« C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop! »

''Dégage'', de Bryan Adams.
 

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 Event n°7 - Anula

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Yveltal
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MessageSujet: Event n°7 - Anula   Mar 29 Aoû - 23:07

Event final - « Radioactive/Eyes Wide Open »


I'm waking up, I feel it in my bones
Enough to make my system blow
Welcome to the new age, to the new age


Anula est placide, tranquille, paisible. Un havre de paix, épargné par des années de guerre de conflit, de sang et de larmes. Épargné par la peur, par la crainte, par tout ce qui a hanté les esprits depuis neuf longues années. Un îlot serein, où se sont entassés ceux qui savent qu'ils n'ont pas à avoir peur, confortablement bordés par le luxe et la volupté. Des bruits de pas tranquilles, claquant doucement contre les dalles colorées, impeccables de ses rues. Des rires, des cris, quelques pleurs parfois, et des sourires. Une paix jalousée, désirée, mais jamais arrachée.
Les nouvelles qui leur parvient, comme à chaque fois, sont toujours graves et sourdes, si différentes de leur vie. Anula continue de vivre, pourtant, de pétiller. Ses commerces bondés, ses restaurants chics, ses cafés où l'on se presse de murmurer que tout ça est bien inquiétant tout de même, mais bon. À quoi bon s'alerter ? Les chuchotements finiront bien par se tasser, comme à chaque fois.

Puis il y eu l'eau. Les blessés. La peur, pour la première fois. La douleur, tout près. La misère dans des rues qui ne l'avaient jamais connue. Des torrents aquatiques, rapides et brutaux, descendant chaque allée, chaque petite rue étroite. Les tables des cafés se renversent, les voitures nagent le long des courants. L'on se tasse aux étages, on grimpe chaque escalier avec précipitation, dans la panique. Les devantures délavées de ses boutiques ne sont plus que des tas de ruine ; l'eau et la boue ont tout emporté. Les bouches d’égout se soulèvent, déversant leurs effluves insoutenables un peu partout. L'eau croupie avale tout ce qu'elle trouve, renverse tout ce qui tente maigrement de lui faire barrage, sans regard quant à ce que cela peut être.

Le lac a cédé. Cette étendue d'eau magnifique qui leur a apporté richesse, sérénité et calme s'est changé en monstre boueux, glouton et brutal. Lentement, il finira par s'endormir, laissant derrière lui une immensité aqueuse, et une destruction, certes partielle, qu'Anula connaît à son tour. Les ryes seront vidées, les morts et blessés seront pleurés.
On reconstruira, disent certains. D'autres fuient. Personne ne pouvait être certain, à l'instant, de ce qui pouvait se passer. Et enfin, quand l'on parvient à retrouver des moyens de communication, les nouvelles parviennent : le Régime est tombé, mais c'est loin d'être la principale préoccupation. Bientôt, les réfugiés accourront. Et avec eux, les contes d'un malheur qui ne franchissait jamais les portes d'Anula auparavant.

Some people offered up answers.
We made out like we heard, they were only words.
They didn't add up to a change in the way we were living,
And the saddest thing is all of it could have been avoided



Explications:
 
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Mercedes L. Blanchett
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MessageSujet: Re: Event n°7 - Anula   Lun 4 Sep - 19:15


♦ RADIOACTIVE/EYES WIDE OPEN ♦Event no°7
Comment? Fermer l’œil, se laisser réduire à l’état d’inconscience, quand tout dehors vole en fumée? Hier, j’ai vu Enola se fendre. Avec elle, une dynastie tomber. J’ai vu la pluie, les combats, la violence des explosions, la brume grise et verte recouvrant Amanil. J’ai vu des morts, des cris, le chaos parmi les rues. J’ai participé, j’ai pris part au combat, porté ma voix pour fouetter les troupes. Mais je n’ai pas pu. Pas pu continuer alors que le monde s’écroulait. J’ai fait demi-tour, le cœur battant, de peur et d’effroi. J’ai vu trop d’âmes s’éteindre dans l’explosion, les débris et le désordre. Cette détonation qui a marqué notre victoire. J’ai entendu les soldats jeter les armes, vaincus et amers, tandis que le silence a régné sur le champ de bataille. À dos de mon fidèle Nemeroff, le souffle court de ce ventre trop distendu, je n’ai plus pensé à la cause et à tout ce qu’il restait à faire encore. J’ai trouvé refuge à Baguin, prise de nausées et de douleurs abdominales. Je me suis effondrée chez Damien et Solène en pleurs, dévastée tandis que j’aurais dû fêter, fêter parmi mes égaux, cette capitale libérée. Lorsque j’ai retrouvé contenance assez, j’ai lancé cet appel radio afin de finir le travail mais le cœur n’y est plus. J’ai tenté de trouver sommeil, dans cette chambre que j’occupe chez Faust depuis quelques mois. À me demander comment.

Comment pouvions-nous être si naïfs? Comment avons-nous laissé l’ennemi posséder une telle arme? Comment reconstruire alors qu’il ne reste plus rien que des ruines? La tête possédée d’une migraine monstrueuse, je me retourne, entravée par la bedaine substantielle que j’ai malmenée ces derniers jours. L’épuisement me guette et pourtant le sommeil me fuit. Je n’ai pas beaucoup pensé au petit être qui grandit en moi ces derniers temps, trop occupée à lui sculpter un avenir meilleur. Maintenant que nous ne sommes plus qu’à un pas de la libération, je me demande si tous nos efforts en valent la peine. Les morts dansent encore sous mes yeux. L’aube se lève et la crise se manifeste. D’abord mes poumons qui refusent de fonctionner convenablement, comme incapable de saisir l’oxygène. Puis les images, les images qui font tambouriner mon cœur, qui assèchent ma gorge et jettent le feu à ma raison. Je me mets à gémir, persuadée que la mort me guette comme à chacune de ces crises de panique, nombreuses et douloureuses. Lorsqu’elle se termine je suis affaissée contre ma couche trempée de sueur, confuse et éreintée. Enfin, le sommeil me cueille. Quelques minutes de repos. Je dors environ une heure avant de m’éveiller nerveuse, en proie d’une nouvelle douleur au ventre. Je me relève du lit, titubant jusqu’au salon en ouvrant la télévision. Les nouvelles y diffusent des images de chaos, encore une fois. Enola ne s’est pas calmée. Tout comme le petit être.

Je n’en suis pas à ma première contraction, mais celles-ci me semblent plus ardues que les précédentes. Je respire calmement en parlant doucement à l’enfant (et peut-être un peu à moi-même) afin de nous calmer. Ce n’est pas le moment de se pointer le nez, pas après seulement sept mois de grossesse. Aussi tête brûlée que ses deux parents, celui-là. Tandis que mes pensées s’égarent vers le père de l’enfant, les images du téléviseur affichent une ville inondée où règne le désordre et la confusion. Anula. Je vois ses petites terrasses renversées, sa population fuir. Un pincement au cœur me saisit et d’elles-mêmes, mes pas me mènent jusqu’à la cour, où se repose toujours Nemeroff. Depuis les difficultés vécues il y a quelques mois, le jeune dragon a beaucoup changé. Encore plus déterminé et désorganisé. Comme fou. Comme moi. Traumatisé derrière sa fierté, à se laisser croire qu’il pourra changer quelque chose à ce monde. À mon approche il se réveille. Ses prunelles sombres baignent de tristesse quelques instants avant que l’orgueil ne l’emporte. En se redressant, il dissimule sa peine. Je vais vers lui, caressant son large cou. Aria et Silver me manquent aussi. Terriblement. Je ne dis rien cependant. Il a compris que je suis prête. Il ouvre les ailes et je grimpe contre lui, en me sécurisant sur une selle que j’ai construit avec l’aide d’un collègue Résistant. Celle-ci me permet de monter malgré mon ventre qui rend mon équilibre précaire.  

Nous atterrissons sur une Anula affolée. Je vois ses habitants se réfugier en hauteur tandis que les eaux du lac Anula envahissent les rues. Aussitôt je cherche, je cherche une issue, une réponse. Je suis la réponse. Je suis l’aide. J’appelle Nueria, Kinu et Wanda, qui aussitôt disparaissent dans les eaux pour venir au secours des habitants de la ville du centre. Pour ma part, je vole près des édifices, cherchant toujours. Quelque chose gigote à ma taille, une Poké Ball. J’en relâche l’occupant : Opalyn ma Couaneton. Elle apparaît sur le cou de Nemeroff, inébranlable, comme pour me signifier qu’elle veut aider aussi.

«Tu es trop petite, Opalyn… tu ne pourrais pas vraiment venir en aide à qui que ce soit…»

Mes paroles activent quelque chose en elle, car sous mes yeux éabahis, elle change de forme. Maintenant Lacmécygne, elle se laisse tomber vers les flots avant d’ouvrir ses ailes gracieuses, frôlant la surface. Elle est prête, nous sommes prêts. Maintenant, je dois le trouver.
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Weston Elric
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MessageSujet: Re: Event n°7 - Anula   Lun 4 Sep - 23:23


• RADIOACTIVE/EYES WIDE OPEN • Event no 7  


Le penthouse est plongé dans un lourd silence, interrompu ici et là par les crépitements du popcorn qui gonfle au dessus du foyer, seule source d’énergie encore fonctionnelle, ainsi que par des cris, lointains. Dehors, une multitude de noms sont envoyés à l’univers, sans toutefois que celui-ci réponde. On cherche Julien, Maude, Élodie, Samuel... Et qui sait si on les retrouvera. En toute honnêteté, cela m’est complètement égal. Pour ma part, je me contente de fixer la flamme qui danse sous nos yeux, en attente de notre collation, petit réconfort dans ce chaos total.

-Pourquoi on va pas les aider papa?

Je ne bronche pas, malgré l’insistance du petit blond, qui vient à présent tirer sur ma manche. Mon regard ne quitte pas la flamme, d’un rouge vif, alors que je refuse de sortir de ce mutisme dans lequel je me suis plongé, hier soir. Hier soir, alors que tout s’est effondré. Alors que ce mince équilibre s’est écroulé. Cet équilibre qui, malgré sa fragilité et son inconfort, tenait nos vies en places. Cet équilibre qui, à présent, par sa disparition, nous laisse dans le chaos. Dans un merdier comme jamais auparavant. Un équilibre qui, en disparaissant, a instauré la loi du chacun pour soir.

-Pourquoi qu’on leur dit pas de venir ici, papa? On a plein de place...

Hier soir, alors que les secousses se sont arrêtés, et que l’eau est venue envahir la ville, le courant s’est envolé, privant les habitations de lumière et de toute forme de communication. Les uns après les autres, nous nous sommes retrouvés livrés à nous-mêmes. Et si les plus prévoyants ont pu se tourner vers des génératrices, ce ne fut pas le cas de la majorité. Se sont ensuite enchainées les étapes typiques d’une véritable apocalypse : les disparitions, le vandalisme, les vols... La violence. La violence envahissant les rues, les unes après les autres. La violence, pénétrant les foyers, d’une manière totalement aléatoire. Et ainsi, l’humanité n’est plus définie que par un coup de chance. Serons-nous les prochains? Seul le hasard peut en décider, à présent. Mais pas nous. Non, pas nous.

-Papa! Pourquoi qu’on les –

-Ben, tiens-toi loin de la fenêtre.

Le petit garçon se tait, surpris par mon ton étonnamment ferme. Mon fils a un bon cœur. S’il n’en tenait que de lui, tous ces pauvres gens cherchant à trouver refuge sur les toits des immeubles se trouveraient tous entassés dans le penthouse qui, comme il me le fait bien remarqué, comprend bien assez de place. On pourrait effectivement entasser une bonne trentaine de personnes simplement dans la pièce principale, avant même que chacun commence à manquer d’espace. On pourrait ensuite commencer à remplir les trois chambres, les deux salles de bain, le balcon, la mezzanine... Mais nous n’en ferons rien. Nous n’en ferons rien, car Ben et moi, nous survivrons. Nous survivons, coute que coute.

-Et si moi j’étais dehors, tu viendrais me chercher?

Poussant un soupir, j’adresse enfin un sourire au petit blond, avant de m’emparer de lui, et l’enfermer entre mes bras, le poussant à s’asseoir contre mes cuisses. Le petit garçon m’offre une accolade, souriant à son tour, avant de s’étirer et d’attraper le sachet de popcorn qui semble enfin prêt. Bien engouffré contre mon corps, protégé de tous dangers, Benjie commence à dévorer avec appétit la collation, me glissant ici et là une bouchée. Bientôt, la pièce se retrouve envahie d’une délicieuse odeur de beurre fondu. Un brin de réconfort dans un monde de terreur.

-Et puis... Si c’était Victoria qui était dehors... Tu serais allé papa...?

De nouveau, le silence retombe dans la pièce, laissant de nouveau entendre ces cris lointains, ainsi que le crépitement du feu, cherchant à étouffer ces derniers.


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Mercedes L. Blanchett
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MessageSujet: Re: Event n°7 - Anula   Lun 9 Oct - 21:50


♦ RADIOACTIVE/EYES WIDE OPEN ♦Event no°7
D’entre les flots, des mains tendues. Je surveille chacune d’entre elles et les visages qui en émergent, secourus par les efforts de mes Pokémon. Rapidement, ils s’organisent en collaboration avec l’aide des citoyens. Chaloupes et autres embarcations parcourent la ville inondée, tout comme une panoplie d’autres Pokémon aquatiques prêtant main forte aux habitants piégés. À chaque nouveau personnage rescapé que mon sang se fige. Des eaux brunes, on tire parfois des cadavres ou des corps mutilés par les dégâts. Les pertes sont peu nombreuses, mais chacune d’entre elles me renverse. Ai-je causé toute cette horreur? N’ai-je pas incité les attaques contre la capitale? Encore une fois, je me prête trop d’importance. J’entends la voix de ma mère, me rappelant à quel point je ne suis qu’un pauvre pion parmi cette guerre dépourvue de sens. Je dois me détacher de la culpabilité, celle qui m’étourdit contre le cou de Nemeroff. Nous avons remporté la guerre et pourtant nous souffrons encore. Je me demande si mon combat a servi à quelque chose, si tous les sacrifices auront valu la peine. J’ai perdu deux alliés, mon mariage et ma famille… Pour ceci? Les minutes se changent en des heures, les opérations de secourisme compliquées et ardues. Je les mène des airs, prêtant mon aide du mieux que je le puis. Dans mon état, je ne peux guère fournir mes bras, mais le dragon s’occupe de compenser pour mon immobilité.

Puis, je reconnais la bâtisse pour l’avoir entrevue dans un magazine. Quelque chose me pousse à sa rencontre, et je talonne le Drattak. Dans un cri visant à avertir les autres de mon imminent départ, nous prenons notre envol. Nous volons près des fenêtres de l’immeuble, somme toute vide, quand une lueur dans le penthouse attire mon œil. Tandis que le dragon nous hisse là-haut, je discerne une silhouette à la fenêtre. Petite, ses mains minuscules collées contre la baie vitrée. Celle d’un enfant sans l’ombre d’un doute. Malgré la grisaille, le vent, et la distance, je ne manque pas de remarquer l’éclat doré de sa chevelure, le bleu infini de ses prunelles innocentes.

«BENJAMIN!»

L’émotion me renverse. Ma posture assurée se défait et je dois raffermir ma prise contre la selle de mon compagnon afin d’éviter un saut dans le précipice. La douleur me déchire l’abdomen et je crie une nouvelle fois tandis que l’enfant s’éloigne de la fenêtre. Plus que panique et désordre. Mes sens s’appauvrissent au détriment de la peur qui enfle contre mon crâne. La souffrance est telle que je dois me recroqueviller contre Nemeroff qui se suspend entre ciel et terre, conscient de mon état et inquiet. Je ne devrais pas voler, pas si avancée dans ma grossesse. Mais je ne peux pas m’arrêter, pas maintenant que ma quête touche à sa fin. Pourquoi Benjie est-il seul? Pourquoi n’est-il pas en sécurité? Où est Weston? Les questions me traversent au même rythme que la contraction, abominablement souffrante. Je tâche de respirer comme on me l’a montré en cours prénataux, mais rien n’y fait.

«Nemeroff, pose-toi sur le toit, ils sont là…»

Pâle comme neige, je me redresse un peu afin de lui offrir la place nécessaire pour se mouvoir en toute liberté. D’un roucoulement inquiet, le dragon entame sa descente. Nous nous posons à même la terrasse du penthouse. Prudemment, il m’aide à descendre. Je titube d’un pas pressé jusqu’à la porte que je fracasse d’un coup de Poké Ball. Qui a dit que ces objets métalliques ne possédaient qu’une seule utilité?

«BEN!»

Je crie son nom, affolée, m’avançant dans l’appartement. Une fois le petit en vue, je me précipite à ses côtés, le cueillant dans mes bras sans retenir mes larmes cette fois. Je hume ses cheveux et le serre avec l’énergie du désespoir, rassurée et bouleversée de le savoir en vie.

«J’ai eu tellement peur, je pensais que je t’avais perdu…»

Mais je l’ai déjà perdu. Nous le savons pertinemment tous les deux.
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Weston Elric
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MessageSujet: Re: Event n°7 - Anula   Mar 10 Oct - 21:20


• RADIOACTIVE/EYES WIDE OPEN • Event no 7  


Dans cette ambiance doucereuse de beurre fondu et de crépitement des flammes, on pourrait presque croire à une simple soirée passée entre père et fils. Une soirée normale. On pourrait presque en oublier les cris, de plus en plus lointains, derrière ces épaisses fenêtres nous séparant du reste du monde. Entre ces quatre murs, on pourrait presqu’en oublier les horreurs. La souffrance, la peur, les pertes. On pourrait presque croire, entre deux bouchés de popcorn, que le monde à l’extérieur n’existe pas. Que le monde est tel que nous l’avons laissé la veille, avant d’embarquer dans nos couchettes respectives. On pourrait presque y croire. Hélas, les réalités qui hantent un univers ne se trouvant qu’à quelques mètres de nous me reviennent bien trop rapidement. Elles reviennent perturber le peu de quiétude qui avait pu venir m’apaiser momentanément.

Trop rapidement, la réalité du monde dans lequel nous vivons me percute de nouveau, et avec celle-ci, tout ce qu’elle signifie. Ici, au chaud, au sec, nous sommes en sécurité. Toutes les entrées potentielles sont barrées, et protégées par mes alliées, qui, depuis la nuit dernière, n’ont pas osés fermer l’œil, se faisant mission de protéger la demeure familiale coute que coute. Depuis les évènements qui se sont produit dans notre dernière demeure, mes Pokémons n’ont plus la même innocence. Je peux le voir dans leur regard, plus nerveux, plus sauvage. Ils ont peur. Peur de finir comme ce fut le cas d’Aria et Silver. Peur de faillir à leur mission. Peur que mon fils et moi tombent entre de mauvaises mains, comme cela aurait bien pu être le cas. Mais bien que cette peur les pousse à nous prodiguer la plus haute protection, elle a aussi ce penchant de les épuiser. Qui sait combien de temps ceux-ci pourront garder ce rythme. Et puis, même s’ils pouvaient tenir, il nous faudra bien sortir éventuellement. N’ayant pas fait d’épicerie avant la tragédie, nous ne pouvons compter que sur quelques maigres réserves contenues dans le garde mangé. Tôt ou tard, nous devrons nous exiler dans le monde extérieur, afin de récupérer de quoi survivre. Après tout, avec ce qui me semble être la destruction totale du gouvernement, qui sait combien de temps durera cette nouvelle crise? Certes, l’eau finira par libérer les rues d’Anula, mais voilà bien le dernier de nos soucis. Le Régime avait beau avoir une manière assez dure d’agir, il maintenait tout de même un certain ordre. Mais maintenant que nous sommes livrés à nous-mêmes, qu’adviendra de notre monde? Ne dit-on pas que l’homme est un loup pour l’homme? Qui sait combien de temps dureront les violences, à l’extérieur? Combien de temps devra passer avant que la civilisation refasse surface?

Tant de questions auxquelles je n’ai pas le temps de répondre. Un violent bruit de vitre cassée vient briser le silence apaisant de la pièce. D’un mouvement brusque, je me redresse d’un bond avant d’agripper mon fils et le cacher derrière moi. Le cœur battant, je m’empare du tisonnier, prêt à m’en servir pour me défendre. Mes Pokémon, alarmés par le bruit, se précipitent à leur tour dans la le salon, mais avant que quiconque ne puisse lancer la première attaque, la petite voix de Benjie résonne avec force, alors qu’il lance un mot qui vient me percuter jusqu’au plus profond de mon être.

-Maman!

Avant que je ne puisse réagir, le petit s’élance vers la nouvelle présence, qui se jette à son tour à son cou. Le souffle court, j’observe la scène, sans broncher, alors que mon fils s’agrippe avec fermeté contre cette silhouette que je reconnaitrais entre mille. Alors qu’il laisse ses petits doigts s’aventurer dans cette chevelure rose. Alors que leurs pleurs s’entremêlent. Ma gorge se resserre, et mes doigts en échappent le tisonnier. Elle est là. Mercedes. Ma femme. Ma femme... et mère de mon enfant à venir. Pris d’un frisson à la venue de cette idée, je pose mon regard sur le ventre bombé qui parait malgré la présence du Benjie contre celui-ci. Si la nouvelle m’avait choqué lors de la première annonce faite par Adélia, la vue de ce petit être bien logé au creux de sa mère rend les choses bien plus réelles.  

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Mercedes L. Blanchett
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MessageSujet: Re: Event n°7 - Anula   Mar 10 Oct - 23:06


♦ RADIOACTIVE/EYES WIDE OPEN ♦Event no°7
Le mot résonne en moi, empreint de tant de regrets. Maman. Pour lui désormais interdit, mais surtout synonyme d’un deuxième abandon, d’un nouveau déchirement. Je n’ai jamais désiré qu’il en soit ainsi. À le tenir dans mes bras, ma colère, ma haine, ma rancœur… toutes se dissipent et ne laissent qu’une chaleur douce. Les briques éparpillées de mes pensées et souvenirs soudain se replacent dans un ordre délicat et précis. Soudain tout fait du sens. Après avoir éclaté mon existence, il en recolle les morceaux. Je me recule pour mieux scruter son petit visage ruisselant de larmes, portant une main par réflexe contre mon abdomen où repose son frère ou sa sœur. La sensation m’enveloppe, celle d’appartenir à une famille, à quelque chose qui dépasse les tristes errances des derniers mois. À son contact, je n’ai plus envie de partir, plus envie de me battre et de souffrir. Lorsque je lève les yeux tandis qu’un bruit métallique attire mon attention, je perds pied. Mon bonheur s’effrite. Weston se tient là. Je ne l’ai pas vu depuis des mois maintenant. Il a changé. Son visage, creux, ses prunelles comme éteintes, méfiantes, lointaines. Un ouragan de questions me traverse tandis que je l’observe. Il m’apparaît tel dans un rêve, irréel et bouleversant. Là où j’ai espéré une flamme éteinte, je retrouve encore les braises de ce qui fut. Et avec elles la souffrance, le vide, le rejet, plus vrai encore que l’affection du petit qui repose dans mes bras.

Je me redresse avec un peu trop de violence, heurtée encore par ses mots qui auraient pu être prononcés hier. La blessure encore béante se remet à saigner. Je m’en veux, je m’en veux de m’infliger encore cette peine. Tremblante, je prends la main du garçon, le regard encore embué, le regard sauvage et blessé, une main contre mon ventre, contre notre enfant. Celui que je refuse qu’il me prenne comme il a tout pris, y compris mon fils. Je ne le laisserai pas consumer un autre de son inaction, de sa lâcheté, de son refus de voir ce qui se trouve à ses pieds. Tout un monde qui souffre, qui souffre bien plus que lui. Tandis que la colère m’anime, l’envie me presse de courir à lui, de me réfugier dans ses bras, de l’entendre dire que ce monde dehors ne perdurera pas. Telle une barrière infranchissable, la fierté et la frustration m’en empêchent. À quoi bon me jeter à la poursuite d’une ombre? De ce qui n’aurait peut-être jamais dû être? À quoi bon m’écorcher vive plus longtemps parmi une relation vouée à l’échec? La douleur, vive, se compare à celle de la contraction quelques instants plus tôt. Pire, même.

«Nous devons partir, maintenant. Les fondations de l’immeuble ne tarderont pas à se fragiliser, vous êtes en grave danger.»

Sans attendre la réponse du blondin, j’entraîne son fils à ma suite, en direction de Nemeroff. Le dragon piaffe et s’impatiente, conscient que je ne devrais pas remonter contre son dos dans mon état. J’ignore ses réticences en plaçant l’enfant contre la selle, l’y attachant fermement. Ce n’est pas la première fois que je l’emmène voler. Je me retourne vers Weston, d’apparence impassible, détachée. Froide tel un glacier, je le toise. Sous ma carapace, toute ma colère fait vibrer mes prunelles, tout comme mon inquiétude.

«Tu as de quoi voler? Nemeroff peut nous porter tous les trois, mais il se fatiguera vite. Je vais vous mener en sécurité, chez Maxwell. Il s’occupera de vous.»

Le non-sens. Vous. Le nous reste entravé au creux de ma gorge, telle une promesse brisée. Afin d’éviter l’émotivité, je me retourne et entreprends de me hisser derrière le garçon.
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Weston Elric
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MessageSujet: Re: Event n°7 - Anula   Mer 11 Oct - 3:58


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Je reste interdis devant la scène. L’espace d’un instant, je pourrais presque y croire. Croire en nous. En notre famille. Comme si cette nuit n’avais jamais eu lieu. Comme si la rose revenait simplement d’un long voyage. Que, maintenant l’avion revenu sur la terre ferme, celle-ci revenait défaire ses bagages, et continuer à mener son petit train de vie à nos côtés. Or, nous savons bien que ce n’est pas le cas. Il n’y a pas eu de voyage. Et, surtout, il n’y a pas de retour possible. Cette scène que je revois chaque nuit alors que j’ose fermer les yeux, je la revois de nouveau. Je revois les paroles échangées. Je revois les décisions qui ont été prises. Je la revois, elle, brisée, blessée, allongée contre une table. Je la revois, elle qui aurait très bien pu être morte alors que je suis rentrée dans la pièce. Je la revois, elle et ses choix. Son choix de cette guerre plutôt que sa famille. Le choix de se battre pour le reste de l’univers au détriment de sa propre famille. Je la revois, presque morte, alors que ça aurait pu être Ben. À la place de la rose, cette nuit-là, j’aurais pu retrouver sur cette table froide le corps fracassé de mon garçon. Alors non, il ne peut y avoir de retour. Il n’y aura plus jamais ce « nous » unit. Il n’y aura plus jamais cette famille. Nous ne serons plus jamais tous les trois, ou devrais-je dire tous les quatre. Mais alors, qu’est-ce qu’elle fait là.

La rose se redresse brusquement, osant enfin me lancer un regard. Le premier depuis que je lui ai tourné le dos, cette nuit-là. Et malgré ses rondeurs au niveau de l’abdomen, la jeune femme a définitivement perdu du poids. Son regard trahit la souffrance et les épreuves qu’elle aura dû surmonter depuis notre séparation. Il a perdu cette étincelle, cette flamme qui faisait d’elle la femme que j’aimais. Ces regards amoureux, complices qu’elle avait l’habitude de se lancer, laissent maintenant place à un air amer, même haineux. Et l’espace d’un instant, je veux hurler. Je veux lui hurler au visage de regarder autour d’elle. De regarder tout ce qu’elle a gâché. Je veux lui crier au visage notre souffrance. Je veux lui dire de regarder ce petit visage rougis par les larmes. Je veux qu’elle sache tout. Je veux qu’elle sache à quel point celui qu’elle se permettait de considérer comme son fils a pu souffrir par sa main. Je veux lui compter toutes ces nuits cauchemardeuses. Je veux qu’elle connaisse toutes ces crises. Je veux qu’elle entende à quel point cet abandon a pu être douloureux. Je veux que, comme tous les deux nous avons souffert, qu’elle en souffre à son tour. Mais maintenant n’est ni le moment ni l’endroit de déverser ce flot d’émotion qui menace d’exploser au creux de mon torse.

De toute manière, avant que je puisse délivrer ce qui pèse en moi un peu plus chaque fraction de seconde que je passe à la regarder, ma femme brise le silence, en me jetant au visage son plan, avant d’agripper mon fils et le hisser sur le dragon qui attend a l’intérieur. Je sens mon sang se glacer, en la voyant ainsi partir avec le petit blond. Un mélange de terreur et de haine m’envahie alors, tandis qu’elle m’annonce avec toujours ce même ton glacial la suite de son plan. Qui est-elle, pour se présenter ainsi à ma porte, pour m’arracher mon fils, après m’avoir délibérément caché l’existence-même de mon enfant à naître? Après des mois de disparition, à ignorer mes appels. À me laisser ainsi, dans l’ignorance, dans l’impuissance.

Le cœur prêt à me déchirer la poitrine, je m’approche d’un pas rapide afin d’agripper le poignet de la rose, et la retirer brusquement au sol. Ignorant les grognements menaçants du Drattak, je plonge mon regard dans celui de ma femme, la serrant toujours d’avantage pour l’empêcher de fuir, et d’emmener mes enfants au loin.

-Et quoi, après? Après tu t’enfuiras de nouveau? Après tu disparaîtras au loin, avec mon fils ou ma fille, pour ne plus jamais donner de nouvelle?

J’en tremble. J’en tremble de tout mon corps. Des vertiges me prennent, par le trop d’émotion qui se fracasse en moi, dans un mélange des plus malsains. Mon emprise se resserre, et je devine lui faire mal.

-Tu croyais quoi, Mercy? Tu croyais que tu pouvais venir ici, jouer les héroïnes l’espace d’une heure, et que tout serait réglé après?

Je ne prends même pas la peine de cacher sa véritable identité, dans ma rage. En ce moment, plus rien ne compte. Pas même les cris de l’enfant qui est descendu du dragon pour me hurler de lâcher celle qu’il aime toujours autant malgré sa trahison.

-Jamais je ne te laisserai partir avec Ben, ni avec cet enfant que tu porte, tu m’entends? Jamais!

Ma voix résonne parmi les cris lointains de ceux qui se trouvent en dessous de nous. J’ai beau ne pas avoir les pieds mouillés, ma détresse est tout autant présente.


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Mercedes L. Blanchett
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MessageSujet: Re: Event n°7 - Anula   Mar 24 Oct - 22:18


♦ RADIOACTIVE/EYES WIDE OPEN ♦Event no°7
Le temps s’est suspendu, entre ma décision de protéger l’homme et son fils et sa réaction à celle-ci. Si j’ai du mal à garder contenance en sa présence, la seule vision de lui susceptible de me renverser à tout instant, j’ai au moins la certitude de lui avoir prouvé de ma bonne foi et de ma sincérité en venant l’extirper d’une situation dangereuse. Je n’ai qu’à jeter un coup d’œil au bas de l’immeuble pour constater l’ampleur du courant et des dommages qui se font nécessairement sous le couvert des flots enragés. J’ai foi, pendant quelques brefs instants, qu’il ferait appel à son Dracaufeu et que bientôt nous serions à l’abri chez Maxwell le temps de stabiliser ces contractions passagères que je puisse retourner prêter main forte à l’équipe qui travaille sur le sol. Rien ne me préparait à sa violence, malgré le lot de victimisation qu’il m’a fait subir, malgré son abandon dans le moment le plus sombre de ma vie, malgré la manipulation incessante. Malgré tout ce qu’il a pu m’infliger par le passé et qu’il a su si bien rejeter sur ma faute, je n’aurais jamais cru qu’il s’en prendrait physiquement à moi. Sa main agrippe furieusement mon bras et me tire, si bien que mon pied, suspendu dans l’étrier de la selle, glisse et tout mon corps avec. J’atterris contre mes jambes mais durement, et le choc me fait vibrer toute entière. Mon cœur s’emballe et je sens la crise imminente. Démunie, je ne peux qu’assister non seulement à son agression physique mais aussi à ses cris, à sa violence psychologique qui me tasse contre moi-même, appuyée contre mon dragon que j’entends à peine se révolter et repousser le Champion d’Arène d’un coup de queue dans la poitrine.

Je m’éveille dans la pagaille. J’entends Benjamin qui pleure à côté, mon Drattak grogner et mon propre souffle inégal. Je réalise être tombée, l’air m’ayant manqué sous le coup de l’hyperventilation due à la crise de panique. Je suis mal, tremblante au point d’être incapable de bouger. Le toit tangue encore sous mes yeux tandis que je regarde Weston, moi aussi en pleurant. Je ne sais plus quoi lui dire, ou quoi faire. J’ai peur, j’ai peur de lui et peur qu’il me prenne l’enfant. Je ne pourrai pas guérir sans lui ou elle à mes côtés, déjà que je dois composer avec ma solitude. Je n’ai pas l’intention de lui enlever Benjamin même si je le ferais si je le pouvais. Je sais qu’il s’agit d’un combat que je ne pourrai pas gagner de par la logique de la chose et de par mes maigres moyens. Je n’ai plus de ressources face à lui que la froideur que je lui réservais il y a quelques minutes, avant que tout ceci dégénère, avant que je ne me retrouve ici, sur le sol, à me demander comment nous en sommes parvenus à ceci.

«J’espère que tu es content… J’espère que tu es satisfait… Tu as gagné, j’ai peur de toi, tu as tout le pouvoir sur moi, c’est ce que tu espérais? J’espère que tu es ravi car tu as réussi, tu gagnes Weston.»

Je tremble si fort à présent que mes dents s’entrechoquent. Je ne comprends pas comment je peux avoir si froid. Tandis que ma respiration reprend un rythme accéléré mais régulier, je sens les douleurs abdominales grimper et une nouvelle contraction imminente.

«Que feras-tu après m’avoir tué? Car c’est la prochaine étape j’imagine.»

Je touche mon ventre, pâle, tandis que la contraction se manifeste, plus violente encore que toutes les précédentes. Je ne peux réprimer un cri, tâchant de respirer tel qu’on me l’a montré lors de mes cours prénataux. Je sers les points, attendant que la douleur se termine mais elle se poursuit et je comprends, je sais. Le bébé arrive.
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MessageSujet: Re: Event n°7 - Anula   Sam 4 Nov - 22:29


• RADIOACTIVE/EYES WIDE OPEN • Event no 7  


Aussi brusquement que le coup de queue qui s’abat contre ma poitrine, l’idée du monstre que je suis devenu se heurte contre moi avec violence, m’arrachant le peu d’air que le coup du dragon ne m’avait pas encore arraché. Je recule d’un pas, sans pour autant pouvoir détourner le regard de la rose qui s’effondre devant moi, suite à ma propre violence. Et petit à petit, je réalise l’étendue de mon geste, dans cette scène qui se dessine pourtant de manière floue devant moi. Les cris des victimes plus bas se mêlent à ceux du petit blond et du dragon, pour ne former qu’une grosse cacophonie. Et moi, je ne peux qu’observer le tout, comme si je n’étais que le spectateur impuissant d’un acte de violence plus gros que moi. Alors qu’en réalité, j’en suis l’auteur. Alors qu’en réalité, j’en suis le responsable. Je suis le monstre.

Cherchant toujours à reprendre mon souffle, je le réalise un peu plus à chaque seconde. J’ai blessé la mère de mes enfants. Et si nous avions pris habitude de nous attaquer mutuellement psychologiquement par le chantage et les menaces, cette fois, je m’en suis pris à elle de manière physique. Je viens de franchir une porte qui aurait dû rester fermée à jamais. Je viens de prendre un pas dans une direction de laquelle je ne pourrai plus jamais revenir. Je viens de m’étiqueter comme un monstre. Un monstre qui ne vaut pas mieux que celle contre qui il a tout fait pour se protéger et protéger sa famille. Un monstre qui vient de démolir tous les arguments qu’il avait, en agissant aussi stupidement. Un monstre si répugnant qu’il oserait faire du mal à l’être qu’il aime toujours comme il n’osera jamais s’aimer. Aussi répugnant qu’il risquerait même de blesser son enfant à naître, par simple colère. Mais alors ce monstre, jusqu’où risquera-t-il d’aller? Ce monstre, où donc s’arrêtera sa colère? Qui donc sera sa prochaine victime? Jusqu’où se rendra-t-il avant de cesser cette folie?

Je me heurte au mur de brique, à force de reculer, ce qui me fait sursauter brusquement. Peinant toujours à retrouver mon air, je porte un regard vers mon fils, qui me lance à présent un air de haine. Le même que je viens de lancer à la rose quelques instants plus tôt. Ses yeux n’ont plus rien de ce petit blond qui a ce don de sourire malgré les tempêtes. Non, ces yeux, ce sont les miens. Les mêmes que j’ai moi-même lancé à tous ceux qui ont un jour tenté de se rapprocher de moi. Ces mêmes yeux que je me suis moi-même lancé, si souvent durant mon existence. Les yeux qu’on offre à un monstre. À un monstre, et non à un père.

-Je... c’est... c’est pas ce que je voulais...

Ma voix est brisée, et j’ignore si c’est l’effet de la douleur toujours présente contre mon torse, ou celle que je m’inflige tout seul. Je tente de me rapprocher de la rose pour l’aider à se relever, mais je comprends rapidement qu’il s’agit d’une très mauvaise idée. Entre le dragon qui grogne toujours, et le petit qui me fait violence du regard avant de venir s’interposer entre ses deux parents, protégeant ainsi sa mère et son petit frère et sa petite sœur de sa petite carrure.

La jeune femme prend alors enfin la parole. Dans un mélange de ce qui me semble être de la colère, de la peur et de la douleur, elle pose enfin son regard sur moi. Un regard tout aussi violent que ce que je viens de lui imposer, tout comme les paroles qui s’échappent d’elle, volant en ma direction tel des poignards. Et alors qu’elle m’accuse de ma propre violence, je réalise ce dont je fais des pieds et des mains pour me protéger. Nous avons atteint ce fond du gouffre d’où il n’est plus possible de revenir. Nous avons emprunté une route de laquelle il n’est plus possible de faire marche arrière. Ce pour quoi nous avions travaillé si fort, il est perdu. Perdu à jamais.

-Si tu savais comme je regrette...


Ma voix se fend, alors que mes forces me lâchent. Je m’effondre contre mes genoux, ignorant la douleur qui les heurte à l’impacte. Mon corps n’est qu’un chiffon mou, vidé de toute volonté, et rempli de regret. Et mes regrets ne se résument pas qu’à mes derniers actes de violence. Ce n’est qu’à présent que je le réalise. Ce n’est que maintenant qu’il est trop tard que je me dis que j’aurais dû faire les choses autrement. Le souffle sifflant, je me rapproche douloureusement et faiblement, rampant à quatre pattes, sans même le réaliser. Mais à peine ais-je fais quelques centimètres que je suis stoppé dans ma course par un cri douloureux provenant de ma femme. Celle-ci se contracte aussitôt, et si je crois au début à un mécanisme pour m’empêcher de m’approcher, je comprends rapidement qu’il s’agit de tout autre chose.

-B-Ben...! Va chercher des serviettes, et euh, des couvertes! Plein de couvertes!


Je tremble de tout mon corps à l’idée de n’avoir eu que si peu de temps pour me préparer à ce qui s’en vient. Pourtant, je tente de garder mon calme. Je lance un regard au petit blond qui hésite, l’espace d’un instant, à me laisser seul avec sa mère. Pourtant, l’enfant finit par hocher la tête avant de se mettre en mouvement, retournant dans la maison avec hâte. Une fois seul avec la rose, je pose mon regard contre elle avant de m’approcher doucement, ignorant cette fois la présence du dragon et les dangers que cela pourrait représenter.

-Je sais que tu me déteste. On a tous les deux toutes les raisons du monde de se détester. Mais on va mettre ça de côté quelques instants okay? On va faire ça ensemble, tu m’entends?

Sans même attendre l’approbation de la rose, j’agrippe sa main, sans jamais défaire mon regard du sien. Mon fils ou ma fille s’en vient. Je vais de nouveau être père. Et cette fois, ce ne sera pas quatre ans après sa naissance. Cette fois, mon enfant sera porté à mes bras dès les premières secondes de sa vie. Et peu importe que ce la rose compte faire après la naissance, il est hors de question que ce petit être me soit enlevé comme on m’a enlevé Ben.


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Mercedes L. Blanchett
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MessageSujet: Re: Event n°7 - Anula   Dim 19 Nov - 23:21


♦ RADIOACTIVE/EYES WIDE OPEN ♦Event no°7
Je ne pense plus aux gestes commis, aux déchirures et aux cris. Je n’ai plus tellement conscience de ce qui se produit autour de moi tant la souffrance des contractions se fait violente. Je sens une tiédeur en mon bas-ventre et une humidité contre le pantalon d’aviation que je revêts lors de mes envolées avec Nemeroff. Est-ce du sang ou mes eaux crevées? Je ne saurais dire car tout tangue autour de mes yeux et j’ai la certitude qu’un accouchement ne doit pas se passer ainsi, que c’est trop tôt et que la santé de mon bébé pourrait être compromise. J’ai peur. Peur de ce que Weston me fera à ce point-ci, peur de perdre mon enfant ou qu’il aille mal par ma faute. Je laisse m’échapper un nouveau cri, retenant quelques sanglots étouffés. Je le vois se relever, hésitant, son expression a changé et j’y vois la conscience d’enfin ses gestes. Ce ne sera pas suffisant. Les regrets ne suffiront pas, mais devront être mis de côté. Car nous avons un enfant à mettre au monde que nous le voulions ou non. Je le sens s’approcher de moi, prendre me prendre en charge. Malgré tout ce qu’il a pu me faire subir, cette idée me rassure, et ce sentiment cause à son tour honte et amertume. Il sera toujours un point d’ancrage et cette idée me rend malade. Dépendre de lui, surtout maintenant, alors que je tenais à faire tout ceci seule de mon côté… Mais nous n’avons pas le choix. Quand je vois Benjamin revenir avec des couvertures, je me mets à trembler, agrippant le chandail du Champion en le suppliant des yeux.

«G-Golden… Nous devons aller à l’hôpital… Ça ne se passe pas bien…»

Je libère l’Alakazam qui fond sur nous, nous emprisonnant dans ses bras. Nous disparaissons pour reparaître à Baguin, le choix logique, le seul choix possible. Ici aussi, l’hôpital est bondé, les gens courent et s’activent. Mais on me prend en charge. Au moment où je m’écroule, je sens les bras des infirmiers me redresser et me hisser contre une civière. On m’emmène d’urgence dans une salle de travail. Le monde me paraît flou, seules les présences de Benjamin et de Weston me permettent de garder conscience. À un moment, on retire l’enfant de la pièce alors qu’on me dit de commencer à pousser, mais le père reste à mes côtés. Et je sers sa main, je m’y raccroche et je pleure mon soûl, car j’ai mal, mal de faire ça alors que tout autour de nous se brise, y compris nous. Nous qui auraient dû s’aimer pour la naissance de notre enfant, nous qui aurions dû nous soutenir plutôt que de nous entredéchirer. Les heures filent dans un état de suspension et de souffrance. J’entends des cris et pour une fois ce ne sont plus les miens. Aigus, synonymes de vie. Notre petite fille nous annonce-t-on, est en vie, mais pas en santé. On nous la retire le temps de l’examiner. Moi, je dois m’endormir car j’oublie ce qui se produit ensuite. Je m’éveille pour la voir dans les bras de son père. Je la réclame et elle me revient. Un petit bébé fripé, encore si fragile, que je tiens contre ma poitrine.

On nous dit qu’elle a quelques problèmes respiratoires et qu’il faudra l’incuber sous peu. Nous acquiesçons, conscients qu’il s’agit de la meilleure solution. Mais jusqu’à ce que le médecin n’arrive, je la tiens contre moi, cette enfant encore sans non. Je lui caresse les joues et le nez, et je lui dis que je l’aime car je n’ai jamais aimé personne au monde plus que cette enfant parfaite. Je sais que demain, Weston et moi nous nous la déchirerons. Je sais que demain j’aurai mal de nouveau. Mais à présent, il m’emplit d’une sérénité, une grande sérénité, et je prends la main de Weston en espérant que nous saurons trouver notre paix.
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Event n°7 - Anula

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