à inspecter les branches des arbres, comme si l'Evoli aurait pu s'y trouver.

Alors qu'il appelait le nom du jeune mâle en se demandant si ce qu'il faisait avait au moins un intérêt, Samaël trébucha de manière totalement gratuite et s'étala au sol. Le Shimomura grimaça avant de se pencher légèrement pour s'assurer que son compagnon d'infortune ne se soit pas blessé outre mesure, mais visiblement, il y avait eu plus de peur que de mal. Mal à l'aise avec le fait qu'il se blesse au cours de leur excursion que Natsume considérait comme étant sa faute, il ne pouvait que se maudire davantage. Même si l'aîné tentait de le rassurer en disant qu'il ne devait pas être très loin, l'éleveur avait bien du mal à afficher ne serait-ce qu'une fausse façade d'accord sur ces propos. Son optimisme n'ayant jamais été sa plus grande qualité, il ne pouvait pas empêcher l'inquiétude de grandir au creux de son estomac, encore plus en se rappelant les dangers qui courraient dans cette forêt. À force de la visiter, il s'était fait une idée de ce qu'elle arborait et il n'en craignait rien, mais pour Yû, c'était une toute autre chose. L'Evoli n'avait aucunement les moyens de s'en sortir seul. Pour ça, toutefois, il n'avait que lui-même à blâmer, et il le savait ; paterner excessivement un pokémon aussi jeune n'était pas une bonne chose, mais c'était trop tard pour regretter, maintenant. Il fallait qu'il gère les ennuis qu'il s'était causé à lui-même et dans lesquels il avait malencontreusement embarqué son petit-ami.
Comme d'habitude, en somme, quoi.

Il soupira discrètement en constatant qu'aucun de leurs cris ne parvenait à faire revenir l'Evoli. Tout au plus ne faisaient-ils que tourner en rond, et il en était presque arrivé au point de retourner à la maison pour aller chercher sa Grahyèna. Néanmoins, alors qu'il s'apprêtait à apostropher Samaël pour le prévenir de son choix, un cri strident brisa sa concentration et il sursauta sur place. Alerte, son corps se tendit et ses épaules sursautèrent. Quelque peu inquiet, il ne fit que hocher de la tête devant la question de l'énolian quant à ce qui venait d'arriver à leurs oreilles. Il n'aurait pas pu décemment croire qu'il s'agissait d'un simple coup de vent, et ce n'était certainement pas le cri de son Evoli. La nature est aussi belle que cruelle après tout, alors il ne serait pas étonnant qu'il ne s'agisse que du résultat inévitable de la chasse d'un prédateur, mais Natsume ne pouvait pas s'empêcher d'être inquiet. Il ne se fit donc pas prier pour suivre le compétiteur vers la direction du bruit. Même si ce n'était pas Yû, le japonais n'aurait pas su se pardonner d'avoir laissé quelqu'un ou une créature souffrir en l'ignorant. Enfin, venant d'un type qui pleurniche sur ses souris de laboratoire, hein...

Ce ne fut que lorsque la lumière tomba sur la Nostenfer qu'ils venaient de trouver, embourbé dans une prison qui n'était certainement pas naturelle, qu'il se permit de pousser un soupir de soulagement. Son visage se déforma par l'action d'une grimace exaspérée en constatant que ce genre de pièges était toujours aussi important dans ces forêts. Lui-même, quand il en trouvait, prenait bien soin de les démanteler, mais ils semblaient à chaque fois revenir plus nombreux encore. Et au vu de la situation actuelle d'Enola, la protection environnementale et faune n'était probablement pas la priorité numéro un.
Il tendit son couteau sans attendre, voulant d'ailleurs faire tellement vite qu'il manqua de le faire glisser de ses mains, et plissa des yeux en voyant que la chauve-souris s'était blessée au niveau de l'aile. Si la situation n'était pas urgente, il aurait bien proposé de la soigner, mais le temps n'était pas encore à ça. Ce fut Samaël qui demande son aide à la Nostenfer, ce qui n'était pas une mauvaise idée du tout ; avec sa vision nocturne, nulle doute qu'elle serait déjà d'une meilleure aide que leur pauvre petite lampe de poche.
Le Shimomura accéléra le pas, désireux de retrouver rapidement l'Evoli. Il fallait espérer que la piste que détenait la chauve-souris soit la bonne, mais à ce stade, ils n'avaient pas vraiment d'autres piste que celle-ci. Il tenta d'apaiser les battements de son muscle cardiaque qui s'étaient accélérés sous le coup de l'anxiété, chassant comme il le pouvait les traces d'une expression préoccupée de son visage. Il tentait comme il le pouvait de chasser les pensées noires de son esprit, mais c'était plus dur à envisager qu'à faire, vraiment.

Néanmoins, alors qu'ils avançaient, un nouveau cri retentit dans la nuit. Plus grave cette fois, mais plus agressif également, comme celui d'un animal qui chercherait à se défendre. Ce qui l'alarmait bien plus, c'était le fait que ce grognement, il le reconnaissait. Bien trop, même, à tel point que ses yeux s'écarquillèrent et qu'il pressa le pas avec une vélocité qu'il ne connaissait pas. Enjambant sans plus attendre les diverses branches et troncs par dessus lesquels il passait, ses yeux firent un tour circulaire dans les environs, cherchant la moindre trace de l'Evoli.
Il finit par l'apercevoir quand ils arrivèrent dans une zone plus clairsemée qui n'était autre que celles des grandes pierres. Endroit que Natsume connaissait très bien, y ayant déjà passé plus d'une après-midi. Ce n'était pas la beauté des lieux, la verdure des paysages ou les odeurs sucrées discrètes et raffinées de la nature qui captivaient ses sens, pour l'instant. Loin de là, même, puisque son regard venait de se fixer sur la boule de poils qu'ils recherchaient désespérément, et qui se trouvait acculée à un rocher.

Toutefois, ce n'était pas uniquement sur Yû que ses yeux se concentraient, mais également sur l'énorme silhouette qui paraissait le dominer de sa stature. La bête aux longues dents ne s'embêtait d'ailleurs pas de saliver en considérant la jeune créature encore trop frêle pour la contester physiquement, ses yeux félins fixés sur l'Evoli. La Léopardus, tout crocs dehors, le dos tendu, n'allait sans doute pas tarder à bondir vers sa cible et à planter ses crocs il ne savait où. Sentant un profond sentiment de panique et d'angoisse lui remuer les entrailles, le Shimomura fit un pas en avant et cria sans plus attendre.

« Hé ! Grosse MERDE ! »

L'exclamation était sortie toute seule, accompagnée d'un accent bien appuyé sur la seconde partie de sa phrase. L'attention de la femelle s'était alors divertie de sa proie pendant quelques instants, fixant maintenant l'humain imprudent de ses pupilles vertes. Natsume se rendit soudainement compte, maintenant qu'un regard meurtrier s'était fixé vers lui, qu'il avait peut-être agi avec précipitation. Comme d'habitude en somme, quand il perdait le contrôle de sa raison. Mais là, le souci, c'était qu'il n'était pas le seul à être présent, et il ne souhaitait pas emporter l'Enodril dans ses ennuis. Voulant également éviter de finir mangé comme du sashimi, il fit quelques pas en arrière tandis qu'une de ses mains glissait vers sa ceinture de pokéballs.
Avec un peu de chance, une rouste de Kae devrait suffire... Rah mais vraiment, qu'est-ce qu'ils ont contre nous, les pokémon sauvages, aujourd'hui ?!
Il n'était plus si effrayé que ça par les créatures sauvages et agressives depuis quelques années, étant donné qu'il était éleveur et qu'il était donc habitué à devoir gérer ce genre de cas. Vraiment, il préférait presque ce type de souci que de devoir retirer à des pokémon tout juste parents leurs œufs pour les examiner. Bien moins dangereux. Enfin, disons plutôt qu'il n'appréciait pas trop le déroulement actuel de ses actions, et qu'il aurait bien aimé gérer le problème avec plus de tact et de finesse ; visiblement, c'était râpé. Pour gagner un peu de temps et rester au centre de l'attention de Léopardus, la seule solution qui voyait était donc de continuer dans la provocation, tout en s'éloignant de l'Enodril et de Yû.
Si j'arrive à l'éloigner juste un peu le temps de libérer Kae, alors-

« Tu, euh. Euhm. Tu es moche ! Très moche ! T'es pas belle ! »

Son plan était désastreux, oui, il était au courant. Mais c'était le seule que son cerveau, le traître, voulait bien lui inspirer à l'heure actuelle. Arceus seul savait à quel point il maudissait son incapacité à l'improvisation ! La Léopardus fit d'ailleurs quelques pas vers lui, le regard assassin, les dents à découvert. Et vu comment elle le regardait, Natsume pouvait dire sans trop s'avancer qu'elle devait rêver de planter ses crocs dans sa gorge. Enfin, il s'y connaissait plutôt bien en manières d'énerver et provoquer les personnes qu'il ne faut pas provoquer par pure arrogance, vous me direz.

« T'es tellement moche que ta mère a dû te sortir par le trou du- »

Ce fut l'écart de trop, visiblement. La féline bondit vers le Shimomura, qui en reculant pour libérer sa Jungko, trébucha malencontreusement et gratuitement sur un morceau de terre boueuse. Ainsi tombé au sol, il s'était mis à découvert, et il pesta. Et bizarrement, parce que la joueuse a besoin d'une excuse, la ball de Kaede était tombé hors de portée de ses mains.
Ne réalisant pas vraiment le cas plutôt inquiétant dans lequel il était, il ne saisit ce qui était en train de se passer. Toutefois, ce n'était pas le cas de la Léopardus qui avait bien conscient de sa supériorité temporaire, et qui n'allait pas se gêner pour en profiter. En un seul saut, elle serait sur l'éleveur, et elle paraissait jubiler de ce fait.
Toutes pattes dressées, elle s'apprêtait à sauter jusqu'au moment où quelque chose s’abattit sur son corps et l'envoya au sol sans plus attendre avec une grande violence. Le poids de la féline s’abattit sur la terre avec vélocité et brutalité dans un choc impitoyable. La lame de verdure qui venait de l'envoyer au tapis n'avait pas ménagé sa cible, mais Natsume ne pouvait pas s'empêcher de l'admirer, en dépit de la violence de ce qu'il venait de voir. Les yeux rivés sur la figure verte, le lapin resta immobile, la bouche encore ouverte. La créature qui venait de le sauver d'une situation critique, il peinait encore à croire qu'il s'agissait de Yû.

Le Phyllali nouvellement évolué agita un peu sa mèche sur les côtés, alors qu'une moue prétentieuse se définissait sur son visage maintenant qu'il considérait son adversaire à terre. Il prit même la peine de donner un petit coup de patte au sol pour lui mettre du sable dans les yeux, par pure mesquinerie, et tout ça avec un grand sourire. Le Shimomura, lui, peinait encore à croire ce qu'il voyait. Bouche bée, il ne voyait plus que l'évolition.

« Putain. »

Son exclamation fut prononcée au moment même où il se relevait péniblement, en reprenant au passage la ball qui était tombée. Le Phyllali s'éloigna finalement de la Léopardus, la laissant s'enfuir la queue entre les jambes maintenant qu'elle venait de se faire humilier. Natsume ne la retint pas, et poussa un soupir de soulagement en voyant cela. Néanmoins, en constatant que Yû ne s'était toujours pas rapproché de son dresseur, et qu'il le fixait encore avec méfiance et un peu de rancune, l'éleveur détourna le regard d'un air gêné. Il détestait ce genre de moments, certes moins qu'avec d'autres humains, mais tout de même ; il se savait peu doué avec les mots, et cela n'était rendu que plus évident lorsqu'il fallait en user.

« Désolé, Yû. Je sais que... Je ne compte pas te délaisser pour autant, tu sais ? »

Car il était bien au courant de la peur sous-jacente de l'évolition, peu importe à quel point il ignorait le sujet. Le Phyllali hocha lentement de la tête, les yeux fuyants. Le mâle s'approcha lentement et se colla doucement contre les jambes de son dresseur, une lueur rassurée dans son regard. Le Shimomura se permit une grimace embarrassée ; nulle doute que l'inquiétude venait de faire disparaître une grande quantité de la colère du Phyllali. Il aurait aimé que cela se fasse dans d'autres conditions, mais les faits étaient ainsi. Pour tenter de dissiper le malaise qui subsistait entre eux, le japonais s'accroupit de telle sorte à ce qu'il puisse parler en regardant Yû dans les yeux. Un sourire timide se dessina sur son visage tandis qu'il caressait lentement la tête de l'autre. Le Phyllali penchait presque inconsciemment la tête vers lui.

« Je t'emmènerai la prochaine fois, promis. Mais si je peux te dire une chose, c'est que tu es magnifique, comme ça. Kae aurait été très fière de cette Lame Feuille. »

Le compliment parut aller droit au cœur de l'évolution, puisqu'il sursauta un peu, avant de gigoter sur place, embarrassé. Amusé, le Shimomura ne pu s'empêcher de le prendre dans ses bras, lui donnant ainsi l'affection dont il s'était faussement cru privé avec la présence de Samaël. Puis, lorsqu'il fut calmé, le lapin rappela le Phyllali dans sa ball. Une fois cela fait, il se tourna vers la Nostenfer à qui il adresse une brève inclinaison en guise de marque de respect et de reconnaissance.

« Merci pour ton aide. Sincèrement. »

Et il le pensait. Sans cette Nostenfer, après tout, sans doute n'auraient-ils pas retrouvé la trace de Yû, et il ne préférait pas penser à ce qui serait arrivé. Soulagé par la manière dont les choses avaient tourné, il fit signe à son petit-ami qu'il n'avait rien et qu'ils pouvaient maintenant rentrer au camp.

« Il vaudrait mieux rentrer avant que la bouffe ne brûle, nan ? »

Il s'essaya à un sourire pour faire oublier ses gaffes, avant de prendre la main de l'Enodril pour l'inciter à le suivre. Une fois de retour au camp, il sauva in extremis de la catastrophe le ragoût qui cuisait depuis tout à l'heure, avant d'en distribuer des portions égales dans deux bols en plastique. Toutefois, si manger devant le feu de camp était une idée tentante, Natsume avait une autre idée en tête. Il y avait après tout un lieu dans cette forêt qu'il voulait montrer au plus âgé, bien qu'il n'était pas sûr de savoir si il apprécierait ou non. Ainsi, avec un sourire qui se voulait (mot-clé) mystérieux et joueur, il tendit un couvercle à son copain pour qu'il puisse éviter de renverser sa nourriture le temps de leur déplacement. Il emporta avec lui une lampe à huile.

« Tiens, prends ton bol, on verra mieux par là-bas. »

On pourrait juger que c'était inutile, et ça l'était. C'était même très mièvre, au fond, et le Natsume d'il y a deux ans n'aurait jamais osé avoir ce genre d'idée, mais le japonais ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'il y avait peut-être moyen de montrer quelque chose d'agréable à son petit-ami. Ils ne marchèrent pas longtemps, en plus de ça ; à peine une minute, à faire quelques zigzags ici et là, entre un arbre ou deux. Il n'était venu que quelques fois par ici, mais la vue lui avait laissé un très bon souvenir qu'il tenait à partager, aussi niais que ce soit.
En effet, en s'enfonçant un peu dans la forêt, ils prenaient ainsi progressivement de la hauteur, à tel point qu'ils finirent pas arriver sur ce qui semblait être le versant d'une colline. Versant grâce auquel on pouvait avoir un aperçu dégagé et clairsemé de la forêt, qui, en plein été, laissait à découvert tout une panoplie de teintes et de couleurs. Avec la lumière de la lune comme seule agrément, Natsume trouvait que cette vision avait quelque chose d'apaisant et de tranquille. Enfin, il était évidemment subjectif et en avait conscience, mais cela ne le dérangeait pas du tout. En se mettant assis pour prendre son repas, il invita Samaël à faire de même.

« J'trouve que c'est pas mal, comme vue. »

Évidemment, il n'allait pas lui avouer qu'il espérait aussi, au moins partiellement, qu'il soit impressionné. Ce serait trop gros. Mais il ferait comme si de rien n'était, pour sauvegarder sa fierté, que sa joueuse n'a cesse de maudire encore et encore. Il mangea donc en silence, sans dire quoi que ce soit, plutôt content de profiter du silence. Toutefois, alors qu'il se détendait progressivement, une pensée continuait de s'agiter dans son cerveau, et il était conscient qu'il ne pourrait pas l'éviter longtemps. Après ce qui s'était passé, il devait bien ne serait-ce qu'une explication à son petit-ami. Ainsi, il reprit la parole après avoir poussé un soupir fatigué. Les yeux clos, il grimaça légèrement.

« Yû est... Enfin, j'ai trouvé son œuf près de sa mère. Elle devait être morte depuis quelques jours, à ce moment-là, au moins. »

Il omettrait volontairement les détails quant à l'odeur rance et l'apparence décomposée du cadavre qui hantait encore certains de ses cauchemars les plus inventifs. Samaël n'avait pas besoin de tout savoir après tout, et certainement pas quand ils terminaient de manger. Il voulait simplement illustrer ce qui pouvait expliquer cette dépendance mutuelle qui existait entre Yû et lui.

« Il n'a eu que moi, alors je suppose que maintenant, il se sent abandonné... Ce qui ne serait pas illogique, vu ce que j'ai fait. »

Il eut un rictus jaune. Son regard se concentrait maintenant sur son plat, comme pour éviter de croiser les pupilles dorées de l'autre, puisqu'il savait très bien qu'il se serait senti encore plus ridicule et honteux si jamais c'était le cas. Il ne tenait pas en haute estime ses actions d'il y a quelque semaines, mais ce fait en partie continuait de lui inspirer un grand nombre de regrets.

« Quand j'ai... Quand je me suis retrouvé avec ça, j'ai fait une hémorragie. Quelqu'un m'a retrouvé et m'a aidé, enfin, un groupe de personnes, disons. Ils m'ont permis de survivre et m'ont appris à me débrouiller dehors. »

Sa main s'était perdue dans son propre dos pendant quelques instants, juste pour rappeler l'existence de sa cicatrice, même si elle le dégoûtait. Son ton se fit distant et son regard se mit à fixer l'horizon, sans point fixe. Il n'avait pas encore parlé à son petit-ami de sa survie pendant ces deux mois qui les avaient séparé, pour une raison bien particulière. Mais il avait toujours senti qu'il se devrait de lui avouer la vérité, à un moment, et il lui était reconnaissant de ne pas l'avoir pressé. Enfin, disons plutôt que le sujet finirait par tomber, et que l'éleveur n'avait pas été particulièrement pressé que cela soit le cas. Il ne s'attendait pas à une réaction quelconque, mais c'était juste un fait à énoncer, peut-être aussi pour lui-même, quelque part. D'un côté, il n'était pas extrêmement fan de l'idée de s'étaler sur son cas, ce qui expliquait partiellement ses réticences à aborder le sujet.

« Sans eux, je ne serais pas là à l'heure actuelle. »

Et ce n'était pas peu dire. Vraiment, sa vie au Japon ne l'avait pas préparé à ce type de vie, et il ne tenait le fait d'être encore sur ses jambes qu'à ce qui lui avait été enseigné ; certainement pas à ses propres qualités.

« Puis... Les 'flashbacks' ont commencé à s'intensifier. C'est devenu insupportable, alors je suis parti vers la résistance pour essayer de récupérer quelques informations. Après, tu connais l'histoire. »

Oh, ça oui. Ils avaient fini par se battre comme des chiffonniers pour des broutilles, et de manière complètement ridicule. Mais même plaisanter à ce sujet ne lui retirerait pas le nœud de culpabilité et de honte qui nouait sa gorge, si seulement il en avait été capable. Gêné par son propre comportement, il garda son attention sur son plat qu'il terminait peu à peu.

« J'suis pas encore retourné les voir. Pas illogique que Yû croit que je vais l'abandonner aussi, maintenant. »

Un long soupir lui échappa. En même temps, à force, il allait finir par croire qu'il n'était pas capable de grandir et de mûrir convenablement. A chaque fois qu'il faisait un pas en avant, il avait l'impression d'en faire cinquante-quatre en arrière à cause de son incapacité à gérer son côté plus émotionnel. Admettre ce genre de choses à la personne qu'il estimait le plus au monde n'était pas vraiment ce qu'il préférait faire, si bien qu'il préféra changer de sujet de la manière la plus discrète au monde (#lol).

« … Désolé. Je n'avais pas l'intention de me plaindre autant. »

Et oui, il avait conscience qu'il risquait juste de sonner encore plus pathétique comme ça, mais à ce stade, il n'était plus à ça près. Gêné, il se massa la nuque et reposa son bol terminé, les yeux de nouveau posé sur le paysage qu'il avait voulu l'emmener admirer, à la base. Manque de pot, son cerveau avait cru que le troller serait une bonne idée. Toutefois, il n'en oubliait pas une autre chose qu'il tenait à dire, et par conséquent, il adressa un sourire plus doux et sincère à son copain. Sa voix s'était maintenant faite plus paisible.

« Enfin, peu importe ce qui c'est passé, je... Je suis heureux que tu aies voulu qu'on sorte comme ça. C'est flatteur. »

Se raclant la gorge, il remercia la nuit pour cacher la légère trace de rose qui devait avoir coloré ses joues. À la fois pour se mettre à l'aise comme pour pouvoir faire comme si de rien n'était, il entreprit de mettre sa tête sur les genoux du compétiteur qui lui servait maintenant d'oreiller. Et oui, il était quelque peu sans-gêne parfois. Discrètement, la tête lovée contre son ventre, il ne se gêna pas pour renifler au moins un peu l'odeur plus qu'appréciable que ses narines remarquaient.
Pourquoi est-ce que dire des choses aussi simples continue de me gêner ? J'suis vraiment grave.
Mais il tenait tout de même à lui faire part du fait qu'il appréciait son intention. Il n'était après tout pas rare que l'Enodril considère que tout ce qu'il faisait soit un échec ou une mauvaise initiative si bien que, pour contrer cela, le Shimomura se disait que la seule solution qu'il avait était de commencer à lui signaler quand ce n'était pas le cas. C'était toutefois plus facile à dire qu'à faire, puisque cela lui demandait toujours un effort, tant au niveau de sa fierté que de ses habitudes, mais cela ne le dérangeait pas de le faire si c'était pour son copain.

« Donc, même si ça a été un peu plus chaotique que prévu... C'était une bonne idée. »

Voilà. Simple. Message passé, pas besoin de galérer pendant cinq ans.
Profitant de la chaleur de l'énolian et de sa position, il gesticula un peu pour pouvoir poser pleinement sa tête, l'air de rien, mais plutôt satisfait tout de même. Il changea rapidement de ton, comme pour faire oublier cette mièvrerie dont il était pleinement responsable, un faux air prétentieux digne d'un vrai tsundere sur son visage.

« Arrête d'être confortable, en revanche, ou j'risque plus d'avoir envie de bouger. Et pourtant j'ai emmené des marshmallows à cuire. »

Pas comme si il aurait eu envie de partir même il n'était pas à l'aise, tiens, mais si on se mettait à relever toutes ses pratiques de mauvaise foi, on en aurait pour des heures.

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=> DC de Faust M. Donovan, Clive G. Donovan, Mikael J. Evans & Winter L Kenway
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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Sam 11 Fév - 4:23



Cabin in the Woods


feat the rat-bite

Got any grapes ?



Est-ce égoïste de ma part, de vouloir garder Natsume pour moi tout seul ? De penser que ses Pokémons ont peu d'options quand nous décidons de dormir ensemble, est-ce que c'est égoïste ? S'agit-il d'une part de ma possessivité maladive ? Encore aujourd'hui je me le demande. Mais s'il y a une chose que je sais, c'est que je ferai tout ce que je peux pour retrouver Yû. Je ne le connais pas encore très bien, et j'ai deviné qu'il était très attaché à Natsume au point d'avoir ce genre de crise de jalousie -ce qui nous vaudra probablement des conflits si ça continue comme ça-, toutefois je ne peux ni l'abandonner à son sort, ni laisser mon copain le chercher tout seul. Si un Pokémon est en danger, je dois l'aider ; et encore plus s'il s'agit d'un ami de mes proches. Dans le cas contraire, si je ne donnais pas mon maximum quand il le faut, je serais un bien piètre dresseur. J'ignore si nous arriverons à le retrouver, ou même si ça ne sera pas déjà trop tard, mais j'imagine que nous devons garder l'espoir de revoir l'Evoli sain et sauf. Je ne préfère pas imaginer l'état du Shimomura si jamais il arrivait malheur à l'un de ses Pokémons ; ce qui est compréhensible, après tout. Moi aussi je me le pardonnerais très difficilement. L'estime que j'ai de moi n'est déjà pas très grande, je vous laisse présager ce qui se passerait dans le cas où je serais dans l'incapacité d'assurer correctement mon rôle auprès de mes alliés.

J'espérais que placer notre chemin entre les ailes de cette Nostenfer n'allait pas être une erreur. Elle a beau être blessée, je remarque que son regard n'en est pas moins déterminée. Non... Elle sait ce qu'elle fait. Son vol est maladroit à cause de sa plaie, il reste droit et imperturbable. Et bientôt, nous entendons un cri qui confirme notre position toute proche de celle de l'Evoli. Malheureusement, c'est un rugissement qui ne signale rien de bon, et je sens mon petit ami se tendre d'un coup avant d'accélérer le pas. Le cœur battant, je fais de même, me préparant au pire, et priant déjà Arceus pour que nous puissions faire quelque chose. Je considère que c'est un peu de ma faute, aussi, si Yû s'est enfui. Je ne peux que le comprendre, je crois, vu ma relation avec Natsume. Moi aussi j'ai pu être terriblement jaloux au point d'être agressif de la même manière. Je n'en suis pas fier, loin de là, mais c'est un souvenir que je ne peux pas oublier, et chaque réminiscence me rappelle que je ne dois jamais recommencer. Nous finissons par arriver vers la source du bruit, en haleine, mais nous avons enfin réussi à mettre la main sur l'Evoli. Le jeune mâle brun est adossé contre un rocher, feulant devant une créature sombre deux fois plus gros que lui qui me fait écarquiller les yeux et pousser un hoquet. Cette silhouette féline et sauvage, je la connais par l'intermédiaire de Faust qui possède pareille compagne dans sa propre équipe. L'obscurité ne nous permet pas de discerner les couleurs de la bête, cependant la lueur de la lune nous permet de la repérer et de visualiser la scène. La Léopardus semble saliver devant sa proie, sur laquelle il s'apprête à bondir, toutes griffes dehors. C'est mauvais. Nous devons l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Les idées me manquent pourtant, et j'espère que mon petit ami saura trouver une solution plus rapidement. Si j'ai plus l'habitude d'agir par instinct, j'ai peur que ce pauvre Yû subisse de plus malheureuses conséquences par ma faute.

Se postant ne protecteur de son protégé, c'est Natsume qui fait le pas le premier en balançant des insultes à la prédatrice pour attirer son attention, ce qui semble marcher. Je panique toutefois, effrayé que mon copain ne se fasse gravement blessé. Son plan 'fonctionne', puisque la léopard se détourne de l'Evoli, mais je me demande si notre situation ne vient pas juste d'empirer. De plus, je l'observe s'éloigner volontairement de moi, sans doute pour ne pas que je devienne une cible potentielle. Crétin. Il croit vraiment que je vais le laisser prendre tout sur lui simplement parce que son Pokémon est impliqué là-dedans ? Il est hors de question qu'il soit celui qui reçoive les coups. Ce même sentiment doit l'habiter, ce qui doit expliquer la distance qu'il met entre nous, mais je fronce les sourcils en le voyant faire. Si je me rapproche, sa tentative n'aura servi à rien. Mais je ne peux pas accepter le fait qu'il se fasse attaquer ainsi, alors que je ne l'ai pas accompagné pour servir simplement de spectateur. Alors je m'apprête à faire quelques pas, moi aussi. À m'avancer vers la Léopardus qui fixe le lapin avec des yeux à la fois meurtrier et envieux. Si je peux confirmer que sa peau est effectivement tendre, cette dernière n'est réservée qu'à mon toucher, et pas à celui d'une quelconque carnivore qui voudrait mordre dedans. Grognant à mon tour pour voir si j'arrivais à la déconcentrer de Natsume, je ne suis pourtant pas assez marquant par rapport au hérisson qui sait se faire entendre. Faut dire qu'il a toujours eu plus de voix que moi. Je crois donc que je n'ai plus qu'un moyen de renverser la situation : crier plus fort que lui. Mais au moment où je suis sur le point de balancer des insultes aussi puérilement que mon petit ami, la Nostenfer qui nous accompagne toujours se place juste devant moi en m'empêchant de faire un pas de plus.

« Hé ! Laisse-moi ! Il faut que j-... »

Mais la femelle Poison et Vol me bloque de ses deux ailes, les entourant autour de mon corps pour m'immobiliser, voulant sans doute me préserver du combat. Elle ne comprend pas que j'ai besoin de venir en aide au japonais. Je m'en voudrais s'il lui arrivait quelque chose sous mes yeux alors que je me sais pas assez fort, mais pas impuissant non plus. J'aurais sans doute pu attirer la Léopardus vers moi pour que Natsume et Yû puissent s'enfuir. Si seulement cette chauve-souris n'était pas en train de m'immobiliser ! J'ai beau bouger dans tous les sens en lui demandant de me lâcher, rien à faire. Elle est bien plus robuste et musclée que je ne le croyais. Une résistance qui aurait valu mon admiration dans une autre situation, mais considérant l'actuelle, je ne peux me permettre ne serait-ce qu'un instant de fascination, même pour un Pokémon Vol.

« NATSUME ! »

J'ai entendu son ultime provocation. Il suffisait de seulement quelques mots de plus pour décider officiellement la femelle a bondir sur l'éleveur, faisant rater un battement à mon cœur. Pendant un instant, j'ai cru qu'il savait ce qu'il faisait. Mais en voyant une balle tomber au sol, et lui avec, je ne peux qu'imaginer le pire. En me débattant plus fortement, gémissant même, désespéré de ne pas pouvoir le rejoindre, je garde inconsciemment les yeux ouverts pour regarder la suite. Très mauvaise idée, si jamais l'irréparable devait se produire, mais je ne pourrais jamais me résoudre à une pareille fin. Je ne pourrais pas accepter que mon copain finisse dévorer par une Léopardus simplement parce que je suis trop proche de lui du point de vue de certains de ses Pokémons. Raaah et cette Nostenfer qui ne veut toujours pas me lâcher !
Mais en une seconde, tandis que l'imposante chatte sauvage saute d'une traite, ses crocs dévoilés, un flash vert la frappe de plein fouet et elle se retrouve projeté dans la terre poussiéreuse. Le souffle coupé, je reprends peu à peu contenance me paralyse en voyant le Pokémon qui vient d'attaquer notre adversaire. Tout comme moi, Natsume a le regard rivé sur le nouveau venu. Enfin 'nouveau venu'... Tout est relatif. Il ne faut pas être un génie pour faire le lien et comprendre qu'il s'agit de l'évolition que nous étions venus sauver et qui est celui qui nous a finalement tiré d'un très mauvais pas. Aussi impressionné que mon copain, je dois avouer que la nouvelle forme de Yû et son sauvetage in extremis vaut les coups d'œil que nous lui jetons avec intérêt. Je pousse un soupire de soulagement, sachant l'asiatique sauf.

La Léopardus s'avoue enfin vaincue et s'enfuit sans demander son reste, ce qui enlève déjà un problème considérable. J'aurais presque eu peur que Yû reprenne sa course effrénée pour s'éloigner de nous, mais étant donné qu'il est venu au secours de son dresseur, je me doute qu'il ne compte pas repartir de sitôt. J'espère qu'il saura à quel point Natsume s'est inquiété pour lui. Les choses sont toutefois loin d'être aussi simples. J'ai peur que le Phyllali, malgré tout, ne pardonne pas au Shimomura. Je pensais qu'il se rapprochait très vite de lui une fois la bataille finie, mais je sens encore une certaine réticence. La Nostenfer, en constatant que le danger s'est écarté, me relâche enfin pour que je puisse bouger. Si une envie soudaine de prendre le japonais dans mes bras m'envahit, je ne la laisse pas s'exprimer, attendant que le Pokémon et son dresseur se réconcilient. Ce n'est pas cet incident qui pardonnera ma présence aux yeux de l'évolition, où du moins c'est ce que je pense ; néanmoins, ce sera déjà un début s'ils arrivent à renouer leur lien. Je fais confiance à Natsume pour ça, ceci dit. Il n'est pas éleveur pour rien, après tout, et il arrive à trouver les mots qu'il faut pour exprimer ce qu'il ressent de telle sorte à ce que Yû semble comprendre et se rapproche enfin de lui. Leur câlin tire sur mon visage un sourire attendri, me faisant retomber amoureux de cet adorable porc-épic dont je suis tombé sous le charme il y a deux ans maintenant ; sa façon de parler, cette douceur dans sa voix quand il s'adresse à son ami et ses yeux emplis de fierté que je contemple discrètement, même s'ils ne sont pas dirigés vers moi. Je fonds trop rapidement, c'est un fait, mais si je suis un crétin fini qui n'a pas arrêté de baver sur mon lapin, je suis également rassuré que ça se termine bien, et que nous ayons pu retrouver Yû sain et sauf. Avec nostalgie, je repense à mon amie Aline, disparue depuis des mois. Elle aussi avait un Phyllali...

« Ah, oui, c'est vrai. Merci. Sans toi, je ne sais pas si nous y serions arrivés. On peut te soigner, si tu veux. »

Je me suis tourné vers la Nostenfer à mon tour, après que Natsume l'ait remercié en premier une fois Yû ramené dans sa Poké Ball. Il semblerait qu'il n'y ait, pour l'instant, plus de problème de jalousie entre nous. Mais ce n'est pas une raison pour oublier la chauve-souris qui nous a bien aidé, malgré sa blessure à l'aile. Blessure dont elle rejette ma proposition de soin en commençant à prendre de la hauteur, après un bref hochement de tête pour nous signaler qu'elle portait, retournant l'inclinaison du Shimomura. Je la regarde, inquiet de son état, mais elle me fait un grand sourire, heureuse d'avoir pu nous être utile, avant de partir dans les airs. Elle survivra à sa plaie ; mais ça doit quand même être douloureux.
Je suis toutefois interpellé par les mots de mon petit ami, faisant décrocher mon regard du ciel nocturne d'où est partie la femelle sombre. Je secoue brièvement la tête pour me focaliser sur lui -ce qui n'est pas trop trop dur- et esquisse un sourire doux, avant d'acquiescer et de le suivre, sa main dans la mienne, jusqu'au campement. Nous y avions laissé notre repas à cuire, mais notre absence, aussi imprévue soit-elle, n'a heureusement pas été assez longue pour gâcher notre dîner. C'est assez simple, mais c'est parfaitement convenable, et je déguste le met que le cadet a préparé en savourant le goût que je suis amusé de ne pas sentir brûlé. Le Shimomura et la cuisine, ça fait deux ; c'est pas une nouveauté. Il se débrouille pour tout ce qui est fait avec du riz, mais la plus facile des omelettes peut prendre feu assez vite entre les mains du japonais. On croirait presque à un don, à force. Je me souviens encore de ce qui s'est passé lorsqu'il a retrouvé la mémoire et qu'il a voulu nous préparer à manger. Moi comme les autres nous nous montrons alors toujours un peu méfiant, toutefois c'est en s'entraînant qu'on apprend ; alors si j'ai quelques hésitations à chaque fois qu'il se met aux fourneaux, je sais qu'il arrivera à faire des pâtes sans faire exploser la casserole, un jour.

En soufflant sur mon bol pour refroidir un peu le récipient qu'il y avait dedans, je lève un regard surpris vers le plus jeune quand il me tend un couvercle en plastique. Je ne comprends pas ce qu'il cherche à faire, mais le rictus énigmatique me dit que je n'ai pas à m'inquiéter, et son ton, quoique joueur, n'est pas dénué de tendresse. Alors je me lève à sa suite et le laisse m'entraîner au cœur de la forêt que nous venions de quitter, lampe en main. Curieux de savoir où il veut m'emmener, je suis certain qu'il s'agit de quelque chose qui vaut au moins le déplacement. Les Pokémons de ces bois ne nous dérangent plus. Seuls des insectes et des petites créatures viennent, interloqués peut-être par notre lumière, mais aucun d'eux ne s'approche trop près. Pas de bestiole féroce, c'est déjà ça. Je crois que nous avons eu notre dose pour la journée, et j'aimerais si possible terminer cette soirée tranquillement pour profiter du calme que j'étais venu chercher en ces lieux avec mon petit ami. Cela aurait été dommage de ne pas pouvoir tirer avantage de ce coin paisible, maintenant que nous sommes plus ou moins séparés de toutes formes de vie humaine.
Quelques Lumivoles et Mucioles viennent nous aider à éclairer le chemin, formant des arabesques lumineuses autour de nous. Cette forêt, malgré ses dangers, cache un charme assez particulier, quand nous savons l'exploiter. Ou alors je dis peut-être ça à cause de la présence apaisante et sereine qui enveloppe le jeune scientifique. Ce dernier ne nous fait pas marcher longtemps : juste assez pour nous amener sur le bord d'une colline d'où nous pouvons avoir une vue imprenable sur les frondaisons de la sylve. Ce paysage extraordinaire me tire un « wooow » contemplatif et un regard rêveur qui s'étend sur les cimes des arbres qui décorent cet immense bosquet ; et les étoiles, brillantes sur la voie lactée, qui achèvent ce décor semblant sortir d'un tableau. C'était donc ça que mon petit ami voulait me faire partager. Approuvant ces dires, je hoche légèrement la tête, avant de m'asseoir à ses côtés, finissant mon bol de ragoût en bénéficiant de ce moment de paix qui nous est accordé et qui s'était fait plus rare ces derniers temps.

En silence, je l'écoute me parler de sa rencontre avec Yû. Sans doute y trouverais-je là une meilleure explication quant à son attachement pour Natsume que mes simples suppositions. Je devine qu'il n'y a pas seulement de la possessivité vis-à-vis du Phyllali, qu'il doit y avoir une raison derrière cette affection débordante dont j'ai pu être témoin mais qui avait ultérieurement conduit à la fuite de l'évolition qui ne supportait pas de devoir partager son dresseur avec moi. Si le Pokémon ne pouvait compter que sur le Shimomura, c'est compréhensible qu'il y soit très lié. Dès son retour, je voyais bien que leur connexion était forte. J'avais déjà deviné qu'il l'avait adopté pendant son amnésie, mais j'ignorais les raisons précises de leur rencontre. Il est toutefois évident que le Shimomura n'a jamais eu l'intention ou même la volonté d'abandonner Yû. Lorsque ses souvenirs étaient encore perdus, Natsume ne faisait confiance qu'à lui-même et ses Pokémons, lors de son retour, y compris donc le Phyllali qu'il ne quittait pas, le gardant même contre lui pour s'endormir. Une proximité que je jalousais dangereusement. Il était très dur de me dire que je ne pourrais pas approcher mon copain comme je le voudrais, car il se méfiait particulièrement de moi et de mon caractère un peu trop intrusif par rapport à lui. J'étais en effet le seul qui devait préserver ma véritable identité -et par conséquent mes sentiments les plus profonds- face à lui pour ne pas rendre sa situation davantage compliqué. Maintenant que nos places à l'évolition et moi sont inversées, je peux comprendre ce qu'il ressent. Moi aussi, je me suis senti abandonné alors, quand bien même j'étais conscient que le lapin n'était en aucun cas responsable de ce qui lui arrivait. Je ne pouvais m'empêcher malgré tout qu'il était loin, très loin, et qu'il ne voudrait plus revenir à mes côtés. J'ai eu cette peur affreuse que les choses ne redeviennent jamais comme avant ; que nous étions destinés à redevenir des étrangers, ou des amis, si seulement il me donnait la permission de l'être. S'il était retombé amoureux de moi en restant amnésique, je ne sais pas si j'aurais pu recommencer tout depuis le début avec lui. Nous avons traversés tant d'épreuves ensemble que je n'avais plus cette impression d'être auprès de celui avec qui j'étais depuis plusieurs mois. Mais en plusieurs mois, nous avons pu développé une complicité qui n'a pu se créer que par l'intermédiaire de désaccords, de discussions, d'obstacles que nous avons dû surmonter tous les deux. Cela n'aurait pas été pareil, si j'avais dû faire avec sa mémoire oubliée pour le reste à venir. Je ne pense pas qu'il ait cependant quoique ce soit à se reprocher véritablement. C'est normal qu'il ait voulu plus profiter que moi que son Evoli lorsque ses souvenirs ont été retrouvés. Il se sentait déjà tellement coupable vis-à-vis de moi quand il s'est rendu compte de la froideur dont il avait fait preuve...

Je grimace légèrement lorsqu'il désigne sa cicatrice qui lui barre douloureusement le dos. Il n'a plus aussi mal qu'avant, mais j'imagine que ça doit rester pour lui un souvenir terrible. Cette marque en croix ne partira pas de sitôt et sert en quelque sorte de pénible rappel de ce qui lui est arrivé. Un rappel pour lui, mais aussi pour moi. Je n'ai pas pu empêcher ça. Je n'ai pas été là quand il en avait besoin. Je n'ai pas su le retrouver à temps pour lui éviter d'horribles souffrances. Je n'ai pas pu le protéger de cette énorme balafre dont la vue lui déplaît fortement. J'ignore tout des circonstances qui lui ont fait perdre la mémoire. Peut-être qu'il s'agit de quelque chose de minutieux. Peut-être qu'en vérité ce n'est qu'un truc bête. Mais cela a suffit pour nous perdre tous deux, lui se retrouvant sans aucun repère hormis ses Pokémons, et moi, qui me retrouvais incomplet en son absence prolongée, soudaine, et indésirable. Il me parle d'hémorragie. Oui, je sais ce que c'est. Il m'est très difficilement de mentalement le concevoir puisque la vue de mon petit ami baignant dans du sang est une image que je n'apprécie pas trop, vous comprenez. Si je ne le savais pas seul, je ne pensais pas au fait qu'il ait pu se lier à des personnes extérieurs durant son voyage. Des étrangers seraient donc venus à son secours... Voilà une découverte qui me soulage. En effet, je me remémore quelques fois où Natsume sortait des noms que je ne connaissais pas dans son sommeil, sans toutefois comprendre de qui il parlait. Il est vrai qu'il ne m'avait encore jamais raconté en détails sa survie après son amnésie. J'avais pensé tout seul qu'il s'était débrouillé, malin comme il est. Mais en fait il rêvait d'eux, ces gens qui l'ont secouru quand nous n'étions pas là, et à qui nous devons la vie du Shimomura. Ces gens qui lui ont appris à vivre par lui-même dans des territoires qui n'étaient pas forcément familiers au lapin. Des amis à qui il doit penser souvent, s'il m'en parle ce soir. Ils lui manquent probablement. Mais je comprends qu'il s'est tout de même séparé d'eux... En secret ?.. C'est quand ses flashs sont devenus plus forts qu'il s'est décidé à rejoindre la Résistance, mais il avoue ne pas être allé de nouveau vers eux par la suite. L'aurait-il fait, si je ne l'avais pas récupéré ? Si je ne m'étais pas puérilement battu avec lui, inondé par la fatigue, la rage et la tristesse qui m'accablaient jusqu'alors ? Si son déguisement n'avaient pas dévoilés les traits que j'ai reconnu chez lui pour les avoir tant de fois dessinés du regard ? Si ses souvenirs n'étaient pas revenus, serait-il encore avec eux aujourd'hui ?.. Il a envie d'y retourner. Il a envie de les revoir. Une raison semble pourtant l'empêcher de retrouver ses compagnons d'infortune. Lorsqu'il reparle de Yû, je crois que c'est parce qu'une certaine culpabilité le retient de les rejoindre. Ce ne serait pas impossible, après tout, vu qu'il s'en voulait également quand l'évolition a filé tout à l'heure. Mais tout comme le Phyllali, il est possible qu'un jour il puisse retrouver ses bienfaiteurs qui l'ont tant aidé.

Je secoue négativement avec lenteur pour lui signifier que cela ne me dérange pas, qu'il me parle de tout ça. Au contraire, je ne me serais peut-être pas permis avant un moment de lui poser ce genre de questions. Je me suis toujours retenu de lui demander ce qui s'est passé pendant son amnésie car j'étais très inquiet, toutefois je ne l'aurais jamais obligé à parler s'il en avait pas envie, évidemment. Mais je ne considère pas ça comme des plaintes. C'est très futile maintenant, mais je suis si heureux de l'entendre de nouveau, de pouvoir discuter avec lui comme avant, de réécouter sa voix douce et suave, qui est un véritable délice pour mes oreilles. Il devrait le savoir, pourtant qu'il ne me dérange jamais. Les rares moments où je préférerais qu'il se taise, c'est quand il dit des âneries sur lui-même. Lorsqu'il crie, aussi. Je n'aime pas l'entendre crier. De rage ou même de peine. Quelques fois je sais que c'est nécessaire pour lui, mais le seul son audible dans ces moments-là est celui de mon cœur qui se brise chaque fois que je fais une erreur qui le contrarie et lui apporte du chagrin ou de la colère.
Je préfère largement quand il sourit comme ça, avec cette tendresse dans ses yeux noisette, cette lueur affective que j'aime tant et qui le rend si craquant. Je rougis légèrement quand il exprime son bonheur d'être là. Non, ce n'était définitivement pas une mauvaise idée, je l'ai bien compris. Mais je suis touché qu'il me dise ça. Touché et soulagé. Après ce qui est arrivé lors de notre fuite dans les airs cet après-midi, le message aurait dû être passé. Pourtant ses mots me font tellement plaisir. J'ai réussi à le flatter, et apparemment je ne l'ai pas dérangé durant toute notre balade en forêt malgré les ennuis que j'ai pu nous causés. C'est moi qui suis heureux d'être là. Heureux de l'avoir emmené dans cet endroit qu'il aime tant. Heureux d'avoir pu partager avec lui des moments qui n'appartenaient qu'à nous, en dépit de nos péripéties. Heureux d'avoir eu une idée qui a su lui plaire et lui apporter quelque chose. Heureux de lui avoir fait oublier momentanément notre mésaventure de ce matin. C'est bien mieux de le voir sourire ainsi.

À le contempler ainsi, je néglige mon bol, qui se trouve à présent vide. J'avais zappé pendant un instant que j'avais déjà terminé mon repas. En remettant le couvercle sur le récipient, je le pose par terre, juste à côté de moi, afin de le reprendre plus tard et de me libérer les mains. En faisant cela, j'ai dû me pencher un peu ; mais quand je me redresse, je me rends compte que la tête du Shimomura s'est posée sur mes jambes afin de se lover contre mon ventre. Surpris, je tressaute un peu, mes joues reprenant leur chaleur habituelle quand il est proche de moi. Je ne m'attendais pas tellement à ce qu'il se positionne ainsi, mais bon, moi, vous savez, je ne vais pas m'en plaindre. Au contraire, je profite un peu aussi, on va pas s'mentir. Je souris doucement après qu'il m'ait rassuré une énième fois. Il sait à quel point je peux être agaçant, quand je doute de moi-même et que je rejette continuellement la faute sur ma pomme. Ça doit l'exaspérer, à force, hé... J'ai jamais dit qu'il avait été chanceux de tomber sur moi. Mais qu'il avoue qu'une de mes idées était bonne... Ouais, c'est pas mal flatteur. C'est déjà assez rare comme ça, alors je crois que je vais bien savourer ce moment. Et je ne suis pas le seul. Le faux reproche du Shimomura me fait glousser un peu, puis sourire amoureusement. En matière de niaiserie, y'en a pas un pour rattraper l'autre après tout ; il le cache juste mieux que moi. Mais quelques mots tendres par-ci par-là me font toujours fondre. Sérieusement... Qu'ai-je bien pu faire pour le mériter ? Ce sont toutes les fois où je souffre de son absence, qui me permettent de bénéficier d'un petit ami aussi gentil et compréhensif ? J'dois admettre que ça vaut le coup.

« Héhé ! Si y'a des marshmallows, je n'ai pas d'autres choix que de répondre à leur appel, dans ce cas. »

Ma gourmandise me perdra, mais bon... Des marshmallows grillés, c'est juste la base, quand on fait du camping. Lorsque je dormais à la belle étoile entouré de mes Pokémons, je ne ratais jamais une occasion de m'installer autour d'un petit feu de camp en dégustant des guimauves que les flammes rendaient moelleuses à souhait. C'est un peu une tradition, en somme, et j'avais, il est vrai, l'espoir que Natsume ne délaisse pas cette coutume. Mais je ne sors pas avec lui pour rien, après tout : il sait ce qui est bon. Enfin... Presque, pourrait-on dire en me remarquant, hé. Bah quoi ? On s'refait pas, vous savez. Je sais qu'il y a pire, vous en faites pas. J'aime tellement Natsume que j'ai juste peur de l'étouffer métaphoriquement sans le vouloir. Il doit être habitué à mon affection depuis le temps, ceci dit. Je ne pense pas que ça soit un mal non plus, d'être très câlin ; et entre nous, je crois que le Shimomura en avait bien besoin, vu l'état dans lequel je l'ai rencontré la première fois.
Je me penche comme je peux pour glisser sur sa joue un bref bisou, avant de plonger ma main dans l'amas de poils qui lui sert de cheveux. C'est toujours aussi agréable de mettre ses doigts dedans. On dirait presque une vraie peluche. Pas comme si je ne l'utilisais pas comme tel, ceci dit. Oui, c'est ma peluche vivante à moi, toute chaude et toute douce.

« C'est magnifique. Merci d'avoir voulu partager ça avec moi, Natsu. »

Je pousse un soupir d'aise, levant les yeux en direction de la lune qu'aucun nuage ne vient cacher. Elle dégage une jolie lueur apaisante qui me berce lentement. C'est vrai que c'est reposant. Au loin, dans le ciel, je plisse les paupières, discernant une forme qui vole bizarrement. Je mets quelques secondes à la reconnaître, mais je crois apercevoir notre amie la Nostenfer, qui plane dans le ciel étoilé. Peut-être est-ce la fatigue ?.. Dans tous les cas, je suis heureux que Natsume m'ait fait découvrir cet endroit qu'il devait garder pour lui seul jusqu'à présent. Je serais bien resté là, tout compte fait. Le vent léger balaie les cheveux qui se trouvaient sur mon visage, me donnant une sensation de fraîcheur. On est pas mal, oui. Mais nous ne pouvons pas laisser trop longtemps notre camp sans surveillance indéfiniment non plus. J'aurais, en outre, l'occasion tout à l'heure d'avoir mon japonais contre moi toute la nuit.

« On rentre ? Ton histoire de marshmallows m'a donné envie. »

Incorrigible glouton, oui, je sais. Il faut croire que si j'étais déjà un cas désespéré, je suis persuadé que c'est Faust qui déteint sur moi. Mais bon en même temps, qui résiste à des chamallows grillés ? Y'a pas de camping sans chamallows, après tout ! Même s'il s'agit d'un concept dont j'ignore l'origine, c'est plutôt bien trouver. Et puis ça fait un peu comme un dessert, aussi. Non, je ne cherche pas une excuse pour me goinfrer de sucreries, qui vous a dit ça ?!
J'attends que Natsume se soit enlevé de mes jambes (meh pourquoi y fait froid d'un coup) avant de me remettre debout, ramassant au passage mon bol, et de suivre l'asiatique pour le chemin du retour, lampe en main. Heureusement que l'un de nous deux est familiarisé avec cet endroit, sinon nous pourrions facilement nous y perdre. Dans la nuit, en plus, c'est peu aisé, même si la lune éclaire sur un large périmètre. Qui sait quel Pokémon pourrait nous attraper, aussi. Nous ne sommes pas venus seuls, nous avons nos compagnons, cependant je ne resterais pas très rassuré si mon petit ami n'était pas près de moi. Notre base temporaire n'est toutefois pas loin, et nous l'atteignons bien vite. Au passage, nous ramassons un peu de bois que nous pourrons entreposer pour faire un petit feu. Si je dispose d'un Pokémon capable d'émettre une flamme du bout de sa queue, je pense qu'il vaut que nous utilisions la méthode traditionnelle, au risque de galérer pendant des heures. Smaug a beau être fort, il est quelque peu maladroit quand il n'est pas en plein combat. Un phénomène assez étrange, d'ailleurs, mais son habilité ne se montre que lorsqu'il en a besoin. Je ne devrais pas considérer ça comme une mauvaise chose en soit, mais ça manque tout de même de pratique de mon point de vue. M'enfin... C'est pas bien important non plus. En prime, l'éleveur a pensé à tout : allumettes comprises. Alors, à partir de là, nous arrivons en quelques minutes, après plusieurs tentatives, à faire un feu de camp que nous arrivons à maintenir en état de marche. Là-dessus, nous ne tardons pas à prendre chacun une long pic au bout duquel nous disposons les fameux marshmallows que nous enflammons directement avant de souffler dessus. La première bouchée me remplit aussitôt d'une petite nostalgie, mais je savoure le goût avec plaisir. Mais je me rends compte que je ne me suis pas mis tout près du Shimomura. En vérité, je suis de l'autre côté du feu. Désirant réparer cette 'bavure' (non je suis pas grave, à peine), je me déplace lentement vers lui, avant de poser ma tête sur son épaule.

« C'était super chouette ! Je comprends pourquoi tu viens si souvent ici. J'espère qu'on pourra de nouveau faire du camping ensemble, si tu veux bien. »

Le temps où je faisais route comme seul humain ne me manque pas tellement, mais ça fait quand même partie de mes souvenirs agréables, quand j'espérais naïvement pouvoir réussir la Compétition dès la première année. Mais je suis encore plus heureux de pouvoir partager de tels moments avec Natsume. Je ronronnerais même, si je pouvais. Je me contente simplement de sourire comme un idiot en profitant de la guimauve qui fond dans ma bouche. Cette journée n'était peut-être pas parfaite, mais j'en garderai un excellent souvenir, et je pense ne pas être le seul. Mais elle n'était pas de tout repos non plus. Je sens déjà venir la fatigue dans mes mouvements qui se font plus lourds, et mes yeux qui se ferment doucement lorsque j'enfouis mon visage dans le cou de l'éleveur. Je respire son odeur ô combien délicate et enivrante, en souriant niaisement lorsque je pense que j'aurais avec moi ce doux parfum pour m'endormir.
En parlant de dodo, nous sentons que l'heure approche. Je m'étire, avant d'éteindre soigneusement le feu pour être sûr qu'il ne brûle pas pendant notre sommeil. Enfin, je suis invité dans la tente que j'ai achevée tout à l'heure de monter, ce dont je ne suis pas peu fier, d'ailleurs. Ce n'est pas un travail de charpentier, mais c'est mieux que rien. La toile commence à vieillir, toutefois elle saura sûrement nous protéger des intempéries à venir si besoin est. La lumière jaune tamisée de la lampe à huile donne à l'espace une ambiance chaleureuse qui ne me fait pas du tout regretter le lit douillet de mon copain. Loin d'être une diva à ce point, non seulement je m'accommode à tous types de confort, mais en plus le matelas et le grand sac de couchage installés sont plus que suffisants pour nous permettre de dormir sur nos deux oreilles. Après avoir vérifié que la moustiquaire était bien en place, je commence à enlever ma chemise, avant de me rappeler soudainement qu'il faut que je m'occupe de passer la crème dans le dos de Natsume. C'est bien moins galère pour lui, et c'est toujours mieux que de se débrouiller seul. Alors depuis son retour, je m'en suis chargé personnellement. Ce soir ne fait pas exception à la règle, et une fois le japonais torse nu, je m'empare de la crème avant de la passer doucement contre la peau du scientifique. Je me doute que ce n'est pas une sensation très plaisante, mais il en a besoin. Voir la cicatrice me fait encore un peu mal, mais je sais que je vais devoir m'y habituer de toute façon. En attendant, je fais donc de mon mieux pour appliquer, le produit sur toute la partie où c'est nécessaire, tout en y mettant bien sûr une grande douceur bar le biais d'une brève séance de massage dont je profite pour détendre en même temps le lapin. C'est presque devenu un rituel.
Je repense néanmoins à ce qu'il m'a dit tout à l'heure. L'origine de la cicatrice reste inconnue pour moi, mais il m'a mis au courant des alliés qu'il s'est fait durant son voyage en tant qu'amnésique. De plus en plus, je suis même en train de me demander si le manteau noir qu'il ne quitte plus depuis son retour a quelque chose à voir. Je ne peux pas beaucoup m'avancer sur des suppositions, mais j'avoue avoir été curieux dès le début de cette espèce de cape. Elle lui donne un certain charme, je ne peux le nier. Mais sa provenance me fait poser certaines questions innocentes, car il a l'air d'y être assez attaché.

« Ce groupe de personnes, dont tu m'as parlé... J'aurais bien aimé les remercier. Pour t'avoir sauvé et s'être occupé de toi. Mais j'imagine que ce n'est pas aussi simple, n'est-ce pas ? »

Peut-être les aurait-il retrouvés plus tôt s'il l'avait pu. J'en viens à me demander si certains d'entre eux ont perdus la vie. Cela expliquerait qu'il ne veuille plus les voir parce qu'il se serait produit un incident quelconque. Mais une fois encore, je ne peux me baser que sur ma propre imagination. Le Shimomura viendra probablement me parler de tout ça lui-même lorsque le moment sera venu. Je n'ai qu'à attendre qu'il fasse le premier pas. Alors pour ce soir, je ne lui poserais plus de questions là-dessus. Je n'ai qu'à laisser mes caresses le décontracter calmement. Posté derrière lui, j'entoure son torse de mes bras, avant de déposer des baisers contre son cou. Mes doigts glissent sur sa peau, tandis que je colle ensuite son dos à mon propre torse, avant de pousser un nouveau soupir d'aise par-dessus son épaule. Enfin, je me détache et, après que nous nous soyons mis en sous-vêtements, je me glisse à ses côtés dans le sac de couchage, me collant juste en-dessous de sa tête.

« Fais de beaux rêves, mon Natsu. »

Et aucun songe grotesque ou effrayant ne vint perturber mon sommeil. Je suis tellement fatigué et confortablement installé que je ne mets pas beaucoup de temps à m'endormir et la nuit semble être passée en une fraction de seconde lorsque je rouvre les yeux pour me réveiller. J'en avais même oublié que nous étions en pleine nature, dans une simple tente pour deux. Par conséquent, ça me rappelle aussi que nous sommes seuls, et que pour une fois, Alice ou Faust ne viendront pas nous déranger parce que nous dormons trop pour eux. Pour une fois aussi, ou une des rares fois, je suis le premier à me réveiller. J'émerge doucement et essaye de faire le moins de bruit possible dès lors que je me sais le premier levé. Je m'étire au minimum comme je peux dans ma position actuelle, et bougele plus délicatement possible afin de pouvoir admirer son visage d'ange endormi. Aussitôt, me voilà redevenu une flaque à son unique vue. Décidément, je suis bien trop faible, quand ça le concerne. Quoi de plus normal, vous m'direz, puisque nous sortons ensemble. Mais quelque part, je crois que ça continuera de me surprendre, cette façon que j'ai de retomber instantanément amoureux à chaque fois que je croise ses prunelles chocolat. L'amour rend bête, ce n'est pas qu'une phrase au hasard, ça. Enfin... J'étais déjà pas très malin avant, mais voyez comme je suis pire, maintenant que je peux à nouveau profiter de mon petit ami. J'hésite à lui faire un bisou sur la joue, mais j'ai trop peur de le réveiller. Au bout de plusieurs minutes à le contempler d'un air idiot et gaga, toutefois, je n'ai plus à m'en soucier : le lapin se réveille tranquillement à son tour, et je craque complètement devant son adorable bouille. Comment ça, personne n'est mignon au réveil ? Mais c'est pas vrai, mais Natsu est le plus beau, d'abord ! Aheum.

« Coucou, toi. Bien dormi ? »

Je ne peux m'empêcher de lui donner un rapide baiser sur le nez avant d'étirer complètement mes bras, me redressant de telle sorte à ce que je me retrouve assis sur le matelas. Aucune créature ne les a attaqué en pleine nuit, c'est merveilleux. Soit les Pokémons de cette forêt sont calme, soit ils sont chanceux. Une tranquillité qui n'est pas pour me déplaire, nous laissant ainsi le choix de profiter d'une grass' mat' si l'envie nous en prend.

« Il a l'air de faire beau, dehors. Une merveilleuse matinée... pour rester au lit. »

… Et l'envie semble m'en prendre. Ce serait en effet très bête de se lever maintenant alors que nous aurons toute la journée pour nous décider à sortir. Mais camping ou pas, les bonnes vieilles accoutumances reprennent, à commencer par gâter mon copain avec toute l'affection du monde. En le laissant se réveiller totalement, je me remets allongé contre lui en frottant ma tête contre la sienne, le scrutant avec une lueur affectueuse dans le regard qui n'est réservée qu'à lui. Un petit rire m'échappe aussi, me trouvant de plus en plus mièvre à mesure que les minutes passent. Considérant la situation, ce n'est toutefois guère étonnant. Je reste néanmoins silencieux pendant un instant, préférant laisser les bruits extérieurs combler le vide, trouvant les sons de la nature adoucissants. Ou du moins, ceux que nous pouvons entendre depuis l'intérieur de la tente. Des moments de paix comment celui-ci, j'en redemanderais bien des tas. Un ange passe, et je finis enfin par murmurer quelque chose.

« Tu aurais pu ne pas être là à l'heure actuelle... »

C'est précisément ce qu'il m'a dit : sans les amis qu'il s'était fait, il n'aurait pas pu survivre, et je ne serais pas en train de le cajoler en ce moment. J'aurais été détruit, continuant de le chercher avec désespoir, et il m'aurait fallu aller jusqu'à voir sa dépouille sans vie pour qu'enfin je me résolus à abandonner. Mais je me demande si moi comme Faust aurions tenus le coup. Je ne peux parler avec sincérité, car j'ignore réellement jusqu'à quelle niveau de chagrin et de souffrance mon état s'en serait trouvé réduit. Je ne veux même pas l'imaginer, et je n'en ai même pas besoin.
Mon regard se perd un bref instant. Lentement, je m'écarte de quelques centimètres risibles pour me mettre au-dessus de lui, cette fois, et le regarder droit dans les yeux, mes mains entourant son visage, avec un sourire plus serein.

« Mais tu es là. Tu es bien là, et cette fois, je te garde avec moi. »

Je me rapproche pour coller son front au mien, satisfait et en paix avec moi-même. Oui, il est là, juste sous mon nez. J'ai eu le temps de m'y faire, bien entendu, cependant je ne me délecte jamais de l'admirer, que ce soit par habitude ou même pour simplement me rassurer et me dire qu'il ne s'agit pas d'un mirage, d'un rêve ou même d'un fantasme. Il n'a jamais été aussi réel, et je n'hésite pas à profiter de mes élans d'affection pour profiter du fait que je peux le toucher, que je n'ai plus à m'inquiéter pour lui. Il est au chaud, avec moi, en bonne santé, et heureux. Je ne demande rien d'autre.
Pour cette raison, je me donne cette excuse afin d'approcher mon visage encore plus près du sien avec lenteur, laissant mes lèvres effleurer les siennes, avant de m'en emparer tout à fait quand je le sens prêt à les accueillir. Il fallait au moins ça, après ce qui s'était passé hier matin et toutes les déconvenues qui ont suivis. Capricieux, je ne peux me réveiller qu'avec des bisous, quand je dors avec le Shimomura. Quoi de plus normal alors que d'aller en chercher auprès de ce dernier directement. Moi sur lui, ne voulant pas le laisser s'échapper maintenant jusqu'à ce qu'il n'en ait plus envie, si ma main gauche se sert de mes doigts pour frôler sa joue, l'autre vient passer de son visage à sa poitrine dans une caresse affectueuse. Elle se balade ensuite sur son torse un peu au hasard, mais ne tarde pas à descendre progressivement au niveau du ventre, puis au niveau de son flanc. Mon rythme cardiaque s'est brusquement accéléré, atteignant une vitesse folle. Je ne cherche pas à comprendre ce qui lui arrive, ni même à savoir d'où viennent les agréables frissons qui me parcourent, pendant que ma main, inconsciemment, se dirige vers une de ses cuisses. Je peux sentir mon cœur battre intensément, comme s'il voulait sortir de ma cage thoracique. Avec hésitation, je joue ensuite à mêler nos langues entre elles. Je ne veux plus le brusquer. Je veux être sûr de chaque permission. Dangereusement, ayant perdu un peu le contrôle de moi-même, je laisse pourtant involontairement ma main se mouvoir jusqu'à l'intérieur de sa cuisse.
Ce n'est qu'au moment où j'effleure son entrejambe que je redeviens maître de mes gestes, et que je m'arrête brutalement, me rendant enfin compte de ce que j'étais en train de faire. Détachant mon visage, essoufflé, du sien, j'écarquille les yeux, puis remets ma main à une place décente. J'ai failli faire une énorme bêtise, et je n'allais même pas en avoir pleinement conscience. Confus, je ne sais pas quoi dire pour me faire pardonner au Shimomura ma conduite, mais je reste toutefois immobile, perdu. Mes bras eux-mêmes en viennent à trembler. Je veux m'écarter de lui, honteux, pour me confondre en excuses, espérant ensuite qu'il oubliera tout ceci. Au moins chose que je retirerais bien de sa mémoire. Mais là encore, il me faut remarquer une certaine différence au niveau de mon bas-ventre pour capter que quelque chose n'est pas normal. Et quand je comprends ce qui m'arrive, je pousse un petit cri de panique, et me relève brusquement, avant de placer mes deux mains sur mon soldat au garde à vous. Trois secondes suffisent à mon visage pour devenir aussi rouge que des tomates siciliennes, et je baisse le regard, me sentant terriblement impur.

« Je-Je-Je-Je... Je dois... J'reviens ! »

Ou pas. À cet instant je n'ai qu'une seule vie : fuir le plus loin possible et prendre le premier avion pour l'autre bout du monde. En quatrième vitesse -même Usain Bolt peut aller se rhabiller-, je sors de la tente et coure comme un dératé à travers la forêt pour trouver la rivière la plus proche d'ici où je pourrais m'engouffrer. Fort heureusement, nous avions choisis cet emplacement également pour sa proximité avec un courant d'eau douce qui aurait pu grandement nous servir en cas de besoin. Alors ni une, ni deux, dès que j'aperçois ladite rivière, je me jette dedans, trempant tout mon corps des pieds à la tête. Tant pis si je me noie, même, du moment que ce qui vient de monter redescende illico presto. Merde, merde, merde. Je pouvais tout accepter, mais pas ça. Pas alors que j'étais juste au-dessus de Natsume et qu'il aurait pu se douter de quelque chose. Pas alors que je vais probablement passer pour un pervers qui ne sait pas se contrôler auprès de lui. Peut-être a-t-il même cru que j'avais certaines pensées. Honteusement, je ne peux pas complètement dire que ce n'était pas le cas. Sans user d'une imagination quelconque, je sentais juste en moi une certaine chaleur qui m'attirait encore plus que d'habitude vers mon copain. De nombreuses fois, il m'est arrivé de me demander, même par curiosité, ce que ça ferait si nous étions plus proches que nous ne le sommes déjà. Si un jour ma main glissait sous sa chemise, ou même sous son pantalon. Après deux ans, bientôt trois, j'en venais à me poser ce genre de questions. Savoir ce que ça faisait. Faire Natsume mien, tout entier. Mais je n'oserais jamais aller aussi loin sans lui, et qu'il remarque mes hormones s'agiter était bien la dernière chose que je souhaitais. Honteux, je n'attends désormais plus que le moment où je devrais trouver une quelconque excuse pour qu'il ne me rejette pas.

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Natsume Shimomura
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Dim 12 Fév - 7:05



Cabin in the Woods

Feat l'ours-con

Il n'était pas particulièrement fier de l'avoir inquiété tout à l'heure, à vrai dire. Cela le désespérait d'autant plus que malgré les années et la maturité qu'il était supposé avoir gagné, il ne changeait rien au fait qu'il parvenait toujours à faire les pires choix possibles et à se mettre dans des ennuis monstres. La provocation devait être utilisée avec parcimonie, mais il en faisait toujours une attention abusive, presque suicidaire sur les bords. Provoquer des pokémon affamés et qui ne demandaient rien d'autre qu'à dévorer la viande qu'il avait sous la peau, ce n'était pas vraiment une bonne méthode de sauvetage. Et pourtant, son métier d'éleveur aurait dû lui mettre la puce à l'oreillle, mais il semblait que de temps à autre, ce genre de réflexe insupportable prenait la place à toutes les formes de logique humaine. Mais bon, il ne paraissait pas trop lui tenir rigueur de ce petit accident qui aurait bu virer en un souci bien plus grave ; c'était déjà ça de pris.
Et au moins, il pouvait se rassurer en se disant qu'il paraissait ravie de se goinfrer de marshmallows. Ce n'était pas si étonnant, en fait, et Natsume ne s'attendait pas à autre chose : c'était bien pour ça qu'il en avait amené. Généralement, même si il ne le disait pas à l'autre pour qu'il n'en abuse pas, l'éleveur gardait toujours un paquet de bonbons ou une tablette de chocolat dans son sac, précisément parce qu'il connaissait l'affection qu'avait l'énolian pour tout ce qui était sucré. Quand il paniquait ou était de mauvaise humeur, c'était toujours un bon joker ; un peu comme on calmerait un bébé avec une tétine, il suffisait de donner à l'autre quelques carrés de chocolat pour le faire taire et obtenir le silence. Ne sachant donc pas vraiment si il apprécierait de sortir en forêt, le japonais s'était dit qu'au pire du pire, il pouvait au moins lui donner quelque chose à manger. Amusé par l'enthousiasme dont il témoignait, l'asiatique esquissa un rictus fier et assuré, presque arrogant, satisfait de lui-même. Il n'avait pas toujours de bonnes idées, car son idée de ce qui était amusant était rarement la même que celle de son petit-ami : mais ça, c'était toujours sûr. Son air admiratif de tout à l'heure en découvrant le paysage était une preuve supplémentaire.

Il se lova un peu plus contre l'aîné lorsque celui-ci embrassa sa joue avant que ses doigts ne plongent dans la chevelure. Satisfait, un sourire attendri se dessina lentement tandis qu'il était gratifié d'un massage crânien. C'était un peu de la triche, puisque l'Enodril était tout à fait conscient de l'effet relaxant que cela avait sur lui, mais Natsume n'allait pas s'en plaindre, loin de là. Tendant légèrement la tête vers la main de l'autre pour profiter du contact, il sourit plus timidement quand il fut remercié. Se raclant la gorge, il détourna très légèrement le regard.

« Pas de... Enfin, euhm. De rien. »

Je vais finir par prendre des cours de théâtre, à force d'être aussi désastreux en éloquence.
Néanmoins, malgré tout ça, le calme avait au moins le mérite de le détendre bien plus qu'il ne l'aurait cru. Paisiblement reposé, il se contentait simplement de garder les yeux clos, laissant ses oreilles comme un de ses seuls sens encore en éveil. Il y avait quelque chose de tellement reposant à ses yeux dans le son du vent qui sifflait entre les feuilles, mélangé à l'odeur qu'il se faisait une joie de renifler. Si ses yeux sont fermés, c'est pour se concentrer sur son ouïe, son odorat et son sens du toucher, et l'effet fut tellement relaxant qu'il en était devenu un chaton.
Même si il le savait, il fallait bien qu'ils finissent par rentrer à un moment ou un autre ; cela ne voulait pas dire que cela lui plaisait de l'admettre. Il en aurait presque geint. En même temps, il était tellement bien ici que le fait de rentrer ne lui donnait pas tellement envie, à vrai dire. Mais il était vrai qu'il faudrait rentrer à un moment ou un autre, bien que leur position actuelle était fort agréable. Il hocha donc de la tête, quoique il n'était personnellement pas tant que ça attiré par l'idée des marshmallows ; ce n'était pas qu'il n'en voulait pas, mais disons que dans l'ordre des envies, c'était bien après leur situation ici. Bah, de toute façon, il faisait avant tout cela pour faire plaisir à son petit-ami. Il s’exécuta donc et hocha de la tête pour confirmer son attention de retourner au camp.

Faire un feu n'est pas si compliqué, à vrai dire. Et si il avait voulu impressionner son petit-ami, il en aurait peut-être profité pour se la péter quelque peu en allumant le feu sans l'aide d'allumettes. Mais vu que ça ne marchait qu'une fois sur deux, il préférait ne pas tenter l'expérience ; si il se ridiculisait, l'effet serait l'inverse de celui désiré. Il se contenta donc d'apprécier l'aide de l'autre, mais ne put empêcher un air content de s'exprimer sur son visage quand il vit le brasier prendre forme. Enfin, il valait mieux ne pas prendre la grosse tête non plus.
Puis, sans difficulté quelconque parce qu'il aurait fallu être de sacrés demeurés (chut) pour échouer au fait de cuire des marshmallows, ils commencèrent à déguster les sucreries moelleuses et doucement fondantes. Même si il n'était pas très fana de tout ce qui était trop sucré d'ordinaire, il devait avouer que c'était un plaisir à la fois simple et sympathique. Maintenant, tout ce qui lui manquait, c'était-... Ah, bah voilà. De lui-même, Samaël était revenu contre le châtain, qui sourit niaisement en le voyant poser sa tête contre son épaule. Attendri, Natsume passa son bras autour de sa taille, laissant sa main remonter du bas de son dos à sa nuque, puis dans ses cheveux.
Apparemment, cette activité ne lui avait pas déplu. C'était tant mieux, en un sens. Même si l'éleveur ne se permettrait pas de le dire, avoir son petit-ami à lui tout seul pendant une journée, sans être dérangé par qui que ce soit, était plutôt sympathique. Partager avec lui un intérêt qui lui était si cher était également une partie de ce qui lui plaisait, en fait, et il ne pouvait qu'être content si la réciproque se vérifiait.

« Tant mieux. Et c'est promis : de toute façon, j'ai pas mal de prélèvements à faire, de temps à autre. »

Bon, soyons clairs, c'était en partie une excuse, surtout. Si ça marchait toutefois, il n'allait pas affirmer le contraire. La fatigue commençait néanmoins à les toucher tous les deux. Lui-même fixait le feu avec une certaine lenteur, dorénavant. Après tout, il était levé depuis tôt le matin, et au vu de leurs activités de la journée, il n'était pas illogique que son corps réclame le repos. Vu la compagnie qu'il avait d'ailleurs, il y avait fort à parier qu'il ne puisse pas quitter l'état de somnolence dans lequel il était tombé. Amusé de le voir ainsi se frotter contre lui, d'ailleurs, Natsume se mit à grattouiller très légèrement la nuque du compétiteur. Même si il se demande comment diable il pouvait apprécier son odeur, il se dit que de toute manière, l'inverse était plus que véridique, alors il n'allait pas poser de questions. Tant que l'autre voulait bien de lui, il ne poserait pas plus de questions que nécessaire.

Pendant que l'énolian était parti éteindre le feu, le nippon termina de ranger les quelques affaires qui traînaient, et se glissa dans la tente sans plus attendre. Vanitas, entre temps, avait été ramené dans sa ball. Retirant sa chemise et son pantacourt pour se mettre en sous-vêtement, il se crispa légèrement lorsque sa main entra en contact avec sa cicatrice. Même la toucher lui nouait le ventre, parfois. Néanmoins, en voyant arriver son copain, il se força à reprendre une expression plus neutre, ne souhaitant pas l'inquiéter.
Il s'assit donc sur le matelas, et laissa l'autre passer la crème sur son dos. Ce n'était jamais particulièrement plaisant, en temps normal ; le médicament chauffait le long de sa peau meurtrie, et picotait quelque peu. Même si l'état de cette... Chose, s'était grandement améliorée et qu'elle ne ressemblait maintenant plus qu'à deux longues traces rosées (plutôt « propres », ironiquement), son médecin lui avait bien précisé qu'il faudrait atteindre un bon moment avant qu'elle ne prenne la teinte de sa peau. La douleur, elle, avait reflué. Il se souvenait encore des jours où il ne pouvait même pas se lever seul à cause de cette horreur, et si quelques journées s'étaient révélées difficiles en cas d'humidité, il pouvait au moins l'oublier les trois quart du temps. Et au moins, quand son copain s'en occupait, il essayait de se concentrer sur les massages et les caresses qu'il lui procurait plutôt que sur le fait que quelque part, il complexerait toujours à l'idée qu'il voit ça.

Pour le coup, il ne s'attendait pas vraiment à ce que le plus vieux ne lui pose cette question, à vrai dire. Et cette même question fit naître un nœud de malaise et de gêne au fond de l'estomac de l'asiatique. Ce n'était pas qu'il ne souhaitait pas parler avec lui, mais évoquer cette partie de sa vie le mettait toujours dans un certain état d'inconfort. Il n'était pas sûr de grand chose sur cette période, alors l'évoquer était compliqué. La gêne, la honte, la confusion et quelques autres émotions troublantes qu'il n'était pas capable de comprendre retenaient ses mots ; déjà qu'il avait un talent proche du zéro en la matière... Il soupira donc, remerciant le fait que son interlocuteur se trouvait derrière lui et ne voyait donc pas son visage.

« C'est... Je ne sais même pas où ils sont, en ce moment. Nous n'avions pas vraiment de lieu de  résidence fixe, quand j'étais avec eux. Il faudrait que je... Enfin non, ce n'est pas simple. »

Il s'emmêlait dans ses propos, et il en avait lui-même conscience. Difficile de s'exprimer, en effet, quand il n'avait déjà pas idée de ce qu'il pensait véritablement. Mais heureusement pour lui, Samaël n'insista pas davantage, ce qui permit au japonais de respirer un coup. Souhaitant se vider la tête de ses pensées pour pouvoir dormir convenablement, il ferma les yeux pour profiter des caresses que son copain lui prodiguait et des baisers posés dans son cou. Sans rien dire, il recula un peu, juste pour s'assurer qu'ils soient bien collés l'un à l'autre. Retrouvant ainsi un maigre sourire, il marmonna un remerciement bref mais sincère.
Une fois installés dans le sac de couchage, il passa des bras autour de son petit-ami, satisfait de voir que la température était suffisamment basse en cette nuit pour qu'il ne transpire pas comme un cochon. Un sourire plus discret mais pas moins aimant sur son visage, il embrassa rapidement le front du compétiteur en le serrant contre lui.

« Ouais. Pareil. »

… Définitivement, ça sonnait mieux dans sa tête. Se rendant compte que ce n'était pas très adroit, il se reprit vite, balbutiant cette fois avec hésitation et un peu de gêne.

« … Euh, enfin, bonne nuit. Je veux dire. Que, enfin, je te dis bonne nuit aussi. Bref. »

Putain. Y'a que moi pour foirer quelque chose d'aussi simple que ça, hein.

« Dors bien. »

Ne souhaitant pas s'enfoncer davantage, il finit par se taire et se rapprocha encore, si c'était possible, du plus vieux. Et sans surprise, le sommeil lui vint vite, comme à chaque fois. Il ne dormait jamais aussi bien qu'accompagné de l'énolian, de toute manière ; depuis qu'il était revenu, il ne manquait jamais une occasion, non pas sans une bonne raison. Comme il le constatait, peu importe où il était, son sommeil restait réparateur et plus que doux quand il tenait Samaël dans ses bras. Une vraie peluche, pour lui, dont il ne se lasserait jamais.
Ce fut d'ailleurs devant la vision de cette même peluche qui l'accueillit hors des bras de Morphée. Encore un peu ensommeillé, il plissa les yeux et bailla plutôt bruyamment. Il eut à peine le temps d'étirer son cou que déjà l'énolian venait embrasser brièvement son nez, ce qui fit cligner des yeux au japonais. Toujours pâteux, il bailla une nouvelle fois en nettoyant les chassies dans ses yeux. En poussant un geignement, il étira ses muscles. Il rendit le salut de l'autre en caressant doucement sa tête, sans parler pour le moment. Il mettait toujours un certain temps à dire quelque choses les matins, après tout. Ce n'était pas inhabituel, mais il compensait par quelques traces d'affection ici et là.

« Hm-hmmm... 'jour. »

En effet, le beau temps semblait au rendez-vous. Habituel sur une île tropicale, certes, mais c'était toujours préférable au fait de se réveiller sous une averse. Croyez-le, il avait eu suffisamment de mauvaises expériences en la matière. Il expira tranquillement, en observant le 'plafond' de la tente, se plaisant pas mal avec sa position actuelle. Il n'avait pas tout de suite envie de sortir ou de manger, de toute manière, et il y avait fort à parier que Samaël n'avait pas envie non plus. Ou du moins pas tout de suite, vu qu'il ne résistait jamais à l'appel de la bouffe. Il ne fut donc pas étonné de le voir revenir vers lui.
Il gloussa légèrement de sa mièvrerie, toujours amusé de le voir se transformer une guimauve immonde aussi souvent. Son air niais et ses rires gais, aussi cuculs qu'ils étaient, avaient toutefois le don de causer la naissance de petites expressions tout aussi nian-nian sur son visage. Et, pour une raison qui le dépassait toujours, à raviver les papillons dans son ventre et la sensation de chaleur dans sa poitrine qu'il ne parvenait jamais à identifier clairement. Il ferma brièvement les yeux alors que ses bras serraient  son petit-ami contre lui, en déposant quelques rapides bisous le long de son cou. Le silence aussi, c'était bien. Et c'était stupide, ainsi que quelque peu illogique, mais ce silence ne lui semblait jamais aussi agréable et beau que lorsqu'ils le partageaient.
Ouah. J'suis vraiment de bonne humeur, là, je crois.
Barf, ce n'était pas si grave, de toute façon : depuis son retour, il avait cessé de se retenir par fierté stupide. Enfin, pas totalement, mais disons que la différence entre avant et maintenant était nette, et elle s'étendait aussi à ses pensées. Même si ce n'était pas encore assez à ses yeux, loin de là, il ne pouvait pas nier qu'il gagatait plus librement et avec moins de gêne, dorénavant. Après, que ce soit ou une bonne mauvaise chose... Il avait juste remarqué que sa concentration sur ses bouquins quand l'autre était présent était moins bonne, en revanche.

La remarque de Samaël n'était pas prévue, en revanche, et le soigneur se crispa dès lors qu'il l'énonça. Non, en effet, il aurait pu ne pas être là. Et cette simple vérité ne s'appliquait pas juste à son amnésie, mais également à toutes les fois où il s'était bêtement mis en danger, inquiétant gravement son copain à chaque fois. Lorsqu'il avait pris ce coup de couteau à la place d'April, lorsqu'il lui avait caché sa crainte des séismes avant d'affronter un pokémon sol dans un match qui se voulait amical, et évidemment, durant son amnésie, dont il se considérait partiellement responsable. Sûrement était-ce là la raison qui faisait qu'il n'avait pas été très bavard sur la cause de celle-ci avec le compétiteur ; avouer ça le mettait mal à l'aise. Quelque part, être responsable de son malheur, et directement, ce n'était pas quelque chose dont il était fier. Quand bien même ce n'était pas le cas, il considérait les choses ainsi. Interdit et un peu honteux, il ne se permit pas de dire quoi que ce soit.
Il n'aurait pas dû être si surpris de le voir retrouver le sourire aussi vite, pourtant. Samaël avait cette capacité que le nippon lui enviait à retrouver son humeur assez vite, si bien qu'il cligna des yeux devant ce brusque changement d'humeur. Il le laissa s'installer au dessus de lui, et un rictus amusé tordit ses lèvres quand il sentit ses mains se porter sur son visage. Et, pour être honnête, il suffit qu'il se mette à sourire pour que Natsume fasse de même. Oui, c'est vrai. Il ne comptait plus partir, et à vrai dire, ce n'était pas du tout dans ses plans. Ses plans à lui comportaient quelque chose de plus stable, et qui s'étalerait sur une durée indéterminée, la plus longue possible. Toutefois, il n'avait pas encore le cran de l'affirmer. Il se contenta de hocher de la tête d'un air mièvre en caressant une de ses joues tranquillement. Oui, il était de retour chez lui, depuis quelques mois ; et il ne comptait pas la quitter, cette maison.

Il se retint de ricaner en sentant les lèvres de son petit-ami effleurer les siennes ; vraiment, il y a des choses qui ne changeaient pas, et le goût de l'aîné pour les bisous du matin faisait partie de ces choses. Pas que Natsume se plaignait, ou qu'il faisait comme si cela le dérangeait, ou qu'il n'appréciait pas non plus. La légère exhalation d'impatience qui lui avait échappé le prouvait, après tout, et il espérait qu'il ne soit pas en train de jouer à le provoquer ; car, malheureusement, cela marchait bien trop sur lui. Il aurait presque poussé un ronronnement satisfait quand l'autre finit par l'embrasser, l’encerclant de ses bras avec une lenteur paresseuse.
Il pencha légèrement sa tête vers la main qui caressait sa joue, profitant du contact alors qu'il mordillait légèrement les lèvres de l'autre par simple malice. Un frisson le parcourut quand la seconde main de l'énolian passa sur sa poitrine puis sur son torse et, inconsciemment, il se cambra légèrement vers lui pour rechercher davantage de contact. Il ne réfléchissait pas vraiment, à vrai dire, se contentant d'apprécier le moment, même si il ne l'avait pas vu venir. Et puis, en plus, les caresses sur le flanc avaient toujours été celles qui marchaient le mieux avec lui, même si son ventre n'était pas malheureux non plus. Une douce sensation de chaleur le parcourait, et il se permit de tracer quelques cercles avec les mains dans le dos de son petit-ami pour lui signifier son appréciation.

Mais bizarrement, il sentait bien qu'à un moment, quelque chose dans l'atmosphère avait changé. Il n'aurait pas su dire quoi ; il avait juste l'impression que tous les deux, ils respiraient étrangement plus rapidement. Si Natsume pouvait le sentir à ses propres mouvements, il ne s'interrogeait pas trop à ce propos, ou du moins son cerveau ne semblait pas vouloir coopérer, comme si il était quelque peu endormi. Même si les battements de son cœur s'étaient accélérés, il ne le remarquait pas ; les exhalations satisfaites qui sortaient de sa bouche entre leurs baisers non plus. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il voulait rester proche. C'était un peu comme lorsqu'il était soul, en fait, maintenant qu'il y pensait ; sa pensée était un peu lente, plus préoccupé par les frissons agréables qui le parcouraient que quoi que ce soit d'autre. Là, actuellement, hormis à son petit-ami, il n'avait pas envie de penser à autre chose.
Il ne faisait même pas attention à la main qui se dirigeait vers ses cuisses, plus intéressé par la chaleur qu'il ressentait. Il fut toutefois quelque peu surpris quand il sentit la langue de son copain venir chercher la sienne, ne s'étant pas attendu à ce qu'il soit d'humeur dès le matin.
Ah. Oh. Bah d'accord. Pourquoi pas.
Les mains du lapin serrèrent un peu leur prise ; l'une dans les cheveux, l'autre dans le dos. Enfin, question permission, disons qu'il est tout à fait possible qu'il soit d'accord. Mais là encore, ce n'était qu'une supposition. Ou du moins, les quelques gémissements qui lui échappèrent semblaient corroborer cette thèse. Toutefois, il tiqua légèrement quand il sentit la main de Samaël bouger jusqu'à l'intérieur de sa cuisse ; là, son cerveau parut se réveiller, comme conscient qu'ils étaient peut-être un tout petit plus aventureux que d'ordinaire. Pendant une seconde ou deux, pas encore pleinement conscient, il ne réagit pas, même si une certaine appréhension commençait lentement à se former en lui.

Le dernier mouvement de la main du brun, toutefois, le réveilla de la transe dans laquelle il semblait être tombé en une seconde à peine. Ses yeux se rouvrirent assez brusquement et il fixa l'autre d'un air quelque peu surpris, incertain et appréhensif. La gêne, également, venait de se réveiller brusquement, maintenant qu'il réalisait ce qui avait failli se produire et il n'osa pas bouger, interdit, espérant par là que si il ne disait rien, ils feraient comme si rien ne s'était passé ; c'était toujours moins gênant. Son visage venait de prendre une belle teinte cramoisie, et il ravala sa salive nerveusement, en dépit de sa respiration toujours quelque peu rapide. Sans doute n'avait-il pas fait exprès. Voilà. C'était sûrement ça.
Néanmoins, au vu des tremblements du bras de l'autre, il avait quelques raisons de s'inquiéter un peu. L'éleveur plissa des yeux, ayant pris une belle douche froide en voyant son copain se décomposer sur place ; ses hormones d'adolescent n'étaient absolument pas importantes par rapport à ses craintes. Natsume posa un bras en arrière pour soutenir son poids et ainsi ne pas rester couché. Cherchant à décrypter les émotions qu'il voyait sur son visage, il fut surpris par le cri et sursauta, retombant assez brusquement sur le matelas. Ce ne fut que lorsque l'aîné se releva que le plus jeune comprit, et il fit une derpface plus qu'importante. Si il était un peu flatté, il était surtout perplexe quand à ce qu'il devait penser.
Oh. C'était pas prévu, ça.

« … Ah. Euh. »

C'était tout ce qu'il avait à dire, et ce malgré le visage plus écarlate que jamais de l'énolian. En même temps, il ne savait pas trop comment réagir, à vrai dire. C'était la première fois que cette situation leur arrivait ; enfin, pas du côté du lapin, pour être tout à fait honnête, mais c'était un autre sujet. Il n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit d'autre, puisque l'Enodril s'enfuit avec la vitesse de bip-bip vers la direction de la rivière, laissant le Shimomura en plan, les yeux un peu ouverts sous le coup de l'incompréhension quant à tout ce qui venait de se dérouler. Okay. Il avait définitivement besoin de trois secondes pour rebrancher convenablement son cerveau qui venait de, à la manière d'un certain gif de Scott Pilgrim, sauter par la fenêtre. Perplexe, le châtain fixa la sortie de la tente avec un air un peu éberlué, quelque peu confus quant à ce qu'il devait faire, maintenant.

Déjà, évidemment, il faudrait aller rejoindre son abruti de copain qui venait de faire une Faust ; c'est-à-dire que, devant un problème, exécuter sa plus belle fuite. Ensuite, il... faudrait parler. Et ça, c'était plus compliqué si bien que son expression se changea en une grimace gênée. Il pesta légèrement en relevant la partie supérieure de son corps. C'était en effet une discussion plus que gênant et qui, il le sentait bien, paraissait être nécessaire. Il se pinça l'arrête du nez, n'ayant pas franchement hâte de bouger, mais il lui suffit de se dire que Samaël, le connaissant, devait être en train de se dévaloriser dans toutes les langues du monde, pour qu'il se relève lentement. Déjà qu'il n'était pas doué avec les mots, si il fallait en plus qu'il parle de ça...
Je préférerais vraiment nettoyer un nid d'Apitrinis. Voir trois. 

En soupirant une dernière fois, il quitta la tente en se massant la nuque, et suivit le son de l'eau pour trouver la rivière. Il savait où elle se trouvait, de toute manière ; ne restait plus qu'à trouver la personne qu'il cherchait. Remerciant tous les dieux qu'aucun pokémon ne soit de sorti, il emporta un petit sac d'affaires avec lui et marcha à pas lents, cherchant peut-être inconsciemment à retarder le moment qui s’annonçait awkward au possible. Quand il l'aperçut enfin, il s'essaya à un sourire, qui fut au final assez représentatif de leur gêne mutuelle. Il s'avança dans la rivière même si ses jambes étaient humidifiées par la même occasion.

« Yo. »

Ouais, très bien trouvé. Vraiment percutant, comme manière de prendre la parole. Ahaha. Sur le coup, il aurait aimé pouvoir trouver quelque chose pour lui changer les idées, ou même savoir ce qu'il était supposé dire. Mais en même temps, il n'était pas né avec un manuel inscrit dans la tête, et il était donc inévitable qu'il soit quelque peu hésitant sur la marche à suivre. Le fait qu'il ait détalé comme un lapin (#lol) n'aidait également pas le japonais à savoir jusqu'à quel point est-ce que son copain risquait de s'angoisser. Toutefois, pour l'instant, au vu de sa position, une seule question lui vint en tête, et elle sortit de sa bouche sans qu'il n'ait pu l'en empêcher. L'incertitude se lisait aisément dans sa voix, mais son visage exprimait surtout une derpface assez étendue.

« Alors. Euh. Je peux m'approcher, ou tu comptes te flageller si je le fais ? »

Si sa question était posée d'un ton très désinvolte, il en restait toutefois inquiet, au vu des tendances de Samaël à se blâmer pour tout et n'importe quoi. Et il dirait honnêtement que cette tendance était parfois excessive : pour cette raison, il se disait qu'il ne serait pas étonnant qu'il soit actuellement en train de s'insulter mentalement de tout et rien. Il avait après tout la capacité étonnante de porter le blâme sur lui-même en permanence, et Natsume ne jugeait pas ça très juste ; ce n'était pas comme si, même si cela gênait le cadet de l'admettre, il avait été seul à avoir quelque peu cessé de réfléchir. Si ça se trouve, il aurait même pu se retrouver dans sa situation.
Avec lenteur et sans précipitation pour ne pas qu'il s'enfuisse comme il l'avait fait il y a peu, le Shimomura s'approcha sans rien dire, se contentant d'un air un peu embarrassé. En poussant un soupir, il se gratta la nuque et haussa les sourcils en remarquant que son copain était plein d'eau, de la tête aux pieds. Allons bon. Il devait avoir sauté dans la rivière, le connaissant, et Natsume n'était pas sûr de savoir si cela l'amusait ou le désespérait. Il aurait fait pareil à sa place, d'un côté. Il prit un ton un peu blasé, en attrapant une mèche de cheveux pleine d'eau entre ses mains. Une moue amusée s'étira sur ses lèvres, avec difficulté, certes.

« C'est malin, t'es trempé, maintenant. Tu vas puer, tu sais. Les rivières, c'est joli, mais ça ne lave pas tout seul. »

L'humour n'était peut-être pas la meilleure des méthodes, mais c'était la seule qu'il réussissait à mettre en place. D'expérience, c'était ainsi qu'il s'en sortait le mieux, à vrai dire. Il espérait aussi, plus discrètement, qu'il se sentirait plus à l'aise avec sa présence proche si il détendait l'atmosphère, ne souhaitant pas que cet accident de rien du tout ne les éloigne de manière inutile. C'était bien pour ça qu'il était venu le voir, d'ailleurs ; pour éviter les malentendus et les non-dits qui, mine de rien, pourraient se révéler embêtants si ils étaient laissés seuls.

« Viens là. Et ne me force pas à aller chercher Shoichi. »

Dans sa main, il tenait un savon (bio) qu'il souleva un peu, le mettant en évidence. Il attrapa la main du compétiteur avec douceur, mais de manière ferme tout de même, pour l'inviter à le suivre jusqu'au bord de la rivière. Une fois arrivé là, il l'invita à s’asseoir, moment que le nippon choisit pour passer le savon dans ses cheveux et les nettoyer. Ce n'était pas juste pour le fait de l'empêcher de puer, à vrai dire, mais surtout pour le mettre à l'aise avec le contact, et vu l'innocence du fait de laver les cheveux de quelqu'un, le Shimomura espérait qu'il se détende un peu. Lui n'était pas très doué pour ça, mais il avait quelques fois eu l'occasion de pratiquer sur la tête de Nagisa ; et autant dire que c'était un entraînement suffisant.
Il prit son temps, grattouillant de temps à autre derrière les oreilles de son copain alors qu'il lui faisait quelques massages crâniens. Le silence restait épais, toutefois, et il faudrait bien le briser. Natsume finit par le faire, avec un ton qui tentait d'être amusé.

« Enfin, si ça peut t'rassurer, j'crois pas que j'aurais besoin de scéances chez le psy pour le traumatisme. Mon porte-feuille ne supporterait pas, de toute façon. »

Manière de dire, avec une certaine maladresse et un humour plus que douteux, qu'il n'était pas vraiment terrorisé ou en colère, ni marqué. Tout au plus un peu surpris, en réalité. Mais bon, connaissant l'autre, il doutait un peu du fait qu'il devait sûrement paniquer à propos de ce qu'il pensait de lui. Et dans les faits, rien ne changeait. Le silence, néanmoins, revint vite, et Natsume dû se résoudre au fait qu'il ne pourrait pas tourner autour du pot en fuyant par l'humour. En prenant une inspiration, il reprit la parole.

« C'est pas grave, t-tu sais. Biologiquement, c'est, euh, normal. Et puis tu t'es arrêté, donc tu n'as pas vraiment enfreint mon consentement. »

Pourquoi est-ce que je suis en train d'avoir cette conversation... Je voulais juste camper, moi !
Se raccrocher à l'aspect biologique était plus aisé, pour lui. Il n'y avait pas que ça, évidemment. L'envie d'être plus proches physiquement était inévitablement lié à une cause, disons, « émotionnelle », si l'on veut. Lui-même pouvait saisir. Mais en expliquant ainsi, il espérait que l'autre se mettre à relativiser son cas, et cesse de se juger il ne savait quoi pour quelque chose qu'il ne pouvait pas entièrement contrôler, à la base.
De plus, Natsume n'arrivait pas à lui en vouloir ; d'une part parce qu'il avait lui-même eu plus d'un neurone bourré, et d'autre part parce que, comme il venait de lui dire, il n'avait pas été jusqu'au bout. Si jamais il avait dépassé les bornes, le lapin ne se serait pas vraiment gêné pour le recadrer. Aussi tolérant qu'il était avec son copain, cela restait son corps et le consentement était quelque chose que, même si beaucoup l'oubliaient, était extrêmement important. Par conséquent, en sachant que l'autre, et même si c'était parfaitement normal, était aussi préoccupé par cette notion, il ne pouvait pas se considérer comme offensé ou quoi que ce soit. Pour lui, plus honnêtement, son petit-ami avait failli marcher sur la ligne blanche sans franchement l'enfreindre en même temps. Lui en vouloir pour un accident, ce n'était pas le genre de la maison, aussi rancunier qu'il soit en temps normal.
La gêne, néanmoins, c'était autre chose, et elle était palpable. Il ne pouvait pas l'ignorer, mais il faudrait bien passer outre. Balbutiant un peu, il entreprit de continuer à parler, espérant que ses mots arriveraient à le calmer.

« J'veux dire, moi-même des fois je, enfin, je veux dire, c'est... Ça m'arrive. T'es pas... Enfin, t'es pas un pervers. C'est pas honteux. »

Se prétendre tout blanc et parfaitement innocent, ce serait un vaste mensonge d'une hypocrisie qu'il ne pouvait pas se permettre si il souhaitait être honnête. Admettre qu'il avait également, et avec une certaine honte, ce genre d'envie derrière une grande couche de déni, était toutefois difficile. L'éleveur se disait néanmoins que comme ça, il pourrait relativiser. Lui, de son côté, avait encore le souvenir du petit souci qu'il avait eu dans une certaine piscine, un coup ; ironiquement, peut-être que si il s'en était rendu compte, il ne serait pas aussi embarrassé maintenant.
Néanmoins, en insistant sur le fait qu'il n'avait aucune honte à avoir, peut-être cherchait-il également à se le faire rentrer dans sa tête. Après tout, son éducation avait laissé quelques... Préjugés, à ce sujet, disons. Dans une famille aussi stricte et rigide que les Shimomuras, l'esprit 'conservateur' s'étendait à tout. Même si Natsume s'était distancé des idées et d'un mode de pensée qu'il jugeait toxique, certaines hésitations et idées reçues continuaient à se répéter dans sa tête, de temps à autre. La honte et la culpabilité face à des choses pourtant naturelles faisaient malheureusement partie du lot, même si il progressait peu à peu. Il savait que tout ça était de la connerie ; encore fallait-il le faire rentrer dans sa tête. Alors en tentant de rassurer Samaël, il tentait également de se rassurer lui-même.

« T'as de la chance que l'eau soit pure, hein. Si elle était infestée de sangsues, tu n'aurais pas eu l'air malin. »

Sa voix était redevenue un peu plus légère, se voulant pleine d'humour. C'était toutefois toujours aussi awkward et maladroit, malgré ses efforts. Il terminait alors de nettoyer les cheveux du plus vieux, en les rinçant. Sentant que son humour n'était pas vraiment suffisant, il se tut, et durant quelques secondes, son expression devint plus neutre. Il en était presque devenu sérieux, au vu de son ton.

« Quand je dis que je te confierai jusqu'à ma vie, ce ne sont pas des paroles en l'air, t'sais. »

Ça marche pour tout.
Il soupira un peu, plutôt tranquille, maintenant. La tension le dérangeait quelque peu, mais il était au moins sûr d'avoir dit tout ce qui comptait ; restait à voir ce qui lui serait opposé ou non. Maintenant que les cheveux du compétiteur étaient nettoyés, le japonais se permit une caresse lente et innocente sur la joue gauche de Samaël. C'était vrai qu'il voulait lui laisser de l'espace pour qu'il ne se sente pas trop gêné, mais c'était plus fort que lui. Enfin, de toute façon, si son copain souhaitait qu'il s'éloigne pendant quelque temps, il l'aurait compris. Il n'aurait pas été un grand fan, mais il aurait accepté ; c'était aussi ça, le consentement, car cela marchait dans les deux sens.
Il pointa du doigt le sac qui se trouvait à côté de lui, et qu'il avait emporté du camp. C'était de là qu'il avait tiré le savon, mais ce n'était pas tout. Quitte à ramener ça, après tout, autant en profiter pour ramener des affaires convenables.

« J'ai pris des vêtements, si tu veux. Et des sandwichs ; ce n'est pas vraiment le petit-déjeuner idéal, mais c'est déjà ça dans l'estomac. »

Le coup du pique-nique devant la rivière, ce n'était pas vraiment prévu, mais bon. Pourquoi pas, à ce stade ; ils n'étaient plus à une niaiserie près, et cela ne leur ferait sans doute pas de mal. De plus, vu que l'autre avait sauté dans la rivière, il avait besoin de vêtements propres et secs. Et Natsume ne comptait pas vraiment le laisser tomber malade pour quelque chose d'aussi bête, même si il suspectait que, vu sa stupidité, il serait capable d'opposer qu'il le « méritait ».

« Après, on pourrait, euh, aller... Je sais pas, on verra bien. Tant que t'es avec moi, ça me va. »

Le cadet se gratta la nuque, toujours légèrement mal à l'aise. Si il le précisait, d'ailleurs, c'était aussi pour lui rappeler ce simple fait. Qu'il était toujours aussi bien avec lui, et que ce n'était pas un bête accident qui allait changer ça ; encore plus quand il jugeait qu'il n'avait de raison de se sentir si honteux. Après tout, il lui avait promis de faire des efforts en matière de communication, lorsqu'ils s'étaient remis ensemble (même si ils n'avaient techniquement jamais été séparés, enfin bref). Tranquillement, il battit la surface de l'eau avec ses pieds, plus confus qu'autre chose.

« Je t'aime, hein. Idiot. Te prends pas la tête comme ça. »

Hypocrisie, certes. Mais cela ne voulait pas dire qu'il ne voulait pas faire tout ce qui était en son pouvoir pour le calmer, le détendre et le mettre de nouveau de bonne humeur, comme lorsqu'ils s'étaient réveillés. Quelque part, il avait signé pour ça en se mettant en couple avec lui ; le faire sourire, et chasser cet air maussade de son visage.

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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Lun 13 Fév - 3:42



Cabin in the Woods


feat the rat-bite

Got any grapes ?



J'y connais rien. Je sais pas quelle est la meilleure méthode pour régler ce genre de problème. Mais lorsque j'entends le terme 'douche froide', j'imagine que ce n'est pas qu'une façon de parler. La rivière n'est pas glacée, mais elle est effectivement froide. Cette sensation d'habitude peu agréable est aujourd'hui comme une délivrance quand je constate l'effet qu'elle a sur moi, et également sur autre chose. Je ne sais toujours pas ce qui m'a pris. Je ne pensais plus à rien, je ne me contrôlais plus non plus. Horreur, quand j'ai constaté en outre que je n'étais pas le seul à me douter que quelque chose clochait. J'ai bien vu dans le regard de Natsume qu'il ne comprenait pas plus que moi mon comportement, et je l'ai peut-être effrayé. Lorsque je me demande avec agacement à quoi mon stupide cerveau pouvait réfléchir, la réponse m'apparaît alors très simple et évidente : à rien. Et généralement, c'est vrai que je ne fais pas beaucoup travailler mes neurones en temps normal, mais jamais elles ne fonctionnent lorsque je fais des câlins à mon petit ami ; car ce n'est bien sûr pas avec ma tête que ça se passe. C'est mon corps et mon cœur qui agissent. Je laisse faire mon instinct quand cela concerne l'affection car il ne m'avait alors jamais déçu. J'aurais dû au moins me comporter en futur adulte et ne pas fuir. M'excuser d'abord auprès de lui pour avoir même de telles pensées. Ce que je m'apprêtais à faire... Mais je ne m'apprêtais rien. Rien du tout. Je n'ai jamais voulu... J'allais m'arrêter. Quoiqu'il arrive, je sais que je n'aurais pas osé aller plus loin, et quoi de moins anormal après tout. Ce n'était pas mon objectif. Je voulais juste l'embrasser et l'enlacer, profiter de sa chaleur pour ne pas penser au fait qu'on devrait rentrer un jour ou l'autre à la maison et revenir à la réalité, alors qu'être ici me donne l'impression d'être coupé de tout ce qui pourrait nous ennuyer. J'avais mon copain pour moi tout seul, et cette information s'est un peu trop ancrée en moi. Je ne sais pas si ça fait de moi un pervers, mais... Mais je ne veux pas l'être. Je veux juste oublier ce qui vient de se passer et me rapprocher de lui comme je le fais chaque jour.

Crétin. Imbécile. J'ai honte. Terriblement honte. J'ai beau plonger encore et encore dans l'eau, je n'arrive pas à calmer mes tremblements et le malaise qui s'est insinuée en moi. Que va-t-il pense, à présent ?.. Je ne vais plus oser le regarder en face. Mais il faudra bien que je m'explique. Que je trouve un moyen de lui parler de ça pour qu'il ne m'en veuille pas. Je n'ai même pas besoin qu'il arrive un truc de ce genre pour l'aimer. Je veux juste être avec lui. Juste être avec lui. Alors pourquoi est-ce que je fais toujours des conneries monumentales de ce style ? Je pouvais pas être un gars normal, pour une fois ? Éviter toutes les cinq minutes de montrer à quel point je peux être stupide ? C'est trop demander ? C'est trop demander. Dans ce genre de situation, je regrette parfois d'être né garçon. Dans le monde d'aujourd'hui cela reste un avantage pour beaucoup de raisons, mais au moins je n'aurais pas été si gêné (en fait si). Si seulement 'ça' ne se voyait pas. Si seulement je n'avais pas eu un élan de folie. Toutefois, il est trop tard, à présent. Je dois faire face aux conséquences. Natsume est loin d'être bête, alors c'est sûr qu'il a compris. C'est sûr qu'il va aborder le sujet. C'est moins sûr en revanche qu'il pardonne ma conduite, et je ne pourrais pas lui en vouloir. Je ne pourrais pas lui en vouloir, car il aurait raison de vouloir s'éloigner un peu de moi, de peur que j'en vienne à recommencer. Mais je ne veux pas que ça recommence. Je voudrais juste retourner en arrière et modifier le cours des choses. Ne pas laisser mes foutues hormones parler à ma place, parce que je ne veux pas être comme ça. J'en viens à stresser de ce qu'il me dira. De ce qu'il s'imaginera à mon sujet. De la façon dont il me verra désormais. En même temps, il n'est pas de ce genre-là, mais... Je ne sais pas. Nous n'avions encore jamais parlé de ce sujet en particulier. Peut-être aurions-nous dû. Ou peut-être n'était-ce pas encore le moment. Puis ça ne fait que deux ans que nous sommes ensemble. C'est sans doute trop rapide pour déjà passer cette étape, déjà envisager que nous pourrions être aussi proches l'un de l'autre. Dans une relation, cela ne peut même pas être nécessaire. J'avais juste envie de le sentir contre moi. Sentir que je lui appartenais, et que c'était réciproque. Mais en aucun cas je ne voulais paraître brusque ou pressé. Il risquerait de se méfier, maintenant, et je ne pourrais pas lui en tenir rigueur. Plutôt ne pas risquer que je le blesse davantage, tout compte fait...

Au moment où j'entends sa voix, dos à lui, je sursaute et me retourne pour le regarder. Mais immédiatement, je détourne les yeux. Comment puis-je encore lui faire face ? Cela m'est impossible. Oui, je suis très dramatique, mais c'est un sujet délicat, très délicat. Je ne peux pas me permettre de faire n'importe quoi, et d'ignorer ce qu'il veut. Ça n'a jamais été mon but. Je veux juste qu'il sache à quel point je l'aime et le respecte. Qu'il sache à quel point il compte pour moi, et que ma vie lui est entièrement dédiée. Sa question me prend au dépourvu, mais si je n'y réponds pas directement, j'esquisse un bref hochement de tête pour l'inviter à se rapprocher. Il n'a pas l'air en colère, c'est un début. Et il ne veut pas non plus prendre de distance, s'il veut s'approcher. Ou alors ce n'est que pour être certain que j'entende ce qu'il a à me dire. Mais si je devais lui certifier quelque chose, c'est que je suis déjà en train de me flageller. Il doit le sentir, j'en suis persuadé. La discrétion n'a jamais été mon fort, de toute façon. Alors il fait quelques pas vers moi, de l'eau jusqu'aux jambes, avant de s'emparer d'une de mes mèches de cheveux. Comme un enfant apeuré, je pousse un léger hoquet, ne sachant toujours pas quoi dire ou faire. Je n'ose plus rien. Définitivement, je ne le sens pas énervé. Natsume est gentil. Bien trop gentil. Il m'arrive encore de me demander ce que j'ai fait pour le mériter. La comparaison est mièvre et vous la trouverez exagérée, mais pour moi, c'est un ange. Un ange qui décide de rester avec moi malgré ma bêtise et mon entêtement. Il s'y attendait sûrement, mais je n'arrive pas à rire de son ton amusé. Il essaye de détendre l'atmosphère, je crois, mais c'est peine perdue. Je me sens bien trop coupable pour rire, ou même tenter un sourire. Je ne lui facilite pas la tâche, décidément. Quel idiot je suis. Au moins, le courant frais m'empêche d'avoir des idées saugrenues, et on peut dire que je suis cette fois bien réveillée.

Quitte à ce que je me fasse passer un savon, je ne m'attendais pas à ce que ça soit sous cette forme. En effet, il m'invite à le suivre en prenant la main après m'avoir montré un savon qu'il avait vraisemblablement emmené avec lui. Cela ne m'étonne pas, après coup. En camping, il faut bien aussi se laver de temps en temps, et il n'y avait pas de mal à utiliser un produit qu'on savait non dangereux pour l'environnement. Connaissant mon petit ami, il est certain que pollution et lui, ça fait deux, et je suis entièrement de son avis. Il nous fait asseoir tous deux au bord de la rivière, avant de passer le savon dans mes cheveux mouillés pour les... laver. Je suis surpris, mais le laisse faire en silence. Son toucher, autant par le mouvement que par la signification de l'acte, me détend légèrement. C'est la première fois qu'il nettoie mes cheveux. Ce n'est même pas étrange. J'apprécie le contact, évidemment, essayant de me dire qu'il ne compte peut-être pas me repousser après tout. Un moment anodin, des gestes simples, mais qui pour moi veulent dire beaucoup, et m'apaisent. C'est fou comme quelque chose d'aussi futile peut avoir de son importance quand la situation s'y prête.
Toutefois, je ne peux m'empêcher de rentrer brusquement mais lestement la tête dans les épaules lorsqu'il évoque l'incident en question sans vraiment le faire. Il tente de me calmer, mais je n'y arrive pas. Je devrais comprendre qu'il ne m'en veut pas, mais j'ai du mal. C'est vrai, il n'a pas été 'traumatisé', mais je n'aurais quand même jamais dû. Rien de tout ça ne devait se produire. Le pire c'est que je ne sais même pas la raison précise de ma gêne, entre le fait que j'étais un peu trop passionné tout à l'heure et le fait que cela a provoqué mes hormones dont l'agitation est visible chez les hommes. Les deux, assurément. Dans tous les cas, c'est de ma faute. J'y suis allé trop brutalement, manquant de lui laisser le choix. Je suis horrible. Pourtant, il arrive à me supporter, à me pardonner, à me rassurer. Je suis heureux qu'il ne soit pas fâché contre moi, mais quelque part je culpabilise encore de ne pas avoir su me contrôler et me stopper à temps. Même un bisou m'aurait largement suffit. Je n'avais pas à vouloir m'aventurer davantage.

Mon regard doré se relève progressivement vers lui. Je pourrais me dire ça. Que ma réaction, aussi inattendue soit-elle, n'était pas quelque chose de vraiment anormal. Que je n'ai outrepassé aucune limite, à défaut d'avoir seulement failli. Mais c'est assez pour ce qu'on pourrait appeler « ma flagellation ». Je n'aurais même pas dû avoir ce genre de pensées, alors exécuter de tels gestes... Je sais que je suis hypocrite, en plus. S'il était à ma place, je ne sais pas exactement comment j'aurai réagi, mais je ne lui en aurais pas voulu, moi non plus. Je lui aurais dit que c'est... normal, et... naturel. Probablement ce que je devrais me faire rentrer dans le crâne, moi aussi. Après tout, si je suis nul en sciences, je sais bien que ce phénomène ne se commande pas. Si Natsume le dit, alors je lui fais confiance. Il est bien plus doué que moi en ce qui concerne la biologie, après tout. S'il m'assure en plus que je n'ai pas franchi ses limites... Mais tout de même. Je soupire. Le pauvre... Il fait de son mieux pour me remonter le moral. Ce n'est pas sa faute s'il doit se trimballer avec un copain demeuré. Malgré tout... Eh bien ça marche quand même un peu. Je me sens encore coupable, cependant c'est moins fort qu'avant, et je sais qu'il a raison. Que tous ces mots, c'est moi qui les lui dirais s'il était dans ma situation. J'imagine que je devrais au moins admettre ça, s'il le fait : que je n'ai pas, comme il le dit, enfreint son consentement. Cela me soulage quelque peu de me dire que je pouvais encore décider de ça, même si mon esprit était ailleurs à ce moment-là et que mon cerveau s'était débranché l'espace d'infimes secondes.

Je relève peu à peu mon visage vers lui, clignant lentement des yeux, m'autorisant à le regarder tandis qu'il vient de dire une chose qui m'a interpellé et rendu tout à coup très curieux. Il vient de dire que... que ça lui était déjà arrivé ? Je l'ignorais. Cette découverte me fait légèrement rougir. Il a dit que je n'étais pas un pervers, et en prime, avoué que je n'étais pas le seul à avoir de telles imprévus. Lui aussi a vécu ce genre d'expérience gênante. Pourtant, il ne m'en a jamais parlé. Est-ce que ça ne vraiment pas de moi un pervers ou un vicieux ? Qu'il ne considère pas ça comme une honte, mais juste... un petit contre-temps ?.. Mon expression perd un peu de sa tristesse pour le scruter avec attention. Je me sens étrangement moi seul, et un peu consolé par cette révélation. Ça ne doit pas être facile de me dire ça, et pourtant... Il sait que c'est important pour moi de le savoir pour ne pas que je me sente différent et que je me dégoûte moi-même. Je ne sais pas si je considérais Natsume comme étant très pur, mais tant que je n'avais pas de preuve du contraire, c'est un peu ce que je m'imaginais. Qu'il était innocent à ce niveau et que c'était moi, dans ce cas, qui occupait la place du plus pervers de nous deux. Je n'aurais pas cru cependant qu'il puisse être pareil. J'avais entendu dire que les japonais étaient conservateurs, mais je ne savais pas si on pouvait appliquer cette règle au Shimomura. Je savais surtout que son père était stricte, mais sa sœur est en même temps très décontracté. J'aurais accepté l'asiatique, peu importe son point de vue là-dessus, mais je suis soulagé qu'il me parle de tout ça, alors que je le connais et que s'ouvrir ainsi sur des choses intimes est loin d'être aisé. Je n'ose pas lui avouer, mais sa confiance, si elle est logique compte tenu notre relation, m'honore.

Il me rince les cheveux en s'essayant à une nouvelle blague, mais elle ne marche malheureusement pas non plus. Pas parce que je n'ai pas envie de rire, mais parce que je ne suis pas encore tout à fait détendu. Je suis con, quand même. C'est moi qui ai dépassé les bornes et qui s'est enfui comme un lâche sans donner d'explications ou même d'excuses, mais c'est lui qui doit me rassurer pour éviter que je ne panique et que je m'insulte en vingt-cinq langues. J'suis pathétique, c'est pas nouveau. Heureusement que Natsume a la patience nécessaire pour me rassurer, sinon je crois que ça fait longtemps qu'il serait parti, à force que je dramatise sur ma situation. Je sais qu'il me confierait sa vie sans hésiter, mais c'est justement pour ça que je ne peux pas m'empêcher de prendre tout sur moi et de me considérer comme une merde. Je veux être digne de cette vie qu'il me confie, car sa franchise et sa confidence me flattent au-delà des mots. Je me sens important pour lui, et c'est pas rien, que je puisse l'accepter pour de bon. Accepter que je puisse faire son bonheur et qu'il m'aime, malgré mes innombrables défauts, et surtout mes caprices et mes insécurités dont je l'accable trop régulièrement. Sa vie est une des principales raisons pour lesquelles j'ai envie de me lever le matin pour me battre et garder mon optimisme quoiqu'il arrive car il a besoin que je sois là pour lui, et j'ai envie d'être à ses côtés pour lui apporter le soutien nécessaire. Je veux lui être utile autant que je le peux, en faisant de mon mieux chaque jour pour, j'espère, devenir le petit ami qu'il mérite.

Je profite un peu de la caresse tendre que bénéficie ma joue, savourant le contact qu'il entretient entre nous. Je dois me calmer. Sinon, je risque de l'inquiéter davantage, et je n'ai pas envie de ça. Je lui donne déjà suffisamment de soucis comme ça. Il a quand même pensé à tout, même aux vêtements. Est-ce qu'il se doutait que j'allais me tremper entièrement dans la rivière ? S'il a déjà vécu la même chose, et qu'il utilise la même méthode que moi ? Je me questionne... Cela n'aurait peut-être pas été moins gênant, s'il avait été à ma place. Mais puisqu'il a aussi un point de vue scientifique, alors est-ce que ça rend le sujet plus facile à expliquer et à accepter ? Même si c'est une réaction naturelle de notre corps, ce n'est pas ce qui empêche la gêne qui va avec ; surtout quand ça se déclenche quand je suis aussi près de mon petit ami. La faim ne se fait pas ressentir, ou du moins j'ai perdu toute notion d'appétit depuis ce fâcheux incident, mais je ne réchignerais pas à prendre un t-shirt, ne serait-ce que pour éviter de prendre froid et d'attraper un rhume. Ce serait bête qu'on revienne de notre 'séjour' en mauvaise forme, mais bon, c'est entièrement ma faute. Je suis satisfait d'avoir cette conversation avec lui, toutefois. On peut dire que ça fait un peu partie de notre développement, quelque part. J'ai appris de nouvelles choses sur lui qui m'ont aidé à m'apaiser un temps soit peu, alors ce n'est pas une mauvaise chose. J'en ai juste marre d'être un boulet pour mon copain. C'est pas mon rôle auprès de lui, d'être un fardeau, au contraire. Mais il faut croire que j'ai encore des choses à apprendre et de la maturité à gagner. Ça m'agace. Je croyais avoir grandi un peu, depuis le temps. Je ne peux pas être à la traîne pendant que les autres avancent.

Je me lève mollement pour m'approcher du sac et en sortir un haut que j'enfile, ne me souciant même pas s'il s'agit du mien ou de celui de l'éleveur. Cela fait longtemps que nous ne faisons plus attention, à vrai dire ; c'est pas inconnu non plus que je fais tout pour tomber le plus souvent sur ses propres affaires afin de profiter de son odeur comme un stalker. J'enfile donc un simple t-shirt noir avant de revenir m'asseoir à ses côtés, où je continue de l'entendre, le regard moins dépité mais toujours anxieux et un peu gêné. Son honnêteté me touche, et me tire finalement un trèèès léger sourire, petite commissure des lèvres relevée. Mon cœur se réchauffe à ses paroles, comme il sait si bien le faire. C'est une discussion délicate, pourtant le fait qu'il se déclare si ouvertement me détend lentement mais sûrement. Je suis au moins assuré qu'il veuille encore de moi malgré mes hormones qui ne cessent de me compliquer la vie.
Sa gentillesse et sa douceur sont deux qualités que j'ai toujours adorées chez lui. Je sais qu'il m'aime. Il m'aime autant que je l'aime, et moi je l'aime plus que ma propre vie. Je ne devrais pas m'en faire pour des choses aussi futiles, ou que nous pourrions considérer comme telles, en sachant qu'il y a des problèmes bien plus graves que nous avons déjà surmontés et des nouveaux auxquels nous devrons faire face. Mais c'est plus fort que moi. Depuis qu'il a fini de parler, mes yeux se sont embués. Pourquoi faut-il que je finisse toujours pas pleurer pour un rien. Pourquoi je peux pas juste me contenir, pour une fois, et lui faire face sans craquer et me décomposer à la moindre marque d'affection, au moindre signe qui me permet de me dire que oui, je suis aimé, et j'ai de la chance d'être entourés de proches comme Natsume qui m'acceptent tel que je suis, et disposent dans leur cœur une place pour moi, même petite. Alors mes lèvres tremblent, et les larmes sortent toutes seules sans que je puisse même les retenir, mais j'ai l'impression qu'elles ont besoin de sortir. J'avais peur qu'il me rejette. J'avais peur qu'il me prenne pour un pervers. J'avais peur de ne plus pouvoir l'approcher. Cependant, je sais que je n'ai pas à m'inquiéter de tout ça. Le Shimomura ne me repoussera pas. Il m'aime, et me veut auprès de lui. Mais qu'est-ce que j'ai, à chialer à chaque fois pour ça ?!

« J'suis désolé. Je... À chaque fois, j'gâche tous nos moments. J'voulais juste... J'voulais juste passer du temps avec toi, j-juste tous les deux, et que... Que tu en gardes de bons souvenirs, et que tu les aies toujours avec toi. »

Je renifle, chassant mes larmes pour éviter de me ridiculiser davantage. Je ne peux pas nier que ça un petit rapport avec l'amnésie. Si j'ai pu lui raviver des souvenirs agréables une première fois, j'ai envie de recommencer. De pouvoir profiter avec lui de chaque instant pour le voir heureux, le voir sourire. Des temps de troubles nous attendent encore, mais je veux, pour toujours, garder en mémoire cette image de Natsume me souriant, et me disant qu'il m'aime, car je chéris chaque journée que nous passons ensemble ; elles demeurent les plus importantes à mes yeux, et tant que nous avons un peu de paix, je souhaite lui montrer à quel point il compte pour moi, même s'il ne le sait que trop bien.
Séchant mes yeux, je me jette ensuite sur le Shimomura pour l'enlacer. Je sais, c'est soudain. Mais j'en avais tellement envie... Et j'ai besoin de lui répondre, de lui parler moi aussi, pour le rassurer à ma manière, en même temps que me rassurer moi-même sur ce que je suis capable de faire.

« Mais j'te promets... J'te promets de ne plus jamais recommencer... S-Sans t-ton consentement. »

Ma respiration est rapide, et je balbutie sans le vouloir, mais je tente de me calmer, d'inspirer son odeur en enfouissant mon visage dans son cou pour y chercher un confort et un apaisement qu'il est le seul à pouvoir m'offrir. Son parfum naturel a toujours été une merveille pour mes narines qui ne se délectent jamais de pouvoir le respirer. Ce n'est pas pour rien que je lui pique autant de vêtements que je le peux, après tout, mais j'ai été encore plus flatté lorsque j'ai remarqué pour la première fois que le fait de lui voler deux ou trois affaires pour les porter sur moi ne le dérangeait pas tant que ça. Je prends de grandes inspirations avant de tout relâcher. Peu à peu, mes pleurs se taisent, et je retrouve ce soulagement et cette quiétude qui m'habitaient que je ne panique pour un rien, et surtout, que je lui donne du souci à mon propos, ce que je voulais esquiver à tous prix.
Je suis faible, bien trop faible face à lui. Mais je ne veux pas laisser mes hormones agir pour moi et risquer de perdre mon petit ami si jamais je faisais un geste de trop. Je lui appartiens, après tout, mais dans le sens innocent du terme, hein. C'est pour ça que je lui dis que je recommencerais seulement si c'est lui qui le veut ; parce que j'ai envie de lui faire plaisir, et que son bonheur fait le mien aussi, après tout. Les yeux clos, je veux garder encore contre moi cette chaleur et cette odeur enivrante pour réduire le reste de tension et de malaise que je gardais au fond de moi. En suis-je vraiment libéré ? Je ne saurais le dire. C'est un sujet dont nous serons amenés à reparler, c'est certain. Mais je ne veux plus que ça part en discussion gênante, que ce soit pour lui ou pour moi. J'ai conscience que ce serait stupide, de toute façon. Comme il l'a dit, c'est biologique, tout ça, alors je suppose que, si c'est important mine de rien, nous pouvons en parler calmement à l'avenir. Si je veux être plus intime avec lui, je dois commencer par faire des efforts et agir de façon un peu plus mature que ça.
Mes deux bras autour de son cou, je ne m'en éloigne que pour le regarder dans les yeux.

« A-Alors... T-Toi aussi, tu... Tu... Euhm... Ça t'arrive de-de... »

Oui je sais, on repart dans la gêne, mais... Bon, autant aller jusqu'au bout, non ? Je ne veux pas le brusquer non plus, s'il n'a pas envie d'en parler, il n'aura pas à le faire. Mais lorsqu'il m'a avoué ça, j'ai été autant étonné que... tranquilliser, sincèrement. Le fait que mon copain agisse comme moi et puisse penser pareil, même si nous sommes différents, me permet d'ancrer dans ma tête de piaf que je ne suis pas si bizarre que ça, finalement. Ou du moins, pas dans le sens négatif, heureusement.

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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Lun 13 Fév - 21:29



Cabin in the Woods

Feat l'ours-con

Déjà, qu'il ait sauté dans un courant d'eau froide à la manière d'un bip-bip était un indice sérieux quant à sa capacité à s'inquiéter et à s'angoisser tout seul. Pas que Natsume en doutait, ayant déjà plus d'une occasion témoigné de cette aptitude spectaculaire à trouver en sa personne toutes les causes du malheur du monde. D'une manière ou d'une autre, l'éleveur était persuadé qu'il serait capable de se sentir responsable des gens mourant de cancer si jamais il était d'humeur. Et peut-être exagérait-il un peu, soit, mais on ne pourrait pas vraiment lui faire croire que Samaël ne dramatisait pas quelque peu la situation. Il comprenait, hein, saisissez bien que de sa part, il aurait été très hypocrite de trouver que son copain s'inquiétait excessivement par rapport à « l'offense » (les guillemets sont importantes, vraiment) commise.  Mais malgré tout, il ne pouvait pas s'empêcher d'être un tout petit peu exaspéré, se doutant qu'à sa place, Samaël ne se serait probablement pas permis de jugement aussi négatif que celui qu'il devait être en train d'infliger à sa propre personne.
Le voir se détourne et éviter son regard avec cet air honteux sur son visage n'avait pas été plaisant, loin de là. Ce n'était après tout par une expression qu'il souhaitait voir chez celui qu'il aimait, et encore plus pour quelque chose d'aussi futile. Pour tout dire, Natsume avait l'impression de voir un petit animal effrayé, ou encore un enfant qu'on aurait surpris en train de faire une bêtise ; c'était une vision quelque peu désagréable, en sachant que le Shimomura ne souhaitait pas que sa vue le fasse se sentir si mal. Quand il avait sursauté rien que parce qu'il avait touché ses cheveux, le châtain avait légèrement écarquillé les yeux, surpris et, au fond, peut-être un peu blessé. Il ne lui en voulait pas, mais se rendre compte que Samaël pouvait avoir une si grande crainte de sa réaction lui restait en travers de la gorge.

C'était donc sans grand étonnement qu'il ne riait pas à son humour. Le lapin s'y attendait, toutefois, et ce n'était pas si surprenant quand on considérait son été de pensée. Mais il aurait bien aimer ne voir qu'un sourire sur ce visage qu'il trouvait décidément bien mieux lorsqu'il était illuminé d'un air joyeux. Au moins, il se laissait faire pendant qu'il lui lavait les cheveux ; c'était déjà un bon pas en avant. Si il s'était enfui comme un lapin (aha) terrorisé, Natsume n'était pas sûr que leur situation se serait arrangée. Mais malgré tout, il s'était tout de même tendu dès que la discussion avait commencé, et l'asiatique l'avait senti, grimaçant dès qu'il avait remarqué ses épaules se rétracter. Il faudrait bien insister, pourtant.
Si il craignait que ses mots ne fassent que le mettre davantage mal à l'aise, ce ne fut visiblement pas le cas. Même si c'était peu, le japonais avait l'impression qu'il parvenait lentement à faire entrer dans le crâne de copain qu'il n'était pas un vieux pervers dégueulasse et que tout cela n'était rien autre qu'un bête accident, sans plus. Si il avait pu se suffire de ça, ça l'aurait bien arrangé, mais il savait que si il voulait vraiment le calmer, il faudrait qu'il avoue ce dont il avait lui-même honte. Il avait tenté de le faire discrètement, presque comme si il craignait qu'il ne le remarque, alors il l'avait noyé dans ses propos. Mais non. Au vu du rose sur ses joues, il avait saisi la remarque, et Natsume détourna un peu le regard, pour éviter de croiser le sien à ce moment précis. Au moins, il semblait que cela avait l'effet escompté, mais à quel prix !
Quelqu'un a un carton pour que je me cache dedans ? Non ?

Définitivement, l'humour ne paraissait pas fonctionner. Bon. Tant pis, il aurait essayé. Le contact nr semblait pas impossible, vu qu'il lui laissait caresser sa joue sans s'éloigner. Si il avait voulu s'éloigner, Natsume ne lui en aurait pas voulu, mais il l'aurait définitivement regretté. Garder le contact par cette manière était simple, mais rassurant, quelque part. Le cadet n'aurait pas su comment réagir si jamais il avait voulu s'isoler davantage.
Il le laissa aller s'habiller sans rien dire, avant de faire de même en baillant tranquillement. Négligemment, il enfila une chemise brune, toujours un peu derp sur les bords. Quand il vint se rasseoir près de lui, Natsume se permit même d'être un plus audacieux en passant un bras autour de son épaule, dépité depuis tout à l'heure de le sentir si loin. Si il espérait que son air maussade disparaisse, ce ne serait pas totalement le cas ; mais le châtain avait la nette impression qu'il l'était déjà moins que tout à l'heure. Il aurait presque sautillé sur place en apercevant brièvement l'esquisse de sourire qui s'était dessiné sur son visage. Lui-même s'était mis à le faire, ravi de le revoir reprendre des couleurs.

Pourtant, cela ne durerait pas, et le hérisson fit une grimace attristée en voyant ses yeux s'embuer petit à petit. Il n'était jamais très fan de le voir pleurer, mais si il en avait besoin, il ne l'en empêcherait pas. Toutefois, voir ceci confirmait ce que le soigneur pensait : son petit-ami avait sans doute dû s'insulter copieusement mentalement, sans se laisser de répit, et cet éclat de larmes voulait tout dire. Il aurait bien aimé lui dire qu'il n'avait pas à s'excuser avec d'autant d'urgence dans la voie, qu'il ne lui en voulait pas et qu'il devait cesser de se voir avec un angle aussi dévalorisant. Mais alors qu'il s'apprêtait à parler, la suite le coupa : il ne s'attendait pas vraiment à entendre parler de souvenirs.
Grimaçant davantage, il comprit soudainement mieux d'où venaient ces craintes. Il se doutait, depuis son retour, que l'Enodril voulait faire de son mieux pour le mettre à l'aise et le rendre heureux, ce n'était pas une nouvelle. Enfin, c'était déjà le cas avant, mais il semblait encore plus volontaire que d'ordinaire, et Natsume n'avait rien fait remarquer. Si cela le rassurait, c'était tant mieux, et le Shimomura n'allait pas s'en plaindre : cela aurait été d'une hypocrisie sans nom. Qu'il croit donc qu'il avait gâché quoique ce soit lui brisait un peu le cœur, par conséquent, car ce n'était nullement le cas. Ça ne l'était jamais, en vérité, mais l'information semblait avoir du mal à rentrer. Peu importe ; il finirait bien par réussir à ce qu'elle rentre. Il se répéterait autant de fois que nécessaire pour que ce soit le cas.

Ses reniflements lacéraient toujours sa poitrine, mais l'éleveur le laissa faire. Plus que ça, il l’accueillit même dans ses bras avec joie, le serrant davantage contre lui pour essayer de le réconforter. Une des mains du châtain se perdit dans les cheveux de l'aîné, lui offrant quelques grattouilles sur le crâne et dans la nuque pour tenter de le détendre alors que son autre main massait son dos en de petites cercles apaisants. Natsume le préférait ici, à vrai dire, lové dans ses bras, tandis qu'il le détendait progressivement. Il cligna des yeux devant ses nouveaux propos, et un sourire doux finit par se dessiner sur ses lèvres. Nullement gêné, et plus attendri qu'autre chose, il déposa un léger bisou sur son front, voulant l'apaiser et lui signifier qu'il avait bien compris. Il gloussa même un peu le voyant enfouir sa tête dans son cou ; si lui-même faisait la même chose ne se lassant jamais de l'odeur délicieuse qui envahissait parfois ses narines, il était toujours flatteur de constater qu'il n'était pas le seul dans ce cas-là.
L'éleveur le laissa pleurer sans rien dire, mais sourit un peu en voyant que ses larmes avaient tendance à refluer au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient. Remarquant même qu'il était en train de se calmer, le soigneur massa tendrement le haut de son dos tandis qu'il le serrait un peu plus contre lui. Toutefois, il ne s'attendait pas à ce qu'il se mette de nouveau à ramener le sujet sur la table. D'ailleurs, vu qu'il avait placé ses bras autour de son cou et le regardait dans les yeux, Natsume s'attendait plus à un déluge de niaiserie qu'à une question à laquelle il ne se serait jamais pensé capable de répondre, du moins honnêtement.
À vrai dire, si sa joueuse ne le trouvait pas pathétique, on aurait pu le plaindre dès le moment où il semblait avoir compris ce que cherchait à savoir le plus vieux ; c'est-à-dire que ses joues se peignirent d'une teinte rouge assez avancée, pas autant que Samaël tout à l'heure, mais assez importante quand même. Il ne savait déjà pas vraiment comment réagir, pris de court et plus qu'embarrassé, sentant soudainement un pic de nervosité le parcourir alors qu'il se rendait soudainement compte que regarder son copain dans les yeux en même temps n'aidait absolument pas. Immédiatement, son regard se mit à le fuir et il ravala sa salive.
Non. Nononononon. Non.

« Je, e-euhm. Enfin, j-je... »

Sujet complexe et embarrassant que celui-ci, en somme, et ce n'était pas comme si Natsume pouvait se permettre de jouer les hypocrites après s'être évertué à rassurer son copain, il en était bien conscient. D'autant plus que la question n'était pas tant le fait qu'il ait déjà vécu ça, puisque Samaël l'avait bien entendu le dire, mais surtout de confirmer ce qu'il avait glissé en catimini. C'était plus facile de faire comme si, en fait, même si il avait quelque peu honte de sa couardise. Il suffisait après tout de se rappeler à quel point il était gêné pour un rien, dans les premières semaines de leur relation ; le simple fait de lui tenir la main rougissait ses joues, durant cette période. Si il avait fait d'énormes progrès depuis, cela ne concernait pas ce sujet qu'ils n'avaient jamais abordé auparavant, probablement trop timides tous les deux. Par conséquent, il n'était pas rare de voir cette tendance à l'embarras ressortir aujourd'hui. Cette gêne aurait pu le pousser à garder le silence et à nier, en temps normal. Cela ne l'aurait pas tellement dérangé, mais après avoir vu Samaël fondre en larmes sous le coup de la crainte et l'appréhension quant à sa réaction, Natsume ne pouvait pas se permettre de faire ça. Cela aurait été égoïste, en quelque sorte.
De plus, être immature et ne penser qu'à son embarras n'était pas vraiment bon pour leur relation, et il s'en rendait bien compte. Si il voulait mettre à l'aise son copain, il n'avait pas d'autre choix que d'être parfaitement honnête avec lui. Et quelque part, à ce stade, c'était inutile de faire du chichi. D'autant plus que craindre sa réaction ou son jugement, au de ce qui venait de se passer, c'était totalement stupide, et Natsume s'en rendait compte. Ravalant sa salive, remonta un peu ses épaules par réflexe et se massa la nuque, toujours aussi rouge.
C'est pas très sympa, mais je préférais quand c'était lui qui était gêné, en fait, là

« Une ou deux fois, ça, euh... Tu te souviens de la fois où j'suis tombé du lit avant de courir à la douche ? »

C'était une bête fin d'après-midi, plus ou moins comme les autres. Lorsque l'autre l'avait rejoint après sa journée d'entraînement et les cours de Natsume, ils avaient comme d'habitude prit le temps pour se lover comme des koalas sur le lit pour une séance de câlins quelconque. Sauf que le lapin, un peu pour rigoler et s'amuser, s'était mis à faire des bisous dans le cou de son copain pour le chatouiller. Manque de bol, c'était son cerveau qui avait bugué et qui l'avait fait devenir un tout petit plus passionné au fur et à mesure que les secondes passaient ; lorsqu'il avait saisi ce qui lui arrivait, il avait alors reculé brutalement, et s'était ramassé magistralement sur le sol, alertant Alice qui s'était précipitée dans la pièce. Mortifié et souhaitant que personne ne remarque rien, il avait alors prétendu devoir aller à la douche de manière complètement arbitraire. Glacée, la douche. Et, évidemment, il y avait cette autre occasion, à son retour, dont il gardait encore une certaine honte ; celle-là, il préférait la passer sous silence, à vrai dire. Il aurait même préféré ne jamais avouer ça, en réalité, mais une autre vérité s'était imposée aussitôt qu'il avait commencé à geindre intérieurement.
Si je ne l'avais pas caché moi-même, il ne serait pas en train de se sentir si mal à l'heure actuelle. J'suis con.
Et voilà. Dévalorisation, nous voilà. Hypocrite de faire des leçons de moral à son copain dans ce cas, n'est-ce pas ? Encore heureux que Natsume n'avait jamais prétendu être différent de son petit-ami sur ce point. Un peu mal à l'aise, il tortilla juste un peu des jambes, plantant son regard plus loin, les joues toujours aussi rouges et chaudes. Là, il aurait bien aimé s'éloigner un peu, en fait. Lâchement, il continuait de craindre la réaction de l'autre face à ce qu'il avait honteusement dissimulé, culpabilisant pour quelque chose d'infime, pourtant. Il était bien au courant que ce n'était pas le cas, encore plus vu ce qu'ils venaient de dire, mais inutile de dire que la crainte d'être mal vu par le compétiteur avait été suffisante pour naître un certain doute, une crainte insidieuse qu'il avait préféré mettre dans un coin de son esprit sans jamais y penser.

« C'-c'est, euh... Juste, des fois, j'ai un peu chaud,  inconsciemment je veux me rapprocher davantage et... Enfin, t-tu comprends. Ça arrive. »

J'veux mourir. Tuez-moi. Par pitié, là.
L'envie de se cacher sous terre ne disparaissait pas, et la gêne était la même. Un peu de honte, également, de ses propos et de ce type de sentiments auquel il n'était pas habitué du tout. Et étant donné qu'il s'agissait quelque chose qu'il ne pouvait pas contrôler, et qu'il ne saisissait pas pleinement, il était évident qu'au vu de sa personnalité, ça ne pouvait que le troubler. D'autant plus qu'il craignait véritablement d'enfreindre des bornes, ou de passer pour quelqu'un de sale devant son petit-ami, même si c'était tout bonnement impossible. On remerciera pour cela son éducation, qui lui avait surtout appris à se méfier et à être mal à l'aise avec ce genre de choses qu'à appréhender de manière mature. À un âge où il était normal que ses hormones se mettent à lui faire se poser quelques questions et à s'agiter, il n'était donc pas anormal que le résultat soit une crainte semblable à celle ressentie par Samaël tout à l'heure. La peur de brusquer, du regard de l'autre également, et une certaine appréhension quant à l'inconnu ; un mélange, au vu de la nervosité naturelle du lapin, au moins un tout petit peu complexe à gérer. Assumer des envies naturelles pour un type très porté sur le déni et le repli sur soi, c'est plus que peu évident.
Si j'avale des morceaux de verre dans la seconde, je peux peut-être éviter d'avoir à terminer de parler.
Quand il avait tenté de rassurer l'autre sur le fait qu'il n'y avait rien d'anormal, il tentait également de se rassurer lui-même, peut-être inconsciemment. Il était vrai, après tout, et il le savait très bien en tant qu'éleveur, que tout cela était naturel. Mais entre le savoir et se le dire, hein, on sait que la différence est parfois grande. Il essaya donc de reprendre une contenance plus assurée, mais ce ne fut réussi qu'à moitié. Certes, ses joues étaient un peu moins rouges et il cessait de regard l'horizon avec intérêt, mais il avait encore un peu de mal à avoir l'air moins gêné et honteux. D'un seul coup, tout le calme et le sang-froid qu'il avait pour venir réconforter son petit-ami avait disparu. Un peu comme si, inquiet pour lui et voulant calmer sa panique, il s'était forcé à éloigner de son esprit toute interrogation. Mais maintenant que l'autre avait à peu près retrouvé ses moyens et le mettait face à une discussion à laquelle il ne s'attendait pas, l'hésitation refaisait surface de plein fouet. L'éleveur ravala sa salive une dernière fois, soudainement plus que conscient des bras du plus âgé contre son cou et de son regard qui le suivait. Il était presque sûr d'avoir fait le tour, hormis pour un petit détail.
Rah, mais, pourquoi est-ce qu'il s'approche comme ça à chaque fois qu'il pose une question gênante ?!
Peut-être parce que tu fuis à chaque fois que tu ne sais pas comment réagir, tocard, hein. J'dis ça j'dis rien.

« Tout à l'heure, par exemple, je... Enfin, si tu, euhm, si tu n'avais pas 'glissé'... Je n'aurais sûrement pas été mieux que toi. J'veux dire, je ne réfléchissais déjà plus trop. »

Il retroussa un peu ses épaules avant de glousser d'un air forcé et un peu jaune, un peu honteux d'avouer ça. De toute façon, c'était la stricte vérité. Ce n'était pas comme si l'énolian avait été le seul à être quelque peu enthousiaste, à vrai dire. Rien que par ses mouvements, la récriprocité de ses actions, sa respiration plus rapide ou même (et il en était un peu gêné) les quelques gémissements qui lui avaient échappé, Natsume ne pouvait pas prétendre qu'il n'avait pas été lui aussi au moins légèrement passionné. Embarrassé de ne pas vraiment avoir réagi quand il avait senti l'ambiance s'alourdir un peu, il n'allait tout de même pas se permettre de faire la moindre remarque.
Il sentait toutefois ses joues se calmer, maintenant qu'il avait fini de parler et dire ce qu'il avait à dire, en priant pour que son petit-ami ait ce qu'il voulait savoir à la base. Il n'avait pas prévu d'avoir cette conversation, à la base, mais maintenant que c'était fait, il se sentait peut-être un tout petit peu soulagé, quoique toujours légèrement mortifié par rapport à lui-même. Souhaitant pouvoir se mettre plus à l'aise, il s'essaya à un rire qui se voulait amusé, mais qui sonnait surtout embarrassé.

« Euh, oui. Voilà. Tu vois, t'es pas un dangereux psychopathe, hein. Ahaha. »

Hahaa. Je suis tellement pas drôle.
L'éleveur se racla la gorge, espérant que Samaël serait satisfait par ces explications. Il venait après tout de faire un grand effort, sûrement nécessaire, maintenant qu'il y pensait, mais désespérément embarrassant. Changer de sujet, vu le silence qui venait de s'installer, c'était tout ce que Natsume trouva à faire pour s'éviter de vouloir se cacher dans un trou d'une seconde à l'autre. Il se reprit le plus vite possible en main.

« D-donc ! Si tu vas mieux, on pourrait rentrer au campement et... Bah, j'aimerais bien ramasser quelques plantes avant de partir, si ça ne te dérange pas. Tant qu'on y est... Après, on pourrait toujours rentrer ? Ou pas, c'est comme tu veux. »

Pas qu'il avait vraiment d'idée, pour l'instant. Tout ce qu'il se savait vouloir, c'était de profiter du temps qu'ils avaient ensemble, sans trop se soucier d'autre chose. Il se serait satisfait d'un rien, vraiment, même si la mièvrerie de cette pensée le désespérait. C'était bien le seul qui pouvait réussir à l'emmener plus ou moins où il le voulait, même si Natsume n'y accordait qu'un intérêt limité. Bien que l'éleveur s'en défendait, trouvant à chaque fois une excuse (minable) pour ne pas avoir à avouer que l'Enodril avait ce pouvoir de pouvoir le trimbaler partout ; bien qu'il le cachait encore un peu, le simple fait de pouvoir l'accompagner suffisait souvent à donner un peu de motivation au scientifique. Même si il était discret, il n'en restait pas moins gaga. Hormis qu'il le cachait, évidemment. Mais mal. Très mal.

« On pourrait retourner en ville ? On a pas eu le temps de terminer, hier, après tout, et vu qu'il a l'air de faire beau... Enfin, voilà. »

Il ne comptait pas évoquer l'accident de hier, mais il était vrai qu'ils n'avaient pas accompli leur objectif initial, et que ce serait une bonne chose à faire, maintenant qu'ils s'étaient changé les idées. Enfin, c'était surtout que le lapin cherchait une bonne raison pour qu'ils restent ensemble, quelle qu'elle soit ; la ville, à côté, n'avait qu'un intérêt limité à ses yeux.

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=> DC de Faust M. Donovan, Clive G. Donovan, Mikael J. Evans & Winter L Kenway
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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Ven 17 Fév - 20:13



Cabin in the Woods


feat the rat-bite

Got any grapes ?



J'ai beau être pas très malin, maladroit et incompétent, Natsume -et j'ignore comment- arrive toujours à garder la patience nécessaire pour me calmer, même quand je panique pour des choses stupides; et ses méthodes pour me rassurer s'avèrent généralement efficaces. Pas qu'il lui en faille beaucoup pour m'apaiser, à vrai dire, vu comment je me transforme aussitôt en guimauve câline quand il est près de moi, mais à sa place, je n'aurais pas su dire les mots justes afin de rendre la situation moins gênante ; et ce n'est pas simplement parce qu'il a ce côté scientifique qui tend à dédramatiser le sujet. Il a cette douce lueur sincère dans le regard qui, outre de me faire chavirer, me détend déjà lentement une première fois. Rares sont les vraies expressions neutres qu'il affiche avec moi quand nous sommes seuls tous les deux, mais cela me permet d'admirer son comportement plus tendre qu'il ne réserve qu'à un cercle très réduit, et encore. Je suis pas vraiment un cadeau, faut l'avouer. Et pourtant... Il a pu m'aimer, lui qui semblait si réservé lorsque je l'ai rencontré. Je sais que j'ai tendance à l'idéaliser un pe-... Bon d'accord, que j'ai tendance à l'idéaliser beaucoup. Mais à chaque fois qu'il me démontre sa gentillesse, je n'y peux rien. Si ses défauts ne me sont pas inconnus, il m'est si facile de les ignorer, et même de les oublier, quand je réalise davantage à quel point j'ai de la chance de l'avoir. Je dis bien ''davantage'' car c'est tout naturel pour moi de me dire, de base, que je suis veinard d'être aussi important pour lui et réciproquement. Même si sur de tels thèmes, je sais que je peux compter sur lui, car il sait exactement comment s'y prendre avec moi ; les effets en deviennent presque magiques. Son toucher, notamment, lorsque ses mains se perdent respectivement dans mes cheveux et dans mon dos, fait relâcher ma tension et mon stress en un clin d'œil. M'avouer qu'il n'avait aucune mauvaise opinion sur moi, même après ce qui s'est passé, m'a réchauffé le cœur. C'est bénin, comme peur, mais je devais être soulagé à ce propos, et il l'a bien compris. Avec sérieux et compréhension, il m'a donné le plus d'arguments possibles pour que j'arrête de me flageller comme un idiot. Le bisou qu'il m'a donné sur le front m'a même fait sourire légèrement. C'est loin d'être désagréable, mais ça, tout le monde le sait déjà.

Je ne lui ai pas posée cette question par pur mesquinerie, loin de là. Jamais je ne chercherais à humilier mon petit ami, ou du moins, de manière gratuite et méchante ; et encore, je ne vais jamais au-delà de la simple taquinerie (et vous me direz, je suis même pas bon, pour réussir à le taquiner). J'ai été intrigué par ce qu'il m'a raconté, rien de plus. Ce n'est pas que je pensais être le seul à qui ce genre de petits imprévus arrivaient, mais j'ai du mal à imaginer le Shimomura avoir de tels problèmes. Pas que j'ai des images mentales, hein, mais comme j'ai dit, ça doit être ma tendance à l'idéaliser, qui me fait ça. Je ne le vois pas parfait non plus, je ne suis pas aveugle à ce point. Je le croyais juste... Plus maître de ses émotions et de son corps que moi. En réalité, en ce qui concerne le physique, il n'est pas plus doué pour apprendre à se contrôler, de ce que je comprends, et cela m'amuse autant que ça me soulage, de savoir que je ne suis pas si éloigné que ça de mon petit ami, surtout quand il détourne son regard de cette façon. Il y a certaines fois, j'aimerais tellement lui ressembler. Être aussi intelligent, aussi sage, aussi rusé, et peut-être avoir une aussi bonne répartie. J'ai... eh bien, pas grand chose à envier de mon côté, mais s'il m'aime pour ce que je suis, alors j'imagine que je ne dois pas être si nul que ça, tout compte fait.

Je rirais bien des rougeurs sur ses joues, de ses balbutiements, ou du malaise qui commence à l'entourer rapidement, maintenant qu'il doit me répondre, mais je n'ai pas envie qu'il prenne ça comme de la moquerie. Cela faisait un moment que je ne l'avais pas remarqué aussi embarrassé, mais il faut croire que certaines discussions permettent encore cette réaction chez lui, et en même temps, vu ce dont on cause, ce n'est pas anormal. C'est la première fois qu'on ose être aussi 'aventureux' sur une conversation en rapport avec notre intimité. Mais s'il y a bien une personne avec qui je peux et avec qui je dois en parler, c'est bien lui. Sans quoi, notre relation pourrait bien ne jamais avancer correctement, et il y aurait toujours du tabou entre nous qui finirait par nous déranger. Mais je voudrais, dans l'idéal, que ce soit maintenant ou à l'avenir, que nous puissions tout nous dire sans honte, car si Natsume est bien mon plus grand confident, celui en qui j'accorde une confiance absolue.
Le souvenir qu'il évoque, maintenant qu'il m'en reparle, me dit quelque chose ; en effet, je me rappelle d'une fois où il avait eu à peu près le même comportement que moi. Lors d'un de nos câlins, je sentais cette chaleur identique, mais sauf que c'était Natsume qui provoquait cette tension. J'écarquille les yeux en comprenant mieux alors pourquoi il voulait tant me fuir cette fois-là alors que nous étions en train de nous enlacer. Mais nous étions plutôt proches, je crois, ou du moins, assez pour que cela amène chez lui une petite agitation hormonale. Je vois la raison qui l'avait poussé à désirer une douche soudainement alors qu'il m'avait paru souhaiter ma présence plus qu'autre chose à ce moment-là, et moi aussi. Je n'avais pas bien saisi ce qu'il lui avait pris, mais tout prend sens, désormais. Il y a sûrement d'autres fois où il s'était conduit d'une façon similaire mais auxquelles je n'avais pas prêté attention, ne cherchant pas tellement parfois à comprendre sa logique. Des fois, je me dis qu'il s'agit juste soit d'un truc de japonais, soit d'un truc de scientifique ; et dans ce cas, il est impossible pour moi de comprendre de toute manière puisque je ne suis ni l'un, ni l'autre.

Se rapprocher davantage... Alors lui aussi il en a envie, parfois ? De cette manière ? Où est-ce que j'ai encore compris quelque chose de travers ? Je ne veux pas me faire de fausses idées, ce serait bien si j'étais plutôt sûr, mais... C'est normal qu'il souhaite que nous soyons proches physiquement, c'est aussi ce que je désire, mais il est probable également que nos définitions divergent. Enfin... Je dis ça, mais je repense à ce même jour qu'il m'a décrit. S'il s'est comporté de manière similaire à moi... Alors ça peut signifier qu'il veuille également la même chose. Oui, j'imagine que ça arrive, que nous ne faisions pas attention, et qu'indéniablement, certaines choses arrivent. D'un côté, cela me rassure, mais de l'autre, j'ai peur que ça recommence et que je refasse une bourde. Je devrais avoir compris la leçon, mais ce n'est pas pour ça que ça sera moins gênant la prochaine fois. D'une certaine façon, nous aurons appris de cette expérience d'aujourd'hui, mais les faits restent tels qu'ils sont. Ce sera certainement moins embarrassant, mais je ne serais pas détendu pour autant. Que nous ayons les mêmes désirs me fait légèrement sourire. Au moins, je ne me méprends pas sur ses intentions. Je ne suis pas un pervers dégueulasse comme j'aurais pu le penser, car après tout, il est comme moi, et ce type de procédé, s'il est imprévu, n'est pas forcément quelque chose que l'on peut contrôler, mais ce n'est pas un mal pour autant non plus. Je ne comptais jamais le déranger avec ça, à l'évidence. Mais puisqu'il me dit tout ça, je me demande jusqu'à quel point nous pouvons nous ressembler, en fait. Dans ce genre de situation, qu'a-t-il bien pu penser ? Que j'allais le traiter de vicieux, comme je me le suis mentalement répété plusieurs fois à mon sujet, croyant qu'avoir une telle réaction naturelle allait obligatoirement faire de moi un dépravé ? Je suis hypocrite de le penser maintenant alors que je me suis flagellé tout seul comme un con, mais je suis persuadé, si nos rôles avaient été inversés, que je n'aurais pas considéré la chose négativement. Ce n'est pas une nouveauté, que je me différencie de Natsume, après tout. Vous connaissez la chanson : quand c'est lui, c'est pas pareil. Mais sur ce sujet, il reste quand même plus mature que moi. Est-ce parce qu'il fait de la biologie ? Je me le demande ; même si j'ai entendu certains clichés disant que les étudiants en sciences étaient plus portés sur la chose que les autres filières. Ce ne doit être que des rumeurs à la noix, vous m'direz : je n'imagine pas tellement Mell se préoccuper de ce sujet, par exemple.

Mes teintes reprennent de leur rouge habituel au moment où il évoque de nouveau ce qui s'est passé dans la tente. Je détourne un peu les yeux, peu fier de moi. Jamais je ne l'aurais forcé, mais... Même inconsciemment, si j'étais allé trop loin, j'étais à deux doigts de me faire rejeter. Pas qu'il n'aurait pas mieux valu qu'il en soit ainsi, car je connais mon petit ami et c'est largement préférable qu'il m'arrête lorsque je dépasse les limites ; toutefois, j'aurais vraiment eu encore plus de mal à me pardonner ce geste, et encore davantage à croiser son regard à nouveau. Un mouvement de trop aurait pu être fatale pour mon estime de moi déjà assez fragile, si le résultat avait donné de plus lourdes conséquences. Sur le coup, à quoi pensais-je, exactement, hormis mon copain ? Je n'ai pas envie d'y réfléchir plus que cela, mais je ne me serais jamais aventuré plus loin, n'est-ce pas ? Mon cerveau m'aurait réveillé à temps, ou du moins, c'est ce que j'espère. J'aurais eu, dans le cas contraire, terriblement honte, et peur, aussi, de blesser le Shimomura. Mais... Je le sais, même si j'ai des pulsions ou des désirs qui commencent à naître, je suis, à la fois, et même si je fais en sorte de ne jamais y songer, terrorisé par ce terrain inconnu que mes hormones rêveraient d'emprunter. C'est là tout un mystère ; on aura beau m'avoir appris quelques bases, la notion même ne m'aura jamais inspiré ou même tenté, à vrai dire. J'ai toujours été bien plus intéressé par autre chose, en l'occurrence, les combats Pokémons qui ont constitués mon unique but dans la vie, ce à quoi je pensais jour et nuit, jusqu'à ce que le japonais entre dans ma vie. C'était l'une des premières fois où je pouvais cesser de penser à la Compétition pour me concentrer sur quelque chose d'infiniment moins stressant et surtout plus agréable à sa façon. Mes sentiments pour Natsume ont fini par prendre tant d'importance qu'ils se sont même placés au-dessus de mon rêve d'atteindre la Ligue ; car entre devenir grand gagnant et rester avec l'éleveur, le choix est vite fait. J'ai été à la fois étonné, et en même temps, pas si surpris que ça de constater que j'étais prêt à abandonner mes ambitions les plus folles si j'en étais obligé pour demeurer aux côtés de mon copain. Pour avoir perdu la Compétition deux fois et pour avoir failli perdre mon petit ami une fois, je pouvais aisément savoir quelle défaite était la pire.

Toutefois, je suis surpris de sa déclaration suivante, agrandissant mes prunelles que je dirige de nouveau vers lui, pour le dévisager, peu sûr de ce que j'avais entendu. Je déglutis discrètement sous l'effet de la nouvelle, ne sachant pas trop quoi en penser. J'ai toujours du mal à me dire qu'il peut avoir des envies semblables aux miennes, même si, dans les faits, ce n'est pas quelque chose dont je devrais douter. J'imagine que dans tous les couples, cette envie de se rapprocher peut arriver un jour ou l'autre. Est-il en train de me dire que c'est lui qui aurait fait ce faux pas, si je m'étais retenu bien avant ? Voilà qui ravive une certaine chaleur non déplaisante au niveau de mes joues. Pendant un instant, je me demande alors tout à coup ce qui serait arrivé s'il avait été celui qui serait allé trop loin. Il se serait arrêté tout comme moi, certainement, mais dans un cas où il aurait continué -même si, connaissant mon petit ami, cette supposition est inenvisageable-, comment aurais-je réagi ? Est-ce que j'aurais mis une halte pour qu'il se rende compte de ce qu'il aurait été en train de faire ? Ou l'aurais-je... laissé ? Aurais-je été vraiment prêt, en fin de compte, à franchir un tel cap dans notre relation maintenant ? Ou ma peur concernant ce sujet aurait pris le dessus sur ma déraison ? J'aurais probablement trouvé son attitude anormale, le connaissant, mais je ne peux pas être sûr. Après tout, bête comme je suis, je n'aurais jamais pensé jusqu'à aujourd'hui qu'il puisse contenir en lui les mêmes désirs que ceux que je garde secrets. Je remets en question, actuellement, ma capacité à lui résister. Suis-je trop faible, par rapport à ce que je devrais être ? Je lui laisse tellement de possibilité sur moi, mais au final, si les répercussions en venaient à être négatives, cela ne serait pas sain du tout. C'est difficile parfois de se connaître nous-mêmes ; je ne saurais même pas calculer ma résistance face à lui. Mais je sais m'affirmer, quand je veux, n'est-ce pas ? Ou ai-je toujours été une victime facile ? Je suis vraiment si pathétique à ce point, alors ?..

« Héhé... Qui sait ? »

Je m'autorise un petit sourire amusé, même légèrement timide sur les bords, ne serait-ce que pour tenter de lui dire que je me suis calmé et que ses mots ont eu l'effet estompé. Mon manque de réaction positive pourrait lui faire croire que ça n'a pas marché, mais je voudrais lui dire combien que je suis reconnaissant d'avoir un copain aussi compréhensif à mes côtés, et combien il sait m'apaiser lorsque je doute de moi ou que je ne vais pas bien. Un dangereux psychopathe, peut-être pas, mais j'ai, moi aussi, mes moments un peu particuliers où on pourrait penser de moi le contraire ; comme cette fois où je me suis jeté sur son pote de fac à cause de ma possessivité (ou ma paranoïa, à vous de voir) un tout petit peu poussée à l'extrême. Mais je me suis promis de m'améliorer à ce propos et de ne plus jouer aux petits amis obsédés, même si le monde entier connaît mon amour pour le Shimomura, tant je n'essaie pas de le cacher (à moins qu'il le veuille) ; car je suis fier de pouvoir sortir avec quelqu'un comme lui et que je ne veux laisser à personne une chance de croire qu'on pourra me le retirer s'il ne le veut pas. Je respecte plus les sentiments de mon copain que les miens, alors si un jour son cœur balance, j'en serais affreusement peiné, mais si je ne peux pas le retenir, alors je ne le ferais pas.

Mais nous sommes bien, là, juste tous les deux. Il faudra bien rentrer un jour ou l'autre de toute façon, mais actuellement, j'ai juste envie de profiter encore un peu de lui. Je sais que nous aurons d'autres occasions de nous retrouver seuls tous les deux, mais pendant que je peux avoir des journées de repos avant le dernier jour de la Compétition et que lui-même a ses vacances avant de retourner à l'université, je peux me permettre de le garder pour moi seul. Un jour, de toute façon, si nous continuons ainsi, nous risquons bien d'avoir davantage de moments ensemble à l'avenir, alors je ne m'inquiète pas tellement. Mais lui comme moi avions absolument besoin de compresser ; c'était ce que je voulais, au début, surtout après ce qui est arrivé hier matin. Qu'il sache que je ne suis qu'à lui et que toutes les pimbêches du monde peuvent bien m'approcher, il est le seul à qui je m'offre entièrement. Cependant, je n'ai pas envie que nous repartions tout de suite, ou du moins, pas sur cette discussion. Je souhaite que nous partions quand nous le voudrons vraiment. Quand nous nous sentirons prêt à nous en aller, à retourner auprès des autres. Mais je hoche de la tête en souriant doucement pour lui signifier que ça ne me dérange pas, si jamais il a besoin de faire quelque chose encore ici ou de ramasser certaines plantes. Pendant que nous sommes là, c'est une occasion, en effet. Puis ça me plairait de récolter quelques trucs avec lui, puis je pourrais lui demander de m'apprendre quelques noms de plantes, au passage.
Mais retourner en ville... Pourquoi pas. En fait, je pourrais être avec lui que je serais bien n'importe où. Il apporte ce dont j'ai besoin pour me sentir bien dans n'importe quel environnement, car sa présence seule me rassure. En temps normal, je suis déjà nettement plus apaisé quand je suis avec quelqu'un -à partir du moment où il est possible que je supporte le quelqu'un en question-, mais tant que je suis avec le Shimomura, j'ai cette impression que rien de grave ne peut vraiment nous arriver, que nous pourrons réussir à trouver une solution. La seule chose que je crains, c'est le retour de ces foldingues. Depuis le temps, je pense qu'elles ont dû retenir la leçon, mais si cela ne me dérangerait pas de retourner en ville, j'espère juste qu'elles nous laisseront tranquilles, ou qu'il n'y en aura pas de nouvelles qui vont arriver. Je ne suis pas si populaire, après tout, j'ai juste une petite réputation depuis cette année particulière où j'ai l'impression que tout me réussit, mais ça ne pourra pas éternellement duré, surtout si je perds, en fait. Je ne sais même pas, à ce stade, si je recommencerai une nouvelle fois la Compétition, puisque je suis arrivé aussi loin pour la première fois de ma vie, et que honnêtement, c'est une alternative que je ne pensais atteindre que dans mes rêves.
En silence, je me repose contre son épaule, et serre mes bras autour de son cou pour me rapprocher davantage de lui. Je suis en paix, maintenant.

« Je suis désolé, pour hier. »

Calmement, je me laisse bercer contre lui, en frottant légèrement sa peau contre la mienne, poussant de temps à autre des soupirs d'aise. Je sais qu'en disant ça, je risque de l'inquiéter un peu, mais je n'ai pas terminé.

« Je sais ce que tu vas dire. Mais je me rends compte de plus en plus que j'aurais peut-être dû cacher mon identité, comme le font certains compétiteur. Cela m'aurait éviter d'avoir des gens qui me suivent partout, comme c'est arrivé. »

Ceux qui portent des masques, des déguisements, des faux noms, des mystères autour d'eux, mais que ce soit pour attirer l'attention du public ou pour dissimuler leur véritable identité afin de ne pas être poursuivi par des paparazzis, je crois que c'est toujours mieux que de s'exposer devant l'île entière ouvertement. Ce qui est arrivé hier est la preuve que j'aurais probablement dû mieux faire attention à ce que je faisais, car si je voulais être reconnu, ce n'était pas une raison valable afin d'éloigner mes proches du raffut que ma renommée pourrait causer. On laisse relativement ma mère tranquille, mais si jamais des interviewers viennent l'affubler de questions ou qu'on s'attaque à Natsume par jalousie, je pourrais amèrement presque regretter ma participation acharnée. Mais ce n'est pas seulement pour m'excuser, que je tenais à lui rappeler ça, ou même à aborder le sujet de la compétition. Machinalement, une de mes mains vient remonter le long de sa nuque et gratouiller la base de ses cheveux.

« Jusqu'à il y a quelques temps, je ne pensais pas arriver si loin. La finale... Elle restait un rêve. Mais si j'ai réussi à affronter tant d'épreuves, je crois que c'est en partie grâce à toi. »

Si je n'étais pas en pleine forme, je me serais sûrement reposé un peu sur lui, tant je suis bien. Il reste après tout non seulement la meilleure peluche, mais aussi le meilleur oreiller que je puisse avoir. Ce n'est pas le seul qui m'ait soutenu, ni même le seul qui m'ait aidé dans mon aventure, mais je lui dois beaucoup, c'est indéniable ; et c'est bien normal, étant donné notre relation. Il a eu un grand impact sur ma vie, tout comme Faust, mais d'une manière différente. Après la mort de mon père, il me fallait quelqu'un, en plus de mon grand frère de cœur et de ma mère, pour m'aider à totalement grandir et remonter la pente, car ça a été de loin la période la plus difficile de ma vie. Lorsque j'ai rencontré le Shimomura, il m'arrivait encore de pleurer de manière aléatoire lorsque je pensais souvent à lui, en me rendant compte que je ne pourrais plus jamais le revoir. Ce fait avait détruit quelque chose en moi de l'intérieur, mais c'est comme si l'éleveur avait recollé des morceaux que je pensais déchirés pour de bon. Il a été comme une sorte de lumière, parmi celles qui me permettait de continuer à avancer quand le chemin que j'empruntais me semblait sombre et froid. J'avais comme une chaleur qui parcourait mon corps tout entier, une chaleur douce et rassurante dont je ne connaissais pas l'origine en premier lieu, mais que j'ai adopté tout de suite dès que j'ai su que les sentiments que j'éprouvais étaient réciproques. Cela a été une telle joie que je ne me suis plus jamais senti perdu ou abandonné. Je savais que j'avais des amis sur qui je pouvais compter, qui font désormais un peu partie de ma famille, à présent, et auprès desquels je suis fier de me tenir, de savoir que j'ai de l'importance à leurs yeux. Si Natsume a déjà fait pleuvoir quelques qualités qu'il appréciait chez moi, les raisons qui l'ont poussé à m'aimer aussi fortement sont encore floues à mes yeux, qui disposent pourtant ironiquement d'une vue qui m'honore.

« Tu me donnes toujours la motivation nécessaire pour franchir les obstacles sur ma route, même les plus difficiles. Si je m'acharne autant, je crois que... C'est aussi parce que j'ai envie que tu me regardes. Parce que je sais que tu me regardes. Et quand j'y pense, ça me fait pousser des ailes à chaque fois. »

Sentir ses pupilles chocolat posées sur moi, ses pensées qui m'accompagnent et m'encouragent, lui qui ne crie pas comme Faust ou Alice, mais exprime ses émotions autrement, et savoir qu'il ne me quitte pas dans chacun de mes matchs, c'est sans doute l'un des plus grands supports que je possède. Ce n'est pas grave s'il résiste au caprice de la jeune Donovan en refusant d'agiter des drapeaux par peur du ridicule, ce n'est pas grave s'il ne hurle pas mon nom comme le font Tristan et d'autres, la seule chose que je veux, c'est qu'il soit là, dans les gradins, et qu'il me soutienne lui aussi. Je ne suis pas mauvais perdant, au contraire, et même si ce n'est pas avec des combats Pokémons que je l'impressionnerai, même si je risque de ne jamais vraiment l'impressionner, j'ai envie de gagner quand il vient assister à mes matchs importants, et pas seulement parce que j'ai envie de remporter la victoire, mais parce que je ne veux pas qu'il se soit déplacé pour rien, parce que je ne veux pas paraître faible devant lui ou le décevoir, lui qui me rend si fort et qui me donne l'impression que je pourrais vaincre n'importe quel adversaire. Mon visage se relève un peu pour le regarder dans les yeux, avec un air confiant et tranquille.

« Je ne sais pas si je m'imaginais réellement remporter la Compétition un jour, mais... Avec toi, j'ai l'impression que... Que je peux le faire. Que je peux vraiment la gagner, et réaliser mon but de toujours. Je... Je comprendrais si... Si tu es occupé ce jour-là, m-mais j-... J'aimerais bien que tu viennes. »

Je lui en demande peut-être beaucoup, à exiger ainsi qu'il assiste à mon dernier combat. Je ne sais pas, peut-être a-t-il déjà quelque chose de prévu. Cela me ferait plaisir qu'il soit là, et ça me rassurerait sûrement, mais je ne peux pas l'obliger. Je préfère, dans tous les cas, lui demander avant. J'imagine que, étant donné que c'est le dernier match avant la fin, pas mal de monde sera devant son écran de télévision, ce soir-là. Je suis déjà entièrement satisfait d'avoir pu profiter de mes derniers instants de liberté et de repos avant le grand soir. La journée que nous avons passé hier m'a aidé à me relaxer, à penser à autre chose. Mes alliés aussi ont pu se détendre pleinement ; j'imagine qu'ils sont tous aussi nerveux et excités que moi. Peut-être que je n'arriverai même pas à dormir la veille, haha... Le challenger qu'ils verront devant les caméras, transformé en zombie à cause du stress : autant dire qu'il y a plus glorieux. Enfin, de toute manière, ce ne sera pas moi qui brillera le plus, même si les projecteurs seront rivés sur le dernier dresseur en course et ses Pokémons, les spectateurs essayant probablement de déchiffrer mes stratégies.
Je me relève pour aller chercher dans le sac les sandwichs dont il m'a parlé, pour en tendre un à mon petit ami, avant de me rasseoir près de lui. La gêne et la honte m'avaient coupé tout appétit, mais maintenant que je vais mieux, je dois avouer avoir une petite faim.

« Enfin... Peu importe. Rien que le fait d'être avec toi me rend heureux. Mais je ne serais pas contre une dernière balade avant de repartir en ville. Peut-être pourrions-nous même ramasser quelques baies en chemin ? »

Je dis ça, mais en attendant qu'il me réponde, je colle mon dos contre lui afin de poser ma tête sur son épaule, avant de lui glisser un rapide bisou sur la joue. J'espère que je ne l'inquiète plus, maintenant que je suis plus serein. Ça fait un peu bizarre de me dire qu'on a réellement eu cette conversation, mais elle était définitivement nécessaire. Nous n'aurions pas pu de toute évidence éviter cette discussion éternellement. Le malaise aurait fini par se voir, par se sentir, et ça aurait été encore pire. S'il y a bien une chose que je ne veux pas, c'est qu'une nouvelle gêne s'installe entre nous. Ce ne sont pas des choses faciles à dire ou même à avouer, mais je crois en mon copain. S'il me dit que je ne suis pas un immonde pervers, alors je ne le suis pas ; et je ne veux pas en profiter pour me donner plus de permissions simplement parce qu'il m'a dit ça. S'il m'accorde sa confiance, je dois être tout aussi honnête et juste avec lui pour la mériter, car je sais combien elle est précieuse, et elle ne cesse de me toucher ; car il ne la confie pas à tout le monde et qu'il faut que j'en prenne soin afin de ne pas le décevoir.

« J'voulais surtout que tu saches que... Tout ce que tu m'as dit, même si ça ne devait pas être simple à avouer, bah... Ça me rassure beaucoup. Que tu aies les mêmes p-pensées, et... Les mêmes envies. J'me sens moins bizarre, hé... »

C'est vrai. Selon les gens, ça peut être gênant d'en parler, mais voir que je ne suis pas le seul qui soit embarrassé par ça, ça me fait relativiser. J'suis un gars normal, tout compte fait. Enfin presque. L'intelligence et la maturité en moins, on va dire. Je fais peut-être un peu trop attention à ce genre de détails, et je dramatise beaucoup, mais il faut croire qu'il y avait encore des motifs sur lesquels j'ignorais l'opinion du Shimomura. Il est possible qu'aborder ce thème un peu plus tôt m'aurait évité aujourd'hui d'avoir eu à me ridiculiser, mais c'est plus facile à dire qu'à faire, de trouver une occasion d'en discuter calmement. Au moins, j'imagine que c'est fait. La question en elle-même et tout ce qui en découle continue de me faire un peu peur, car il s'agit là d'un vrai mystère pour moi, une expérience que je devrais risquer en sachant qu'aucun livre ne pourra vraiment m'enseigner ce que ça fait. Mais je suis content de traverser toutes ces étapes avec Natsume, car je sais que je n'aurais pas de quoi m'inquiéter tant qu'il sera là pour me rassurer.

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Natsume Shimomura
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Métier / Études : Diplôme d'élevage, L2 Sciences
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Pose Spore - Maligne
# Vampipoing - Poing-Éclair


MessageSujet: Re: Cabin in the Woods {PV Sam   Jeu 23 Fév - 2:46



Cabin in the Woods

Feat l'ours-con

Sa gêne doit s'être vue, il n'en doute pas une seule seconde. En même temps, ce n'était pas comme si elle n'était pas compréhensible, quand on s'y penchait ne serait ce que cinq minutes. C'était après tout la première fois qu'ils abordaient aussi ouvertement ce sujet, et Natsume n'était pas connu pour être particulièrement spécialiste de l'expression honnête et sans détour. Inévitablement, il ne pouvait être qu'embarrassé, et il y avait fort à parier qu'il aurait à tout prix éviter de continuer sur ce sujet si il l'avait pu, aussi désespérant que ce soit. Même si il était bon de crever l'abcès une bonne fois pour toute, la lâcheté du lapin était assez grande pour passer au dessus du peu de maturité qu'il avait. On pouvait presque dire sans débattre longuement que si cet accident n'était pas arrivé, il n'aurait de lui même jamais avoué tout ça. Et autant dire que ce n'était pas très glorieux.
Mais si il avait dit tout cela, c'était majoritairement pour le calmer. Le voir se flageller mentalement n'était pas la chose la plus plaisante du monde, et il aurait donné n'importe quoi pour qu'il arrête ; si il fallait sacrifier sa fierté et une partie de sa dignité, alors soit. C'était un effort qu'il était prêt à faire, même si c'était difficile. Il se sentait bien balbutier et rougir jusqu'aux racines de ses cheveux, mais il fallait pour autant continuer, en priant pour ne pas avoir l'air trop ridicule. La situation était après tout bien assez awkward comme ça, sans compter le fait que le nippon n'était pas spécialement fier de tout ce qu'il disait. Il n'y connaissait rien, de toute manière, alors il ne pouvait pas savoir comment gérer tout ce qui lui passait par la tête. Mais son cerveau n'était pas vraiment programmé pour nager dans l'océan de malaise, à vrai dire, et cela se voyait.

Au moins, son copain ne lui compliquait pas la vie ; si l'éleveur se doutait qu'il ne se serait pas permis de se moquer, le scientifique ne pouvait pas s'empêcher d'avoir une certaine appréhension de ses réactions. Ce n'était pas pour rien qu'il avait tenté d'échapper aux explications précises par le changement de sujet, mais quoi qu'il pouvait en dire, l'énolian n'était pas stupide au point de ne pas remarquer les anecdotes pas si anecdotiques que ça glissées ici et là. D'un côté, il aurait presque dû le remercier : tout ça était sorti, maintenant, ce qui était une bonne chose une fois tout considéré. Il se sentait déjà plus léger, et même si le malaise transpirait encore un peu de sa part, l'honnêteté faisait du bien, tout compte fait. Il le savait, pourtant, mais le temps que l'information rentre dans sa tête, hein...
Avec un peu de chance, peut-être que cette conversation allait lui permettre de se montrer plus franc ; cela causerait sûrement moins de problèmes par le futur. Avant, il n'aurait jamais réussi à le faire, et se serait contenter de nier avec un sarcasme passif-agressif dont il avait le secret. L'accident de son amnésie avait au moins eu le mérite de le forcer à reconsidérer ses méthodes et sa façon d'être avec son copain ; une bonne claque métaphorique, nécessaire quelque part. Comprendre que pour progresser, il fallait accepter de parler sans crainte et sans tabou avait été quelque chose d'ardu à saisir pour le hérisson, encore plus compte tenu de son passé. Apprendre à le faire était un long chemin qui l'aurait découragé en temps normal, mais qu'il se sentait prêt à faire si c'était pour l'autre. Même si il avait l'impression de marcher en équilibre sur une corde suspendue dans le vide quand il se mettait à parler honnêtement de ce qu'il pouvait ressentir ; et encore, il était persuadé que dans ce cas-là, il aurait été plus à l'aise.

Évoquer ce qui s'était passé n'avait nullement pour but de le gêner, bien que ce fut malheureusement ce qui arriva. C'était inévitable de toute manière, et il n'était pas le seul qui aurait adoré être en train de niaiser plutôt que d'avoir cette conversation. Rien qu'avouer le fait qu'il aurait pu lui-même dérapé à la place de l'Enodril lui avait demandé de ravaler une grande partie de sa fierté, encore plus quand il avait vu l'aîné écarquiller les yeux. Sur le coup, se mettre à siffloter en changeant de sujet brutalement aurait rendu son malaise plus qu'évident, mais trouver une distraction avait été diablement tentant, à vrai dire. Pour autant, Natsume ne pouvait pas se le permettre : être honnête était une nécessité absolue, ici. Le simple rappel de l'air triste et honteux que son copain affichait sur son visage il y a peu suffisait à lui donner le coup de fouet nécessaire pour chasser au mieux l'égoïsme qui voulait le faire garder pour lui tout ce qu'il pouvait bien penser.
Il n'était pas à l'aise avec ses propres envies, de base. Le sujet de ses désirs et de ce que ses hormones naissantes commençaient à faire émerger dans sa tête était épineux, voir même pénible pour le Shimomura qui aurait été assez satisfait de ne jamais avoir à y penser ou même à l'avouer, d'ailleurs. Aussi lâche que ce soit, il se serait parfaitement satisfait d'un immobilisme total, tout simplement parce qu'il était terrorisé par le fait de discuter aussi ouvertement. Enfin, surtout inquiet quant au potentiel jugement de son petit-ami, en réalité ; ce qui, et il le réalisait peu à peu, était particulièrement stupide. Ce n'était pas Samaël qui l'aurait vu comme quelqu'un de dégoûtant ou vicieux pour ça, mais le japonais avait fini par s'en convaincre lui-même, quelque part. Ses propres peurs avaient pris le devant sur la réalité et la raison, et le lapin ne s'en rendait compte que maintenant. C'était mieux que rien, mais il aurait aimé ne pas se montrer aussi stupide que cela malgré tout. Son souhait d'immobilisme quant au fait d'avouer ses pensées, et il le comprenait dorénavant, ne pouvait amener qu'à un malentendu tel qu'ils venaient de le vivre, nés d'un manque de communication. Ils auraient pu éviter un accident aussi bête que celui-ci si Natsume avait eu un peu de cran et de maturité, en somme : et l'information s'ancrait dans le cerveau du cadet, douloureusement, certes. Peut-être qu'il commencerait, lentement malgré tout, à assumer ses envies. Ce serait sûrement un processus compliqué pour lui, mais nécessaire, surtout maintenant qu'il réalisait ce que pouvait causer sa lâcheté.

Au moins, il paraissait réagir plus ou moins bien à tout ce qu'il lui disait. Quitte à souffrir de gêne intense, le soigneur préférait que ce soit pour une bonne raison. Si l'autre pouvait s'enlever quelques unes de ses idées noires, c'était une victoire qui satisferait le nippon. Le châtain s'essaya à une esquisse de sourire timide en le voyant sourire lui-même, mais il eut du mal à le tenir, encore maladroit quant à la façon d'agir.
En soupirant un coup, le Shimomura permit à son regard de se détourner pour se porter peu à peu vers la rivière ; son flux avait quelque chose de rassurant, maintenant que ses yeux se perdaient dans ses courants et ses virages. C'était peut-être son imagination, mais il se sentait plus paisible dorénavant, sûrement parce qu'il sentait que son copain s'était enfin apaisé. Natsume ne pouvait de toute façon pas décemment être à l'aise si l'autre ne l'était pas, c'était une évidence. Rassuré de le voir cesser de s'agiter dans tous les sens, le scientifique de resserrer doucement ses bras autour de l'énolian, l'air de rien, un peu pâteux sur les bords. Le silence qui s'était installé, plus reposant qu'embarrassant cette fois, aurait presque incité le hérisson à fermer les yeux pour pouvoir retomber dans les bras de Morphée. Enfin, dans ceux de son petit-ami, où il pourrait trouver le sommeil. Mais même si son cerveau trouvait l'idée bonne, l'éleveur savait bien qu'il ne pouvait pas vraiment dormir tout de suite. Sans doute le plus vieux voulait-il dire quelque chose, et il aurait été impoli de l'en empêcher. Il n'avait pas encore dit un mot depuis son gloussement, mais le japonais se doutait qu'il finirait pas briser son mutisme pour en finir une bonne fois pour toutes avec tout ce qui devait être dit. Mais, en attendant, l'étudiant tenta de laisser son attention voguer entre la nature et la chaleur contre lui. En le sentant se rapprocher, Natsume n'amorça pas un mouvement, si ce ne fut celui de l’accueillir avec douceur.

Mais il ne s'attendait pas à des excuses sur ce qui s'était passé hier, néanmoins, si bien qu'il rouvrit les yeux, l'air perdu. Il ne lui rendit même pas la réciproque de ses câlineries par autrement que des caresses distraites sur la tête, curieux quant à ce qu'il pouvait avoir à dire. Toutefois, il souhaita vite n'avoir rien entendu de tout ça. Si il se retenait de lever les yeux au ciel sous le coup de l'exaspération, ce n'était que grâce à un self control tout bonnement prodigieux sur tous les plans.
Mais bien sûr, c'est ta faute, et moi je suis princesse de Laponie.
Il n'eut pas le temps de faire le moindre sarcasme toutefois, puisque l'Enodril lui signala qu'il se doutait déjà de son avis. Ce n'était pas surprenant, tout compte fait, mais cela suffit à faire taire le Shimomura qui se contenta d'écouter dans un silence respectueux. Il ne put toutefois pas s'empêcher de soupirer, quelque peu lassé et fatigué de le voir se blâmer pour tout et n'importe quoi, encore plus quand le soigneur considérait qu'il n'était en rien responsable.
Ce qui était arrivé hier était déjà oublié, de toute façon. À vrai dire, Natsume n'y pensait plus, quoique un pincement lui serra la poitrine lorsque le souvenir révulsant à ses yeux de ce qui s'était produit lui revenait en tête. Il ne désirait pas tellement y repenser, ayant toujours assez honte de son comportement impulsif et trop brute, que ce soit envers les coupables ou son copain. Il aurait aimé avoir plus de sang-froid et ne pas réagir comme un enfant à ce qu'il était supposé savoir gérer, à son âge. Il aurait dû se douter que la célébrité de son petit-ami finirait par devenir quelque chose avec quoi il faudrait faire avec, et même si il était heureux pour lui qu'il progresse dans la compétition, ce genre de contretemps n'était pas sa tasse de thé.
Si il voulait se dissimuler, pourquoi pas ; le Shimomura s'en fichait, puisque c'était son choix. Mais qu'il le fasse en partie à cause de lui le dérangeait. Il comprenait l'intention de l'autre, et sans aucun doute aurait-il pris la même décision à sa place, mais l'idée ne lui plaisait toujours pas des masses. Il pouvait toutefois se réconforter en se disant que ce serait sûrement mieux pour sa mère, par exemple. Ou ne serait-ce qu'Alice, si jamais il voulait l'emmener en ville. Peut-être avait-il raison, en fin de compte. N'étant pas sûr de ce qu'il était supposé, il ne dit rien sur le moment, préférant attendre qu'il termine avant de prendre la parole, vu qu'il n'avait pas d'idée fixe sur sa réponse pour l'instant.  

Un peu tendu depuis qu'il l'avait entendu s'excuser, un frisson lui descendit l'échine quand le compétiteur se mit à gratouiller sous ses cheveux, et il se détendit instantanément. Une expression presque béate se dessina sur son visage et un léger soupire stupide, plus discret, se dessina sur son visage. Content d'être de nouveau receveur de son affection, il ne se fit pas prier et en oublia momentanément tout ce qui avait trait à ce dont il parlait.
Néanmoins, il revint à la réalité rapidement lorsqu'il l’inclut comme une des raisons de sa réussite. Surpris et gêné, le japonais garda, étrangement, la tête posée dans le cou de son petit-ami, comme si il refusait de reculer pour ne pas que l'autre voit son visage qui venait de prendre une teinte très rose. L'aveu aurait dû le flatter ; à la place, l'éleveur avait la désagréable sensation que quelque chose en lui repoussait véhément ce qui venait de lui être dit. Comme si il refusait d'accepter le fait de pouvoir être utile, et d'être vu comme un atout plutôt que comme un poids. L'idée était agréable, pourtant, mais comme une petite voix dans sa tête lui susurrait qu'il se faisait de fausses idées, il n'arrivait pas à l'accepter intérieurement. De plus, à ses yeux, les progrès de l'Enodril n'étaient dus qu'à ses efforts, car quoi qu'il dise sur lui-même, il ne lésinait pas sur le travail de ce côté-là.
Alors oui, peut-être qu'éventuellement, sur un plan lointain d'apport émotionnel, le Shimomura voulait bien s'admettre un minuscule rôle. Mais là encore, de son point de vue, il avait amené plus d'ennuis et de troubles à Samaël qu'autre chose ; entre ses tendances à la maladie, ses problèmes personnels et ses 'accidents' en rapport à la Résistance... Il ne lui avait pas rendu la vie simple, et c'était sans compter sur toutes les occasions où il s'était montré borné et blessant par son entêtement. Pour toutes ces raisons, il ne put ni le remercier, ni accepter ce qui était dit par son petit-ami. Pourtant, il garda le silence, ne souhaitant pas se lancer dans un débat qui aurait bien pu devenir compliqué si jamais il osait l'aborder. Il savait bien, après tout, que ce genre de commentaire ne serait pas bien accueilli en face.

Il aurait bien aimé lui dire de s'arrêter dans ses compliments, à vrai dire, parce que le japonais n'était plus sûr de la manière dont il devait réagir. Natsume ravala sa salive, n'osant pas croire qu'il puisse motiver qui que ce soit. Exaspérer, agacer voir même énerver, il pouvait saisir, mais ça, c'était au delà de ses capacités d'imagination. Si il venait l'encourager à la base, c'était pourtant car il savait que le compétiteur n'aurait pas apprécié qu'il soit absent. Alors pourquoi donc avait-il tant de mal à admettre que sa présence puisse lui être utile... ? Lui-même ne saisissait pas la confusion qui régnait dans son esprit, et qui le laissait franchement perplexe. Après, il pouvait bien lui donner ce qu'il voulait et le regarder, si cela suffisait à le rendre heureux. Peut-être qu'il comprendrait ce qu'il voulait dire plus tard.
Contrairement à lui, l'énolian semblait assez tranquille, ce qui poussa le soigneur à tenter de l'être également, bien que ce fut complexe au vu des doutes qui l'agitaient. Un semblant de sourire apparut sur son visage malgré tout.
Bien sûr que je vais venir, qu'est-ce que tu crois ?
Il n'avait jamais saisi l'intérêt des combats, et ce n'était pas nouveau du tout. Même maintenant, tout cela reste pour lui obscur, au mieux vaguement confus et bien trop bordélique pour ce que c'est, à ses yeux. Mais même si il avait tendance à s'endormir quand son copain déblatérait pendant des heures et des heures sur ses matchs, et qu'il sentait que les choses n'allaient pas s'améliorer par la suite (il n'avait même pas idée), il n'ignorait pas la passion qu'avait l'aîné pour  la compétition. Enfin, personne ne pouvait l'ignorer, ce n'était pas un secret depuis le temps. Mais disons que voir cette lueur surexcitée dans ses yeux quand il en parlait et réaliser la satisfaction qu'il tirait de ses combats ne pouvait que lui faire se dire, même si pour lui tout cela était incompréhensible, qu'il devait y trouver un intérêt que le Shimomura ne pouvait pas voir. Un peu comme lui avec la biologie, en fait.

Il ne put pas répondre tout de suite puisqu'il partit chercher les sandwichs, moment durant lequel le nippon hésita presque à chigner de le voir s'éloigner, mais il se ravisa en constatant à quel point ce serait ridicule de sa part. Bon, d'accord, il était stupide de pleurnicher pour si peu, mais il était si bien il y a quelques instants que changer de position ne lui plaisait pas des masses. Enfin, de toute façon, ils n'allaient pas tarder à se lever pour aller chercher quelques baies avant de passer en ville, alors autant s'y habituer. Mais néanmoins, le restant de motivation de Natsume disparut quand Samaël se colla à son dos, la tête sur son épaule, avant d'embrasser brièvement sa joue. On aurait presque pu dessiner une chute vertigineuse de son taux d'envie de bouger dans un graphique. Le soigneur se permit même tranquillement de se pousser un peu plus contre le compétiteur, un air plus neutre sur son visage malgré tout.
Il ne put s'empêcher de se crisper au moins un peu quand il réaborda le sujet épineux, même si c'était pour le remercier d'avoir été honnête et boucler cette bête histoire pour de bon. Oui, qu'il se sente mieux était le but de cette discussion à vrai dire, mais ce que l'autre concluait sur lui-même était vrai pour Natsume aussi ; il mentait si il dirait qu'il n'était pas rassuré également, même si il conservait une certaine peur, inévitable de toute manière dans ce cas. Mais bon, il pouvait au moins arrêter de stresser comme une andouille, et il était déjà satisfait qu'ils aient réussi à discuter aussi ouvertement, ce qui représentait en soit un progrès énorme par rapport au passé. Il gardait encore en mémoire l'échec drastique de cette conversation, certes plus sérieuse et d'un tout autre registre, qu'ils avaient eu durant l'hospitalisation du plus vieux ; même si tout cela était maladroit, Natsume avait la sensation d'un progrès non négligeable.

Sans rien dire sur le coup, il expira tranquillement en fermant les yeux. Inspirant très légèrement pour que ses narines puise saisir toute la complexité des odeurs qui les entouraient, tandis qu'il essayait profiter de la caresse de la brise sur ses joues, il se surprit à être parfaitement détendu, maintenant. Comme si maintenant qu'il n'avait plus d'inquiétude à avoir sur quoi que ce soit et qu'il pouvait simplement profiter de son copain, il n'avait plus qu'à se relaxer. C'était un peu le but premier de cette sortie, bien qu'avec leur stupidité, ils avaient réussi à enchaîner les accidents.
Malgré tout, Natsume n'en tirerait pas un mauvais souvenir, loin de là. Avec un peu de recul, les mésaventures qu'ils avaient vécu les feraient sûrement rire très prochainement. C'était peut-être stupide, mais une petite partie de lui-même avait l'intime impression que leurs vies ne tarderaient pas à s'accélérer d'ici peu. Il n'était pas ordinaire pour lui d'écouter son instinct, mais si Samaël parvenait à son but, rien que ça constituerait un changement. Lui de son côté ne voyait en revanche pas trop ce qui pourrait lui arriver, avec ses petites habitudes tranquilles ; sûrement qu'il se faisait des idées, tiens. Mais du coup, ce genre de moments, aussi imparfaits qu'ils soient par endroits, le japonais voulait les conserver dans sa mémoire. Peut-être aussi un peu à cause de ce qui s'était passé en février, oui, ce n'était pas impossible. Mais peu importe.

Un petit sourire tranquille, discret mais pas dénué d'une certaine tendresse, s'afficha sur son visage alors qu'il attrapait une des mains du compétiteur dans la sienne pour en caresser les doigts machinalement. L'air de rien, il tendit un peu le cou dans la direction de son petit-ami dans une tentative de réclamation d'affection ma foi grandement pathétique, en somme. Il se permit un gloussement amusé.

« Parce que tu crois qu'elles ont poussé grâce à moi ? Tu les as toujours eu, tes ailes ; il fallait juste que tu apprennes à t'en servir. »

Entre sa voix douce, son air transi et son langage corporel, on pouvait dire que le Shimomura avait atteint le bingo de la mièvrerie absolue. Il ne se rendit pas tout de suite compte de ce qu'il avait dit, si bien qu'il se passa quelques secondes sans qu'il ne paraisse réaliser les mots qui étaient sortis de sa bouche sans que sa censure n'ait pu les attraper au vol. Quand ce fut le cas toutefois, la lueur guimauve disparut de ses pupilles, tandis qu'un air étonné prit sa place sur son expression. Il s'immobilisa même. Un peu déconcerté, le soigneur ne vit pas comment se rattraper tout de suite, mais décida que change de sujet était une meilleure option. Ou du moins la moins humiliante.

« Euhm. Enfin, je veux dire, c'est euh, cool. Si ça t'aide que je vienne, je veux dire. »

Je ne peux pas croire être utile, mais si je te le dis, tu ne seras pas d'accord, n'est-ce pas ?
Il ne souhaitait pas avoir une nouvelle longue conversation avec son copain, encore plus sur ce sujet. Ils avaient déjà tourné autour du problème à de nombreuses occasions, et ça n'avait jamais été très plaisant, si bien que le Shimomura préférait l'éviter aujourd'hui. Le compétiteur n'avait pas besoin d'entendre ses anneries, de toute manière : hormis se détendre pour pouvoir se concentrer sur les finales à venir, il n'avait pas besoin de s'encombrer avec des futilités pareilles.

« Ne t'excuses pas pour hier, sinon. On en a déjà parlé de toute façon, et puis c'est passé. Et cesse donc de te blâmer, à ce rythme-là autant que je dise que je l'ai cherché quand ça m'est arrivé, aussi. »

Certes, c'était un peu bas, de jouer cette carte, mais il ne voyait que ce moyen-là pour lui faire comprendre en quoi l'entendre s'accuser était difficilement supportable pour le soigneur. Maintenant, Natsume ne demandait qu'à ne plus voir ces événements se reproduire, et aussi à se contenir par la suite ; parce que les crises, franchement, ça n'avait rien de mignon ou de bon, quelles qu'elles soient. Enfin, pour lui, il ne s'agissait que des détails qu'il aurait oublié d'ici peu. En outre, le scientifique se remit à sourire relativement rapidement, quoique ce fut un air amusé qui s'afficha sur son visage.

« Mais, déguisé ou pas... »

La deuxième main du plus jeune vint se perdre dans les cheveux de l'énolian, juste avant qu'il ne dépose un bref baiser chaste sur ses lèvres. Enfin, très rapide, car la torsion de son dos et de son cou pour l'occasion n'étaient pas très agréables. Il reprit ensuite position contre l'autre, l'air toujours aussi niais, quoique son regard se fixa dans celui de son interlocuteur, une lueur douce au fond de ses pupilles noisettes. La main qui se trouvait auparavant dans ses cheveux caressait désormais la joue droite de Samaël. Son ton s'était fait plus lent, plus chaleureux même.

« Bien sûr que je viendrai te voir. Ne compte pas sur moi pour y comprendre grand chose, en revanche. Ou pour agiter les drapeaux. Et puis tu crois vraiment que j'aurais mieux à faire que de venir ? »

D'un côté, j'aurais déjà assez à vous gérer toi, Faust et Isaac si jamais tu gagnes... M'enfin.
Bien évidemment, qu'il serait présent. Et il le serait aussi à chaque fois qu'il le demanderait, dans la limite du possible, même si le Shimomura peinait à voir en quoi sa présence était si nécessaire que cela. Il n'en serait que plus heureux si c'était le cas, toutefois, alors il se força à cesser ses protestations internes, aussi dur que ce soit. Il en profita d'ailleurs pour câliner davantage celui qu'il considérait comme sa peluche privée, avant d'expirer longuement et de jeter un regard paresseux aux environs, n'ayant pas vraiment envie de s'éloigner d'ici. Il faut dire qu'il se sentait plutôt bien, et qu'à côté des bras de son copain, le fait de marcher n'était pas si attrayant que ça. Tout au plus l'idée suscitait-elle un vague « meh » désabusé de sa part. Néanmoins, il faudrait bien bouger au bout d'un moment, alors il se mit à l'envisager à voix haute.

« Sinon, un tour rapide me paraît pas mal. Et puis ça fait un bout de temps que je veux voir le musée d'histoire naturelle, tu sais. »

Ils finiraient bien par trouver quelque chose d'intéressant, au pire du pire, et Natsume doutait que ce ne puisse être le cas. Il y aurait bien quelque chose à voir dans la capitale, non ? Mais avant de faire cette sortie, il ne pouvait pas se permettre d'omettre quelque chose qui lui revint en tête aussi brusquement qu'à son déplaisir. En détournant le regard, il se crispa un peu, même cela ressemblait davantage à une certaine gêne qu'à autre chose. Mais bon, tant qu'à faire et clore définitivement le dossier... Son ton se fit un peu moins assuré sur le coup, et ses caresses cessèrent brièvement.

« … Et pour le reste, je... Euh, tant mieux, si tu es calmé. Et de même. C'est une bonne chose... E-enfin, qu'on ait discuté, je veux dire. C'est rassurant, o-oui. »

Rassurant était le mot, oui. Mais en même temps, affronter à la fois la crainte de la discussion et de ce dont leurs propres hormones leur donnaient envie, était si complexe que Natsume ne pouvait pas s'empêcher de se dire que ça ne suffirait pas à rendre tout plus aisé. C'était logique, après tout, et inévitable, mais le Shimomura pouvait au moins se prétendre satisfait par l'idée qu'aucun procès d'intention n'ait été fait et qu'ils aient corrigé un malentendu qui aurait pu causer de plus gros problèmes par le futur si ils n'en avaient pas parlé maintenant. C'était peut-être un peu tard, mais cela ne dérangeait pas l'asiatique ; mieux valait tard que jamais pour les clarifications, et valait mieux le moment opportun que le moment précipité. Tout ce qu'il souhaitait en premier lieu, c'était que cesse ce sentiment de honte qu'il avait vu chez son copain. Le reste, c'était une autre histoire à laquelle il ne se sentait pas prêt de réfléchir aujourd'hui même. Brûler les étapes n'était pas quelque chose auquel son cerveau de rongeur répondait très bien, quel que soit le domaine. Aujourd'hui était déjà un grand pas, ne serait-ce que par rapport à la levée progressive des tabous dans leur relation, et aussi par rapport à leurs avancées en matière de dialogue ouvert et compréhensif ; c'était suffisant pour que le scientifique soit satisfait.

Natsume se força à retrouver une expression moins embarrassée, en essayant de penser à des choses mortellement ennuyeuses pour se distraire. Il n'en eut malgré tout pas le besoin véritable, puisqu'il se rappela d'une chose qu'il souhaitait dire maintenant que l'Enodril avait fini de parler. Ainsi, sans rien dire, il se retourna pour faire face à son petit-ami, les jambes croisées autour de sa taille, un sourire timide sur son visage. Peu à peu, un air assuré revenait néanmoins s'exprimer dans sa voix, dans ses gestes et dans son regard. Sa voix était même devenue plus tranquille, paisible même.

« Mais, q-quoique qu'il en soit... Tu sais, je ne compte plus partir. »

Il l'avait suffisamment dit depuis le temps, mais il fallait le croire que le répéter encore et encore était nécessaire. Natsume n'allait pas se gêner pour le faire, aussi redondant que ce soit. Ne voulant pas que l'atmosphère devienne lourde à cause des ses propos, le soigneur prit toutefois les choses en main. Enfin, plus littéralement, il prit le visage de Samaël entre ses mains, un grand sourire lumineux sur son visage, digne de Faust. Même si avoir un air aussi imbécile l'embarrassait, il était prêt à faire cet effort si cela pouvait aider son petit-ami. Enfin, bien évidemment, c'était uniquement pour le motiver. Et pas aussi car il pouvait utiliser cette excuse pour relâcher une partie de sa tendance à la contenance.

« Donc, durant ce match, fais-moi plaisir et démène-toi pour gagner ; j'ai envie de voir ça. »

Ce n'était pas faux, d'une certaine manière. Le voir gagner n'avait comme satisfaction pour le Shimomura de que de lui permettre de voir le rêve de l'aîné se réaliser. En tant que son copain, il était inutile de préciser en quoi cette vision lui ferait plaisir, ne serait-ce que par la connaissance du bonheur que cela pourrait lui apporter. Peu lui importait le reste, en réalité. Si il pouvait atteindre l'objectif qu'il s'était visé, le scientifique n'en serait que plus heureux.
Ne souhaitant tout de même pas s'arrêter sur ce point de discussion, le cadet se força à reprendre une expression plus simple. Un air plus neutre mais pas moins dénué d'un certain enthousiasme, il tapota maladroitement l'épaule de son petit-ami. Il resterait toujours mauvais pour exprimer ses émotions, rien à dire là-dessus ; l'asiatique n'espérait plus à ce stade, de progrès quant à ses talents en matière de rhétorique. Au pire, Samaël serait le seul à le voir se ridiculiser, mais cette pensée ne l'aidait pas à être plus motivé. Meh. C'était bien pour lui, hein...
Qu'est-ce qu'il ne ferait pas, tiens, d'ailleurs, pour le rendre heureux. Si il le réalisait déjà auparavant, il semblait au lapin que les choses n'allaient pas en s'allégeant avec le temps qui passait, bien au contraire. Les efforts qui lui paraissaient énormes il y a un an n'avaient plus l'air que de broutilles anecdotiques maintenant, une fois comparés à ce qu'il envisageait avec sérieux et détermination de réaliser dorénavant. Sa motivation avait grandie d'elle-même, au fur et à mesure, si bien qu'il ne s'était rendu compte du résultat que très tard. La force de cette volonté le perturbait parfois, mais il apprenait peu à peu à la diriger vers ce qui importait, et à ne pas en avoir honte. Et même si le processus était long, il en valait la peine.

« B-Bref ! Tu viens ? Les fruits ne vont pas se cueillir seuls, que je sache. »

Enfin, ils n'étaient pas pressés. Maintenant qu'ils avaient enfin le temps d'être ensemble et qu'ils réparaient peu à peu les craintes nées de leur séparation temporaire, Natsume n'avait pas l'impression que leur relation s'était fragilisée, bien au contraire. Comme si, maintenant qu'ils goûtaient enfin à la paix, le sol où ils se tenaient étaient devenus plus sables. En outre, c'était un sol dans lequel il se voyait bien enraciner son futur, tant qu'il ne serait pas le seul à le souhaiter. Tout le reste, les difficultés et les soucis, n'étaient rien par rapport à ça, et ne le seraient jamais. En serrant doucement la main de Samaël dans la sienne, il sourit discrètement ; oui, décidément, c'était un bon plan.

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Samaël Enodril
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Cabin in the Woods


feat the rat-bite

Got any grapes ?



Il était inévitable que parler de ça allait être quelque peu gênant pour lui, c'est un fait. Mon but n'était pas d'enfoncer le couteau dans la plaie, mais simplement de pouvoir me rassurer, en un sens, et me persuader que je n'étais pas le 'monstre infâme' que je pensais devenir en me comportant comme je l'ai fait ce matin. Je ne suis pourtant pas du genre à me laisser emporter par mes hormones de cette façon, mais il faut croire que les transformations physiques que je subis -ou du moins que j'ai subi- à cause de la puberté commencent à se manifester plus fortement à présent. Est-ce que c'est ça, devenir adulte ? Se laisse emporter par des émotions et des désirs aussi forts ? Qu'est-ce qui m'animera, après tout, si je finis la Compétition en tant que grand vainqueur ? Je n'ose pas encore imaginer ce qui arriverait si je devais choisir une autre voie, si je réalisais vraiment mon rêve. Mais même si je finissais sur une défaite pour cette année encore, je ne pourrai me résoudre à continuer comme je l'ai fait jusqu'à présent : il serait temps, je pense, que je me décide à des études, moi aussi. En voyant Natsume ou même Mell, j'ai parfois un peu de culpabilité, quand je pense que je ne fais, en réalité, peut-être pas autant d'efforts que ce que j'imaginais, comparés aux leurs. Y'a toujours ce problème comme quoi je ne sais pas quoi faire comme métier plus tard, aussi. Maintenant que j'ai obtenu mon bac, j'ignore pourquoi je suis vraiment fait ; hormis la Compet', évidemment. Plus aucune place n'est prise dans ce domaine, mais ceci dit, peut-être pourrais-je demander à un Champion de me prendre comme assistant ? Ce serait peut-être un bon début, et puis après, je pourrais peut-être aviser... Cela me plairait bien, de faire un travail en rapport avec les Pokémons. Enfin... Aujourd'hui, il est devenu évident que peu de monde peut s'en passer, puisque nous pouvons toujours nous servir de leurs capacités, toutefois, les combats en particulier me fascinent plus qu'autre chose. Je pourrai toujours en faire plus tard, en dehors de mon potentiel job, mais il y avait un truc plutôt excitant, à concourir auprès de d'autres dresseurs, à me dire qu'il y a toujours des compétiteurs plus forts que moi. Je ne suis pas mauvais perdant, mais j'aime la compétition en général pour l'adrénaline et le plaisir qu'elle procure, même si malheureusement, elle fera toujours des malheureux autour d'elle. Aaah... Mais je me remets à divaguer et à faire de l'introspection. J'ai pourtant quelque chose de bien plus intéressant contre moi à l'heure actuelle.

Peu à peu, ma peau se sèche, et mon caleçon suit plus lentement le même chemin. J'ai un peu la flemme de bouger pour enfiler un bermuda, j'dois avouer, vu que je suis plutôt bien ici. Faudra bien qu'on se relève un moment donné mais... Meh. Son tendre sourire et le contact de sa main sur la mienne ne me donne pas plus envie de partir non plus. Il n'y a plus que le bruit de la rivière pour trancher le calme qui s'est progressivement installé. Fort heureusement, aucun Pokémon n'est venu nous déranger, cette fois. L'air est pur, ici, c'est agréable. Mes parents n'ont jamais voulu s'installer au cœur même d'Amanil ou même en périphérie, alors j'ai plus ou moins toujours vécu dans un environnement à peu près sain en oxygène, sans la pollution et le bitume, mais la forêt, c'est encore autre chose. On est davantage éloigné de la civilisation, et ça fait du bien, un peu de tranquillité. Il y a des tas de choses à faire ne ville, cependant, rien ne remplacera ce que peut nous apporter les bienfaits d'un environnement aussi naturel et protégé. Je crains que le Régime n'abuse de ses technologies pour détruire cette si belle nature, mais j'espère qu'ils n'iront jamais aussi loin. Hé, de toute façon, Natsume ne les laisserait jamais faire ; il a une armée de Pokémons Plante et Insecte avec lui, après tout.
Lorsqu'il tend son cou, il n'est pas difficile pour moi de comprendre son message, et je glousse légèrement avant de lui donner, sous formes de bisous, l'affection qu'il est venu chercher. Faut croire qu'il use des mêmes caprices que moi, quand l'envie l'en prend, mais il a bien raison d'en profiter : je suis tellement faible, quand il s'agit de lui, et il m'est très difficile de résister. M'enfin, si vous sortiez avec lui, vous me comprendriez. Au moins, le stress de la finale m'empêchera d'être distrait par son regard posé sur moi, si jamais il vient. Mais je pousse un hoquet lorsqu'il me répond, le regardant avec des yeux devenus soudainement très brillants. Une délicate teinte rose atteint mes joues, moi qui n'aurais jamais pensé qu'il puisse devenir si mièvre au point de dire de telles choses, même si ça ne devrait pas me surprendre. Ce n'est pas la première fois qu'il fait ça, qu'il me dit de si jolies paroles, mais cela reste peu commun, lui qui garde un peu de réserve avec la niaiserie en temps normal, malgré le fait qu'il tend à se décoincer de plus en plus, pour mon plus grand bonheur. Plus il est à l'aise, plus j'ai l'impression que j'arrive à le détendre, à faire sortir de lui ses véritables pensées, car je ne veux pas qu'il se cache. Je ne veux pas qu'il se dissimule derrière des couches censés le défendre d'une quelconque trace de candeur qu'il viendrait à éprouver. Que nous puissions tout nous dire, c'est un peu mon souhait. Il y a certaines choses, j'imagine, que nous ne pourrions jamais nous confier, mais je ne veux pas qu'il ait de la gêne à mon égard si jamais il a besoin de me parler. Son compliment me touche bien plus que ce que j'aurais imaginé, et je suis surpris d'en être flatté et embarrassé. Je ne m'attendais pas tellement à ça, mais je ne vais pas m'en plaindre. Je suis heureux, et je ronronne intérieurement, du fait qu'il ait l'air, après tout, bien plus détendu qu'en temps normal. S'il le dit, c'est que ça doit être vrai, mais est-ce raisonnable, que ça me rende aussi satisfait, qu'il me parle de ça ? Ai-je vraiment eu ces ailes depuis le début ? On pourrait presque me comparer à un oiseau, à ce stade. Un oiseau à peine sorti de son œuf qui ne savait pas voler au début de son parcours, mais qui aujourd'hui est aussi agile et rapide qu'un aigle ? Je m'avance, je m'avance. C'est pourtant une image qui me plaît, mais elle est bien trop perchée pour qu'on puisse m'y associer. Ce serait comme une douce chimère, qu'on me compare à un majestueux Pokémon Vol, comme Lugia ou Ho-Oh ; mais là, je rêve en autant de couleurs que ce dernier. Jusqu'à ce que j'arrive devant le Maître, je ne pourrais pas savoir jusqu'à quels cieux je vais pouvoir m'envoler, mais j'ai hâte de le découvrir.

Pendant un moment, c'est comme s'il avait été surpris de sa propre niaiserie. Vrai qu'elle avait atteint des sommets, là. Mais je ne suis pas étonné : il semble encore -comme moi à l'instant- sous-estimer sa capacité à être mièvre en ma présence. Il faut pourtant croire que je lui fait ce genre d'effet, et ça m'amuse autant que ça me flatte de le constater. Il sous-estime aussi l'impact rassurant qu'il me procure quand il est là. Quand je sens qu'il m'observe, qu'il m'encourage par la pensée. Moins expressif que son cousin, ses pensées n'en sont pas moindres pour autant, et rien que le savoir à mes côtés constitue une grande source de soulagement pour moi. J'espère que ce sera suffisant, pour que je tienne pendant le match. Ce serait dommage que je m'évanouisse ou que je fasse une crise cardiaque alors que j'atteignais enfin ce pourquoi je me suis inscrit au départ.
Toutefois, il marque un point, quelque part. Bien sûr, que ce n'était pas de sa faute, il y a deux ans. Je n'aurais pas dû réagir comme je l'ai fait à ce moment-là, mais jamais cette pimbêche n'aurait dû s'approcher d'aussi près non plus, j'espère qu'elle a bien compris la leçon, au moins. Mais c'est vrai, si je rêvais d'être célèbre, je ne pensais pas réellement le devenir. Je voulais juste qu'on arrête de se moquer de moi et prouver à tout le monde que je pouvais devenir un grand dresseur à mon tour. Je n'étais pas sans savoir qu'être connu apportait son lot de bonnes et de mauvaises choses, mais je crois que je ne m'en rendais pas totalement compte jusqu'à hier, me préoccupant simplement de la non mauvaise influence que je pourrais apporter aux gens par rapport à certains Champions dont l'exemple n'est pas forcément celui à suivre. Pourtant, les célébrités sont considérés par quelques personnes comme des modèles sur lesquels nous devrions nous calquer, alors je crois que les 'stars' auraient justement tous intérêts à faire une figure convenable au moins devant les caméras. Je ne sais pas si on me suivra forcément à titre plus personnel, mais si c'est le cas, alors je ne veux pas avoir une conduite dégradante, ne serait-ce que pour honorer tous ceux qui ont cru en moi et qui seraient probablement désappointés si je me mettais à me comporter de façon vulgaire, même si chacun est libre de faire ce qu'il veut, célébrités ou pas.

Je suis surpris par sa main qui vient se placer dans mes cheveux pour les caresser, mais je ne me plains pas, étant vaguement juste étonné, puis satisfait, laissant échapper des ronrons. Il suit son geste d'un rapide baiser dont je couinerais presque sur la courte durée, mais là encore je ne vais pas rouspéter pour si peu (quoique je lui dirais bien que dans Titanic ça a pas l'air de poser problème m'enfin oui maggle je sais). Je souris niaisement comme un débile en scrutant l'étincelle de tendresse qui s'est allumé dans ses yeux en amande, ne me délaissant jamais de ce contact visuel qui, s'il m'embarrassait un peu au début lorsqu'il durait trop longtemps, me procure aujourd'hui des sensations agréables qui me donnent envie d'avoir une expression concon au visage. Vraiment, la seule qualité de son géniteur aura été de permettre sa naissance, car si Natsume n'existait pas, il aurait fallu que je l'invente moi-même. Il est encore drôle de comparer le ton doux par lequel il s'adresse désormais à moi, avec la sécheresse qui l'habitait lors de notre première rencontre. Il faut bien connaître le lapin pour savoir ce qu'il cache réellement, et je crois que pour ma part, je l'ai plutôt bien apprivoisé.
Je le serre un peu plus fort contre moi en l'entendant confirmer sa venue pour le grand jour. Une part de moi s'en doutait, le connaissant, mais il fallait que je sois entièrement rassuré sur ce fait. Je vais bel et bien pouvoir compter sur lui le moment venu, et rien n'aurait pu me faire plus plaisir que de le savoir. C'est un soulagement de me dire qu'ils seront alors tous là pour me voir à l'œuvre devant le Maître. Peu importe le dénouement, je sais que je pourrai me reposer sur leurs épaules une fois que la Compétition sera terminée, et qu'ils ne me jugeront jamais sur une victoire ou une défaite décisive, même s'ils veulent probablement eux aussi que je réalise mon rêve et que je parvienne à triompher. Papa aussi aurait sûrement eu très envie de venir, si seulement il l'avait pu. Il aurait été aux premières loges, à faire l'imbécile en compagnie de Faust, tentant à eux deux de tenir une grande banderole avec mon nom marqué dessus. Il aurait été fier de me voir sur cette scène, et je l'aurais été davantage en gagnant, prenant en quelque sorte sa propre revanche. Il me regardera certainement d'autre part, mais ça ne sera jamais pareil. C'est, après tout, un rêve que nous partagions tous deux, et nul doute qu'il aurait su trouver les mots justes pour m'encourager. Même s'il me manque beaucoup, je sais que je ne serais pas seul, toutefois. Tous ceux que j'ai rencontrés au cours de mon voyage pourront, s'ils le souhaitent, me regarder depuis leur écran de télévision, car il y a très peu d'autres événements sur l'île qui sont plus importants que la célèbre finale. Je n'aurais jamais obligé Natsume à venir s'il avait autre chose à faire -et quand bien même j'aurais été déçu qu'il ne puisse pas-, mais je suis très, très content qu'il soit libre.

Heureux, je frotte légèrement ma tête contre la sienne, le laissant me câliner plus qu'il ne le faisait déjà, profitant de la chaleur qu'il me donne, tout en essayant de ne pas me rendormir au contact de cette dernière, plutôt agréable. Esquissant un mouvement de tête pour lui expliquer que j'étais d'accord sur son idée de sortie, je ferme les yeux et renifle plus ou moins discrètement son odeur corporelle, effleurant mes lèvres sur sa peau, que j'ai toujours trouvée très douce, sans savoir s'il s'agissait d'une question de génétique due à ses origines asiatiques ou si j'idéalisais juste un peu. Je ne suis pas tant musées que ça, en général. Je suis très intéressé par l'histoire de l'île, sans vraiment parfois l'assumer totalement, mais sinon, je n'ai pas d'attraits particuliers pour l'art spécifiquement, alors quand ça concerne des sorties pour voir des peintures et autres, je suis, à la limite, vaguement curieux, mais je ne m'y engage jamais totalement. Le musée d'histoire naturelle est différent, toutefois. Je me souviens y être allé quand j'étais petit, avec mes parents, et j'en garde d'excellents souvenirs. Mais ça fait un bail que je ne suis pas allé à ce genre de sorties. Je devrais profiter d'avoir mon copain avec moi pour en exiger plus souvent, en fait.

Alors que ses caresses se stoppent tout à coup et que je bouge la tête de telle sorte à en réclamer d'autres implicitement, je relève mon visage et cligne des yeux, manquant de couiner pour qu'il recommence ses gratouilles. Mais je ne dis rien, préférant détourner légèrement le regard en me raclant la gorge, essayant de me convaincre que nous pouvons définitivement passer au-dessus de cette conversation et que je devrais être assez mature pour ne plus jouer au naïf. En rougissant un petit peu, je déglutis et tente un mince sourire, encore un peu gêné. Je suis bien plus calme, déjà, c'est vrai. Même si c'était assez embarrassant en soit, je ne suis pas mécontent que nous ayons eu cette conversation ; je pense qu'elle était nécessaire, même si cela a dû nous tuer cinq ou six fois de l'intérieur.
Je me détends de nouveau au moment où je le sens bouger, pour constater avec bonheur qu'il s'est retourné de façon à m'entourer de ses jambes et à être complètement en face de moi. Mes mains en profitent pour se balader et caresser ses cuisses, pour ensuite remonter jusqu'à ses hanches et ses côtés, avant d'exécuter doucement des allers-retours. Je pose brièvement mon front contre le sien en souriant paisiblement. Il n'a jamais compté réellement partir, au fond, je le sais. J'ignore encore les raisons qui ont menées à son amnésie, mais je pense que Natsume n'avait pas voulu nous quitter pendant aussi longtemps. Je lui aurais... Oui, je lui aurais probablement manqué, si nous étions séparés pendant plusieurs mois entiers. Ou alors est-ce moi, qui a du mal à me défaire de lui ? Il m'a tellement manqué, mais je me disais que c'était normal, quand on était amoureux. J'avais une déchirure au cœur, à l'idée de le savoir dans un lieu inconnu, un état inconnu. Était-il blessé ? Meurtri ? Maltraité ? C'était comme une torture lente, de me laisser en proie à de telles questions. Elles me faisaient souffrir, car je sais à quel point l'île peut être dangereuse. Mais je sais qu'il ne compte plus s'en aller, maintenant qu'il est de retour, et je ne compte pas le laisser, de toute évidence. Je veux être avec lui autant que je le peux, et être là quand il a besoin. Je me suis senti tellement inutile pendant tout ce temps ; c'était insupportable. Il partira si et seulement s'il le veut, mais jusqu'à ce que ça arrive, je ferai mon possible pour l'embêter jusqu'au bout et m'insérer dans sa vie, quitte à l'obliger à m'emmener avec lui. Son sourire éclatant, je veux encore le revoir plus tard, tant que je le peux, car c'est celui que je préfère, et celui que je souhaite chérir jusqu'à ce que je n'en sois plus capable.
Mais s'il a envie de me voir gagner, alors je crois que je n'ai plus le choix : je ne peux définitivement pas perdre. J'espère ne pas trop le décevoir dans ce cas-là, sinon. J'aimerais beaucoup aussi qu'il me voie remporter la Compétition et assister à ma victoire étincelante. Une victoire qui changerait à coup sûr ma vie, puisque je devrais, si ça arrive, me trouver un nouvel objectif à atteindre. Aussi, si je n'aime pas trop avoir à me cacher en public, je me demande ce que ça sera, si je remporte le match. Vu ce qui s'est passé hier rien qu'en battant Faust, ce serait sûrement pire, en battant le Maître. Ce ne sont pas des fangirls légèrement pourries qui vont m'arrêter, mais ça serait problématique que Natsume subisse de nouveau ce qui s'est produit la veille. Tant pis si jamais je devais me dissimuler sous quelques lunettes de soleil ou perruque ; j'aime bien trop sortir dehors avec mon copain, quoiqu'en dise les coincés qui nous regarde d'un mauvais œil, mais ceux-là, ils peuvent gentiment aller se faire mettre. Je rêve probablement, aussi, mais j'espérais également l'impressionner aussi un peu, si je gagnais. S'il me voyait triompher vaillamment de mon adversaire, entouré de la foule qui m'acclamerait. Je sais bien que ce n'est pas le genre de chose qui l'intéresse, mais si seulement ça pouvait ne pas le laisser si indifférent que ça... Eh bien je crois que j'en serais très flatté. Ceci dit, je ne veux pas, dans le cas où je perdrais, qu'il soit déçu. Mais s'il a envie de me voir au sommet, alors je devrais pouvoir lui tirer quelque chose après ça. Il me félicitera, non ?
Oui, Senpai me noticera certainement.

« Oui, allons-y. J'ai hâte de voir ce qu'on va trouver, héhé ! »

Il est évident qu'en vrai, ce qui m'intéresse n'est pas de trouver quelques baies dans la forêt -même si ma gourmandise parle actuellement pour moi-, mais de passer le plus de temps possible en ces lieux avec mon petit ami avant que nous finissions par rentrer en ville. Je comprenais déjà pourquoi Faust restait sur Nuva Eja et s'isolait, mais je me rends compte davantage de l'utilité de l'emplacement qu'il a choisi, maintenant que nous avons expérimenté les faits. J'essaye toujours plus ou moins de me faire discret dans mes déplacements, mais bon, il m'arrive aussi très souvent d'oublier que je suis censé ne pas me faire remarquer plus que je ne le fais déjà si je ne veux pas qu'on me saute dessus à la moindre apparition en public qui se ferait un peu trop remarquée. J'ai un peu cherché cette reconnaissance, quelque part ; je ne pensais juste pas que ça pourrait aller aussi loin, alors que je n'ai pas grand chose de particulier. J'ai juste battu les Conseillers, mais ce n'est pas quelque chose de si extraordinaire quand on sait que bien d'autres challengers sont passés par ce chemin avant moi. Le plus difficile reste le duel contre le Maître, mais ce n'est pas mission impossible non plus, je me dis, puisqu'il y a bien eu des dresseurs qui m'ont précédés et sont arrivés à atteindre le plus haut stade de la Compétition. Je savais par exemple que Victoria était une débutante, alors si elle a pu réussir, pourquoi pas moi ? J'ai certes vécu entouré de Pokémons et grandi en regardant des tas de cassettes sur les matchs des années passées, mais ce n'est pas ça qui allait forger mon expérience. Je devais faire mon propre voyage initiatique pour que je me rende un peu mieux compte, mais comme je m'y attendais, ce n'était pas si simple. Néanmoins, ça m'a permis de me construire aussi bien physiquement que mentalement, de m'entourer d'alliés forts et loyaux, et d'acquérir peu à peu la maturité nécessaire pour me permettre d'arriver aussi loin. J'ai encore des tas de choses à apprendre, mais je peux dire, en toute modestie, que j'ai grandi, durant ces trois dernières années. Le jeune adolescent que le Donovan a recueilli chez lui semble bien loin, à présent. Mais je ne suis pas insatisfait de ce que je suis devenu. Au contraire, je regrette de ne pas avoir pris conscience de toutes ces choses avant, quand je le devais, et quand il aurait été pratique que je les sache.

À contrecœur, je dois me détacher de lui pour que nous puissions nous relever et nous habiller de manière un peu plus décente. Il ne m'aurait pas déplu que nous restions ainsi toute la journée, car sans doute que j'en aurais été capable, mais je ne veux pas que le Shimomura finisse par s'ennuyer, et nous n'aurions pas pu rester indéfiniment l'un contre l'autre, au risque que d'autres éventuels Pokémons sauvages viennent nous rendre visite, amicalement ou non. Nous avons également besoin de nous changer les idées, après ce qui s'est passé. Une bonne balade à travers les bois en quête de fruits frais nous fera certainement du bien. En m'étirant, je rejoins de nouveau le lapin auquel je prends la main, avant de lui adresser mon sourire le plus sincère et le plus tendre, gagatant une énième fois en le voyant. Tout est redevenu plus ou moins normal, mais j'ai l'impression que cette notion me dépasse encore, quand j'y pense. Il y a quelques temps, j'étais encore un inconnu, pour lui. Il refusait ma présence par peur, parce que je lui rappelais un souvenir sur lequel il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, et je devais me faire passer pour un stalkeur afin de l'approcher, car il m'avait atrocement manqué pendant ces longues semaines, mais je ne pouvais rien faire d'autre sinon le regarder de loin, car toute marque d'affection aurait pu griller ma couverture d'ami que j'avais auprès de lui ; et pour éviter un moment très awkward, il valait mieux qu'il ne le découvre pas jusqu'au moment opportun. Je ne pouvais plus le prendre dans mes bras comme avant, ni le couvrir de bisous, et c'était affreusement frustrant. Aujourd'hui je m'en donne alors à cœur joie pour lui donner tout ce que je n'ai pas pu lui offrir durant cette période effroyable où j'étais continuellement plongé dans l'inquiétude, me demandant s'il était seulement un jour possible que le japonais retrouve complètement la mémoire, ou du moins, avant qu'il ne découvre qui j'étais réellement et ce que je lui avais caché lors de son retour.

Ma main serrant la sienne, je le laisse nous guider à travers cette forêt qu'il connaît mieux que moi. Il me présente quelques plantes ainsi que leurs vertus, et nous ramassons les fruits que nous pouvons transporter, en en mangeant bien sûr au passage, sans trop forcer pour nous rendre malade. Mais ce que nous trouvons ici est d'une qualité bien supérieure à ce que nous pouvons trouver au supermarché, ça c'est évident. Alors en savourant le goût sucré des fraises et autres baies, je sors de mon sac en bandoulière mon appareil photo pour prendre quelques clichés de la nature qui nous entoure. En vérité, c'est surtout une excuse pour photographier Natsume le moins suspicieusement possible. Il est habitué, à force, mais je sais qu'en temps normal, il n'apprécie pas tellement qu'on le prenne en photo. Que je sois son copain doit me donner quelques petits privilèges, j'imagine, mais aussi, c'est lui qui me l'a offert, cet appareil, alors il devait savoir à quoi s'attendre. Mais en voyant à quel point je m'éclate avec et le taux de pellicule que j'utilise, au moins il peut être rassuré sur son utilité. C'est sans doute l'un des meilleurs cadeaux qu'on aurait pu m'offrir, et je suis très content chaque fois que je peux remplir mon album avec de nouveaux instants capturés. Je me demande d'ailleurs si ça a aidé, au moins un peu, au retour de ses souvenirs. Heureusement, à ce moment-là, il n'y avait pas de clichés de nous embarrassants et explicites. Quoique... En fait, je me demande même s'il y en a. Mais ce qui est sûr, c'est que, intelligent comme il est, je crois qu'il aurait vite compris pourquoi je garde autant de photos de lui, même quand il dort. Nul doute que son lui amnésique aurait trouvé ça extrêmement louche, et ça n'aurait probablement pas aidé à notre rapprochement progressif et au regain de sa confiance envers moi. Heureusement, je peux de nouveau le bombarder comme avant, même si à force on s'inquiéterait probablement que mon album ait autant de photos de lui, mais bon, que voulez-vous.

Le temps pour nous de rentrer au camp, l'après-midi venait de commencer. Nous avons nettoyé les restes de bois brûlés de la veille ainsi que la tente, que nous avons passé plusieurs minutes à déplier -sérieusement faudra que je lui en offre une moi-même à ce stade-, et nous terminions de ranger le campement avant de repartir lorsqu'un drôle de bruit attira mon attention. J'ai plutôt de bons yeux plutôt qu'une bonne ouïe, mais je peux très distinctement -tout comme Natsume sûrement- entendre le sifflement dans les airs qui surgit lorsque je termine de ranger la toile dans le sac. Me tournant vers l'origine du bruit, j'écarquille les yeux et bondit presque sur place en apercevant une forme violette et sombre se diriger droit dans ma direction. Je crois, pendant une seconde, reconnaître une grosse chauve-souris comme celle que nous avons aperçue hier. Sur le coup, ne sachant pas trop comment réagir, je m'immobilise sur place et réceptionne très maladroitement la créature dont le poids me fait chuter lourdement au sol. Un peu sonné, je tente de me redresser pour au moins voir de quoi il s'agit, et je ne peux m'empêcher de glousser légèrement en reconnaissant bien la Nostenfer d'hier soir. Depuis quelques temps elle semble nous suivre, et je reconnais assez la blessure sur son aile droite pour confirmer mes suppositions. Ce genre de Pokémon n'est en plus pas très commune, de base, mais en plus, on en trouve surtout dans les grottes et les endroits ténébreux.
Je cligne des yeux pour croiser ceux de la femelle Poison et Vol. Cette dernière me fait un grand sourire triomphant avant de s'écarter vivement en constatant qu'elle pourrait m'écraser.

« Hé, coucou, toi. On se croise beaucoup, ces temps-ci. Qu'est-ce que tu fais là ? »

Son regard rouge rubis brille d'excitation, mais je ne comprends pas tout de suite la raison. Pour me faire passer le message, elle doit désigner d'une de ses ailes ma ceinture de Poké Balls. Peut-être qu'elle veut jouer avec Smaug ?.. Ils semblaient bien s'entendre, l'autre fois. Toujours à terre, je finis par me redresser avant d'enlever les quelques traces de poussière sur mes vêtements, et de l'observer en penchant la tête sur le côté. Elle pointe du bout de son aile une Poké Ball précise en insistant dessus.

« Mais celle-ci est vide. »

Ma réponse, si j'ai cru qu'elle allait en être déçue, semble au contraire la satisfaire davantage, et elle hoche tout à coup frénétiquement de la tête, ne quittant pas son air jovial. Il me faut quelques secondes de réflexion pour finalement saisir sa demande. Je crois qu'elle veut me rejoindre. Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait qu'elle tient à cette idée. Eh bien, puisqu'elle le désire, pourquoi pas ? Même si je ne vois pas pourquoi elle veut intégrer mon équipe, je ne dirais pas non à une alliée de plus, et puis elle me donne envie de connaître davantage son type. Cela me permettrait probablement de me familiariser plus avec le Poison, comme c'est d'habitude Natsume qui possède ce genre de Pokémon. Doucement, je lui souris après m'être remis de son lourd atterrissage.

« Je vois. Tu as envie de rejoindre mon équipe ? Alors dans ce cas, c'est d'accord. Mais à une seule condition : laisse-nous te soigner, cette fois. Ne serait-ce que pour te remercier pour hier. »

La Nostenfer replie sur elle-même sa blessure pour faire mine de la cacher, gêné de devoir nous embêter avec ça et sûrement qu'elle ne voulait pas que je la crois faible. Mais comme je ne lui laisse plus le choix, désormais, elle finit par accepter et nous confie sa plaie dont nous nous occupons, avant d'officialiser son insertion dans ma team. Ce n'est qu'après cela que nous pouvons définitivement quitter cette forêt qui a su nous abriter et nous tenir éloignés de nos ennuis pendant au moins une journée. Cet isolement m'a permis de me détendre, et j'ai pu temporairement oublié ce qui me préoccupait. Je fais confiance de toute façon à mon petit ami pour aider à mon apaisement en prévision des finales qui sont plus proches que jamais d'arriver. C'était un moment de paix comme celui-là dont j'avais grandement besoin, en compagnie seulement de celui que j'ai enfin retrouvé après tant de journées à me languir douloureusement de lui.

« Natsume... »

Sur le point de départ, je suis perdu dans mes pensées. Je repense au match, justement. Il veut me voir gagner. Je le veux aussi, bien évidemment. J'essaye de ne pas trop m'avancer par rapport au jour j car je sais que je ne pourrais jamais trouver le sommeil la nuit, sinon, mais cela me préoccupe toujours. Vais-je encore tenter la Compétition l'an prochain, si jamais je perds ? Ou est-ce que ça frisera bien trop le ridicule pour que je puisse moi-même m'y risquer ? Si je tiens à prouver que je suis le meilleur, je ne dois pas abandonner à la première occasion. Mais serai-je au moins crédible, à continuer ainsi, et surtout, est-ce que ça vaut le coût ? Je me borne peut-être pour rien... Devrais-je changer de rêve et me tourner vers un objectif plus réaliste ? Qui sait. Je n'ai pas envie de perdre, mais j'accepterai la défaite si elle se présente à moi ; cela voudra dire que je n'aurais pas eu les compétences nécessaires pour me hisser si haut. Que j'ai encore des choses à apprendre avant de pouvoir atteindre le niveau du Maître. Mais si je gagne et que je deviens vainqueur... Je ne sais pas non plus ce qui se passera. J'ai presque peur que ça se réalise. Je serai sûrement tranquille pendant quelques mois au niveau des sous, au moins, mais je devrais trouver un nouveau sens à ma vie, et ça... Eh bien en dehors de la compétition, il faut dire que je n'y ai pas beaucoup réfléchi. Il est clair que je ne vais pas indéfiniment retenter les badges ainsi que les symboles, même pour moi ça commencerait à devenir répétitif. Cependant, je n'ai jamais pensé à un métier que je pourrais faire. Je n'ai jamais cessé de dire que je voulais être Maître Pokémon, mais on me riait au nez quand je sortais cette réponse, et on avait bien raison. Je me vexais au fond lorsqu'on se moquait de mon rêve, mais j'ai toujours su que je ne le serai jamais. La Ligue, après tout, n'est réservée qu'aux élites, aux dresseurs les plus forts ; je n'ai jamais pu faire autre chose que m'imaginer dans ce rôle, mais il faut que je vois les choses en face. Je demanderai peut-être au Shimomura de me conseiller là-dessus, vu qu'il est bien plus débrouillard que moi.
Je prends une grande inspiration, avant de tout relâcher en douceur. Oui, j'ai peur. Je suis terriblement stressé en pensant au match, mais je sais que je ne serai pas seul. Ils seront tous là pour me rattraper, me consoler si je perds, ou bien honorer ma victoire si j'arrive à l'obtenir par miracle. Hé, j'en fais sûrement tout un drame, je sais. Mais c'est la première fois que je vais aussi loin, que je me sens grandi. Je ne le sais pas encore, mais ma vie va prendre un tournant décisif à la suite de ce match. Quelque chose que je pensais impossible à concevoir.
Tournées vers le sol, mes iris jaunes se relèvent soudainement en direction de mon petit ami, que je fixe avec une expression déterminée.

« Je ferais tout pour que ça marche. Toi et les autres, si vous êtes avec moi, je sais que ça marchera. Je gagnerai... Je gagnerai ! Et je serai aussi brillant qu'une étoile ! »

Oui, je réussirai. Et tout là-haut, où qu'il se trouve, je sais que mon père me regardera, et il ne sera pas le seul. J'ignore tout du destin qui m'attend, aussi extraordinaire soit-il. J'ignore que je serai bientôt celui au sommet de tout ça. Que je serai celui qui accueillera les dresseurs au sein de ce Stadium pour décider moi-même de leur sort. Il y a trois ans, je me trouvais encore sur le canapé de Faust à me remettre de mon affrontement peu glorieux avec un Empiflor. Aujourd'hui, je me prépare à faire face au Maître. Tant d'aventures me séparent de ma première rencontre avec le Donovan, mais je peux encore parfaitement m'en rappeler. J'ai vécu des expériences, fait des rencontres... Et je peux avoir quelqu'un avec lequel me créer un futur, désormais. Un futur étincelant qui m'attend avec impatience. Alors me voilà.

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Cabin in the Woods {PV Sam

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